pieces CE QUE C'EST QUE L'AVARICE. On se trompe sur la nature de l'avarice. La faute en est moins à nous qu'à notre langage, qui n'est pas d'accord avec celui de l'Écriture. On a coutume d'appeler avare un homme qui, aimant l'argent pour l'argent, ne songe qu'à l'amasser, sans en faire jouir les autres et sans presque en jouir lui-même. Faut-il s'étonner après cela si habitués dès l'enfance à cette façon de parler, nous l'attribuons involontairement à l'Écriture, et si nous ne voyons dans l'avare qu'elle condamne que celui dont le monde lui-même réprouve la parcimonie ? Je dis involontairement ; et pourtant nous avons un secret motif pour l'entendre ainsi. Car cette sorte d'avarice étant heureusement assez rare, et ne pouvant être reprochée à la plupart d'entre nous, nous nous mettons par là hors de cause et nous avons la satisfaction de pouvoir nous dire : Je ne suis pas cet homme-là. Mais prenez-y garde ; ce serait vous rassurer sur un mot, et sur un mot mal compris.

Pour bien comprendre cette parole, il faut lire ce qui la précède et ce qui la suit : " Alors quelqu'un de la foule lui dit : Maître, dis à mon frère de partager avec moi l'héritage. Mais il lui répondit : O homme, qui m'a établi sur vous pour être votre juge ou pour faire vos partages ? Puis il leur dit : VOYEZ ET GARDEZ-VOUS DE L'AVARICE, car encore qu'un homme soit dans l'abondance, il n'a pas la vie par ses biens. Et il leur proposa une parabole, disant : Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté ; et il raisonnait en lui-même, disant : Que ferai-je ? car je n'ai point où rassembler mes fruits. Puis il dit : Voici ce que je ferai ; j'abattrai mes greniers, et j'en bâtirai de plus grands, et j'y rassemblerai tous mes revenus et mes biens ; et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour beaucoup d'années ; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée, et les choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? Il en est ainsi de celui qui amasse pour lui-même et qui n'est pas riche en Dieu...

Alors il dit à ses disciples : C'est pourquoi je vous dis, ne soyez point en souci pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus ; la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Considérez les corbeaux ; ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit ; combien valez-vous mieux que les oiseaux ? Et qui de vous par ses inquiétudes peut ajouter une coudée à sa taille ?
Si donc vous ne pouvez pas même les plus petites choses, pourquoi êtes-vous en souci du reste ? Considérez comment croissent les lis ; ils ne travaillent ni ne filent, cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'était point vêtu comme l'un d'eux.
Que si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est aujourd'hui au champ, et qui demain sera jetée dans le four, combien plus vous revêtira-t-il, Ô gens de petite foi ?
Vous donc, ne vous mettez point en peine de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, et n'ayez point l'esprit inquiet. Car ce sont les nations du monde qui recherchent toutes ces choses ; mais votre Père sait que vous en avez besoin. Mais plutôt cherchez le royaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
Ne crains point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume. Vendez ce que vous avez et le donnez en aumône, faites-vous des bourses qui ne s'usent point, et un trésor qui ne manque jamais dans les cieux, d'où le larron n'approche point et où la teigne ne gâte rien ; car où est votre trésor, là sera aussi votre cœur."


MES FRÈRES,

L'avertissement que le Seigneur donne à ses disciples dans notre texte a quelque chose de pénétrant et de solennel qui réclame une attention peu commune. On sent qu'il a voulu les mettre en garde contre certaines illusions pleines de périls. Quelles sont ces illusions ? Nous en croyons trouver trois principales :
- on se trompe sur la nature de l'avarice ;
- on se trompe sur le jugement que Dieu en porte ; - on se trompe enfin sur l'empire qu'elle exerce parmi les hommes.

De là le plan de cette méditation ; nous ferons voir ce que c'est que l'avarice, combien elle est criminelle et combien elle est générale.

 

L'avare de la langue française est un, et l'avare de la Bible est un autre. Non seulement la Bible ne restreint pas ce nom au sordide entasseur, mais à peine s'occupe-t-elle de lui. Vous n'en trouverez pas dans nos livres saints une seule description bien caractérisée (1) ; c'est dans les écrits apocryphes (2), c'est chez les auteurs profanes (3), c'est sur un théâtre qu'il faut la chercher.
Sans doute, l'Esprit de Dieu a compté sur la raison humaine pour faire justice d'un péché si grave, dirai-je ? ou d'un travers si criant. Cette avarice-là est un scandale, une folie, une maladie (4) ; le monde a trop à en souffrir pour la tolérer jamais ; aussi traite-t-il ceux qui en sont atteints plus sévèrement qu'il ne ferait un libertin ou un impie.

