priere

28- Christ, la victime    -    29- L'assurance dans la prière

« Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mr 14:36). Quel contraste dans l’espace de quelques heures ! Quelle transition entre le moment où : « Jésus levant ses yeux au ciel dit: Père, je veux » (Jn 17:1-24), et celui où, « s’étant jeté contre terre, Il pria que, s’il était possible, cette heure s’éloignât de lui ! » (Mr 14:35). Dans l’un, nous voyons le souverain sacrificateur en dedans du voile, intercédant avec puissance. Dans l’autre, la victime sur l’autel, ouvrant la voie nouvelle au travers du voile déchiré.

Dans l’ordre chronologique, le Père, je veux du souverain sacrificateur, précède le cri de la victime obéissante : « Père, non pas ce que je veux ». Cet ordre était nécessaire pour nous montrer ce que serait l’intercession de Jésus une fois le sacrifice consommé. De fait, c’est cette prière à l’autel : « Père, non pas ce que je veux », qui a fait la force de celle devant le trône : « Père, je veux ».

C’est par l’abandon complet de sa volonté en Gethsémané que le grand prêtre, assis sur le trône, a la puissance de demander ce qu’Il veut. Pour tous ceux qui veulent apprendre à prier à l’école de Jésus, cette leçon de Gethsémané est l’une des plus sacrées et des plus précieuses. Il pourrait sembler à un écolier superficiel qu’elle ôte le courage de prier avec foi.

Si cette supplication ardente du Fils n’a pas été entendue, si le bien-aimé lui-même a dû dire : Non pas ce que je veux, à combien plus forte raison ne le dirons-nous pas aussi. Au premier abord, il paraît impossible que les promesses faites si peu d’heures auparavant par le Seigneur, puissent être prises au pied de la lettre :

TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ, et QUOI QUE VOUS DEMANDIEZ.

 

Si nous pénétrons plus profondément dans le sens des paroles prononcées en Gethsémané, nous apprendrons que c’est là précisément notre sûreté quant à l’exaucement de nos prières. Approchons-nous avec une adoration pleine de respect pour contempler le Fils de Dieu priant, suppliant avec larmes et grands cris et n’obtenant pas ce qu’Il demande. Il est notre Maître ; lui,même nous révélera le mystère de son sacrifice, tel qu’il est contenu dans cette prière, inexplicable à nos yeux.

Pour la comprendre, remarquons l’immense différence entre la prière de notre Seigneur grand sacrificateur, et celle qu’Il offre si peu de moments après dans sa faiblesse. Alors, Il priait pour que son Père fût glorifié, pour que lui-même et son peuple le fussent aussi, par l’accomplissement des promesses positives qui leur avaient été faites. Il demandait ce qu’Il savait être selon la parole et la volonté du Père ; Il pouvait donc dire hardiment : PÈRE, JE VEUX

Maintenant, Il prie dans la faiblesse de son humanité, et pourtant, Il sait que c’est la volonté du Père qu’Il boive cette coupe. Il en a déjà parlé à ses disciples, plus tard Il leur dira encore : « Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donné à boire » (Jn 18:11). Il sait que c’est pour cela qu’Il est venu sur la terre. Mais dans l’indicible angoisse de son âme, lorsqu’Il sent la puissance des ténèbres l’envelopper et qu’il éprouve les premières atteintes de la colère de Dieu contre le péché, sa nature humaine tremble en présence de cette épouvantable réalité : Être lait malédiction.

Il pousse ce cri d’angoisse, demandant à Dieu que, si son but peut être atteint sans cette épreuve, cette coupe terrible passe loin de lui. Ce cri est la preuve évidente, irrécusable de la réalité profonde de son humanité. Lorsqu’Il dit au Père : « Toutes choses te sont possibles » et qu’Il le supplie avec toujours plus d’intensité que cette coupe lui soit épargnée, c’est le : « Toutefois, non pas ce que je veux », trois fois répété, qui constitue la valeur réelle, l’essence même de son sacrifice.

Il a demandé quelque chose... et Il ne peut pas dire : « Je sais que c’est ta volonté ! » Il se réclame de l’amour et de la puissance de Dieu et pourtant Il termine par ces mots : TA VOLONTE SOIT FAITE  (Mt 26:42).

 

C’est dans l’abandon complet de sa volonté, dans sa soumission à celle de son Père, que l’obéissance de Christ atteint sa plus haute perfection ; c’est du sacrifice de sa volonté en Gethsémané que le sacrifice de sa vie sur le Calvaire a pris sa valeur. C’est là, comme dit l’Ecriture : « Que le Fils a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel » (Heb 5:9). « Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix », « c’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé » (Php 2:8-9). De plus, Dieu lui a donné le droit de demander ce qu’Il veut. C’est dans le : « Père, non pas ce que je veux », qu’Il a obtenu de pouvoir dire : Père, je veux.

 

Contemplons encore les mystères que nous offre Gethsémané.

