Aucun être ne peut contempler les vérités de la religion, en tant que vérités, sans en être profondément affecté : Le diable ne le peut pas, il en tremble. Les anges au ciel en sont affectés : Dieu lui-même l’est. Une conviction, dès qu’elle est véritable, et dès qu’elle porte sur la religion est toujours accompagnée de quelque espèce d’impression.

L’un des grands desseins de Dieu, en laissant les chrétiens dans ce monde, après leur conversion, est qu’ils soient témoins pour Dieu, c’est-à-dire, qu’ils appellent sur Dieu l’attention de la multitude irréfléchie et qu’ils lui fassent sentir la différence de caractère et de destinée qui existe entre ceux qui croient à l’Evangile et ceux qui le rejettent.

Cette inattention des masses est la grande difficulté qui s’oppose aux progrès de la religion, et l’œuvre du Saint-Esprit est de réveiller l’attention des hommes sur leurs péchés et sur le plan du salut. Quelquefois les miracles ont servi à fixer ainsi l’attention des pécheurs ; et c’est en ce sens qu’ils peuvent devenir l’instrument de la conversion, quoique la conversion elle-même ne soit pas un miracle, et que les miracles à eux seuls n’aient jamais converti personne.

Ils peuvent devenir un moyen de réveiller l’attention, mais même sous ce rapport ils ne produisent pas toujours leur effet. S’ils étaient trop longtemps continués ou qu’ils devinssent trop fréquents, ils perdraient même entièrement leur pouvoir. Ce dont le monde a besoin, c’est d’une espèce de témoignage présent partout, capable non-seulement d’attirer l’attention, mais de la fixer, et d’établir entre la vérité et l’esprit un contact vivant qui subjugue ce dernier.

 

Et voilà ce qui nous montre pourquoi Dieu a dispersé ses enfants de tous côtés, dans les familles et parmi les nations. Jamais il n’a voulu les tenir tous ensemble en un même lieu, quelque agréable que la chose eût pu être pour eux. Lorsque l’église de Jérusalem se tenait parquée dans cette ville sans songer à aller, comme Jésus l’avait commandé, répandre l’Evangile par tout le monde, Dieu envoya sur elle une persécution et en dispersa tous les membres. « Alors, est-il dit, ils allèrent de toute part prêchant l’Evangile. »

 

En examinant notre texte je me propose de rechercher :

 

I. Sur quels points particuliers les chrétiens doivent rendre témoignage à Dieu.

II. La manière dont ils doivent témoigner.

 

I. Sur quels points les enfants de Dieu doivent rendre témoignage.

En général, ils doivent rendre témoignage à la vérité de la Bible. Ils sont compétents pour le faire, car ils ont l’expérience de sa vérité. Le chrétien qui a éprouvé cette vérité n’a pas plus besoin pour lui-même de preuves extérieures à cet égard, qu’il n’en a besoin pour établir sa propre existence.

Le plan du salut est si pleinement développé et fixé dans sa conviction, qu’il serait aussi impossible de lui ôter sa foi en la Bible que de lui ôter l’idée de son existence. Quelquefois les hommes ont essayé de mettre en doute la réalité du monde matériel, mais ils n’ont pu y réussir. Un doute de ce genre va contre le sens intime.

Vous pouvez embarrasser un homme par des arguments, l’inquiéter, le vexer, lui fermer la bouche; il peut n’être ni logicien, ni philosophe, ni en état de découvrir vos sophismes ; mais ce qu’il sait, il le sait. Il en est de même en religion. Le chrétien a la conscience que la Bible est vraie.

L’homme le plus simple en religion, pourvu qu’il soit converti, connaît par sa propre expérience la vérité de la Bible; il peut entendre de la part des incrédules des objections auxquelles il n’aurait jamais songé, et auxquelles il ne saurait que répondre: on pourrait même le confondre, mais il ne peut être vaincu, il dira : « Je ne puis vous répondre, mais je sais que la Bible est vraie. »

Quand un homme regarde dans un miroir, si vous lui demandez comment il sait qu’il voit son visage, il vous dira que c’est parce qu’il le voit. De même, quand un chrétien se reconnaît trait pour trait dans le tableau que la Bible fait de son cœur, il dit que la Bible est vraie.

Mais le monde a besoin d’un témoignage: et, pour entrer dans quelques détails, les chrétiens rendent témoignage :

 

1° A l’immortalité de l’âme.

2° A la vanité et à l’insuffisance de tous les biens terrestres.

3° A la suffisance et à la glorieuse richesse de la religion.

4° Au péché et au danger des hommes inconvertis. Sur ce point, les chrétiens parlent par expérience aussi bien que d’après la Parole de Dieu. Ils ont vu leurs propres péchés et ils savent d’autant mieux quelle en est la nature et le danger.

5° A la réalité de l’enfer, comme lieu d’une punition éternelle pour les méchants.

6° A l’amour de Christ pour les pécheurs.

7° A la nécessité d’une vie sainte, si jamais nous voulons arriver au ciel.

8° A la nécessité du renoncement au monde.

9° A la nécessité d’une vie douce, céleste, humble et intègre.

10° A la nécessité d’un renouvellement complet du caractère et de la vie chez tous ceux qui veulent arriver au ciel.

Tels sont les sujets sur lesquels les chrétiens doivent être témoins de Dieu, et sur lesquels ils sont tenus de rendre témoignage de manière à amener les hommes à la foi.

 

 

II. Comment ils doivent témoigner.

Par le précepte et par l’exemple. En chaque occasion convenable, par leur parole, mais surtout par leur vie. Les chrétiens n’ont pas le droit de vivre bouche close ; ils doivent reprendre, exhorter et conjurer avec toute patience et doctrine. Mais leur principale influence, comme témoins, est dans l’exemple qu’ils donneront.

 

Ils doivent témoigner par leurs œuvres, parce que l’exemple enseigne avec une force infiniment supérieure à celle du précepte. C’est une vérité généralement reconnue; les actions parlent plus haut que les paroles. Mais, quand le précepte et l’exemple viennent s’unir, l’esprit se trouve place sous le plus puissant degré d’influence possible.

 

Quant à la manière dont les chrétiens doivent rendre ce témoignage sur les points que nous avons énoncés plus haut, ils doivent en général vivre et parler tous les jours comme des gens qui croient réellement à la Bible, mais voici quelques détails.

 

1° Les chrétiens doivent vivre comme des gens qui croient à l’immortalité de l’âme.

Et qui pensent que la mort n’est pas le terme de leur existence, mais l’entrée dans un état de choses qui sera éternel. Ils doivent vivre de manière à produire cette impression sur tous ceux qui les entourent ; car il est aisé de voir que, sur ce point, des préceptes sans exemple ne feraient aucun bien.

Tous les arguments du monde ne convaincront pas les hommes que vous croyez à cette vérité, jusqu’à ce que vous viviez comme y croyant. En effet, vos raisonnements pourront être sans réplique ; mais, si vous ne vivez pas en conséquence, votre pratique démentira vos arguments. On dira que vous êtes un sophiste ingénieux, ou un bon logicien.

Peut-être accordera-t-on qu’on ne peut vous répondre, mais on ajoutera que vous reconnaissez vous-même la fausseté de vos raisonnements, puisque votre vie contredit votre théorie ; ou qu’au moins, si la chose est vraie, vous n’y croyez nullement vous-même. Et de cette manière, toute l’influence de votre témoignage sera perdue.

