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30- Le ministère de l'intercession   -   31- Une vie de prière

« Formez vous-mêmes un édifice, une maison spirituelle pour constituer une, sainte sacrificature et offrir des sacrifices spirituels à Dieu, par Jésus-Christ » (1Pi 2:5). « Mais vous, on vous appellera prêtres de l’Eternel » (Esa 61:6). « L’Esprit du Seigneur, l’Eternel, est sur moi, car l’Eternel m’a oint » (Esa 61:1). Telle est la parole de Dieu révélée par Esaïe. Comme fruit de l’œuvre de Christ, tous les rachetés sont prêtres de l’Eternel, participants avec lui de l’onction qui lui été faite de l’Esprit en qualité de souverain sacrificateur.

 

« C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements » (Ps 133:2). De même que les fils d’Aaron, les membres du corps de Christ ont droit à la sacrificature, mais tous ne l’exercent pas. Un grand nombre d’entre eux ignorent même qu’ils possèdent ce privilège. Et pourtant, n’est-ce pas le plus précieux de tous, pour l’enfant de Dieu ? N’est-ce pas là le trait de ressemblance qui l’unit étroitement avec Celui qui vit éternellement pour prier ?

Douterons-nous qu’il en soit réellement ainsi? Réfléchissons à ce qui constitue la sacrificature. L’œuvre du sacerdoce nous présente deux faces: L’une regarde à Dieu, l’autre à l’homme : « En effet, tout souverain sacrificateur pris au milieu des hommes, est établi en faveur des hommes, en vue de leurs, rapports avec Dieu » (Heb 5:1). « En ce temps-là, l’Eternel sépara la tribu de Lévi et lui ordonna... de se tenir devant l’Eternel pour le servir et bénir le peuple en son nom » (De 10:8).

Le sacrificateur avait le droit de s’approcher de Dieu, de demeurer avec lui dans sa maison, d’offrir devant lui le sang du sacrifice ou de brûler l’encens. Il n’accomplissait aucun de ces actes pour lui-même, mais pour le peuple, dont il était le représentant. C’est là l’une des faces de son devoir. Il recevait du peuple les sacrifices, les offrait à Dieu, puis sortait pour bénir le peuple au nom de l’Eternel, l’assurer de sa faveur et lui enseigner ses lois.

 

Un sacrificateur est donc un homme qui ne vit en aucune façon pour lui-même. Il vit avec Dieu et pour Dieu. Son devoir est de veiller, comme serviteur de Dieu, sur la maison de son Maître, sur son honneur, sur son culte et de faire connaître aux hommes son amour et sa volonté. Il vit avec les hommes et pour les hommes. « Il peut être indulgent envers ceux qui pèchent par ignorance et par erreur, puisqu’il est lui-même plein de faiblesse » (Heb 5:2).

 

Telle est la vocation magnifique à laquelle est appelé tout chrétien. C’est le privilège de tous les saints. Ils ont été rachetés dans le seul but d’être sacrificateurs de Dieu au milieu des millions d’âmes qui périssent. Ils doivent être comme les dispensateurs de la grâce de Dieu, pour tous ceux qui les entourent, en vivant conformément à la vie de notre grand souverain sacrificateur Jésus-Christ.

Le sacrificateur doit être en harmonie avec son chef. Comme Dieu est saint, le prêtre devait être saint. Non seulement il devait être séparé de tout ce qui était souillé, mais encore il devait se sanctifier pour Dieu. Il était mis à part, consacré à Dieu, pour qu’Il en disposât à son gré. Sa séparation d’avec le monde qui l’entourait et sa consécration à Dieu étaient indiquées de bien des manières. D’abord par les vêtements, confectionnés d’après l’ordre même de Dieu ; (Ex 28) puis il ne devait touche aucun mort, et se préserver de toute souillure légale. « Il n’ira vers aucun mort; Il ne se rendra point impur, ni pour son père, ni pour sa mère » (Le 21:11).

Bien des choses permises à un Israélite lui étaient interdites. Cette séparation d’avec le monde se voyait encore dans cet ordre positif, c’est que le prêtre ne devait avoir aucune tare, aucun défaut corporel, sa perfection physique étant le type de sa sainteté. « Tout homme de la race du prêtre Aaron qui aura un défaut corporel ne s’approchera point pour offrir à l’Eternel les sacrifices consumés par le feu » (Le 21:21).

Cette séparation s’accentuait aussi par la défense que Dieu avait faite que la tribu consacrée à la sacrificature eût un héritage terrestre. Dieu était son héritage, sa vie, celle de la foi. Les enfants de Lévi mis à part pour le service de Dieu ne devaient vivre que pour lui et par lui.