L'avarice dont le Seigneur nous exhorte à nous garder est tout autre chose. Jugez-en, soit par la circonstance qui lui a fourni l'occasion de cet avertissement, soit par la parabole où il le met en exemple. Un homme venait de dire au Seigneur : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l'héritage. »
Quelle marque d'avarice y aurait-il dans cette requête, si l'on ne donnait le nom d'avarice qu'à une parcimonie sordide ? Et encore, où serait alors l'avarice du riche de la parabole que le Seigneur nous représente se parlant ainsi à lui-même : « J'abattrai mes greniers ; j'en bâtirai de plus grands ; j'y rassemblerai tous mes revenus et mes biens. Puis je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour beaucoup d'années : repose-toi, mange, bois, réjouis-toi. » Ce n'est pas là le langage de l'épargne excessive, c'est celui d'une prodigalité égoïste.
Aussi le Seigneur, faisant l'application de cette parabole à ses disciples, les prémunit-il, non contre la parcimonie, mais contre les soucis de la vie et la soif des richesses.

Pour découvrir la véritable pensée du Seigneur et de la Bible sur l'avarice, il ne faut que recourir aux textes originaux, précaution que ne sauraient trop prendre les interprètes des Écritures et qui souvent en apprend plus que beaucoup de recherches.
Les mots de la Bible que nos versions ont rendus par celui d'avare ou d'avarice sont au nombre de trois.
Le premier signifie un homme adonné au gain, et peu scrupuleux en général sur les moyens de se satisfaire (5).
Le second signifie proprement un homme qui souhaite toujours d'avoir davantage ; c'est le mot employé dans notre texte (6).
Enfin le troisième signifie simplement un ami de l'argent (9).
Ainsi, quand nous lisons dans la Bible française : « Les Pharisiens qui étaient avares se moquaient de lui » (Luc XVI, 14), « que l'évêque ne soit point avare » (1 Tim. III, 5), « que vos mœurs soient sans avarice » (Hébr. XIII, 5), on lit dans l'original : « Les Pharisiens qui étaient amis de l'argent, se moquaient de lui, que l'évêque soit non ami de l'argent, que vos mœurs soient non amies de l'argent » (10).
Ainsi encore, dans cette hideuse peinture que saint Paul a tracée des derniers jours (2 Tim. III, 2-4), les traits suivants, « idolâtres d'eux-mêmes, avares, amateurs des voluptés plutôt que de Dieu, » répondent à divers mots grecs qui signifient littéralement « amis de soi, amis de l'argent, amis du plaisir plutôt qu'amis de Dieu. »

Voici donc la Bible nous éclaircissant elle-même de ce qu'il faut entendre par un avare (11). Un avare, c'est un ami de l'argent ; l'avarice, c'est l'amour de l'argent. Tout s'explique maintenant dans notre texte. Cet homme qui veut que Jésus oblige son frère à partager avec lui l'héritage est avare, il est ami de l'argent ; ou il n'eût pas interrompu « les paroles de la vie éternelle » qui sortaient de la bouche du Seigneur pour l'entretenir des petits intérêts de sa fortune. Le riche de la parabole est avare, il est ami de l'argent ; ou il serait moins jaloux d'amasser pour lui-même que d'être riche en Dieu. Les disciples, à leur tour, eussent péché par avarice, par amour de l'argent, s'ils se fussent abandonnés à l'inquiétude ou s'ils eussent cherché leur trésor ici-bas.

Il est à peine nécessaire d'ajouter que l'ami de l'argent, tel que l'entend la Bible, c'est un homme qui aime l'argent avec excès, comme un ami du plaisir est un homme que l'amour du plaisir entraîne.
L'argent a une valeur réelle qu'un homme sage ne saurait méconnaître. Telle est la condition de la société humaine que l'argent y est la clef de toutes les jouissances et de tous les avantages.
L'argent est un monde condensé. Qui a de l'argent tient en quelque sorte enfermé dans sa caisse tout ce que ses yeux peuvent souhaiter, des champs, des maisons, le manger et le boire, les moyens de se divertir comme ceux de s'instruire, et jusqu'à l'opinion et à la faveur de ses semblables. Cet ordre est dans la nature, et nous pouvons d'autant moins songer à le blâmer qu'il a pour lui l'autorité de la Parole de Dieu. « La sagesse, est bonne avec un héritage (ou autant qu'un héritage) ; car on est à couvert a l'ombre de la sagesse de même qu'à l'ombre de l'argent » (Eccl. VII, 11, 12) (12). « On apprête la viande pour se réjouir et le vin égaie les vivants, et l'argent répond à tout (X, 19).» Il répond, non seulement à notre bien-être, mais à des besoins impérieux, mais à des obligations sacrées. Le désirer, c'est une chose aussi innocente que de vivre ; mais de l'attachement légitime à l'attachement extrême, le passage est court et glissant.