 

2° La vanité et l’insuffisance des choses de cette terre.

Vous devez lui rendre témoignage par votre vie ; et l’infidélité sur ce point forme le grand scandale du monde à l’égard de l’Evangile. C’est ici que le témoignage des enfants de Dieu est plus nécessaire que partout ailleurs : Les hommes sont tellement frappés par les objets sensibles, et s’en occupent si constamment, qu’ils sont extrêmement enclins à exclure l’éternité du champ de leurs réflexions.

Un petit objet tenu près de l’œil peut nous cacher l’Océan placé à distance. De même les choses de ce monde, qui sont sous nos yeux, se grossissent tellement devant l’esprit des hommes, qu’ils sont disposés à oublier tout le reste. L’un des grands objets donc, je le répète, pour lesquels Dieu garde les chrétiens dans le monde, c’est pour qu’ils enseignent aux hommes par leur pratique à ne pas travailler pour une nourriture qui périt.

 

Supposez que ceux qui professent la religion déclament contre la vanité des choses du monde et contredisent leurs paroles par leur conduite ; supposez que les femmes soient juste aussi attachées à une mise élégante et autant esclaves de la mode, et les hommes tout aussi avides d’acquérir de belles maisons et de beaux équipages, quels sont les gens du monde qui ne voient le ridicule de leur témoignage sur la vanité des biens du monde et sur leur néant ?

Les gens du inonde savent sentir cette absurdité, et c’est là ce qui ferme la bouche aux chrétiens de paroles. Ils ont honte de parler à leurs voisins, tandis qu’ils courent eux-mêmes après les mêmes colifichets ; et à moins d’un aveugle charlatanisme, ils sentent que leurs œuvres disent juste le contraire de leurs déclamations. Quel air auraient quelques-uns des membres de l’église de cette ville, hommes ou femmes, s’ils allaient prêcher parmi les pauvres, et leur parler de la vanité du monde ? Qui les croirait ?

 

3° La suffisance de la religion.

 

Les chrétiens sont tenus de montrer par leur conduite qu’il leur suffit parfaitement des joies de la religion, sans qu’ils aient besoin des pompes et des vanités du inonde, de sorte que l’amour de Dieu et sa communion répondent à tous leurs besoins. Ils doivent manifester que ce monde n’est pas leur patrie, et professer que le ciel est une réalité, et qu’ils s’attendent à y demeurer pour toujours.

Supposons qu’ils viennent à contredire tout cela par leur conduite, et à vivre de manière à prouver aux hommes, qu’ils ne peuvent être heureux sans avoir leur bonne part des futilités et des vanités du monde, et qu’ils aimeraient beaucoup mieux vivre heureux sur la terre que d’aller au ciel, que dira-t-on de pareils prédicateurs ? Des chrétiens de ce genre démentent continuellement l’Evangile, et font croire par leur conduite que cet Evangile est insuffisant pour élever au-dessus du monde ceux qui le reçoivent.

 

4° Culpabilité et danger des pécheurs.

Les chrétiens sont tenus d’avertir leurs semblables du danger de leur condition ; ils doivent les exhorter à fuir la colère à venir, à saisir la vie éternelle. Mais qui ne sait que la manière de s’y prendre sur ce point fait presque le tout de la chose ? Souvent les pécheurs sont frappés d’une idée par la manière même dont elle leur est présentée.

On demandait un jour à un homme pourquoi il éprouvait tant de répugnance pour un certain prédicateur. Il répondit : « Je ne puis souffrir de l’entendre parler, parce qu’il prononce le mot enfer d’une telle manière, qu’il me semble entendre retentir ce mot à mes oreilles encore longtemps après. »

Ici le pécheur se plaignait de la force avec laquelle ce mot agissait sur lui, mais la manière de parler peut être telle, qu’elle produise un effet directement opposé au sens de ce qu’on dit. Un homme pourra venir vous dire: Votre maison est en feu, sur un ton qui vous donnerait la certitude que ce n’est pas de votre maison qu’il s’agit ; et le guet pourrait se mettre à crier au feu, de manière à faire croire à chacun qu’il est ivre ou à moitié endormi.

Jamais les mots seuls ne suffisent à exprimer pleinement une pensée. Allez parler à un pécheur du danger où se trouve son âme, suivant la manière dont vous le ferez, votre témoignage produira justement l’effet opposé à celui que vous avez en vue. Or, si vous vivez de manière à montrer que vous n’éprouvez aucune compassion pour les pécheurs qui vous entourent ; si vos yeux, vos traits, votre voix n’expriment aucune tendresse envers eux ; si votre manière de vous y prendre n’est pas solennelle et sérieuse, comment peuvent-ils croire à votre sincérité ?

Je suppose qu’une femme dise à son mari inconverti, sur un ton léger et indifférent : « Mon cher, je crois que vous allez en enfer, » la croira-t-il ? si la vie de cette femme est gaie et légère, elle montrera, ou qu’elle ne croit pas qu’il y a un enfer, ou qu’elle ne craint pas d’y voir aller les siens, et qu’elle cherche même à écarter de leur esprit toute impression sérieuse de ce genre.

 

5° Je suppose que vous ayez des enfants inconvertis et que vous ne leur parliez jamais de religion.

Ou que, lorsque vous le faites, ce soit avec sécheresse, sans cœur, sans âme, vous imaginez-vous qu’ils vous croiront ? Ils ne vous voient pas aussi froids dans d’autres affaires. D’ordinaire tous vos traits sont ceux d’une femme sensible ; on le voit dans vos yeux, on l’aperçoit au ton de votre voix ; on sent chez vous le cœur d’une mère.

Pensez-vous que vos enfants vous croiront, lorsque sur le point seul de la religion vous deviendrez tout autre ? Celui à qui vous parlerez de cette manière du salut de son âme se moquera de vous, et dira que vous-même vous ne croyez pas à un enfer.

 

6° Vous devez rendre témoignage à l’amour de Christ, en montrant du respect pour ses commandements.

Et pour tout ce qui concerne son royaume spirituel. Vous devez vivre comme un homme qui croit effectivement que Christ est mort pour les péchés du monde entier, et en gémissant de ce que les pécheurs rejettent un si grand salut. Mais plusieurs chrétiens, au contraire, vivent de manière à produire chez les gens du monde l’impression que Christ est assez miséricordieux pour que personne ne doive penser à Lui avec crainte.

C’est étonnant de voir avec quelle persévérance certains chrétiens veulent qu’on ne prêche jamais que l’amour de Christ. Lorsqu’on prêche le devoir, et qu’on demande aux chrétiens de vivre saintement et de travailler pour Jésus, ils disent qu’on prêche la loi et qu’ils veulent entendre l’Evangile.

Mais comment rendent-ils témoignage par leur vie qu’ils croient à cet amour ? Très souvent leur mondanité prouve jusqu’à l’évidence qu’ils n’en croient pas un mot, et qu’ils ne prennent l’amour de Christ que pour un manteau derrière lequel ils cachent leurs péchés. Ils n’ont par le fait aucune sympathie avec les compassions de Christ, aucune foi en leur réalité, et rien de commun avec les sentiments qu’éprouve le Sauveur à la vue de l’endurcissement des pécheurs.

 

7° Le chrétien doit rendre témoignage à la nécessité de la sanctification chez celui qui veut voir le Seigneur.