Tout cela est l’image de ce que doit être le prêtre sous la nouvelle Alliance. La puissance de notre sacerdoce auprès de Dieu dépend de la manière dont nous vivons dans ce monde. Il faut que nous soyons de ceux dont Jésus dit : « Ils n’ont pas souillé leurs vêtements » (Ap 3:4). En renonçant à ce qui peut paraître légitime pour d’autres, mais qui ne l’est plus pour nous, nous avons à prouver que notre consécration au Seigneur est sincère et complète.

La perfection physique du sacrificateur sous l’ancienne Alliance doit trouver son équivalent dans notre état spirituel : « Sans défaut et sans tache » (1Pi 1,19). Nous devons être parfaits et préparés pour toute bonne œuvre. « Mais il faut que la persévérance ait une efficacité parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien » (Jas 1:4).

 

Par-dessus tout, renonçons à tout héritage sur la terre ; abandonnons tout et, comme Christ, sachons nous contenter d’avoir Dieu pour notre part, sachons posséder toutes choses comme ne possédant rien, et disposer de tout pour la seule gloire de Dieu. Voilà les signes distinctifs du prêtre véritable, de l’homme qui ne vit que pour Dieu et ses semblables.

 

Examinons maintenant le chemin qui mène au sacerdoce. Dans la personne d’Aaron, Dieu avait choisi ses descendants pour être sacrificateurs. Chacun d’eux l’était par sa naissance, et cependant aucun ne pouvait entrer en fonctions sans avoir passé par un acte spécial de consécration: l’onction.

Tout enfant de Dieu est sacrificateur par droit de naissance, par sa parenté avec le souverain sacrificateur, mais cela ne suffit pas. Il n’exercera son pouvoir qu’en raison de la manière dont il acceptera et réalisera sa consécration. Pour Aaron et ses fils, l’ordination se passait ainsi : (Ex 29) après avoir été lavés et habillés, ils étaient oints de l’huile sainte; puis on offrait des sacrifices.

On touchait l’oreille droite, la main droite et le pied droit des nouveaux sacrificateurs avec le sang de l’holocauste. Puis, ainsi que leurs vêtements, ils étaient aspergés de l’huile et du sang mêlés. Il en est de même pour l’enfant de Dieu lorsqu’il réalise complètement ce que le sang de Christ et le Saint-Esprit sont pour lui. Il sent alors avec quelle puissance cette sainte sacrificature agit en lui.

Le sang efface en lui tout sentiment d’indignité et l’Esprit tout sentiment d’incapacité.

 

Remarquons ce qu’il y avait de nouveau dans cette aspersion du sang sur le sacrificateur. Si, comme pénitent, il avait apporté autrefois un sacrifice pour son péché implorant le pardon, le sang de la victime était répandu sur l’autel, mais non sur sa personne. Pour sa consécration à la sacrificature, il fallait qu’il passât par un contact plus immédiat avec le sang. L’oreille, la main et le pied étaient mis par un acte spécial sous l’action directe du sang. Cet acte devenait ainsi le signe que Dieu prenait possession de l’être tout entier et le sanctifiait pour son service.

De même quand le chrétien en arrive à vouloir exercer le pouvoir de ce saint sacerdoce auprès du trône de Dieu, il envisage le sang de Christ d’une manière spéciale. Jusqu’alors il s’est contenté de penser que le sang répandu pour lui sur la croix est la seule chose nécessaire à son salut ; maintenant il sent la nécessité d’une action plus complète et plus durable de la puissance du sang de Christ, pour purifier le cœur d’une mauvaise conscience et de tout péché.

C’est à mesure qu’il possède ce sentiment que se réveille en lui la conviction du privilège merveilleux, devenu son partage, avoir l’accès le plus intime auprès de Dieu et l’assurance la plus complète qu’il est accepté de lui.

Dans la même mesure que le sacrifice de Christ nous donne le droit, le Saint-Esprit nous donne la puissance et nous rend capables d’une intercession pleine de foi. Il souffle en nous l’esprit du sacerdoce et l’amour brûlant pour l’honneur de Dieu et le salut des âmes. Il nous rend tellement un avec Jésus-Christ que la prière en son nom devient une réalité. Par lui nous comprenons ce qu’est une prière importune qui compte sur l’exaucement. Plus le chrétien sera rempli de l’Esprit de Christ, plus sa vie tout entière sera employée au sacerdoce de l’intercession.