Nous voyons d’abord le Père présenter à son bien-aimé la coupe du vin de son ardente colère ; (Ap 16:19) puis le Fils, toujours si obéissant, reculer et supplier que cette coupe s’éloigne de lui ; (Mr 14:36) enfin le Père, sans accorder cette requête, présenter de nouveau la coupe à son Fils. Le Fils cède, satisfait que sa volonté à lui ne s’accomplisse pas, et Il se rend au Calvaire pour y boire la coupe jusqu’à la lie.

Oh ! Gethsémané, c’est toi qui nous fais comprendre comment notre Seigneur a pu nous donner l’assurance illimitée qu’Il répond à nos prières. Il nous l’a méritée, cette assurance, en consentant à ce que sa prière restât sans effet.

Ceci est en harmonie parfaite avec le plan de la rédemption. Notre Seigneur a conquis pour nous le contraire de ce qu’Il a souffert. Ainsi, Il a été lié, afin que nous fussions libres ; Il a été fait péché, afin que nous devinssions justice devant Dieu ; Il est mort, afin que nous vivions ; Il a porté le poids de la malédiction de Dieu, afin que Dieu répandît sur nous ses bénédictions. Sa prière est restée sans réponse pour que nos prières fussent exaucées. Il a dit : Non pas ce que je veux, afin que nous puissions obtenir : Demandez ce que vous voudrez et cela vous sera accordé (Jn 15:7).

 

Oui, ces mots : Si vous demeurez en moi, prennent une nouvelle force ici, à Gethsémané. Christ est notre chef, Il s’est mis à notre place, IL est notre garant, et Il a supporté le châtiment qui devait nous atteindre. Nous avions mérité que Dieu ne nous écoutât pas, Christ est intervenu et a enduré cette douleur suprême pour nous. Mais à cause de cette douleur même, nous retrouvons le droit d’être exaucés. Le châtiment est écarté, mais il faut que nous demeurions en lui.

 

Oui, en lui ! Quand Il est là, prosterné en Gethsémané, il faut que nous demeurions en lui. Le Saint-Esprit par lequel Il s’est offert à Dieu en victime expiatoire est le même qui habite en nous, qui nous fait participer à son obéissance et nous rend capables de sacrifier notre volonté propre à celle de Dieu. Cet Esprit nous enseigne à repousser notre volonté, à la craindre, à la redouter même lorsqu’elle n’est pas positivement mauvaise. C’est lui qui ouvre notre oreille et la dispose à attendre avec douceur et docilité tout ce que le Père a à nous dire et à nous enseigner, jour après jour.

Il nous fait comprendre comment l’union de notre volonté avec celle de Dieu n’est autre que l’union avec le Père. L’exemple que nous donne le Fils est la véritable bénédiction de nos âmes. Cette volonté, renouvelée par l’Esprit, nous met en communion avec la mort et la résurrection de, Christ, elle nous remplit d’une sainte joie, et nous permet de devenir les instruments dociles de cette volonté divine.

Mettons donc toute notre volonté à vivre pour les intérêts du règne de Dieu sur la terre, et, par la prière, dans le ciel, auprès de Dieu. Plus nous nous pénétrerons de ces paroles: Père, non pas ce que je veux, prononcées en Gethsémané, plus nous nous efforcerons de vivre en Celui qui les a fait entendre et plus nous éprouverons complètement la force de ce: «Père, je veux» du Sauveur.

 

Ecoutons-le à Gethsémané lorsqu’Il dit:

« Si vous demeurez en moi... demandez ce que vous voudrez et cela vous sera accordé » (Jn 15:7).

 

 

SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER.

 

 

 

 

29- L'assurance dans la prière

« Nous avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Il nous écoute. Et si nous savons qu’Il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous le, savons parce que nous obtenons ce que nous lui avons demandé » (1Jn 5:14-15).

 

Pour beaucoup dé chrétiens, un des grands, obstacles à la prière de la foi est celui-ci : Ils ne savent pas si ce qu’ils demandent est selon la volonté de Dieu. Tant qu’ils conservent un doute à cet égard, ils ne peuvent prier avec l’assurance qu’ils seront exaucés. Aussi, qu’arrive-t-il ? Une fois la prière prononcée, si la réponse tarde, ils pensent qu’il vaut mieux laisser Dieu agir selon son bon plaisir.

 

De la façon dont ils interprètent ces paroles de Jean : Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Il nous écoute, toute certitude d’exaucement est impossible, parce qu’ils ne peuvent arriver à se rendre compte de la volonté de Dieu. Ils considèrent la volonté de Dieu comme son conseil secret et se demandent comment l’homme mortel peut sonder les desseins du Dieu omniscient.

Ce point de vue est opposé au but que Jean s’est proposé en écrivant les paroles de notre texte. Il veut nous réveiller, ranimer en nous la confiance, l’assurance et la foi en une prière efficace. Il a dit : Nous avons auprès de lui cette assurance, afin que nous puissions dire à notre tour : « Père, tu sais et je sais que ce que je demande est selon ta volonté, par conséquent je sais que tu m’écoutes ».

C’est pour cela que Jean ajoute immédiatement le verset 15 « Si nous savons qu’Il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous le savons », par la foi, « parce que nous obtenons », au moment même où nous prions, « ce que nous lui avons demandé ».