Il est absolument inutile de dire là-dessus beaucoup de paroles si la pratique ne les appuie. Il s’agit de vivre saintement. On vit si généralement dans le préjugé de l’impossibilité d’être délivré du péché, qu’une foule de chrétiens ne visent pas même sérieusement à cette délivrance.

S’ils parlent en conscience, ils avoueront que le désir de cette délivrance complète ne s’est pas même présenté à eux ; ils se traînent comme la marée les pousse, menant une vie lâche, malheureuse et pleine de péchés, qui fait plaisir au diable sans aucun doute, car c’est de tous les moyens le plus assuré pour aller en enfer.

 

8° Le chrétien doit rendre témoignage à la nécessité du renoncement à soi-même.

De l’humilité et de la recherche des choses célestes. C’est là, après tout, la prédication la plus puissante, et celle qui a le plus de chance d’acquérir de l’influence sur le pécheur impénitent. Il s’agit de montrer à ce dernier la grande différence qui existe entre le chrétien et lui. Il y a bien des gens qui tâchent d’amener les hommes à la foi par une autre voie, c’est-à-dire en se conformant en beaucoup de choses à la vie des mondains et en abaissant jusqu’à eux l’étendard de la sainteté chrétienne.

 

Pensant en quelque sorte que, plus ils mettront la religion à la portée du monde, plus le monde l’embrassera. Mais tout cela est aux antipodes de la manière évangélique et vraiment philosophique d’amener les hommes à la foi : C’est la politique des hommes charnels qui pensent merveilles de leur sagesse et de leur prudence à ne pas effrayer les gens par la sainteté de l’Evangile.

 

C’est une erreur fondamentale ; le pécheur se dit alors : « Je ne vois pas qu’il me manque tant de choses pour être chrétien, et que Dieu puisse m’envoyer en enfer pour la différence qu’il y a entre moi et ceux qui me prêchent. Il est vrai qu’ils font quelque chose de plus que moi ; ils prennent la Cène, ils ont un culte de famille et quelques autres choses de ce genre ; mais il n’y a pourtant pas là une différence du ciel à l’enfer. »

Non ! La véritable méthode de gagner les âmes est de montrer le contraste puissant qui existe entre le monde et l’Evangile ; jamais, sans cela, les pécheurs ne sentiront la nécessité du renouvellement de leur cœur ; ce n’est qu’ainsi qu’ils comprendront la nécessité et la nature de la régénération.

Les faits viennent à l’appui de ces raisonnements d’une véritable philosophie. Voyez les missions des Jésuites dans le Japon, j’entends celles de François Xavier et de ses compagnons. Sans doute il y avait dans leurs principes quelque chose de véritablement légal ; mais quelle vie menaient-ils !

Quel contraste entre leur religion et celle des païens ! Et aussi quels résultats ! Eh bien ! Je lisais tout à l’heure une lettre d’un de nos missionnaires en Orient dont le contenu revenait à ceci. C’est qu’un missionnaire doit être en état de marcher de pair avec la noblesse anglaise et de recommander ainsi sa religion au respect des mahométans ou des païens.

Est-ce là de la philosophie ? Est-ce là effectivement le moyen de convertir le monde ? Vous n’y réussirez pas plus ainsi qu’en soufflant dans la corne d’un bélier, car la chose n’a aucune tendance vers son but. Que faisaient au contraire les Jésuites ? Ils marchaient au milieu du peuple, pratiquant tous les jours sous ses yeux le renoncement à eux-mêmes, enseignant et priant, et prêchant, et travaillant sans fatigue et sans crainte, se mêlant à toutes les castes et à toutes les conditions, et abaissant leurs instructions à la capacité de chaque individu.

De cette manière, ils chassèrent devant eux, comme une vague de l’Océan, l’idolâtrie du pays ; leur religion s’étendit irrésistiblement sur tout le vaste empire du Japon ; et s’ils ne s’étaient pas mêlés de politique, ni engagés dans des collisions plus qu’inutiles avec le gouvernement, ils auraient, sans aucun doute, conservé leur terrain jusqu’à ce jour.

Je ne dis rien de la religion même qu’ils enseignaient, car je ne sais au sûr en quelle proportion s’y trouvait la vérité. Je parle de ce fait seul, c’est qu’ils suivirent la véritable politique des missions, en montrant par leur propre vie que leur religion était en contraste absolu avec la mondanité et les folies du paganisme. Ce trait seul de leur politique se présentait à la conscience du peuple avec une force irrésistible.

Quand des chrétiens se contredisent sur ce point et s’efforcent d’accommoder leur religion aux goûts du monde, ils rendent le salut du monde impossible. Comment persuaderez-vous au peuple qu’il faut se renoncer soi-même et se séparer du monde, tandis que vous n’en faites rien vous-même ?

 

9° Le chrétien doit rendre témoignage à la douceur, à l’humilité et aux dispositions célestes que recommande l’Evangile.

 

Le peuple de Dieu devrait toujours montrer des dispositions semblables à celles du Fils de Dieu qui, lorsqu’il était maltraité, ne maltraitait pas à son tour. Si un homme qui professe la foi chrétienne est irritable et cherche les mêmes moyens que le monde pour se faire justice en allant plaider ou en faisant d’autres choses semblables, comment peut-il persuader aux gens qu’il y a quelque réalité dans le changement de son cœur ?

 

On ne peut recommander la religion aussi longtemps qu’on est animé d’un pareil esprit. Si vous avez l’habitude de ressentir les injures, si vous ne savez les supporter avec douceur et prendre les choses par leur meilleur côté, vous contredisez l’Evangile. Une personne qui prend feu à la moindre bagatelle prouve qu’elle manque de cette charité qui « espère tout, croit tout, et supporte tout ».

Celui au contraire qui montre de la douceur quand il est injurié, confondra toujours les contredisants. Rien ne produit sur les pécheurs une impression plus solennelle, et ne pèse plus puissamment sur leur conscience que de voir un chrétien, comme Christ, supportant les affronts et les injures avec la douceur d’un agneau. C’est une épée à deux tranchants.

Je veux vous raconter un trait de ce genre. Un jeune homme insultait un ministre en face et d’une manière inouïe. Le ministre posséda son âme par la patience et répliqua avec douceur, disant au jeune homme la vérité exacte, mais d’une manière pleine d’amabilité. Cette conduite ne fit d’abord qu’irriter le jeune homme, qui finit par s’en aller furieux en disant qu’il n’était pas fait pour se tenir là et supporter ces reproches ; comme si c’était le ministre qui l’eût insulté.

Mais les flèches de l’Eternel étaient enfoncées dans son cœur, et en moins d’une demi-heure, plein d’une agonie insupportable, il revint trouver le ministre dans sa maison, lui demanda pardon en pleurant, et brisé devant Dieu, son cœur fléchit sous l’empire de Jésus. La conduite calme et douce du ministre l’avait écrasé, plus que ne l’aurait pu faire un millier d’arguments.

Or, si le ministre eût été, au contraire, décontenancé et eût répondu avec violence, il n’y a aucun doute qu’il n’eût perdu l’âme du jeune homme. Combien d’entre vous y en a-t-il peut-être qui ont déjoué d’avance par une faute de ce genre tous les efforts qu’ils pourraient faire à l’avenir pour gagner des amis ou des voisins impénitents !