En voyant cette vertu irrésistible avec laquelle l'argent attire tout à soi, on se laisse aller à la tentation de le poursuivre comme le premier des biens, et tout ce qu'il y a dans le cœur d'amour pour le monde se concentre et se cache dans l'amour de l'argent. On commence par l'aimer pour les avantages qu'il procure, et puis on apprend insensiblement à l'aimer pour lui-même, ou, si vous voulez, pour des usages imprévus auxquels on se flatte de l'appliquer dans un temps à venir qu'on ne verra peut-être jamais.
On sait éviter certaines extrémités et l'on ne passe pas pour un avare dans le monde, mais on n'en est pas moins dominé par la soif des richesses ; c'est là qu'on a mis son cœur. Cette convoitise se communique de proche en proche comme une maladie contagieuse ; les hommes la nourrissent les uns chez les autres, et plus d'un regard échangé sans paroles semble dire : « Savourez et voyez combien l'argent est bon ! » Ainsi se forme et se développe par degrés un amour de l'argent qui passe les bornes, qui assujettit la piété au lieu de se laisser régler par elle, et qui fait de celui qui le possède, selon une expression du Seigneur, « un serviteur de Mammon. »

Cet amour de l'argent prend des formes diverses et change de nom devant les hommes, sans en changer devant Dieu qui regarde au cœur.
L'un aime l'argent pour le garder; c'est l'avare proprement dit, l'avare selon le monde. Il saura peut-être fuir certaines apparences pour éviter ce titre honteux ; mais on sent que le séparer de son trésor, c'est lui arracher une partie de son être, et il dirait volontiers de l'argent ce que Dieu a dit du sang : « L'argent, c'est la vie. »
Les avares de ce caractère sont moins rares qu'on ne pense ; mais ils sont habiles à se cacher, et souvent le secret de leur parcimonie ne se dévoile qu'après leur mort.

Un second aime l'argent pour le dépenser ; c'est l'avare prodigue. Car on peut être à la fois avare et prodigue, non sans doute au sens de notre idiome, mais au sens de la Bible ; le prodigue doit même nécessairement être ami de l'argent, parce qu'il lui en faut s'enrichir autant qu'on le peut, et de faire ensuite ce qu'on veut de son bien. Là-dessus on se livre à l'avarice. On ne se livrerait pas à l'intempérance ou au vol ; mais il semble que l'avarice soit un péché d'un ordre tout différent.
Tandis que ces autres vices jettent un éclat honteux qui blesse tous les regards, tandis qu'ils entraînent après eux des désordres qui troublent le repos de la société et la paix des familles, l'avarice a quelque chose de plus prudent et de plus rangé ; elle redoute le bruit et le scandale ; elle prend en général des allures honnêtes, estimables même selon le monde, qui la décore volontiers des noms d'ambition généreuse, d'industrie utile ou de louable économie.
J'accorderai plus encore : l'avare peut avoir des habitudes religieuses, il peut donner l'exemple du respect pour le culte et pour la Parole de Dieu. « L'amour de l'argent, » a dit un penseur chrétien, « est presque le seul vice auquel on puisse se livrer tout en gardant les apparences de la piété. »
Mais savez-vous la conséquence qu'il en tire ? la voici : « Il y a tout lieu de penser que de tous les péchés c'est celui qui perdra le plus grand nombre de personnes faisant profession de servir Dieu (13). » Car, comme le disait Jésus-Christ aux Pharisiens, « ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu (Luc XVI, 15). » Pesez bien cette parole. Elle se rapporte directement à notre sujet.

Jésus-Christ venait d'expliquer, par la parabole de l'économe infidèle, l'usage qu'un homme pieux doit faire des richesses ; il avait terminé en déclarant que nul ne peut servir Dieu s'il est possédé de l'amour de l'argent. « En entendant ces choses, les Pharisiens, qui étaient amis de l'argent, » et qui n'en passaient pas moins pour des modèles de dévotion, « se moquaient de lui. » C'est alors que le Seigneur leur donne cet avertissement solennel : « Pour vous, vous êtes de ceux qui se justifient devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs. Car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. »

