Bible et Foi

" Mon but est de Le connaître "

finney

« Sachant que ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. » Gal. 2, 16.
Les mêmes vérités sont exprimées presque dans les mêmes termes au 3ème chapitre des Romains. Sous le nom de Justification par la foi, j'en fais le sujet de mon présent discours, et, je me propose de l'étudier en montrant successivement :

 

I. ce qu'est la justification par la loi.
II. qu'aucun homme ne peut-être justifié par les œuvres de la loi.
III. ce qu'est la justification évangélique,
IV. quel est son résultat, c'est-à-dire quel est l'état de l'homme ainsi justifié,
V. que la justification évangélique a lieu par le moyeu de la foi,
VI. enfin, quelles sont les réponses à faire à différentes difficultés que soulève notre sujet.

I. En quoi consiste la justification légale.

1. D'une manière générale, elle consiste à déclarer un accusé non coupable. Elle prononce qu'il n'a pas violé la loi, qu'il n'a accompli aucun acte qualifié crime par elle, qu'il est par conséquent innocent.

2. Dans un sens plus spécial et plus technique, elle consiste à admettre le fait qui est à la charge de l'accusé, mais en établissant qu'il avait le droit d'agir ainsi qu'il l'a fait. Si par exemple un homme est accusé de meurtre, le fait qu'il a tué est admis, mais on constate qu'il a agi en exerçant le droit de légitime défense, ou qu'il y a eu accident inévitable.

II. Je désire vous montrer que nul ne peut-être justifié par les œuvres de la loi. Ce qui est vrai qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre forme de justification.

1. S’il s'agit de la justification sous sa forme la plus générale, c'est à l'accusateur à faire la preuve des faits dont il charge l'accusé ; il lui suffit, en ce cas, d'établir qu'un crime (un fait) a été commis. Cette preuve unique suffit à établir la culpabilité de l'accusé, et exclut pour lui la possibilité d'être justifié par la voie qui nous occupe en ce moment. Il ne servirait de rien, devant le tribunal de Dieu, que l'accusé démontrât qu'il a fait plus de bien que de mal, ou que le temps pendant lequel il à gardé la loi a été plus considérable que celui pendant lequel il violée ; il faudrait pour sa justification qu'il pût établir qu'il a accompli la loi tout entière jusqu'à un iota et jusqu'au moindre trait de lettre. Or qui peut être justifié de cette façon-là? Personne assurément.

2. S'il s'agit de la seconde forme de justification que j'ai indiquée, — celle où le fait est admis et la culpabilité niée, — c'est à l'accusé à faire la preuve qu'il n'est pas coupable. Il reconnaît la réalité des faits qu'on lui impute; si donc il ne peut alléguer qu'un vain prétexte, il est perdu.
Si l'excuse n'est qu'une apologie futile ou si elle ne s'applique pas au cas donné, elle ne peut justifier ; pour qu'elle justifie, il faut qu'elle réunisse deux conditions : il faut qu'elle soit vraie, et qu'elle soit suffisante. Si elle ne réunit pas ces deux conditions, et surtout si elle jette le blâme sur le tribunal ou sur le gouvernement, elle ne fait qu'augmenter la culpabilité de l'accusé; elle est une aggravation infamante du crime. Nous aurons bientôt à revenir sur cette dernière remarque.
J'indiquerai maintenant quelques-unes des principales raisons que les pécheurs ont l'habitude d'alléguer pour leur justification; je vous en montrerai la vraie nature, ainsi que la portée, et vous comprendrez ce qu'elles sont aux yeux de Dieu. Je n'ai pas le temps de les examiner toutes, Mais j'en citerai deux de chacune des catégories que je vous ai fait entrevoir. Deux de celles qui manquent de vérité et qui seraient bonnes si elles étaient vraies; puis deux de celles qui sont vraies, mais insuffisantes.