Si dans quelque occasion vous vous êtes montré irritable, vous vous êtes fermé vos lèvres à vous-même, et vous avez mis une pierre de scandale devant un pécheur pour le faire tomber en enfer. Si vous vous rappelez quelque cas de ce genre, n’allez pas vous coucher avant d’avoir fait tout votre possible pont réparer ce mal, et jusqu’à ce que vous ayez confessé votre péché pour y remédier selon vos moyens.

 

10° Un chrétien doit rendre témoignage à l’Evangile par une parfaite probité dans sa conduite.

Oh ! Quel vaste champ s’ouvre ici devant nous ! Il m’est impossible de le parcourir en tous sens ; ce devoir s’étend sur toutes les actions de la vie. Si chaque chrétien voulait être scrupuleux à cet égard, et se conduisait toujours avec une droiture consciencieuse, le monde recevrait une impression puissante de la réalité des principes religieux.

Une femme achetait un jour des œufs dans une boutique, et le garçon se trompant lui en donna un de trop. La femme le vit et ne dit rien ; mais quand elle fut arrivée chez elle, elle se sentit troublée, elle vit qu’elle avait péché, elle retourna chez le jeune homme, avoua sa faute et paya la différence.

Cette intégrité consciencieuse perça le cœur du jeune homme. C’était en effet un grand péché que cette femme avait commis en trompant sur une si petite somme, car, si elle était disposée à tromper pour un œuf, c’était preuve qu’elle aurait volé au jeune homme tout son magasin si elle avait pu le faire sans être découverte. Mais sa confession prompte et humble montra une conscience honnête.

Je suis heureux de pouvoir dire qu’il y a quelques hommes qui se conduisent par des principes de ce genre ; et ce qu’il y a de remarquable, c’est que les méchants les haïssent pour cela. Ils se moquent d’eux, ils crient dans les comptoirs que jamais ils n’achèteront d’un tel et d’un tel ; que jamais un hypocrite de ce genre ne touchera un sou de leur argent ; et autres choses semblables.

Néanmoins, ils ne manqueraient pas de venir acheter auprès d’eux, parce qu’ils savent qu’on les traitera avec probité. C’est là en effet un témoignage de la vérité de l’Evangile, qui se fait entendre d’un bout du pays à l’autre ; et supposez que tous les chrétiens agissent de cette manière, quelle en serait la conséquence inévitable ?

C’est qu’ils emporteraient tout le commerce, et auraient bientôt dans leurs mains toutes les affaires du monde. Le grand argument de quelques-uns, savoir qu’ils ne peuvent lutter avec le monde, s’ils ne suivent sa méthode de demander un prix et d’en recevoir un autre, est absolument faux ; faux en philosophie, faux en histoire.

Faites-vous une règle invariable d’agir avec droiture en toutes vos affaires, et c’est vous qui serez les maîtres du marché. Les gens du monde seront obligés d’en venir à votre méthode ; il est parfaitement au pouvoir de l’Eglise de régler le commerce du monde, pourvu qu’elle se maintienne elle-même dans une parfaite intégrité.

Et si les chrétiens veulent faire la même chose en politique, ils entraîneront également les destinées des nations, sans entrer pour leur part dans ces disputes de partis, si pleines de bassesse et de corruption. Que les chrétiens se déterminent seulement tous à ne jamais nommer pour aucun office un homme qui ne soit un honnête homme, connu pour sa moralité ; qu’on sache partout que, quelles que puissent être leurs différences de vues politiques, ils s’accordent sur ce point-là, et que personne ne serait plus élu sans présenter ce caractère ; au bout de trois ans on dirait dans tous les cabarets, on publierait dans tous les journaux, sur tout candidat au sujet d’un office quelconque : « C’est un homme de bien ; c’est un homme moral ; c’est un homme pieux. »

Et aucun parti politique ne présenterai plus pour candidat un homme connu pour violer le Dimanche, ou connu pour un joueur, un libertin, un jureur, un marchand de liqueurs, pas plus qu’on ne nommerait le Diable pour président. Cette politique charnelle de quelques personnes qui se donnent pour religieuses et qui veulent modifier la marche politique par les moyens qu’emploient les méchants en votant avec tel ou tel parti, lors même que le candidat serait un homme de mauvaises mœurs, cette politique ne vaut rien.

Elle est mauvaise en principe, contraire à une saine philosophie et au bon sens, et ruineuse pour les intérêts les plus précieux de l’humanité.

 

Le défaut de droiture dans l’Eglise est une malédiction pour le monde. Je ne prétends pas vous faire ici un sermon politique, je vous l’assure ; mais je veux vous montrer que, si vous voulez que votre vie produise une impression favorable à votre religion, il vous faut être d’une stricte droiture en tout ce que vous faites, en affaire, en politique et en toute autre chose.

 

Que croyez-vous que pensent de votre religion ces diplomates sans conscience, qui savent eux-mêmes qu’ils jouent un jeu malhonnête en poussant telle ou telle élection, lorsqu’ils vous voient vous unir avec eux. Ils pensent, et avec raison, que vous êtes un hypocrite.

 

 

REMARQUES ADDITIONNELLES.

1° Il n’est pas raisonnable de la part des gens qui professent être religieux, de s’étonner de l’insouciance des pécheurs.

Tout bien considéré cette insouciance est naturelle. Nous sommes affectés par le témoignage, et à savoir par un témoignage reçu dans nos esprits. Les pécheurs sont tellement absorbés parles affaires, parles plaisirs et parles objets du monde, qu’ils ne prennent pas même le temps d’examiner la Bible pour voir si la religion est vraie.

Leurs sentiments ne sont excités que par des objets du monde, parce qu’il n’y a que ces objets qui se présentent vivement en contact à leurs esprits, tandis qu’il n’y a que peu de circonstances qui viennent les affectera l’égard de l’éternité et de la religion. Sans doute, s’ils examinaient ces grands sujets, ils sentiraient leur importance ; mais le fait est qu’ils ne les examinent pas, ils n’y pensent pas, ils ne s’en inquiètent pas.

Et jamais ils ne le feront, à moins qu’il ne s’élève devant eux des témoins de Dieu pour attirer leur attention. Aussi longtemps au contraire que la masse des chrétiens vivra par le fait de manière à donner un témoignage opposé à celui que demanderait la religion, comment veut-on que les pécheurs aient sur ce point des vues convenables ?

Presque tous les témoignages et toutes les influences qui se présentent à eux agissent en sens contraire! Dieu place un grand débat devant le genre humain. Il charge les siens de témoigner pour lui, et voici qu’ils témoignent tous en sens inverse. Comment voulez-vous que les pécheurs parviennent à la foi ?

 

2° Nous voyons donc comment il arrive que la prédication produise si peu d’effet, et comment il se fait que tant de pécheurs s’endurcissent devant elle.

Que l’Eglise se réveille, qu’elle vive conformément à sa foi, et les pécheurs s’en ressentiront bientôt. Si l’Eglise vivait huit jours seulement comme croyant réellement à la Bible, les pécheurs se fondraient en sa présence. Supposez que je fusse un avocat, que je me présentasse devant la cour et que j’y exposasse le cas de mon client ; le débat s’engage, je tire mes conclusions, j’annonce ce que je vais prouver, et j’appelle mes témoins.