Ainsi, quelque jugement qu'en porte le monde, la vertu et la piété de l'ami de l'argent n'est, selon Jésus-Christ, qu'une abomination devant Dieu. Et pourquoi ? parce que « Dieu connaît les cœurs. »
Sous ces apparences honnêtes, sous cette enveloppe religieuse, il découvre dans le cœur de l'avare un abîme d'iniquité. Qu'est-ce en effet que l'amour de l'argent, sinon Dieu détrôné et Mammon mis en sa place ?
L'avare aime Mammon, comme il devrait aimer Dieu, « de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée. » Il fait plus : il se confie en Mammon, au lieu de s'appuyer sur l'Éternel. Tandis que le vrai disciple de Jésus-Christ « met son espérance, non dans l'incertitude des richesses, mais au Dieu vivant qui nous donne toutes choses abondamment pour en jouir, » l'avare « s'estime heureux en faisant du gain, et méprise l'Éternel ; (14) il a mis son espérance dans l'or ; il a dit à l'or fin, tu es ma confiance » (15). C'est pour cela que le Saint-Esprit appelle l'avare « un idolâtre, » (Eph. V, 5) et l'avarice « une idolâtrie » (Col. III, 5.) (16)
Aussi le Seigneur déclare-t-il l'amour de l'argent absolument incompatible avec l'amour de Dieu. « Nul ne peut servir deux maîtres, » a-t-il dit en plus d'une occasion, « car, ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre ; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Cette incompatibilité est si véritable qu'elle se trahit par les excuses mêmes de l'ami de l'argent ; il ne peut justifier son avarice qu'en donnant à entendre qu'il a renié la foi.
Ma fortune est à moi ; je suis libre d'en faire ce que je veux. Votre fortune est à vous ! vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez ! Mais avez-vous donc renoncé au maître qui vous a racheté ? Tout ce que vous avez n'appartient-il pas à Jésus-Christ ?
Ne lui appartenez-vous pas vous-même ?
Si votre esprit ni votre corps ne sont plus à vous (1 Cor. VI, 19, 20) ; si vous devez abandonner pour Christ, votre père et votre mère, votre femme et vos enfants, et même votre propre vie (Luc XIV, 26), votre argent est-il si saint qu'il doive être excepté tout seul de ce sacrifice universel ? Votre fortune est à vous ! vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez !
Et pourquoi un second ne dirait-il pas : Mon esprit est à moi ; je suis libre de l'appliquer à des pensées qui le pervertissent ou à des soins qui le corrompent ?
Ou un troisième : Mon corps est à moi, et je suis libre « d'appliquer mes membres à la souillure et à l'iniquité ? »
Non, dit l'Apôtre, car « vos corps sont les membres de Christ » (1 Cor. VI, 15) ; et je dis après lui : Non, car votre fortune est le trésor de Christ. Il en est le vrai possesseur ; vous n'en êtes que l'économe, et vous êtes tenu de n'en user que pour son service.
Qui en agit autrement est infidèle, au jugement du Seigneur (Luc XVI, 12), tout aussi infidèle que l'économe de la parabole qui dissipe des biens commis à sa loyauté. Votre fortune est à vous ! vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez ! Prenez-y garde. Vous n'avez qu'une manière de légitimer cette prétention, c'est de rompre avec Jésus-Christ. Ce n'est pas à vous à faire les conditions de votre alliance avec lui ; il les a faites, et vous les trouvez écrites dans S. Luc, XIV, 26 : « Si quelqu'un ne renonce pas à tout ce qu'il a, il ne peut être mon disciple. »
Quoi qu'il en soit, vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ;
L'amour de l'argent est une séparation du cœur d'avec le Seigneur, une idolâtrie, une abomination devant Dieu.

Tel arbre, tel fruit. Vous venez de voir l'amour de l'argent dans le cœur, voyez maintenant les œuvres qu'il enfante. « L'amour de l'argent, dit le Saint-Esprit, est la racine de tous les maux » (1 Tim. VI, 10).
Si nous voulions traiter ce sujet dans toute son étendue, ce serait la matière d'un livre, non d'un discours ; bornons-nous à parler de ce que l'avarice a fait, dans tous les temps, contre l'avancement du règne de Dieu dans le monde.

J'ouvre l'Ancien Testament, et dans cette multitude de crimes par lesquels les hommes ont traversé, autant qu'il était en eux, les plans de Dieu pour le salut des nations, j'en trouve beaucoup, et des plus noirs, qui ne sont dus qu'à l'amour de l'argent.

Qui pousse Balaam à s'endurcir contre les avertissements du Seigneur, contre le cri de sa conscience, contre l'épée nue de l'ange, contre la voix miraculeuse d'un stupide animal, et à tenter tour à tour des enchantements impies ou d'infâmes séductions pour fermer au peuple élu le chemin de la terre promise ? l'amour de l'argent.
Qui pousse Hacan à dérober de l'interdit, à transgresser l'ordre du ciel, à braver ses menaces, et à faire descendre sa colère sur les armes victorieuses d'Israël ? l'amour de l'argent.
Qui pousse Guéhazi à scandaliser la foi naissante de Naaman, à rendre inutile le désintéressement d'un saint prophète, à le faire soupçonner peut-être d'hypocrisie ? L'amour de l'argent.
Qui a fait en Israël ces magistrats prévaricateurs, ces juges d'iniquité, ces prophètes de mensonge, qui n'ont conduit le peuple de Dieu que pour l'égarer et pour « détruire le chemin de ses sentiers ? l'amour de l'argent.