Jean ne met pas en doute qu’avant de commencer à prier, nous ne nous soyons demandé : Notre prière est-elle selon la volonté de Dieu ? Elle peut l’être et cependant ne pas obtenir une réponse immédiate, si Dieu veut mettre à l’épreuve notre persistance et notre foi. C’est pour nous mettre sur cette voie qu’il nous dit : « Nous avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons quelque ‘chose selon sa volonté, il nous écoute ».

Il est évident que si nous ne pouvons pas nous rendre le témoignage que notre prière est selon la volonté de Dieu, nous ne recevrons aucun secours des paroles suivantes : « Nous le savons, parce que nous obtenons ce que nous lui avons demandé ». Là se trouve précisément la difficulté.

Plus d’un chrétien se dit : Je ne sais pas si ce que je désire est selon la volonté de Dieu et selon le dessein de sa sagesse infinie. Il m’est impossible de savoir s’il n’a pas en réserve pour moi quelque chose de meilleur que ce que je désire, et s’Il n’a pas d’excellentes raisons pour me refuser ce que je demande ». Chacun a pu se rendre compte dans la vie qu’avec de pareilles pensées, la prière de la foi dont Jésus a dit : « Si quelqu’un ne doute point en son cœur mais croit que ce qu’il dit arrivera, il le verra s’accomplir » (Mr 11:23), devient une impossibilité.

La prière sera celle de la soumission, de la confiance en la sagesse de Dieu, mais ne sera jamais la prière de la foi. La grande erreur que commettent souvent les enfants de Dieu, c’est de croire qu’il n’est pas possible de connaître la volonté de leur Père. Si, au contraire, ils croient à cette possibilité, ils ne prennent ni le temps ni la peine de chercher quelle est cette volonté. Ce qu’ils désirent, c’est de voir clairement le, chemin par lequel le Père vent les conduire.

 

C’est par la Parole de Dieu, par la lumière du Saint-Esprit accepté comme guide, que nous reconnaîtrons si nos requêtes sont selon la volonté de Dieu.

PAR LA PAROLE. Il y a comme une volonté secrète de Dieu, avec laquelle nous craignons souvent que notre prière ne soit en désaccord. Ce n’est pas à cette volonté-là que nos prières ont affaire, mais à celle qui nous est clairement révélée dans l’Ecriture.

Nos idées sur ce que cette volonté mystérieuse peut avoir décrété sont le plus souvent tout à fait erronées et rendent tout exaucement impossible. La foi enfantine accepte simplement l’assurance du Père, que sa volonté est d’exaucer les prières et d’accorder à la foi ce qu’elle demande. Le Père a révélé dans sa Parole, par des promesses générales, ce qu’est sa volonté envers son peuple. L’enfant a le droit de s’emparer de cette promesse et de l’appliquer à toutes les circonstances particulières de sa vie, auxquelles elle se rapporte.

 

Tout ce qu’il demande, d’accord avec cette volonté révélée, recevra certainement son exaucement. À mesure que la foi s’enhardit et s’affermit assez pour réclamer l’accomplissement d’une promesse générale qu’elle ne craint pas d’appliquer à un cas particulier, elle recevra l’assurance que sa prière est entendue.

 

Pourquoi ?

Parce qu’elle est selon la volonté de Dieu. Prenons ces paroles de Jean comme une illustration de notre pensée : « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère » (1Jn 5:16).

Voilà la promesse générale, le fidèle qui s’appuie sur elle prie selon la volonté de Dieu, et Jean lui donne l’assurance qu’il reçoit la grâce qu’il réclame. Mais cette manière de comprendre la volonté de Dieu est toute spirituelle et ne peut être discernée que spirituellement. Ce n’est pas par un raisonnement logique que nous pourrons y arriver : « Dieu l’a dit, donc je l’obtiendrai ».

Tous les chrétiens n’ont pas reçu la même vocation ni le même don. La promesse prise dans son sens général est la même pour tous, mais Dieu a une volonté différente et spéciale à l’égard de chaque individu suivant le but qu’Il se propose d’atteindre. La sagesse des enfants de Dieu cherchera à connaître cette volonté spéciale du Père en ce qui les concerne personnellement, selon la mesure de grâce qui leur a été donnée.

Cette sagesse les mettra en état de demander et de recevoir ce que Dieu a mis en réserve pour eux. C’est pour nous la communiquer que le Saint-Esprit habite en nous. Et c’est pour que nous fassions l’application à nos besoins personnels et particuliers des promesses générales du Père que l’Esprit de Dieu nous est donné pour nous conduire.

C’est cette union entre l’enseignement de la Parole et celui de l’Esprit que beaucoup de chrétiens n’arrivent pas à comprendre. De là vient la double difficulté de bien se rendre compte de ce qu’est la volonté de Dieu à leur égard. Quelques-uns la cherchent dans un sentiment intérieur ou une conviction innée et voudraient être conduits par l’Esprit, mais sans la Parole.

