Bible et Foi

" Mon but est de Le connaître "

bramwellA la conférence de 1791, il fut nommé Surintendant du Circuit de Dewsbury (1)
Il y avait, dans cette région, de la division entre les chrétiens, aussi eut-il beaucoup à gémir sur la langueur spirituelle qui était devenue générale.
« Je n'ai pas trouvé une seule personne qui ait fait l'expérience de la sanctification, écrit-il à un ami, et le n'en ai trouvé que très peu qui aient l'assurance du pardon de leurs péchés. En plusieurs localités les sociétés ont augmenté en nombre; mais la religion active y est à peu près absente. » La première année fût un temps d'afflictions et de rudes labeurs; mais, pendant la seconde, comme on le verra bientôt, Bramwell moissonna avec chant de triomphe. Il priait sans cesse pour que Dieu répandît son Esprit sur ses auditeurs; il insistait « en temps et hors de temps, reprenant, censurant et exhortant, comme dit l'apôtre Paul, avec une entière douceur et en instruisant. » Il s'assura la coopération de tous ceux qui voulurent se joindre à lui, et il établit avec eux des réunions de prières qui avaient lieu à cinq heures du matin. Les principaux membres des sociétés commencèrent alors à se réveiller.

 

 

LA PRIÈRE POUR LE RÉVEIL

 

Pendant cette période de luttes pour obtenir une effusion du Saint-Esprit, Anne Cutler vint à Dewsbury pour coopérer à l’œuvre de Bramwell. Elle avait l'habitude constante de se lever entre trois et quatre heures du matin pour lutter avec Dieu afin d'obtenir un réveil. Elle se joignait souvent, en outre, à Bramwell pour prier à ce sujet. Ces efforts furent bientôt suivis de grandes bénédictions.
«  Comme je priais un jour dans ma chambre, dit Bramwell, Dieu me répondit d'une façon toute particulière; il me montra le réveil qui allait avoir lieu. Je vis de quelle manière il se ferait et quels en seraient les effets. Je n'eus plus aucun doute; tous mes chagrins disparurent. Je m'écriai : «  Le Seigneur vient ! je sais qu'il vient; il viendra subitement. »

En effet un remarquable réveil suivit bientôt. Bramwell en décrit ainsi le commencement « Pendant la prière de notre sœur Cutter, une personne reçut la grâce d'un cœur pur, et nous fûmes assurés que Dieu ferait de même pour d'autres. A une réunion de prières qui suivit, deux personnes se donnèrent à Dieu et reçurent sa paix; deux autres se donnèrent de même avant la fin de la semaine. Le dimanche matin, nous avions une agape où plusieurs personnes furent saisies d'angoisse au sujet de la sanctification qu'elles n'avaient pas encore reçue. Une jeune femme la reçut bientôt. Le lundi soir, comme nous étions réunis de nouveau, un remarquable esprit de prière fut répandu sur l'assemblée. Cinq personnes reçurent la sanctification; et plusieurs restèrent dans l'angoisse, ne l'ayant pas encore. Plusieurs étrangers, qui jusque-là avaient été remplis de préjugés, furent soudainement saisis par l'Esprit de Dieu, et leurs yeux furent ouverts : ils virent leur péché et la condamnation divine suspendus sur leurs têtes. Ils gémissaient comme en agonie, cherchant la délivrance. Le jeudi, un homme qui avait été dans une grande angoisse au sujet de la pureté du cœur et qui avait recherché cette grâce; de toute son âme, fut enfin délivré de tout péché. Cette œuvre continua à peu près à toutes nos réunions.

Soixante personnes de Dewsbury et des environs reçurent la sanctification et marchèrent dès lors dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Nos réunions d'agapes commencèrent à regorger de monde; on y venait de tous les circuits voisins. Un très grand nombre d'âmes y trouvèrent le pardon des péchés et plusieurs y reçurent l'amour parfait. En rentrant chez elles, ces personnes déclarèrent les grandes choses que Dieu avait faites pour elles.

« Plus je consulte les Actes des Apôtres et l’histoire de l'Église, plus je suis convaincu qu'il n'y avait rien là de nouveau, ni dans les moyens dont Dieu s'est servi pour produire le réveil, ni dans le réveil lui-même, ni dans ses conséquences. J'ai pris conseil des chrétiens les plus expérimentés et ils m'ont exhorté à employer tous les moyens possibles pour maintenir et faire progresser le réveil. Satan met en œuvre ses agents pour le détruire; ils critiquent les uns d'une façon, les autres d'une autre; mais personne, sans le Saint-Esprit, ne peut juger de la chose.»