Passons au Nouveau Testament ; nous y verrons le mal croître et prendre un caractère plus odieux.
À peine Jésus a-t-il commencé son œuvre, l'avarice se lève contre lui ; elle se trouve partout sur son chemin, elle lui dispute chaque pas qu'il fait. Elle le méconnaît et l'abandonne, dans la personne du jeune riche ; elle excite sa sainte colère, dans la personne des vendeurs du temple ; elle le hait, elle le raille, elle le persécute, dans la personne des Pharisiens ; et dans la personne de Judas, elle décime le fruit de sa charité pour les pauvres, elle convoite l'honneur destiné à sa sépulture, elle le trahit, elle le livre, elle le vend.
Crime prophétique, qui jette une triste lumière sur l'avenir de l'Église de Jésus-Christ ! Celle de nos convoitises qui a vendu pour trente pièces d'argent le sang du Fils de Dieu, est aussi celle qui se montrera la plus active pour priver les hommes du bienfait ineffable de ce sang répandu ; car elle s'opposera également au salut de l'individu, à la fidélité de l'Église et a la conversion du monde.


Au salut de l'individu.
Un homme ne peut se tourner vers le Seigneur que l'avarice ne soit là, comme en embuscade perpétuelle, pour contrarier son dessein, depuis ses premières impressions religieuses jusqu'à la période le plus avancé de sa foi. N'est-il encore qu'appelé du Seigneur et convié au grand festin ? L'avarice persuade à deux conviés sur trois de s'excuser en disant, « j'ai acquis un héritage, » ou « j'ai acheté cinq couples de bœufs » (Luc XIV, 18, 19).

A-t-il prêté l'oreille à la vérité et reçu la bonne semence dans son cœur ? L'avarice y cultive tout auprès les épines ; bientôt « les soucis de ce siècle et la tromperie des richesses » menacent « d'étouffer la parole et de la rendre infructueuse » (Matt. XIII, 22).
A-t-il pénétré plus avant et marché quelque temps dans les voies de la piété ? L'avarice ne désespère point encore de l'en détourner, et de l'ajouter à ces « quelques-uns qui, possédés de l'amour de l'argent, se sont égarés de la foi » (1 Tim. VI, 10).

Heureux si, « prenant l'armure complète de Dieu », il sait « résister au mauvais jour et tenir ferme après avoir tout surmonté » !
Heureux s'il n'imite pas ces voyageurs imprudents que Bunyan nous peint délaissant, sur l'invitation de Démas, la route de la sainte cité, pour aller visiter une mine d'argent au coteau du lucre ! (17) « Que leur advint-il alors ? poursuit le spirituel écrivain. Tombèrent-ils dans le puits, en regardant par-dessus le bord ? ou descendirent-ils dans la mine pour la creuser ? ou furent-ils asphyxiés par les vapeurs qui s'en exhalent ? Je l'ignore. J'ai remarqué seulement ceci, c'est qu'on ne les a jamais revus dans le chemin. »

L'amour de l'argent ne s'oppose pas moins à la fidélité de l'Église.
Ah ! qui ne connaît l'histoire de l'Église chrétienne ? Qui ne sait la funeste influence que l'avarice a exercée sur son développement, sur son organisation, sur sa discipline, sur ses doctrines elles-mêmes ?
Qui ne sait que, foulant aux pieds la maxime de son fondateur, « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement, » l'Église en est venue à trafiquer tellement de la vérité de Dieu, de ses promesses et de ses menaces, du paradis et de l'enfer, de la sainteté et du péché, que son nom est devenu dans le langage des hommes le type de la vénalité ? Mais il y aurait trop à dire sur le mal que l'amour de l'argent a fait dans l'Église, ne parlons que du bien qu'il a empêché de faire.

L'Église a été plantée au milieu du monde pour le bien du monde.
Dépositaires de la vie éternelle, les chrétiens doivent la communiquer tout autour d'eux et jusqu'aux extrémités de la terre ; l'Église est missionnaire-née auprès de tout le genre humain. Elle le comprit à sa naissance ; et cet ange de l'Apocalypse qui vole par le milieu du ciel, portant l'Évangile éternel, est une fidèle image de l'ardeur avec laquelle les premiers disciples travaillèrent à gagner de nouveaux royaumes à Jésus-Christ.