D’autres la cherchent dans la Parole seulement, sans y ajouter le Saint-Esprit comme un guide plein d’amour. Ces deux facteurs ne peuvent, ni ne doivent être séparés. C’est par leur moyen que nous parviendrons à., connaître la volonté de Dieu et à savoir prier selon cette volonté.

C’est dans notre cœur que la Parole et l’Esprit doivent se rencontrer et c’est par leur cohabitation en nous que nous serons pleinement enseignés. Il faut que la Parole de Dieu demeure en nous, de telle sorte que notre œuvre et notre vie soient, jour après jour, sous son influence. L’enseignement du Saint-Esprit ne peut venir du dehors, il vient de l’intérieur. Celui-là seul qui s’est abandonné à la direction de la Parole et de l’Esprit dans tous les détails de sa vie, saura discerner dans certains cas spéciaux ce que la volonté de Dieu l’autorise à demander, en toute hardiesse, avec l’assurance d’être exaucé.

Ah ! Si les chrétiens pouvaient savoir le mal qu’ils se font lorsqu’ils se figurent que leur prière n’est pas selon la volonté de Dieu ! C’est comme s’ils consentaient à se passer de toute réponse et de tout exaucement. La Parole de Dieu nous dit que la raison pour laquelle tant de nos prières ne sont pas exaucées, c’est que nous ne prions pas bien. « Vous demandez et vous ne recevez rien, parce que vous demandez mal » (Jas 4:3).

En ne nous répondant pas, notre Père veut nous faire entendre que nos prières ne sont pas ce qu’elles doivent être, qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il veut nous amener, d’abord, à découvrir ce que c’est, à le confesser, puis à posséder la vraie foi et à prier avec efficace. Dieu ne peut atteindre ce but qu’en nous forçant à voir que c’est nous qui sommes à blâmer si l’exaucement se fait attendre.

Il se peut que ce soit l’objet de notre prière, ou notre foi, ou notre vie, qui ne sont pas conformes à ce qu’elles doivent être. Mais cet enseignement de Dieu reste infructueux aussi longtemps que nous nous contentons de dire : « C’est parce que notre prière n’est pas en harmonie avec les vues et la volonté de Dieu, qu’Il ne nous exauce pas ».

N’accusons plus du rejet de nos prières une volonté secrète de Dieu ; sachons reconnaître que la faute n’en est qu’à nous. Que la citation de Jacques soit comme la lampe du Seigneur, qui visite et illumine nos cœurs et nos vies, pour nous prouver que nous sommes réellement de ceux auxquels Christ a fait la promesse d’une réponse certaine.

Oui, nous pouvons savoir avec quelque certitude si notre prière est selon la volonté de Dieu. Mais, pour cela, ouvrons nos cœurs, laissons la Parole du Père habiter en nous. Abandonnons-nous sans réserve à l’enseignement de l’Esprit; demeurons en Christ, vivons en la présence du Père, et nous comprendrons alors que la volonté de, Dieu est de nous accorder tout ce que son amour et sa Toute-Puissance ont en réserve pour nous.

 

 

SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER.

 

 

Andrew Murray

 

 

Sources / Infos

   list arrow   Livre: « Avec Christ à l'école de la prière » Edition S. DELATTRE Privas. Ardèche 1933

 murreyLe volume excellent que nous publions a déjà eu en français une première édition il y a 42 ans. Elle est épuisée depuis longtemps Nous croyons très utile d’en donner une seconde édition. Sans doute nous avons depuis vingt ans en français l’excellent ouvrage de S. D. Gordon: « Les simples entretiens sur la prière », dont je ne saurais; dire trop de bien et par le moyen duquel j’ai reçu d’inexprimables bénédictions, mais Andrew Murray et S. D. Gordon se complètent. Murray met en lumière certaines vérités que Gordon ne mentionne pas. De là notre vif désir de publier le présent volume tout en bénissant Dieu des cinq mille exemplaires du livre de Gordon qui circulent dans nos pays de langue française.

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la mêmeMurray03 façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l’Église sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes.

Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés...

 

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Portrait d'Andrew Murray par David Smithers

 

quote    Il faillit arrêter un véritable réveil !

Par David Smithers

Peu après ma conversion à Christ, on me donna deux brochures écrites par Andrew Murray, « La Vie de Prière » (The Prayer Life) et « S'attendre à Dieu » (Waiting on God). A chaque nouveau chapitre, il me semblait vivre une fraîche révélation pénétrante et de nouvelles expériences dans la prière. Pour le jeune croyant que j'étais, ces écrits m'aidèrent grandement à déterminer et établir ma vie de prière personnelle. Les principes contenus dans ces livres aux pages écornées continuent toujours d'exercer une influence significative sur ma vie de prière et mon ministère. Presque vingt ans après, je commence seulement maintenant à sentir que je comprends véritablement la profondeur des écrits d'Andrew Murray ! La plupart des ouvrages sur la prière vous mènent dans un processus de prière, mais les écrits d'Andrew Murray vous conduisent à la personne de prière : JESUS-CHRIST.