L’œuvre s'étendit de tous côtés. Dans une des localités du circuit, près de cent membres furent ajoutés à la Société et plusieurs croyants, anciens membres, furent réveillés et se vouèrent à l’œuvre de Dieu avec un zèle et un soin tout nouveaux. Bramwell se réjouissait « comme celui qui trouve un grand butin. »

Des réveils tels que celui-ci ont une importance toute particulière : « les chrétiens furent vivifiés et beaucoup furent purifiés du péché intérieur », dit Bramwell. C'était la sainteté, l'entière sanctification et non le bonheur, qu'on avait en vue en se convertissant. Un chrétien chez lequel existe encore «  le péché intérieur, » ou le «vieil homme, » n'est-il pas souvent plus nuisible qu'utile au règne de Dieu? Or les réveils du méthodisme primitif produisirent bon nombre de chrétiens sanctifiés. Et l'on comprend facilement qu'un seul de ces chrétiens vaut une armée.

 

UNE VÉRITABLE « AVERSE »

A la conférence de 1793, Bramwell fut nommé prédicateur du Circuit de Birstal (2), adjacent à celui de Dewsbury. Un réveil avait commencé au début de l'année, dans ce nouveau circuit, sous l'action bénie de MM. Jackson et Smith; il y avait pris naissance dans de nombreuses réunions, de jeûne et de prières. Sous l'action de Bramwell, ce réveil s'accentua. Le serviteur de Dieu s'adonna plus que jamais à la prière; il passait parfois ses nuits entières à lutter avec Dieu; et il exhorta tous les membres de la Société méthodiste à lutter avec lui. Son collègue qui ne pouvait comprendre un tel zèle et le trouble qu'il produisait chez les âmes endormies, s'opposa à ses efforts et entraîna plusieurs Conducteurs de classes dans son opposition.

Mais au « repas de charité » qui eût lieu le jour de Noël cinquante personnes furent converties, et dès lors toute opposition cessa. « Ce jour-là, dit M. Crowther, qui avait été un des opposants, je fus si convaincu que cette œuvre était de Dieu, que je m'y joignis immédiatement ne me bornant pas à l'approuver, mais y coopérant de tout mon cœur. En sortant de la chapelle, je fus entouré de plusieurs Conducteurs de classes qui me demandèrent ce que j'en pensais encore. Je répondis : «Nous avons longtemps prié pour obtenir un réveil, et maintenant que le Seigneur nous l'accorde, en serions nous mécontents et nous opposerions-nous à ses progrès, parce qu'il ne s'accorde pas exactement avec nos faibles idées, et qu'il ne se manifeste pas de la manière que nous l'attendions? » A partir de ce moment, tous les Conducteurs s'unirent cordialement à M. Bramwell pour travailler aux progrès du réveil, et leurs travaux furent couronnés d'un grand succès.

L'agape suivante eut lieu le dimanche de Pâques (1794); et là encore, cinquante personnes se convertirent et « passèrent des ténèbres à la lumière et parvinrent à la joie du salut et à la liberté des enfants de Dieu. »

Dans les diverses localités du circuit, Bramwell tenait ce que l'Église méthodiste a appelé des « longues veilles. » Dans l'une de ces réunions prolongées, à Little Gomersal, à dix heures du soir, aucun résultat extraordinaire ne s'étant manifesté, il allait terminer la réunion, lorsque, reprenant courage, il prolongea les prières jusqu'à minuit. A cette heure-là, par « un mouvement intérieur, » il résolut de continuer la lutte avec Dieu jusqu'au point du jour, comme avait fait Jacob. Bientôt après, une personne implora à haute voix la miséricorde de Dieu en sa faveur; d'autres firent de même plus tard, si bien qu'avant quatre heures du matin, quinze personnes s'étaient données à Dieu, avaient reçu « le témoignage de leur pardon » et se réjouissaient en leur Sauveur.

Les mêmes scènes eurent lieu dans beaucoup d'autres localités du circuit.
Un Conducteur de classe de Gomersal, M. Thomas Pearson, rend ainsi compte du réveil dans cette localité :

« M. Brarnwell vint au milieu de nous rempli de foi et rempli du Saint-Esprit. Sa puissante prédication et ses ferventes prières furent tellement efficaces que les pécheurs les plus endurcis tremblèrent devant lui. Nous avions eu des effusions du Saint-Esprit, mais alors commença une véritable averse; la puissance de Dieu, par le moyen de la vérité, eut un triomphe merveilleux. Ma classe fut rapidement augmentée de vingt-sept à soixante membres. Les lieux de culte regorgeaient d'auditeurs de tout rang et de toute condition. Même des enfants de dix ans furent convaincus de péché et vraiment convertis, ce qui eut un tel effet sur leurs parents que plusieurs d'entre eux se donnèrent à Dieu.