1° Les pécheurs allèguent souvent leur nature pécheresse pour se justifier. Et s'il est vrai, comme ils le prétendent, que Dieu leur ait donné une nature qui soit en elle-même pécheresse, une nature dont les actes soient nécessairement mauvais, ils ont là une bonne excuse pour leurs péchés ; au jour du Jugement, à la face du ciel et de la terre, le  fait qu'ils allèguent les justifiera. Il faudrait, en effet, que Dieu faussât la raison de tous les êtres raisonnables, pour qu'ils pussent vous blâmer d'avoir péché, alors que Dieu vous ayant constitués pécheurs en vous créant, serait lui-même l'auteur de votre péché. Mais comment votre nature pourrait-elle être elle-même  péché ? Qu'est-ce que le péché ? Le péché est une transgression de la loi. Il n'y a aucun autre péché que celui-là. Or loi dit-elle que vous ne devez pas avoir la nature que nous avons tous en venant au monde ? Elle ne dit rien de semblable.

Cette doctrine, qui place le péché dans la nature même de l'homme, méconnaît la différence qu'il y a entre le péché et l'occasion du péché. Nos appétits physiques, nos besoins et nos penchants deviennent des occasions de péché, alors qu'ils sont fortement excités. Il en fut ainsi chez le premier homme; personne cependant ne dira qu'il avait une nature pécheresse. L'appétit physique qui recherche la nourriture du corps, ainsi que le désir de croître dans la connaissance faisaient partie de son être tel qu'il était sorti des mains de Dieu ; c'est tout ce que l'on peut dire. Il n'y avait là aucun péché. Mais ces penchants nécessaires à la créature appelée à vivre en ce monde sous le gouvernement, moral de Dieu, n'en devinrent pas moins, une fois excités, une occasion de pécher contre Dieu. Ils étaient innocents en eux-mêmes, mais le péché fut dans la manière dont le premier homme les satisfit. Or,  quand le pécheur essaie de se justifier en alléguant ce qu'il appelle sa nature pécheresse, il confond ces appétits et ces besoins innocents avec le péché lui-même; en fait, il accuse Dieu follement de lui avoir donné une mauvaise nature, alors que tous les éléments de sa nature sont essentiels à la vie morale à laquelle il est appelé, et que Dieu l'a constitué aussi bien que cela, était possible, l'adaptant parfaitement à toutes les circonstances de la vie qu'il devait mener en ce monde. La vérité est donc que la nature de l'homme est parfaitement ce qu'elle doit être; elle est aussi bien constituée pour aimer Dieu et lui obéir que pour le haïr et lui désobéir.

Pécheur ! Le jour n'est pas loin où tous verront si l'excuse que tu donnes est bonne ou non; et tu verras toi-même si, alors que ton Créateur te reprochera, ton péché, tu pourras le couvrir de confusion en retournant l'accusation contre lui et en faisant retomber tout le blâme sur sa personne.
Mais, m'objecterez-vous peut-être, le péché d'Adam n’a-t-il donc pas contribué à produire ceux de ses descendants ? — Oui, en ce sens qu'il les a exposés à des tentations plus puissantes et plus multipliées; mais il est faux qu'il leur ait légué une nature qui en soi serait pécheresse.

2° Pour se justifier, les pécheurs allèguent souvent leur incapacité à faire le bien; raison semblable à la précédente et qui serait bonne si elle était vraie. En effet, si étant accusé de péché, vous pouviez prouver que vous êtes réellement incapable d'obéir à Dieu, que Dieu a par conséquent exigé de vous de qu'il vous était impossible de faire, tous les êtres intelligents de l'Univers n'auraient qu'une voix pour vous déclarer NON COUPABLE. Il faudrait ou qu'ils rendissent ce verdict ou qu'ils cessassent d'être raisonnables; car une des vérités les plus élémentaires qu'enseigne la raison, c'est que nul être ne peut être tenu de faire ce qui lui est impossible.

Supposez qu'on vous demande d'annuler les péchés que vous avez commis ; chacun reconnaîtra que c'est là une impossibilité et que vous ne pouvez être blâmé parce que vous ne le faites pas. Mais ce que Dieu vous demande, ce n'est pas d'annuler les péchés que vous avez commis, c'est de vous en repentir. Je suppose que le premier jour de cette année votre devoir ait été d'avertir un pécheur ; vous ne l'avez pas fait, et maintenant ce pécheur est mort. Êtes-vous aujourd'hui dans l'obligation de l’avertir ? Non ! La chose est impossible ; tout ce que Dieu peut vous demander, c'est de vous repentir de votre négligence. Dieu ne peut vous rendre responsable que de l'accomplissement d'un devoir qu'il était en votre pouvoir d'accomplir ; mais il est absurde de penser qu'il puisse vous faire un devoir d'accomplir ce qui n'est pas en votre pouvoir.