Mais pourquoi cette ardeur vint-elle à se ralentir de siècle en siècle ?
Pourquoi une si glorieuse conquête s'est-elle arrêtée, a-t-elle reculé et a-t-elle fini par se renfermer dans une petite portion de notre globe ?
Pourquoi les nations mêmes au sein desquelles Dieu a rallumé l'antique foi, ont-elles eu besoin de près de trois cents ans pour sentir ce qu'elles doivent aux peuples païens ?
Hélas ! et pourquoi cette sainte cause qui devrait avoir pour elle la chrétienté tout entière, trouve-t-elle encore aujourd'hui parmi nous tant de cœurs hostiles ou indifférents ?
Un père de l'Église, saint Cyprien, va nous répondre, et vous jugerez si ce qu'il écrivait au troisième siècle de l'ère chrétienne ne s'applique point au nôtre. « Chacun, dit en gémissant le saint martyr, chacun s'attache à accroître son patrimoine ; et oubliant ce que faisaient les fidèles du temps des apôtres et qu'on devrait faire toujours, les chrétiens ont pour passion dominante un désir insatiable d'augmenter leur fortune. »
Où trouver alors, et cette puissante préoccupation pour le salut des hommes qui peut seule enfanter les missions, et ces généreux sacrifices qui les peuvent seuls soutenir ? Aussi l'œuvre est abandonnée ou tout au moins négligée ; et quelle œuvre, ô mon Dieu !
Le monde périssait dans la famine, dans la famine de la parole de Dieu.
Les compassions de Dieu s'étaient émues. Le message de grâce était tout prêt.
L'Église était chargée de le porter sous tous les climats, sans se reposer tant qu'il y aurait sur la terre un peuple, une famille, un homme à qui la bonne nouvelle ne fût point parvenue.
L'Église fut fidèle un temps ; mais l'esprit du siècle revint et paralysa son activité. Le mal est-il moins pressant ?
Non. Mais l'Église a d'autres soins ; elle est occupée comme le monde, à acheter, à vendre et à gagner. Elle est trop fidèle à Mammon pour pouvoir l'être au Seigneur !

L'avarice de l'Église fait encore un autre mal. Non contente d'empêcher l'Église d'évangéliser le monde, elle scandalise le monde par l'Église.

Jugez-en, mes chers Frères. Que l'homme du monde donne son cœur à l'argent qui est la clé du monde, c'est à quoi l'on devait s'attendre ; mais vous, chrétiens, ayant cru à l'Évangile, vous en avez sans doute adopté l'esprit ; c'est dans le ciel que vous amassez votre trésor. Et cherchant premièrement le royaume de Dieu et sa justice, tout autre intérêt vous touche faiblement auprès de la seule chose nécessaire. Oh ! si le détachement qui respire dans vos maximes eût passé dans vos mœurs !
Votre exemple n'eût-il pas excité parmi les hommes une sainte émulation, semblable a celle qu'inspirait autrefois aux païens la foi des martyrs ? et le monde, vous voyant faire le sacrifice entre tous qu'il comprend le moins, n'eût-il pas « confesse que Dieu est véritablement parmi vous ? » Mais qu'est-il arrivé ?

Le monde vous a entendus parler en chrétiens, et vous a vus continuer d'agir comme il fait lui-même.
Il vous a vus tout aussi attachés à l'argent que les autres, tout aussi empressés pour l'acquérir, tout aussi lents à vous en séparer. Et que voulez-vous qu'il pense, je ne dis pas de vous, ce serait peu, mais de l'Évangile ? Cet Évangile, avec tous ses préceptes et toutes ses promesses, n'a donc pas plus de pouvoir pour détacher les cœurs de la terre que les leçons de la philosophie ?
La foi, la grâce, la vie nouvelle, tout est soupçonné d'impuissance, « le sel a perdu sa saveur. » Tant il est vrai que l'amour de l'argent fait la guerre à l'œuvre de Jésus-Christ, comme il l'a faite à Jésus-Christ lui-même ; séduisant l'individu, corrompant l'Église et scandalisant le monde.

Aussi, voyez quelle condamnation Dieu réserve à l'avare.
Elle commence à le frapper dès cette vie. Il se punit déjà par son iniquité même ; nulle convoitise ne rend plus misérables ceux qui en sont possédés.
Salomon nous montre l'ami de l'argent ne pouvant se rassasier avec l'argent, ses soucis croissant avec sa fortune, chacun jouissant de son bien excepté lui-même, le sommeil fuyant loin de ses yeux, « sa vie se consumant dans les ténèbres et son mal allant jusqu'à la fureur » (Eccles. V, 10-17).
Saint Paul nous le fait voir à son tour « se transperçant lui-même de beaucoup de douleurs » (1 Tim. VI : 10) ; et le Seigneur nous dit tout là-dessus dans cette parole si simple, mais si profonde, qui suit notre texte : « Il n'a pas la vie par ses biens. » Que s'il manque quelque chose à ce châtiment que l'ami de l'argent s'inflige de ses propres mains, la justice divine se charge de le suppléer.

Le mercenaire Balaam perd jusqu'à cette vile récompense dont l'appât l'avait séduit, « l'Éternel l'ayant empêché d'être récompensé, » et périt « passé au fil de l'épée. »
Le cupide Hacan, « troublé par l'Éternel pour avoir troublé son peuple », meurt enseveli sous les pierres avec tout ce qui lui appartient, et avec ce trésor même qui l'avait tenté.
L'infidèle Guéhazi fait entrer dans sa maison la lèpre de Naaman avec ses présents, et transmet à la fois à sa postérité le double héritage de sa fortune et de son fléau.
Et Judas, le perfide Judas, dévoré de remords, hélas ! mais non touché de repentir, jette son argent dans le temple, se donne deux morts à la fois, porte sur son cadavre mutilé le sceau de la vengeance céleste, et « s'en va en son lieu. »