 

Naissance et environnement familial

Andrew Murray naquit le 9 mai 1828 dans un presbytère réformé hollandais à Graaff Reinet, en Afrique du Sud. Ce fut là-bas que son père, le révérend Andrew Murray, senior, exerçait un ministère en faveur des colons hollandais. La maison des Murray était un endroit vibrant et actif, rempli des bruits animés de joie, de prière et d'adoration. Chaque vendredi soir, le père d'Andrew Murray réunissait sa famille et lui lisait des récits émouvants des réveils passés. Il se consacrait alors à son étude et déversait son cœur en prière en vue d'obtenir un réveil en Afrique du Sud. Il procédait ainsi toutes les semaines selon son habitude depuis 1822. Le jeune Murray fut au bénéfice de plusieurs autres exemples merveilleux de zèle et de dévotion chrétiens. Des hommes comme David Livingstone et Robert Moffat séjournaient souvent à la maison quand ils se rendaient sur la côte.

 

William C. Burns

En 1838, à l'âge de dix ans, Andrew quitta sa maison avec son frère John pour faire des études en Ecosse. Ils demeurèrent chez leur oncle, le pasteur John Murray. Durant le printemps 1840, l'oncle présenta les garçons au ministère de réveil William C. Burns. Ce revivaliste renommé laissa une impression profonde et durable dans le cœur du jeune Andrew Murray. Le jeune garçon de 13 ans fut ému lorsque Mr Burns l'invita à prendre sa Bible et son manteau pour se rendre ensemble aux réunions de réveil à Aberdeen. Des années plus tard, Murray pouvait encore se rappeler la puissance de l'influence divine de Burns sur sa vie. Sa sincérité, sa prière fervente, sa prédication pénétrante, tout cela contribua à définir le ministère personnel et l'appel d' Andrew Murray. Souvent, l'influence d'un ministère rempli de l'Esprit appartenant à une génération donnée arrose les semences de la moisson d'une autre génération.

 

Le pasteur Blumhardt

Après avoir obtenu leur diplôme au collège Marischal en 1844, les deux frères se rendirent à Utrecht, en Hollande, en vue d'approfondir leurs études en théologie et en hollandais. A cette époque, la vie religieuse aux Pays-Bas était en déclin et le rationalisme avait miné beaucoup de pupitres et d'instituts de théologie. Un peu comme les frères Wesley avec le Club Saint (Holy Club) à Oxford, John et Andrew se joignirent à un groupe zélé de l'université, nommé « Sechor Dabar » (Souvenez-vous de la Parole).

Là ils trouvèrent des frères qui avaient les mêmes dispositions, une communion chaleureuse et un vrai zèle missionnaire. Lors d'une période de congés scolaires, les deux frères visitèrent l'Allemagne, où ils eurent l'occasion de rencontrer le pasteur Blumhardt. Cet homme remarquable avait été utilisé pour amener le réveil dans la région du Rhein en Allemagne. Le réveil avait été marqué par d'extraordinaires manifestations de délivrance et de guérison des malades par la prière. « Andrew vit de ses propres yeux et dans sa propre époque la progression de l'œuvre de la puissance de Dieu. »

 

Le garçon prédicateur

Les deux frères furent ordonnés à La Haye, au 20e anniversaire d'Andrew, et ils quittèrent peu après le pays pour commencer leur travail en Afrique du Sud. Andrew paraissait à peine plus âgé qu'un enfant quand il retourna la première fois en Afrique. A l'âge de 20 ans, il avait l'air beaucoup plus jeune que son âge. Une fois, il fut rapporté qu'un vieux fermier hollandais avait dit : « Pourquoi nous ont-ils prêté une fille pour nous faire des prêches ? »

Cependant, en dépit de l'apparence de fragilité chez Murray, son endurance et son zèle n'avaient pas de fin. Souvent il partait à cheval pendant des semaines entières pour tenir des réunions avec les Boers (fermiers sud-africains parlant hollandais). Ces fermiers spirituellement affamés venaient de centaines de kilomètres à la ronde, littéralement, pour écouter ce « garçon prédicateur. » Une église temporaire faite de roseaux était érigée, et alors assiégée par des centaines de gros wagons transportant des fermiers hollandais. Ce fut lors de telles aventures dans le ministère que le jeune Murray commença à exprimer le feu et la ferveur si souvent associés à ses écrits classiques sur la prière et la Vie Intérieure.

 

Préparation au réveil

En 1860, Andrew Murray accepta un appel à prendre la charge de pasteur dans une église de Worcester. Son engagement dans l'église coïncida avec un réveil et une conférence missionnaire rassemblant jusqu'à 374 ministères sud-africains. La conférence avait été organisée dans l'objectif spécifique d'encourager à un réveil spirituel et de recruter de nouveaux ouvriers et missionnaires pour les églises réformées hollandaises d'Afrique du Sud. Au début de la conférence, un prospectus fut remis aux participants, qui retraçait les nouvelles du récent réveil en Amérique et en Grande-Bretagne.