« Quand M. Bramwell venait à Gomersal, il logeait généralement chez nous. Dès qu'il avait dîné, il priait invariablement avec notre famille; puis il allait faire des visites de maison en maison; il visitait ainsi à l'ordinaire dix-sept ou dix-huit familles avant le thé, priant avec tous. J'invitais quelques amis à prendre le thé avec nous, et M. Bramwell s'informait affectueusement de l'état spirituel de chacun d'eux. Ceux qui n'avaient pas la justification par la foi, il les pressait de la rechercher et de n'avoir aucun repos qu'ils ne l'eussent acquise; et quant à ceux qui étaient justifiés, il les pressait de ne s'accorder ni trêve, ni repos qu'ils ne fussent entièrement sanctifiés. Bien qu'après l’œuvre de la journée, M. Bramwell fût très fatigué et qu'il ne se retirât que tard, il était toujours levé à cinq heures du matin et priait alors pour chaque personne de sa connaissance en la nommant par son nom, et pour chaque société du circuit.

« J'ai connu bien des hommes pieux et saints; mais je n'en ai jamais vu de pareil à M. Bramwell pour la foi et la prière. Tant qu'il fût parmi nous, l’œuvre de Dieu y progressa et à la fin de ses travaux dans notre circuit, le nombre des membres des sociétés y était à peu près doublé. »

Le réveil du Circuit de Birstal s'étendit dans les circuits voisins. Beaucoup de personnes qui venaient à Birstal par curiosité, étant reprises dans leur conscience et convaincues de péché, se convertirent. L’œuvre de la sanctification des chrétiens s'étendit de même au loin. Un grand nombre de chrétiens crurent au Sauveur qui leur était annoncé comme celui qui « détruit » qui « ôte » le péché, et entrèrent dans une vie toute nouvelle; ils pouvaient dès lors être « toujours joyeux, prier sans cesse et rendre grâces pour toutes choses. »

Quand Bramwell était en société, le thème habituel de sa conversation était celui-ci: «que pouvons-nous faire pour louer davantage le Seigneur, obtenir de plus grandes bénédictions, avancer son règne?

De quelque partie de l’œuvre qu'il dût s'occuper, il se donnait toujours tout entier à son travail, y mettant tout le soin dont il était capable. Il régularisa les classes, établit des réunions de prières et entreprit de fortifier la discipline. Il avait particulièrement à cœur les nouveaux convertis; il faisait tout son possible pour les préserver du mal et assurer leurs progrès spirituels. Il avait pour cela des réunions spéciales, les jeunes gens et les ,jeunes filles étant rassemblés séparément. Il leur donnait des directions quant à leur conduite, les mettait en garde contre les dangers qu'ils couraient et leur recommandait les livres qui pouvaient leur être utiles.

Des faits qu'on regarderait; partout comme étranges, mais qui n'étonnaient guère dans les églises où prêchait Bramwell, parce qu'ils y étaient fréquents, montrent quelle était; la puissance spirituelle qui accompagnait son ministère. Nous en citerons un entre beaucoup d'autres.

Pendant les assemblées de district de Leeds, Bramwell se rendit de Birstal â Kirkstall Forge, avec le Révérend John Nelson, et prêcha là en plein air à un auditoire fort attentif. Ensuite, dans la chapelle, avec la plus grande partie de cet auditoire, il tint un service qui se prolongea fort tard dans la nuit. L'Esprit de Dieu y fut abondamment répandu et beaucoup de personnes étant convaincues de péché, témoignèrent une grande détresse.
Le lendemain matin, comme Bramwell priait avec la famille chez laquelle il était logé, une des femmes présentes qui avait assisté aux réunions de la veille et qui n'avait pas voulu s'y donner à Dieu, prétextant son aversion pour les « réunions bruyantes », fut saisie elle aussi par l'Esprit de Dieu; mais comme elle résistait aux convictions qui se formaient en son esprit elle tomba sur le plancher et y resta pendant quatre heures dans un état d'insensibilité telle que plusieurs personnes la croyaient morte. Elle revint cependant à la vie; mais elle ne trouva la paix et la joie qu'en abandonnant sa volonté propre pour se soumettre entièrement à Dieu.

Nous avons vu la vigilance de Bramwell; il veillait et priait sans cesse, il jeûnait même souvent, de sorte qu'il pouvait répéter avec une entière vérité ces paroles : « Je tiens mon corps durement assujetti, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même rejeté. » Et cependant ou plutôt à cause de cela même, il avait cette assurance toute particulière qu'on remarque chez l'apôtre Paul.

Après deux heureuses années passées à Birstal, où il vit six cents nouveaux membres se joindre aux églises, Bramwell fut nommé Prédicateur de l'immense Circuit de Sheffield.

 

Vie de William Bramwell

 

 

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