Le premier arrive et prête serment puis il s’élève contre moi et contredit tout ce que j’ai avancé. Quel bien fera tout mon plaidoyer ? Je parlerais bien au jury pendant tout un mois, et j’aurais l’éloquence d’un Démosthènes, que, si mes témoins me contredisent, tout mon plaidoyer est perdu. Il en est de même d’un ministre qui prêche au milieu d’une église glacée et morte qui déshonore Dieu.

C’est en vain qu’il étale toutes les grandes vérités de la religion quand chaque membre du troupeau le contredit ; dans une église pareille, la seule manière dont on en sort contredit tout le sermon. On se presse aux portes, aussi gaîment et avec autant d’insouciance que si rien n’eût été dit ; on se fait des révérences, et on cause de tout, sauf de ce qui devrait vous occuper.

Combien de ministres prêcheront tous les jours avec larmes et ne produiront cependant aucun effet ? Le Diable lui-même ne pourrait désirer que les choses allassent mieux dans ses intérêts. Et cependant, l’on voit des ministres continuer pendant des années à prêcher ainsi par-dessus la tête d’un troupeau dont la vie contredit chaque parole qu’on lui annonce ; ces ministres croient qu’il est de leur devoir de faire ainsi.

De leur devoir de prêcher à une église qui détruit tout leur ouvrage, qui contredit tout leur témoignage, et qui ne veut pas changer ! Non ! Qu’un ministre dans ce cas secoue la poussière de ses pieds en témoignage contre un pareil troupeau, et qu’il s’en aille chez les païens ou auprès de quelque autre troupe au nouvellement formé.

Cet homme dépense son énergie et consume sa vie à rouler dans son berceau une église endormie, qui s’emploie tout entière à assurer les pécheurs qu’il n’y a point de danger pour eux. Il est probable que les quatre-vingt dix-neuf centièmes de la prédication qui se fait dans ce pays sont perdus, parce que l’église les contredit. (1) Voir Finney à Evans’ Mill.

 

3° Il est évident que le degré de sainteté dans la vie des chrétiens doit s’élever de beaucoup, si jamais le monde doit être converti.

Si nous avions maintenant autant de membres effectifs de nos églises que nous avons de familles, que ces chrétiens fussent répandus par tout le monde, qu’il y eût partout un ministre pour cinq cents âmes, que chaque enfant fréquentât une école du dimanche et chaque jeune personne une classe biblique, nous aurions là toute la machine dont nous aurions besoin.

Mais même alors, si l’église contredisait la vérité par sa conduite, nous n’aurions jamais un réveil. Au contraire, je n’ai jamais vu que l’emploi des moyens restât stérile pour un réveil, lorsque les chrétiens se conduisaient conformément à leur foi. Mais la grande affaire est de donner aux vérités de l’Evangile un corps par sa conduite, de sorte que la sainteté de la vie soit une enseigne qui frappe tous les yeux.

Il y a bien des églises qui s’attendent à ce que le pasteur fasse tout. Quand il a prêché : « Quel beau sermon, » diront-ils, « quel excellent pasteur ! Sans doute que nous aurons bientôt un réveil ! » Mais quand Jésus-Christ lui-même viendrait prêcher, si l’Eglise le contredisait, il prêcherait en vain. La nouveauté peut produire pour quelque temps une apparence d’effet, mais sans la vie et la sainteté il ne se fera jamais rien.

 

4° Tout chrétien produit par sa conduite un effet quelconque, et rend témoignage d’un côté ou de l’autre.

 

Ses regards, son vêtement, toute sa tenue parle constamment pour ou contre la religion. Ou il rassemble avec Christ, ou il disperse ; et à chaque pas que vous faites, vous marchez sur quelque corde qui vibre jusque dans l’éternité ; et tous vos pas retentissent dans le ciel ou sous les voûtes de l’enfer. A chaque mouvement de votre vie, vous exercez une influence importante qui réagit sur toutes les âmes immortelles qui vous entourent. Comment pouvez-vous donc dormir au milieu d’un tel mouvement ?

 

Marchez-vous dans la rue ? Prenez garde à votre mise. Qu’est-ce que je vois là sur votre tête ? Que disent ces rubans, ces plumes, et tous ces ornements à tous ceux que vous rencontrez ? Ils disent que vous cherchez à être admirée. Prenez garde, autant vaudrait écrire sur tous vos vêtements : « La religion n’est qu’un conte. » Ils disent : « Donnez-moi de la parure, donnez-moi de la mode, donnez-moi de la flatterie et je serai heureuse ! »

 

Et le monde comprend ce témoignage que vous portez dans les rues. Vous êtes des « épîtres vivantes connues et lues de tous les hommes. » Si vous montrez de l’orgueil, de la légèreté, de la mauvaise humeur, ou autres dispositions semblables, c’est comme si vous déchiriez de nouveau les plaies du Sauveur.

Combien Christ pourrait-il pleurer en voyant des gens qui professent croire en Lui et qui attachent sa sainte cause à un poteau, à tous les coins de rue, pour l’exposer au mépris. Qu’au contraire l’ornement des femmes « ne soit point celui de dehors qui consiste dans la frisure des cheveux, dans une parure d’or et dans la magnificence des habits ; mais que leur ornement consiste dans l’homme caché dans le cœur, c’est-à-dire dans l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu ; » et le ciel se réjouira autant que l’enfer en sera confondu.

Qu’au contraire elles déploient de la vanité ; qu’elles cherchent à s’embellir, qu’elles adorent la déesse de la mode, qu’elles chargent leurs oreilles d’ornements et leurs doigts d’anneaux, qu’elles se couvrent de fleurs et de bracelets, qu’elles se lancent jusqu’à ne, pouvoir plus respirer, « se parent d’atours et marchent sur la pointe des pieds, » et tous les effets seront renversés, le ciel sera dans le deuil et l’enfer dans la jubilation.

 

5° Ce n’est donc point étonnant que les grandes cités présentent si peu de réveils.

Voyez donc ces témoins de Dieu ! Ne semblent ils pas s’accorder à mentir au Saint-Esprit ? Ils se jettent aux pieds de la mode, puis s’ils s’étonnent qu’il n’y ait pas de mouvement religieux. Croyez-vous donc que j’aie une telle opinion de mon habileté que d’attendre un réveil de mes seuls efforts, tandis que vous vivez comme vous le faites ?

Vous vous contredisez vous mêmes ; vous vous contredisez l’un l’autre ; vous contredisez votre pasteur, et la somme de tous ces témoignages, c’est qu’il n’est pas besoin d’être pieux.

Croyez vous que tout ce que je viens de dire soit la vérité ? Ou le prenez vous pour des rêves d’un esprit dérangé ? Si j’ai dit vrai, reconnaissez-vous que ces choses se rapportent à vous ? Peut être dites vous : « Ah ! Je voudrais qu’une de nos riches églises entendît tout cela. » Mais, ce n’est pas à elle que je prêche, c’est à vous.

Admettez-vous ou niez vous ce que je viens de dire ? Que porte à ce sujet et sur votre compte la feuille du grand livre qui concerne le jour présent ? Avez-vous manifesté quelque sympathie pour le Fils de Dieu quand son cœur saigne à la vue des plaies de Sion ? Est-ce que vos enfants, vos domestiques, vos commis ont vu qu’il en est ainsi ?