Les ministères présents furent fortement encouragés à s'attendre à une action similaire de Dieu en Afrique du Sud et à prier pour cela. Un certain Dr. Robertson parla de leur grand besoin d'avoir un réveil, suivi par le Dr. Adamson qui donna alors un compte-rendu détaillé du récent réveil survenu en Amérique. Andrew Murray Senior tenta de s'adresser aux gens rassemblés, mais en fut incapable, vaincu par le brisement et les larmes. Dans l'ensemble, la conférence fut un grand succès ; elle stimula une nouvelle espérance et la prière parmi les ministères participants. Peu de temps après, de jeunes gens se réunirent à l'église un dimanche soir. Ce fut lors de cette rencontre que l'Esprit du réveil éclata d'une façon inattendue.

La réunion se poursuivait normalement suivant le programme lorsqu'une modeste fille noire de 15 ans se leva pour prier. L'associé de Mr Murray, J. C. deVries, surveillait la réunion de prière et nous donne ci-après un témoignage oculaire de ces événements extraordinaires : « Un certain dimanche soir, il s'était rassemblé dans une petite salle, quelques soixante jeunes gens. J'étais le responsable de la réunion qui commença avec un hymne et un enseignement tiré de la Parole de Dieu, à la suite de quoi je priai.

Trois ou quatre autres annoncèrent une strophe d'un hymne et prièrent, comme d'habitude. C'est alors qu'une fille de couleur d'à peu près 15 ans, au service d'un fermier habitant à proximité, se leva au fond de la salle pour demander si elle aussi pouvait proposer un hymne. Au début j'hésitai, ne sachant pas ce que les gens penseraient, mais de meilleures pensées prirent le dessus, et je répondis :

 

« Oui ». Elle annonça son hymne et pria sur un ton émouvant. Alors qu'elle priait, nous entendîmes, pour ainsi dire, un bruit éloigné, qui se rapprocha de plus en plus, jusqu'à ce que la salle semblât être ébranlée. A l'exception d'une ou deux personnes, toute l'assemblée commença à prier, la plupart à voix audible, mais certains en murmures. Cependant, le bruit que fit le rassemblement devint un bruit assourdissant. Une sensation que je ne peux pas décrire prit possession de moi. »

 

Offensé par le réveil

Pendant que se poursuivait la réunion, Andrew Murray prêchait dans une autre partie de l'église. Il n'était pas présent au début de ces événements. A la fin de la réunion conduite par Andrew Murray, un ancien franchit la porte de la salle où se tenait la réunion de prière, entendit le bruit, y jeta un coup d'œil, et retourna chercher en courant Mr Murray. J. C. deVries retrace avec éclat la réaction de surprise de Mr Murray vis-à-vis des jeunes gens réunis.

« Mr Murray s'avança vers la table près de laquelle je m'étais agenouillé pour prier, me toucha, et me fit comprendre qu'il voulait que je me lève. Il me demanda alors ce qui s'était passé. Je lui racontai tout. C'est alors qu'il s'éloigna d'une petite distance vers le fond de la salle et s'écria aussi fort qu'il le put :  « Peuple, silence ! « Mais les prières continuaient. Au même moment, je m'agenouillai de nouveau. Il m'apparut que si le Seigneur venait nous bénir, il n'était pas convenable que je me tienne debout mais que je devais être à genoux. Mr. Murray s'écria alors une nouvelle fois d'une voix forte. « Peuple, je suis votre ministère, envoyé de Dieu ! Silence ! « Mais il n'y avait aucun moyen d'arrêter le bruit. Personne ne l'entendit, mais tous continuèrent à prier et à supplier Dieu d'avoir miséricorde et de pardonner. Mr. Murray retourna ainsi vers moi et me dit de commencer l'hymne qui commençait par la strophe « Viens en aide à l'âme impuissante qui pleure. » Je le fis. Mais les émotions ne se calmèrent point et la réunion continua derechef dans la prière. Mr. Murray se prépara alors à sortir, en disant :  « Dieu est un Dieu d'ordre, et ici c'est la confusion totale ! « Sur ce, il quitta la salle. »

 

La prière et la puissance du réveil

Les réunions de prière s'organisèrent spontanément chaque soir après cela. L'ordre de ces réunions était habituellement identique chaque fois, bien que personne ne le fixât. Au début, il y avait généralement un grand silence ; aucun effort n'était fait pour provoquer les émotions, mais après la deuxième ou troisième prière, l'assemblée commençait soudainement à crier de concert dans la prière.

Ce n'était pas le moins du monde l'habitude des églises réformées hollandaises à cette époque, et personne ne leur avait jamais enseigné à procéder ainsi. Quelquefois, la réunion continuait jusqu'à trois heures du matin. Et même arrivés à cette heure, certains désiraient rester plus longtemps. Les gens retournaient chez eux au milieu de la nuit, en chantant joyeusement dans les rues. La réunion de prière prit de l'ampleur rapidement et dut être transférée dans un bâtiment scolaire situé dans les environs.

Ce bâtiment finit par s'avérer également trop petit pour contenir toute la foule de chercheurs affamés de Dieu. « Dans des endroits où les gens ne savaient pas ce que c'était que les réunions de prière juste un an plus tôt, ils se plaignaient maintenant de ce que les réunions finissaient une heure en avance ! « Non seulement des réunions de prière hebdomadaires mais également des réunions de prière journalières étaient réclamées par les gens - même au rythme de trois fois par jour - et même parmi les enfants. « Le réveil ébranla toute la campagne. Jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, tous furent affectés de la même façon par le réveil.