Dans quel lieu ? Quel est le partage éternel de l'avare ? Vous pensez que l'amour de l'argent n'est qu'une de ces infirmités que Dieu tolère chez ses enfants ; apprenez de Dieu lui-même que c'est un de ces péchés qui excluent de son royaume.
Vous nous taxeriez d'exagération et d'injustice, si nous mettions l'avare sur la même ligne que l'ivrogne ou le ravisseur ; apprenez que Dieu associe l'avare, je dis l'avare de la Bible, l'ami de l'argent, l'avare tel qu'il y en a tant, Dieu l'associe à l'ivrogne, au ravisseur et à de plus criminels encore.
Allez chercher dans l'Écriture ces listes affreuses des péchés les plus détestables ; à peine en pourrez-vous trouver une où l'avare ait été oublié. Nous l'avons vu, l'avarice est parmi les péchés qui doivent caractériser l'apostasie prédite pour les derniers temps : « Les hommes seront amis d'eux-mêmes, amis de l'argent, vains, orgueilleux, blasphémateurs, désobéissants à leurs pères et à
leurs mères, ingrats, profanes, sans affection naturelle, sans fidélité, calomniateurs, incontinents, cruels, ennemis des gens de bien (18), traîtres, téméraires, enflés, amis du plaisir plutôt qu'amis de Dieu, ayant l'apparence de la piété mais en ayant renié la force » (2 Tim. III, 2-5).
Quand saint Jude, peignant les faux docteurs qui séduisaient l'Église, rassemble dans un seul verset les noms de trois des plus grands coupables que la terre ait portés, l'avare Balaam figure entre le meurtrier Caïn et le rebelle Coré (Jud. 11).
Quand saint Paul recueille dans un hideux tableau les vices qui dominent parmi les païens, l'avarice est nommée des premiers (Rom. I, 29).
L'avare est de ces pêcheurs qui ne doivent pas être supportés dans l'Église, et que le fidèle doit repousser de son commerce et de sa table s'ils font profession de piété : « Si quelqu'un qui se nomme frère est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou médisant (19), ou ivrogne, ou ravisseur, vous ne devez pas même manger avec un tel homme » (1 Cor. V, 10).
Enfin l'avare paraît en son rang sur ce honteux catalogue où le Saint-Esprit signale à l'Église universelle les pécheurs les plus éloignés de Dieu et de son royaume : « Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous trompez pas vous-mêmes. Ni les fornicateurs, ni les adultères, ni les efféminés, ni ceux qui commettent des péchés contre nature, ni les larrons, ni les avares (notez la place), ni les ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu » (1 Cor. VI, 10).

Voici donc l'avare, l'ami de l'argent, qui passe peut-être dans le monde pour un homme moral, pour un homme religieux, le voici qui s'avance au centre de la plus noire compagnie qui fut jamais, donnant la main droite à l'ivrogne et la gauche au larron, avec l'adultère (pour ne pas répéter des noms plus odieux encore), avec l'adultère devant lui et le ravisseur derrière. Marche-t-il vers le royaume de Dieu ? qui l'oserait croire ?
Non ; il marche vers le lieu du larron et de l'ivrogne, vers le lieu du ravisseur et de l'adultère, vers le lieu du traître Judas, vers le lieu de Satan et de ses anges.
Que l'avare cesse de s'aveugler, qu'il sache du moins ce qu'il fait et où il va.
Qu'il ne se flatte pas que la porte s'ouvre devant lui, s'il meurt tel qu'il est; elle ne s'ouvrira devant lui que le jour où elle s'ouvrira devant l'ivrogne et l'adultère, dont la main y frappe en même temps que la sienne.
Et si votre âme devait vous être redemandée cette nuit même !
Seigneur, préserve-nous de l'avarice !
Serions-nous en danger d'y tomber ? Y aurions-nous vécu ? Y vivrions-nous encore ?
Éclaire-moi, Seigneur, et ne me mets pas au rang de ces insensés « qui se flattent en eux-mêmes quand leur iniquité se présente pour être haïe ! »

Adolphe Monod

Table des matières
    1) Le passage qui s'en rapproche le plus est Ecclés. IV, 8 : « Il y a tel qui est seul et qui n'a point de second, qui aussi n'a ni fils ni frère, et qui cependant ne met nulle fin à son travail. Même son œil ne voit jamais assez de richesses, et il ne dit point en lui-même : Pour qui est-ce que je travaille, et que je prive mon âme du bien ? »

    2) Ecclésiastique, XIV : « Les richesses ne conviennent point à un homme chiche. Celui qui fait tort à sa propre vie pour amasser, amasse pour les autres, qui feront grande chère de ses biens. Celui qui ne vaut rien pour soi, à quoi sera-t-il bon ? il ne recevra point de plaisir de ses biens. Il n'y a nul pire que celui qui porte envie à soi-même ; et c'est le salaire de sa malice ....
    Mon enfant, selon que tu as de quoi, traite-toi bien, et présente oblation au Seigneur .... Ne te prive point de bon temps, et que ce qui se peut justement désirer ne passe point que tu n'eu aies la part. »

    3) Théophraste a fait, dans ses Caractères, trois tableaux de l'avare.
    Ils sont pris tous les trois sur l'entasseur, et ne diffèrent entr'eux que par des nuances presque imperceptibles.