Chers condisciples en Christ ! Dieu a grand besoin de sacrificateurs qui puissent s’approcher de lui, vivre en sa présence et attirer sur d’autres par leur intercession les bénédictions de sa grâce. Le monde, à son tour, a grand besoin de sacrificateurs qui veuillent se charger du fardeau des âmes qui périssent et intercéder pour elles. Ne voulons-nous pas nous consacrer à cette œuvre magnifique ! Nous savons le prix qu’elle nous coûtera: rien de moins que sacrifier tout, comme Christ l’a fait, afin que les desseins de l’amour de Dieu pour le salut du monde puissent s’accomplir.

 

Ne nous contentons plus désormais de savoir que nous, nous sommes sauvés, et d’accomplir juste assez de travail pour que notre conscience ne nous adresse pas de reproches. Que rien ne nous empêche de devenir des sacrificateurs parfaits ! Que toute notre ambition soit d‘être des sacrificateurs du Dieu Très-haut ! Que le sentiment de notre incapacité, de notre indignité ne nous retienne pas ! Le SANG de Christ, seul, peut rendre nos prières acceptables à Dieu. Le SAINT-ESPRIT, en nous unissant à Dieu, nous enseigne à prier parfaitement selon sa volonté.

 

Tout sacrificateur savait que lorsqu’il présentait un sacrifice selon les lois du sanctuaire, il était agréé.

Couverts du sang de Christ, remplis du Saint-Esprit, nous avons l’assurance que les promesses de Dieu auront leur accomplissement pour nous. Soyons un avec le grand Souverain Sacrificateur, et « nous demanderons ce que nous voudrons ‘et cela nous sera accordé » (Jn 15:7).

Nous aurons le droit d’offrir la prière du juste, qui est d’une grande efficace. Non seulement nous nous joindrons à la prière générale de l’Eglise pour le monde, mais encore, comme sacrificateurs, nous ferons une œuvre individuelle par notre prière. Nous nous adresserons directement à Dieu et, recevait sa réponse, nous pourrons, comme les enfants de Lévi, bénir en son nom.

Allons ! Frères, allons, devenons des sacrificateurs, de vrais sacrificateurs et rien que des sacrificateurs. Là est la vraie bénédiction, la réalisation de notre conformité à l’image du Fils de Dieu.

 

SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER.

 

 

 

 

31- Une vie de prière

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, c’est là ce que Dieu demande de vous en Jésus-Christ » (1Th 5:16-18) Notre Seigneur a prononcé la parabole du juge inique et de la pauvre veuve pour nous enseigner que l’homme « doit prier toujours et ne point se relâcher » (Lu 18:1 et suivants).

La veuve persévère à demander une chose définie et positive, et il semblerait que la parabole a en vue la prière persévérante qui réclame une bénédiction spéciale que souvent Dieu n’accorde pas tout de suite.

Les épîtres qui nous parlent de la vigilance associée à la prière constante, faite toujours selon l’Esprit, semblent se rapporter plutôt à une vie qui serait entièrement consacrée à la prière. Si notre âme est remplie de l’ardent désir que, la gloire de Dieu se manifeste en nous, autour de nous et par nous, avec l’assurance qu’Il entend la prière de ses enfants, notre vie intérieure fera de continuels progrès dans la foi et la confiance.

En terminant ces méditations, il ne nous est pas difficile de comprendre ce qu’il faut pour mener une vie de prière. La première condition est, sans aucun doute, le sacrifice complet de notre vie à la gloire de Dieu.

Celui qui cherche à prier sans cesse seulement parce qu’il veut être pieux et bon, n’y arrivera jamais. Notre cœur ne peut s’élargir que si nous nous oublions nous-mêmes. Nous arriverons alors à considérer toutes choses à la lumière divine. Nous reconnaîtrons pour tout ce qui nous entoure la nécessité du secours et de la bénédiction de Dieu. Nous y verrons une occasion de le glorifier.

Quand tout dans notre vie est envisagé et jugé au seul point de vue de la gloire de Dieu; quand nous aurons découvert que cela seul qui vient de lui peut réellement être à sa gloire, notre vie entière deviendra une aspiration vers le ciel, un cri du cœur pour que Dieu prouve sa puissance et son amour en manifestant sa gloire.

 

Notre conscience se réveillera; nous comprendrons que nous sommes des sentinelles avancées sur les murs de Sion, chargées de célébrer la mémoire du Seigneur. Notre appel touchera réellement le Roi des cieux, nous aurons une influence positive sur lui pour l’engager à faire ce qu’Il n’aurait pas fait sans nos prières. Ces exhortations de Saint-Paul deviendront une réalité pour nous : « Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance et priez pour tous les saints. Priez pour moi » (Eph 6:18).