Se sont-ils aperçu qu’à la pensée des âmes qui périssent, votre air est solennel et vos yeux se remplissent de larmes ? Finalement, je termine en faisant observer que Dieu et tous les êtres moraux ont le droit de se plaindre du faux témoignage que vous rendez contre l’Evangile. Vous vous avancez vers le jour du jugement, tout couvert du sang des pécheurs sur lesquels vous avez exercé une influence désastreuse.

Peut-être que des centaines d’âmes vous rencontreront en ce jour, et vous maudiront (s’il leur est permis de parler) pour les avoir conduites en enfer en reniant l’Evangile par votre vie. Que deviendra cette ville, que deviendra le monde, si nous continuons ainsi ? On prêche par sa conduite que, pourvu qu’on professe la foi chrétienne et qu’on vive en honnête homme, c’est tout ce qu’il faut de religion. Quelle doctrine des démons ! C’est tout ce qu’il faut pour ruiner le genre humain tout entier.

 

 Charles Grandison Finney

 

 

Sources / Infos

list arrow  LIVRE: « Discours sur les réveils religieux »  (Finney Ch.) - Edition 1886

GENÈVE E. BEROUD & Cie, libraires, 2, Grand’rue. PARIS GRASSART, 2, rue de la Paix. FISCHBACHER & Cie, 33 r. de Seine. MONNERAT, 48, rue de Lille. CHASTEL, rue Roquépine. MARSEILLE Mme TOURN, 38, r. de la République. LYON VAUTRIN, 10, rue Lanterne. VEVEY B. CAILLE, libraire. Genève.—Imprimerie Maurice Richter, rue des Voirons, 10.

Numérisation M-C P. Ocr Yves PETRAKIAN Juin 2005 - http://456-bible.123-bible.com

 

discours de Finney

« L’Eglise est dans une crise solennelle.... Il faut qu’il s’élève vers les cieux un cri général des chrétiens, comme le bêlement du troupeau, pour que le Berger s’approche de plus près de ses brebis. J’ai voulu rappeler ces pensées à mes frères protestants, en publiant les Discours de Finney sur les Réveils. Ces Discours n’ont pas, semble-t-il, la vogue chez les grands de l’Eglise ; mais ce n’est nullement une preuve, bien s’en faut, qu’ils ne méritent le respect et l’attention des vrais chrétiens.

L’homme regarde à l’apparence, mais l’Eternel regarde au cœur; l’homme est chatouilleux pour la forme et peu difficile pour le fonds ; le chrétien fait l’opposé ! »

Celui qui écrivit ces lignes plaçait le Réveil de l’Eglise au-dessus de toute autre préoccupation.

C’est dans le même esprit, et pour répondre à de nombreuses demandes, que nous nous sommes décidés à réimprimer le présent volume publié par lui il y a plus de quarante ans. Il n’a rien perdu de son actualité, loin de là! S’il y a jamais eu un moment où ces Discours ont été chez nous à l’ordre du jour, ce moment-là est arrivé.

Genève, décembre 1885. LES EDITEURS.

 

 

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Coup d'oeil sur sa vie

 

Charles Finney

 

Charles Finney naquit en 1792 dans le Connecticut. (1)

Son éducation religieuse fut négligée à tel point qu’il n’eut connaissance des vérités évangéliques qu’à l’âge de 26 ans, quand il commença l’étude du droit. Encore, ces vérités lui furent-elles présentées par une église qui n’avait plus la vie. Finney, ardent à s’éclairer, suivait les réunions de prières:

 

Mais il ne tarda pas à constater avec surprise que les prières n’étaient point exaucées et que même on ne s’attendait guère à ce qu’elles le fussent. Les membres de l’église demandaient un réveil et affirmaient qu’en le demandant sincèrement, Dieu l’accorde; d’autre part, ils ne cessaient de gémir sur leur état lamentable. Finney ne savait que penser de leur sincérité ; et quand on lui demanda s’il désirait que l’on priât pour lui : « Non, répondit-il, car je ne vois pas que vos prières soient exaucées. » Dès lors, il ne voulut plus d’autre guide que la Parole de Dieu qu’il étudiait avec ardeur.

 

L’intelligence du jeune avocat avait saisi la vérité, mais son cœur n’était point encore gagné, lorsqu’un dimanche, dans l’automne de 1821, il prend la ferme résolution de donner son cœur à Dieu. La fausse honte s’empare alors de lui et son trouble augmente. Le mardi soir, il tremble à la pensée que s’il venait à mourir, l’enfer le recevrait. Le lendemain, sa conscience lui rappelle avec force sa promesse de donner son cœur à Dieu. « Pourquoi attendre ? Essaierais-tu de faire toi-même ton salut ? »

Il comprend alors que le salut est complet, achevé, qu’il ne s’agit plus que de l’accepter en renonçant à tout péché. « Je l’accepterai aujourd’hui même, ou je mourrai à la peine ! » répond-il à la voix intérieure. Et après une lutte intense, dans un bois où il s’était caché avec soin, son orgueil lui est révélé ; il le repousse alors avec une décision absolue. « Je ne quitterai pas ce lieu, se dit-il, quand même tous les hommes du monde et tous les diables de l’enfer s’assembleraient pour me regarder. Eh quoi ? un pécheur dégradé comme je le suis aurait-il honte d’être surpris par un autre pécheur, implorant à genoux la miséricorde de son Dieu ? Non, non! ce serait un trop grand péché ! »

Son cœur se brise ; toutes ses résistances sont vaincues, et cette parole de l’Ecriture lui revient à l’esprit : « Vous me chercherez et vous me trouverez, après que vous m’aurez recherché de tout votre cœur » (Jer 29:13). Il s’en empare aussitôt. « Auparavant j’avais cru d’une foi d’intelligence, dit-il ; il ne m’était jamais venu à l’esprit que la foi est un acte délibéré de confiance, non un état intellectuel. J’avais conscience en ce moment de me fier à la véracité de Dieu. » De retour au village, une paix inconnue remplit son âme.

Mais il s’alarme bientôt de ne plus retrouver en lui le sentiment du péché. « J’aurai contristé le Saint-Esprit par mon importunité, » se dit-il. Cependant ses pensées se détournent toujours de lui-même pour se fixer sur Dieu avec une douceur, une paix, une joie inexprimables. Il ne peut manger; il veut chanter des cantiques, mais il lui semble que « son cœur est devenu liquide, » et sa voix se noie dans les larmes.

La journée terminée, son cœur se fond de nouveau. « L’élan de mon âme était si puissant, dit-il dans ses Mémoires, que je me précipitai pour prier dans la chambre contiguë au bureau Il n’y avait ni feu ni lumière dans cette chambre ; néanmoins elle me parut tout éclairée. Comme j’entrais, fermant la porte après moi, il me sembla que je rencontrais le Seigneur Jésus-Christ face à face.

L’idée ne me vint pas, ni de longtemps, que c’était un état moral. Au contraire, il me semblait le voir comme j’aurais vu un autre homme. Il ne disait rien, mais il me regarda de manière à me faire tomber à ses pieds. J’ai toujours dès lors considéré ce phénomène comme un très remarquable état de mon esprit ; car j’avais le sentiment de la réalité de sa présence et je tombai à ses pieds, sanglotant comme un enfant, et confessant mes péchés aussi bien que me le permettait mon émotion. Il me sembla que je baignais ses pieds de mes larmes ; toutefois je ne me rappelle pas avoir eu distinctement l’impression de l’avoir touché.