    4) Ainsi en a jugé le bob sens populaire : notre mot ladre signifie primitivement lépreux.

    5) Cette dernière idée ne semble pourtant pas être essentielle au terme hébreu qu'on explique ici ; car si elle l'était, l'épithète qui lui est associée dans Habac., Il : 9: « Malheur à celui qui est adonné au gain mauvais, » serait oiseuse.
    On a peine à croire aussi que ce soit de l'amour du gain déshonnête que le Psalmiste ait prié Dieu de le préserver, Ps. CXIX. 36 ; c'est plutôt de l'amour du gain en général, et l'on doit traduire ce verset de la manière suivante : « Incline mon cœur à tes témoignages et non point à l'amour du gain. »
    Cette distinction est perdue dans nos versions qui ont rendu partout ce mot hébreu par adonné au gain déshonnête, quand elles ne l'ont pas rendu par avare.
    On le trouve Exode XVIII, 21, Ps. X, 3, Jér. VI, 13, VIII, 10, etc.

    6) On le trouve encore Rom. I, 29, 1 Cor. V, 10, 1 Thess. Il, 5, Ephés. V, 5, Col. III, 5, Marc VII, 22, où nos versions le traduisent ainsi : « Mauvaises pratiques pour s'emparer du bien d'autrui. »
    Il n'est guère que la traduction grecque du mot précédent qui est hébreu. Aussi les Septante ont-ils rendu plus d'une fois l'un par l'autre.

    9) Il existe en hébreu et en grec. On le trouve une fois dans l'Ancien Testament (Eccl. V, 10), et souvent dans le Nouveau.

    10) Le même mot est employé également dans 1 Tim. VI, 10, et c'est le seul endroit ou nos versions l'ont traduit amour de l'argent, sans qu'on puisse voir pourquoi elles se sont écartées de l'usage qu'elles ont suivi partout ailleurs.

    11) Il faut convenir que les mots que nous traduisons avare et avarice seraient plus exactement rendus par cupide et cupidité. La version anglaise met covetous (convoiteux) et covetousness (convoitise). Quant au mot anglais miser, qui s'applique proprement å l'entasseur, on ne le trouve pas une seule fois dans toute cette version.

    12) On lit encore Prov. XIV, 24: « Les richesses des sages sont leur couronne »

    13) Andrew Fuller.

    14) Ps. X, 3. Littéralement, « il bénit, » ou « il se bénit, en faisant du gain ; » ce qui est expliqué par Zach. XI. 5. C'est l'interprétation la plus naturelle de ce passage, bien qu'on puisse défendre celle qui a été adoptée dans nos versions et qui s'éloigne peu de l'autre pour le fond de la pensée. « Le méchant estime heureux l'avare et irrite l'Éternel. » Rapprochez de ce trait ces mots de la prière d'Agur : « De peur qu'étant rassasié, je ne te renie et ne dise : Qui est l'Éternel ? » (Prov. XXX, 9.) Rapprochez-en aussi la conduite de ces Pharisiens qui écoutaient parler le Seigneur sur l'amour de l'argent, et qui « se moquaient de lui »

    15) Job. XXXI, 24. Il est à remarquer que Job nomme dans cet endroit l’idolâtrie immédiatement après l'avarice, comme s'il voulait donner à entendre que celle-ci conduit aisément à celle-là et que l'une et l'autre tiennent à un principe commun. Cette pensée a fourni à Chalmers l'exorde de son sermon sur l'amour de l'argent. (Commercial discourse).
    J'ai connu un homme qui, pressé de contribuer pour l'établissement du culte dans une ville étrangère, répondit : « Mon Dieu, a moi, c'est l'argent » ; voilà le fond de la pensée de l'avare, quoiqu'il soit rare d'en trouver qui en conviennent aussi naïvement.

    16) D'autres traduisent « l'intempérance » au lieu de l'avarice, et dans Eph. V, 5 « l'intempérant » au lieu de l'avarice. Mais les raisons qu'ils allèguent ne nous paraissent pas suffisantes pour qu'on doive s'écarter à la fois des versions reçues et de la signification naturelle des termes employés dans l'original.

    17) Dans le Pèlerinage du Chrétien

    18) Ou « ennemis du bien »

    19) Ou plutôt « outrageux ». Le mot grec suppose quelque chose de violent, d'insultant, que le mot français médisant n'exprime pas.

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