« C'était très étonnant de voir que le réveil n'était pas confiné aux villes et villages, mais qu'il était tombé dans des endroits totalement isolés sans contact avec l'extérieur, jusque dans des fermes éloignées, là même où hommes et femmes furent saisis par des émotions qui leur avaient été totalement étrangères quelques semaines voire quelques jours plus tôt. « Les gens furent fréquemment empoignés par une intense conviction. Des hommes forts crièrent d'angoisse tandis que d'autres tombèrent à terre inconscients et durent être transportés hors des réunions. »

 

Tirer enseignement du réveil

J.C. deVries nous expose plus en détail la difficulté qu'eut Mr Murray à accepter ces manifestations comme venant de Dieu. J. C. deVries écrit : « Le premier samedi soir, dans la maison où était aménagée une plus grande salle, Mr. Murray conduisait la réunion. Il lut un passage de l'Ecriture, fit quelques remarques à son sujet, ouvrit le moment de prière, et donna ensuite l'opportunité à d'autres de prier. Pendant la prière qui suivit la sienne, nous entendîmes de nouveau le même bruit venant de loin.

Il s'approchait de plus en plus quand, soudainement, toute l'assemblée fut en prière. Ce soir-là, un étranger s'était tenu debout à la porte du début jusqu'à la fin de la réunion, observant son déroulement. Mr. Murray descendit de la plate-forme et de nouveau, alla d'une personne à une autre dans l'assemblée, tentant de les calmer. L'étranger s'avança alors sur la pointe des pieds depuis la porte, toucha Mr Murray doucement, et dit en anglais : « Je crois que vous êtes le ministre de cette assemblée. Faîtes attention à ce que vous faîtes, car c'est l'Esprit de Dieu qui est à l'œuvre ici. J'arrive tout juste d'Amérique, et c'est exactement ce dont j'ai été témoin là-bas. »

Andrew Murray avait été offensé par l'explosion intense de prière émotionnelle, et cherché sans succès à contrôler et calmer les réunions. Toutefois, après cet incident, il arrêta apparemment d'essayer de malmener le Saint-Esprit. Il apprit à accepter ces soudaines explosions de prière et ces fortes émotions comme une œuvre de Dieu. Son père, Andrew Murray Senior confirma aussi que ces accès d'émotions étaient véritables, et déclara : « Je bénis Dieu d'être en vie pour pouvoir voir de mes propres yeux un tel travail de l'Esprit. « La forte réaction de Mr Murray semble provenir du fait que ces manifestations de réveil particulières dépassaient sa propre expérience personnelle et sa compréhension de la bienséance. Bien qu'il ait prié avec ferveur pour un réveil, étudié des comptes-rendus de réveil et même observé de ses propres yeux une certaine mesure de réveil, il ne réussit pas à anticiper sa propre réaction à la nature surnaturelle d'un réveil dans sa propre église. »

 

Réveil et attentes brisées

Les conceptions de Mr Murray sur le bon ordre dans l'église et celles du Saint-Esprit étaient de toute évidence très différentes. Les attentes brisées, si elles restent non réprimées, peuvent conduire à la confusion, la frustration, et même à la critique sévère. Quand la foule à Jérusalem s'est précipitée pour observer le miracle de la Pentecôte, Actes 2 :6 note que beaucoup parmi les spectateurs étaient « CONFUS ». Ces sentiments de confusion offusquèrent de toute évidence beaucoup, ce qui les emmena plus tard à ridiculiser ouvertement l'œuvre du Saint-Esprit (Actes 2:6-13).

Les nouvelles expériences de réveil de Mr Murray lui enseignèrent en définitive à ne pas juger tout ce qui peut s'apparenter à une situation de confusion en l'attribuant à un manque de bienséance. Il arrive souvent que nous expérimentions de forts sentiments de confusion ou même de frustration quand nous sommes soudainement placés dans un contexte inattendu ou qui ne nous est pas habituel. Chacun de nous a certainement eu l'occasion de lutter contre ces sentiments de confusion ou d'anxiété tout en essayant de trouver ses repères dans une ville ou un pays inconnu.

La source de notre confusion n'était pas un manque de bienséance, mais notre propre manque de familiarité avec les nouveaux environnements et les nouvelles circonstances. Actes 2:6 ne suggère pas que Dieu est l'auteur du désordre et de la confusion ! Au contraire, ce verset sert à nous rappeler que notre sens naturel du protocole et de l'ordre est souvent très différent de l'ordre divin du Ciel qui descend sur terre.

Quand nous nous trouvons soudainement dans un état de surprise ou de confusion devant des événements peu familiers, nous devons nous garder de les rejeter sans réflexion simplement parce qu'elles sont nouvelles à notre expérience personnelle. Seul un cœur ORGUEILLEUX se précipite pour condamner ce qu'il ne comprend pas ! Nous devons examiner attentivement toutes choses selon les Ecritures, plutôt qu'au travers de nos préférences personnelles ou nos traditions. Alors et alors seulement serons-nous capables de retenir ce qui est bon dans les jours qui viennent (1 Thessaloniciens 5:21).