« Il faut que je sois resté longtemps dans cet état, car lorsque je fus rendu assez calme pour que l’entrevue prît fin, étant rentré dans le bureau, je trouvai que le feu s’était entièrement consumé. Mais comme j’étais sur le point de m’asseoir près de la cheminée, je reçus un baptême d’Esprit saint. Sans que je m’y fusse attendu, mon attention n’ayant jamais été dirigée sur ce point, le Saint-Esprit descendit sur moi avec une telle puissance que je me sentis comme pénétré de part en part, corps et âme.

Je pouvais sentir l’impression comme d’une onde électrique parcourant tout mon être; onde sur onde d’amour, je ne saurais l’exprimer autrement. Il me semblait que ce fût le souffle même de Dieu. Je me souviens distinctement avoir éprouvé comme si j’étais éventé par d’immenses ailes.

« Je ne tardai pas à m’endormir, mais je fus tout aussitôt réveillé par le flux d’amour qui était dans mon cœur. J’étais si rempli d’amour que je ne pouvais dormir. Quand je m’éveillai le matin, le soleil était levé, et ses rayons pénétraient dans ma chambre. Je ne saurais exprimer en paroles l’impression que me fit cette lumière. Instantanément, le baptême que j’avais reçu la veille revint sur moi de la même manière. Je m’agenouillai sur mon lit et pleurai de joie, répandant mon âme aux pieds du Seigneur. Il me semblait entendre une douce voix de réprimande disant : « Veux-tu douter ? Veux-tu douter ? » — « Non, m’écriai-je, je ne veux pas, je ne puis pas douter. » Une telle clarté se fit alors dans mon esprit qu’il me fut désormais impossible de révoquer en doute le fait que le Saint-Esprit avait pris possession de mon âme. »

« Dans cette situation le dogme de la justification par la foi me fut enseigné comme une vérité d’expérience.... Je comprenais désormais le passage : « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu.» Je vis clairement que du moment où, dans le bois, j’avais cru, la conscience de ma condamnation m’avait été ôtée, et que c’était pour cela que tous mes efforts pour rappeler dans mon âme le sentiment du péché avaient été vains. La conscience de ma condamnation était partie, mes péchés étaient partis. Je crois vraiment que j’avais aussi bonne conscience que si je n’avais jamais péché.... Au lieu d’avoir le sentiment que je ne faisais que pécher, mon cœur était si rempli d’amour qu’il en débordait. » (Glardon, pag. 18.)

Désormais, le Saint-Esprit n’est pas seulement avec lui (Jn 14:17), il n’a pas reçu seulement une effusion de cet Esprit comme celle que reçurent les apôtres avant l’Ascension (Jn 20:22) ; il a reçu le baptême de la Pentecôte, celui de la « Puissance d’En Haut » dont furent « remplis » les apôtres pour être les « témoins » de Christ, partout et toujours, « jusqu’aux bouts de la terre » (Lu 24:49 Ac 1:8).

Aussi avec quelle puissance ne fut-il pas témoin de Christ le lendemain même, dès le premier instant! Il venait de rentrer à son bureau, son patron arrive, il lui parle aussitôt de son salut; et cet homme jusque-là incrédule a le cœur transpercé des paroles que le jeune homme lui adresse; aucune paix ne put rentrer dans son âme qu’il ne fût converti.

Dès lors, la vie de Finney n’est plus qu’une suite de miracles. Il court tout d’abord à ses parents, à ses amis, à ses voisins; et tous, croyants de nom et incrédules, s’abattent aux pieds du Sauveur, le cœur brisé par la puissance du témoignage que produit l’Esprit saint. Bien qu’il n’y ait aucune réunion annoncée, la salle de culte se remplit bientôt, car tout le village est en émoi; professants et incrédules, tous arrivent; mais le pasteur est parmi les auditeurs et personne ne se lève. Finney accourt alors et raconte comment l’amour de Dieu s’est révélé à son âme: l’impression est si profonde qu’il faut dès lors se réunir tous les soirs, et les conversions se multiplient considérablement.

Mais impossible de suivre l’œuvre merveilleuse de l’évangéliste ! Nous ne pouvons que noter les points principaux. Et tout d’abord cet esprit de prière dont Finney est rempli dès le commencement de sa carrière ; il est tel que Moody n’hésite pas à déclarer le grand évangéliste plus puissant encore par sa prière, que par sa prédication. Et nous ne pouvons oublier à ce sujet que souvent, dans les longues agonies de la prière d’intercession, « le secret de l’Eternel lui était révélé, » de sorte qu’il pouvait annoncer avec pleine certitude ce que Dieu ferait pour le châtiment ou pour le salut du pécheur, objet de son intercession.

Toute la ville en émoi; ce n’est que colères, menaces et projets criminels contre l’homme de Dieu. Mais après une journée de prière et de jeûne, celui-ci est plus que vainqueur. Réveil profond, immense. Santé de Finney ruinée au début, rétablie merveilleusement, bien qu’il prêchât plusieurs heures presque chaque jour. Et, au bout de six mois, deux églises nouvelles fondées à Evans’Mill, composées presque en totalité de nouveaux convertis.

De même, réveils merveilleux à Antwerp, à Sodome et ailleurs. En plusieurs de ces localités, l’action de la « Puissance d’En Haut » agissant par le serviteur de Dieu est telle, qu’en en prenant connaissance, le mot de miracle vous vient sans cesse à l’esprit. Pendant tout ce long ministère, « l’Esprit de puissance, d’amour et de sagesse » (2Ti 1:7) a reposé sur lui d’une manière permanente; cependant il déclare que parfois, reconnaissant que la puissance de l’Esprit avait diminué en lui, il n’avait retrouvé la plénitude de la puissance que par beaucoup d’humiliation et de prières.

Une seule de ses prédications bouleversait une ville entière; la puissance de son regard n’était peut-être pas moins célèbre que celle de sa parole. A Dieu ne plaise pourtant que nous lui attribuions en propre cette puissance! ce n’était là qu’un effet de ce «baptême de Saint-Esprit et de feu» que reçoit quiconque le veut. Mais Finney l’avait voulu, c’est-à-dire qu’il avait véritablement renoncé à tout pour le recevoir et pour le conserver; et ce baptême l’avait pleinement investi de tous les dons nécessaires à sa vocation.

De grands réveils furent amenés par un regard dont il avait transpercé le cœur du pécheur. Les adversaires parlaient de nerfs, de magnétisme, d’hystérie, de fanatisme, etc. etc., mais l’œuvre de Dieu n’en était pas moins évidente. Cependant les réveils se propageant comme une traînée de feu, l’opposition devint formidable ; il n’était sorte de calomnie qu’on ne répandît contre Finney et contre son œuvre, et il n’y avait pas d’histoire, si inepte qu’elle fût, qui n’obtînt quelque créance, pourvu qu’elle fût débitée contre lui.

Mais Finney en sortit plus que vainqueur par la prière. « Dieu, dit-il, me donna l’assurance qu’il serait avec moi et me soutiendrait; que rien ne pourrait prévaloir contre moi, que je n’avais autre chose à faire que de travailler paisiblement en attendant de lui seul la délivrance. »

 

Un dernier trait que nous relevons, dans cette œuvre de réveil, c’est l’insistance avec laquelle Finney réclame, avec la repentance, « les œuvres convenables à la repentance ». Aussi, les élégantes abandonnaient leurs parures ; les hommes d’affaires restituaient les sommes qu’ils n’avaient pas gagnées honnêtement ; les criminels se dénonçaient et se déclaraient prêts à subir la peine méritée. Les réveils étaient profonds et durables, parce qu’ils étaient vrais; l’on ne se convertissait pas pour être heureux, mais pour servir Dieu.