Encore ici, l'excuse que nous examinons accuse Dieu de tyrannie, aussi constitue-t-elle une aggravation infamante du crime. Il est clair, en effet, que si Dieu exige de vous ce que vous ne pouvez pas faire, c'est de la tyrannie. Et comme son commandement est sous peine de mort éternelle, sa tyrannie est sans bornes. Bien loin donc que l'excuse en question justifie le pécheur, elle est une sérieuse aggravation de sa culpabilité, vu qu'elle accuse Dieu d'une tyrannie sans mesure aucune.

Supposez encore que Dieu vous ordonne de vous repentir pour n'avoir pas fait ce qu'il n'a jamais été en votre pouvoir de faire, et vous condamne à l'enfer si vous n'obéissez pas. Ce commandement là ne serait pas plus raisonnable que le précédent, car dans un cas pareil vous ne pouvez vous repentir, et Dieu lui-même ne peut faire que vous vous repentiez. Qu'est-ce que la repentance? C'est se blâmer soi-même et justifier Dieu. Or, pour un être raisonnable, c'est une impossibilité que de se blâmer pour n'avoir pas fait une chose qu'il a conscience de n'avoir pu faire. Dans ce cas, aucun être raisonnable ne pourrait non plus justifier Dieu.

Si Dieu vous appelait en jugement et vous sommait de vous repentir de ce que vous ne volez pas au plus haut des airs, par quel procédé pourrait-il faire que vous vous blâmiez pour cela, alors que vous êtes parfaitement conscient de n'avoir ni ailes, ni rien de ce qu'il faut pour voler? Pour que le repentir vous fût possible, il faudrait que Dieu vous trompât et vous inspirât la fausse persuasion que vous aviez le pouvoir de voler. Mais quel Dieu que celui qui agirait de la sorte à l'égard de ses créatures !

Que prétendez-vous donc, pécheur, en alléguant votre incapacité ? Pensez-vous faire croire que vous n'avez jamais péché ? Vous tombez dans une étrange contradiction quand vous admettez que vous devez vous repentir et qu'aussitôt après vous prétendez avoir été incapable d'obéir à Dieu. Choisissez le terrain sur lequel vous voulez vous placer et restez-y. Si vous pensez vous appuyer sur l'excuse qui nous occupe, faites-la valoir hardiment, présentez-vous devant, le tribunal de Dieu et dites : « Seigneur, je ne puis ni ne veux me repentir du tout, je n'y suis pas obligé, car je n'ai pas le pouvoir d'obéir à la loi ; je maintiens donc que je ne suis absolument pas coupable, car je n'ai jamais péché. »
Pouvez-vous réellement vous flatter de vous justifier de la sorte ? Osez-vous vous prévaloir d'une excuse pareille et rejeter sur Dieu toute la responsabilité de votre péché ?

3° Une autre excuse qu'allèguent les pécheurs pour rester dans leur impénitence, c'est leur mauvais cœur.
Cette excuse est vraie, mais elle est insuffisante. Qu'est-ce qu'un mauvais cœur ? Ce n'est pas l'organe qui bat dans notre poitrine, ce sont les affections, les mauvais sentiments, les mauvaises pensées, les actions de l'âme. Si c'est là ce qui doit vous justifier, le diable lui-même sera justifié. N’a-t-il pas un aussi mauvais cœur que vous?
Supposons que vous ayez commis un meurtre et que, comparaissant devant la cour d'assises, vous essayiez de vous justifier de la manière suivante : « C'est vrai, j'ai tué un homme, mais, j'ai une telle haine pour l'humanité, j'ai une telle soif de sang, que je ne puis m'empêcher de tuer quelqu'un chaque fois que j'en ai l’occasion. » « Horreur ! s'écriera le juge, dressez le gibet immédiatement et que cet homme soit pendu avant que je quitte  la cour ; un pareil misérable ne mérite pas de vivre une heure. S'il a une telle soif de sang que personne ne soit en sûreté auprès de lui, c'est précisément pour cela qu'il faut le pendre à l'instant. » Les pécheurs qui allèguent leur mauvais cœur présentent une justification exactement semblable à celle que nous venons de supposer. « Méchant serviteur, je te jugerai par tes propres paroles. »