 

Le réveil et la Convention Keswick

Les leçons apprises lors de ce réveil contribuèrent à préparer Andrew Murray à son futur rôle dans l'influent mouvement Keswick. Mr. Murray assista à la Convention Keswick pour la première fois en 1882. En 1885, on lui demanda d'intervenir comme orateur à la fois à la Convention Keswick et à la convention de Northfield. Murray fut chaleureusement reçu à ces conférences et fut plus tard chargé de ramener le mouvement Keswick en Afrique du Sud. La Convention Keswick fut elle-même le fruit indirect de cette merveilleuse période de réveil. Le réveil toucha au moins quatre continents, apportant avec lui une foi et une vision renouvelées pour la sainteté personnelle et la vie de l'Esprit. Ce fut ce message libérateur qui bientôt allait devenir synonyme du ministère personnel d'Andrew Murray.

La naissance de la Convention Keswick unit le Mouvement de Sainteté Européen émergent et, de ce fait, contribua à canaliser le feu et l'énergie de ce qui allait être connu sous le nom du « Troisième Grand Réveil ». Cependant, la Convention Keswick fit plus qu'unir simplement et préserver le fruit qui restait de ce grand réveil. Avec un clair appel à la sainteté personnelle par la foi en Christ, le mouvement Keswick contribua à préparer une nouvelle génération au mouvement suivant de Dieu. Ceux qui assistaient aux conventions étaient toujours encouragés à adopter un mode de vie construit sur la sainteté, l'unité et la prière. A la Convention de Keswick de 1902, 500 chrétiens s'accordèrent pour former des cercles de prière dans les maisons en vue d'obtenir une effusion mondiale du Saint-Esprit.

Le fruit de ces groupes de prière de Keswick fut atteint sans aucun doute au travers du Réveil au Pays de Galles en 1904. R. B. Jones, Jessie Penn-Lewis, et F. B. Myer considérèrent tous que la Convention de Keswick était une des sources cachées du réveil gallois. Par l'intermédiaire de l'enseignement biblique d'hommes comme Andrew Murray, J. Elder Cumming, Evan Hopkins, F. B. Myer et beaucoup d'autres, des milliers d'ouvriers et de missionnaires chrétiens furent remplis de puissance et purifiés pour entrer dans un nouveau millénaire de moisson globale. James Hudson Taylor, A. T. Pierson, Samuel Zwemer et beaucoup d'autres pionniers missionnaires considérèrent la Convention de Keswick comme l'une des meilleures « terres de chasse » pour les meilleures recrues missionnaires. Nous retrouvons ici une fois de plus cette vérité qu'une génération de ministère rempli de l'Esprit arrose souvent la moisson d'une autre génération.

 

Les derniers jours d'Andrew Murray

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la même façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l'Eglise sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes. Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés.

 

Tirer leçon de nos pères !

Andrew Murray fut incontestablement un homme doté de rares dons et d'une perception spirituelle profonde. Néanmoins, il faillit éteindre un véritable réveil. Il avait grandi dans un foyer où son père avait prié fidèlement pour un réveil pendant 30 ans. Pourtant, pendant un temps il s'opposa avec entêtement à la réponse si longtemps attendue aux prières de son père. Jeune garçon, il avait été enchanté du ministère de réveil de William C. Burns, et en Allemagne, il avait été le témoin de ses propres yeux du ministère miraculeux du pasteur Blumhardt.

Malgré cela, quand il fut lui-même confronté aux manifestations du réveil dans sa propre église, il s'y opposa. Je n'écris pas ces choses pour déshonorer la mémoire de l'un de nos pères respectés de la foi, mais plutôt dans le but de poser une question importante et fort à propos aujourd'hui. Si un homme doué comme Andrew Murray a pu se tromper en ne reconnaissant pas l'Esprit du réveil, alors qu'il était en plein milieu d'une préparation au réveil, combien à plus forte raison sommes-nous capables de reproduire la même erreur ? Cette génération de chrétiens doit être disposée à apprendre des expériences, du discernement et des erreurs de nos pères spirituels si nous voulons nous préparer au prochain mouvement de Dieu. Êtes-vous disposé à APPRENDRE ?

Source: The Watchword

 

Livres en français

 

livre1

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Quelques titres traduits en français :

- La Bénédiction de la Pentecôte dans sa plénitude et l'Esprit de Dieu
- Comme Christ : du bonheur de réaliser une vie conforme à celle du Fils de Dieu
- Demeurez en Christ : quelques pensées sur les bienfaits de la communion permanente avec le fils de Dieu
- L'humilité : la beauté de la sainteté
- Le voile déchiré ou La vie chrétienne normale d'après l'épître aux Hébreux
- Jésus guérit les malades ou Guérison selon la Parole de Dieu
- Le secret de la puissance d'en-haut
- La vie intérieure : apprendre à renouveler son âme

 

 

 

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