 

Les Discours de Finney sur les réveils religieux, ainsi que leur auteur, semblent inconnus dans nos facultés de théologie. Après la Bible cependant, nous ne voyons pas quelle mine plus riche des enseignements de l’Esprit de Dieu l’on pourrait citer. Vinet écrivait déjà dans le Semeur : « Aucun traité de théologie pastorale ne renferme autant d’éléments positifs d’instruction, et nulle prédication à nous connue ne présente le christianisme sous un aspect plus vivement et plus immédiatement pratique. »

Il est évident, en effet, que Finney enseigne ce qu’il sait, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, et en quoi il ne peut errer. Il sait, lui, ce que c’est que d’être « rempli de l’Esprit ». Il sait et il a vu, comme d’autres et mieux que d’autres, que moyennant le travail spirituel et l’exercice, le plus ignorant et le moins doué de ceux qui ont vocation au ministère, s’il est rempli de l’Esprit comme c’est son devoir, arrivera à posséder ce qu’on attribuait trop en propre à Finney, à savoir originalité, et abondance, et clarté, et puissance.

«  Vous devez recevoir Christ pour votre sanctification aussi absolument que pour votre justification.

Il est aussi absolument votre sanctification que votre justification, et si vous dépendez de lui pour votre sanctification, il ne vous laissera pas plus tomber dans le péché qu’il ne vous laissera tomber en enfer. Il est aussi déraisonnable, aussi antiscripturaire et aussi coupable de vous attendre à l’un que de vous attendre à l’autre. Et si vous péchez, ce ne sera jamais autrement que par le fait d’incrédulité. »

 

{1} Voir Memoirs of Rev. Ch. G. Finney, the American evangélist, written by himself. Hodder & Stoughton, London; et Charles Finney, histoire de sa vie et de ses ouvrages, par Auguste Glardon. Georges Bridel, Lausanne.

 

Par David Smithers

LA PRIERE FACONNE L'HISTOIRE
par David Smithers

finney0« Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son œuvre. Dieu s'est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur cœur.

Finney nous a aussi procuré, par le moyen de sa plume, les principes de base de tout réveil religieux. C'est pourquoi il parle encore et n'a jamais cessé d'être en bénédiction à de nombreuses âmes. Le message de Finney, si viril, si logique et si loin de toute ambiguïté, se présente comme une réponse à ce besoin de réveil dont beaucoup d'enfants de Dieu sont aujourd'hui comme dévorés. (M. Weber, 1951 - préface à l'édition française des Discours sur les Réveils Religieux, Finney). Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit en toute logique des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile.

Comme le prophète Jérémie, Charles G. Finney fut oint de Dieu pour « arracher » et « planter » dans la vigne du Seigneur (Jérémie 1 :10). C'était un homme d'intense prière, de pureté et de passion. Dénué de tout ego, il était rempli du Saint-Esprit. Ses sermons étaient des éclats de chaîne, déversant des sentiments de conviction dans les cœurs des sceptiques les plus endurcis. Simple comme un enfant dans sa façon de prêcher, il décontenançait parfois ses auditeurs uniquement par ses prières. Il pouvait clamer les jugements de Dieu sur le péché avec la force du tonnerre et dans une grande liberté, pour présenter ensuite la miséricorde de l'Evangile avec tendresse et larmes.

Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit régulièrement des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile. L'autobiographie de Finney est remplie de récits relatant de puissantes manifestations du Saint-Esprit. A une certaine occasion où Finney prêchait dans un bâtiment scolaire, « soudainement une atmosphère de solennité terrible tomba sur l'assemblée et les chrétiens de la congrégation tombèrent de leurs chaises, pleurant pour obtenir miséricorde. » Finney déclara : « Si j'avais eu une épée dans chaque main, je n'aurais pas pu les frapper aussi vite qu'ils ne tombèrent. Je crois que toute l'assemblée était à genoux ou dans un état de prostration au bout de deux minutes. » Les cris et les pleurs des gens étaient si forts que l'exhortation que donna Finney à se confier dans la miséricorde de Christ n'était même pas audible.

 

Finney semblait si rempli de l'Esprit Saint que les gens étaient souvent amenés à la conviction de péché rien qu'en le regardant. Lors d'une tournée d'évangélisation à Utique, New York, il visita une grande usine. En le voyant, un des employés, puis un autre et encore un autre s'arrêtèrent de travailler et pleurèrent sous la conviction de leurs péchés, et finalement le nombre de personnes qui pleuraient et gémissaient fut si important que les machines durent être arrêtées pour laisser à Finney le soin de les conduire à Christ.

 

Finney semblait détenir le pouvoir d'imprimer dans la conscience des hommes la nécessité d'une vie vécue d'une façon si sainte qu'elle devait produire des fruits durables. " Plus de 85 % des personnes converties à Christ lors des réunions de Finney restaient attachés à Dieu, alors que 70 % de ceux qui avaient professé Christ dans des réunions tenues par un évangéliste même aussi illustre que Moody devenaient par la suite des rétrogrades.

De tels résultats furent le fruit d'heures et d'heures de prière. Ce n'était pas les prières de Finney seul qui assurèrent de tels réveils envoyés du ciel. Finney était soutenu par les prières de deux dons cachés de Dieu. C'était l'intercession cachée et cependant puissante du Père Nash et d'Abel Clary qui posa les fondements et prépara le terrain à ces puissantes visitations de Dieu. " Abel Carry s'était convertit à peu près à la même période que Finney et avait reçu une formation qui lui permettait de prêcher également, mais il avait un si lourd fardeau de prière qu'il ne pouvait prêcher beaucoup. Tout son temps et toutes ses forces étaient consacrés à la prière. Il gémissait et soupirait dans l'agonie, incapable de rester debout sous le poids."

livre8Après la mort de Clary, Finney découvrit le journal de prière de Clary. Finney s'aperçut que l'ordre exact dans lequel le fardeau avait été déposé sur le cœur de Clary correspondait à l'ordre suivant lequel s'étaient manifestées les bénédictions déversées sur son ministère.

Le Père Nash vécut une vie d'intercession presque continue. "Il se joignait à Finney, entretenait une liste de prière et était sans nul doute le secret en grande partie du merveilleux succès de Finney. Il ne prêchait pas et bien souvent n'assistait pas aux réunions, mais il restait dans sa chambre, ou dans les bois, luttant avec Dieu dans une prière puissante. Souvent avant le crépuscule, on pouvait entendre à plus de 500 mètres à la ronde le Père Nash prier dans les bois, ou dans une église, et le sentiment de la présence de Dieu était incroyable.

L'Eglise doit faire plus que d'avoir de l'estime pour l'histoire d'hommes tels que Charles Finney, le Père Nash et Abel Cary.

Si nous désirons expérimenter un réveil, nous devons nous repentir et pratiquer les vérités qu'ils ont proclamées : vérités d'une vie sainte et pure ; vérités d'une intercession secrète et d'un amour inconditionnel pour Jésus !

Source: The Watchword

 

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