4° Une autre excuse forte commune est celle qui allègue la conduite des chrétiens.
Demandez à beaucoup de ceux qui vous entourent, pourquoi ils ne se donnent pas à Dieu. « Les chrétiens, vous répondront-ils, ne sont pas meilleurs que les autres ; quand nous les verrons se conduire conformément à leur profession de piété, nous penserons alors à nous convertir.» Ils montrent donc qu'ils savent comment les chrétiens devraient se conduire, et que par conséquent ils ne pèchent pas par ignorance.

Ensuite, en admettant, ainsi que je le fais, que beaucoup de chrétiens ont une conduite  très répréhensible, et font bien de choses qui sont entièrement contraires à leur profession de piété, est-ce là une excuse pour ceux qui refusent de se donner à Dieu ? Au contraire, leur dirai-je, c'est une des plus fortes raisons qu'il y ait pour vous mettre à son service. Vous qui savez comment ceux qui professent la piété devraient se conduire, vous êtes tenus de donner l'exemple. Si vous aviez imité la conduite des chrétiens parce que vous ne saviez pas mieux faire, le cas serait tout autre; mais maintenant vous êtes inexcusables.

Votre devoir est de reprendre ces chrétiens dont vous parlez, de prier pour eux et de les conduire dans un chemin meilleur, mais vous n'en faites rien.
Votre excuse, bien que vraie, en fait, ne vous justifie nullement ; elle ne tait qu'ajouter à votre culpabilité. Belle justification que celle-là ! Vous cacher derrière quelque diacre ancien d'église pris en faute pour décocher contre le Très-Haut lui-même les traits de votre méchanceté.
Maintenant, mes chers auditeurs, y aurait-il encore quelqu'un parmi vous qui penserait pouvoir être justifié par la loi ? Qui d'entre vous l'a gardée ? Et qui d'entre-vous pourrait présenter une excuse valable pour sa désobéissance ?

 

Charles Grandison Finney

Traducteur

PROPOS DU TRADUCTEUR
Voici donc en français les notes du reporter. Nous ne faisons pas d'excuse pour les imperfections de la forme : nous avons à nous occuper d'autre chose.

Il n'est certainement pas d'ouvrage plus propre à éclairer « ceux qui font profession d'être chrétiens » que ces notes. Le christianisme désintéressé qui s'y révèle sera d'emblée reconnu par tout homme droit comme le seul vrai. Et cependant ce christianisme-là est encore peu connu parmi nous.

Nous avons erré, nous errons encore, la plupart, sur la question même qui est tout dans le monde et dans l'Univers, la question du but suprême de la vie. Or, cette question est traitée à fond dans les Discours: elle y est résolue avec une telle abondance de lumière que toute conscience honnête le reconnaîtra : il n'y a plus d'objection possible. Avec pleine connaissance de cause, ou « sauver sa vie » dans la honte éternelle, ou « la perdre » enfin avec joie : c'est la seule alternative qui reste.

En bénissant Dieu de ce qu'il nous a donné de faire quelque chose qui sera utile à plusieurs, nous nous sentons pressés de remercier deux de ses serviteurs dévoués, M. Albin Peyron qui a fort encouragé et facilité la présente publication, et M. le pasteur Bahut qui a bien voulu prendre la peine de lire notre traduction avec le plus grand soin, la comparant au texte anglais et nous adressant des observations qui nous ont été des plus précieuses.

CH. CHALLAND, pasteur.

Genèse, Octobre 1888.

Sources/Infos

LIVRE: " A ceux qui font profession d'être chrétiens " (Finney Ch.) 1889 / Publication par E. Béroud.

* Numérisation M-C P. Ocr Yves PETRAKIAN Fev 2007 – Mars 2011 France - http://456-bible.123-bible.com

Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son œuvre. Dieu s'est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur cœur.

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