 

« Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. Priez en même temps pour nous » (Col 4:2-3).

 

Renoncer à soi-même, vivre pour Dieu et sa gloire parmi les hommes, voilà donc le chemin qui conduit à prier sans cesse. Cette vie consacrée à Dieu doit être accompagnée d’une confiance entière dans l’efficacité de notre prière.

Nous avons vu notre bien-aimé Sauveur, dans ses enseignements, insister particulièrement sur la foi au Père, le Dieu trois fois saint, qui accorde certainement ce que nous lui demandons « Demandez et vous recevrez » (Mt 8:7). L’exaucement certain de nos prières est pour Jésus le commencement et la fin de son enseignement.

Si nous possédons vraiment cette assurance et que nous soyons convaincus que nos prières ont une influence indiscutable auprès de Dieu, nous ne négligerons plus la merveilleuse puissance qu’Il nous a accordée. Notre âme se tournera complètement vers Dieu et notre vie deviendra une vie de prière.

Le Seigneur prend le temps nécessaire pour nous répondre parce que nous et tout ce qui nous entoure, sommes des créatures du temps, soumises à la loi du progrès. Mais si nous croyons qu’aucune prière offerte avec foi ne peut être perdue, nous croyons aussi qu’il y a des moments où il faut que nos requêtes s’accumulent au pied du trône de Dieu jusqu’à ce qu’elles atteignent, par leur persévérance, une force irrésistible.

 

Ce n’est pas en Dieu, ni dans sa secrète volonté, mais en nous seulement que se trouve l’obstacle à l’exaucement de nos prières. C’est quand nous ne sommes pas ce que nous devons être que nous n’obtenons pas la réalisation de la promesse.

Les Paroles de notre Père contenues dans sa sainte Ecriture nous sonderont, nous humilieront, nous relèveront, nous fortifieront et finalement nous donneront le bonheur.

Pour la foi qui sait qu’elle obtient ce qu’elle demande, la prière n’est plus un travail ou un fardeau, mais une joie et un triomphe; elle deviendra pour nous une nécessité et une seconde nature.

Cette union de ferveur et de ferme assurance n’est au fond que la vie du Saint-Esprit en nous. Le Saint-Esprit habite en nous. Il se cache dans les replis les plus secrets de notre cœur. Tantôt Il se manifeste par des soupirs qui ne se peuvent exprimer ; tantôt par une foi claire et consciente; tantôt par des demandes spéciales, distinctes, pour que Christ se révèle plus complètement à nous ; tantôt par des supplications pour une âme en particulier, pour une œuvre, pour l’Eglise, pour le monde. N’importe ! C’est toujours le Saint-Esprit seul qui met dans le cœur la soif de Dieu, la soif de sa révélation, la soif de sa gloire.

Lorsque l’enfant de Dieu marche et vit réellement selon l’Esprit, lorsqu’il ne veut plus de l’existence de la chair, mais qu’il cherche avant tout la vie spirituelle et qu’il veut être un instrument entre les mains de Dieu pour révéler Christ autour de lui, alors la vie d’intercesseur du Fils bien-aimé ne peut que devenir nôtre et se refléter dans tous nos actes.

C’est donc par l’Esprit que tout obstacle sera aplani et que l’harmonie entre Dieu et nous sera parfaite. Mais la chose principale qu’il nous faut pour une vie de prière incessante, c’est la conviction que Jésus nous enseigne à prier. C’est la communion de la propre vie de Jésus qu’il nous faut. C’est la vie de Jésus en prière qui a poussé les disciples à lui demander de leur enseigner à prier. Il en est de même pour nous, c’est la vue de Jésus priait sans cesse qui nous enseigne véritablement à prier.

Nous en savons la raison, Celui qui prie de la sorte est notre chef, notre vie. Tout ce qu’Il possède devient notre propriété, si nous lui appartenons complètement. Par son sang répandu pour nous, Il nous fait entrer en la présence immédiate de Dieu. Le lieu très saint est notre demeure; nous avons le droit d’y habiter. Ceux qui vivent en Dieu et qui sentent qu’ils ont été amenés à cette nouvelle vie pour être en bénédiction à ceux qui ne la connaissent pas encore, ne peuvent faire autrement que de prier.

Christ nous rend participants avec lui à sa vie de prière et à la force qui en découle. C’est ce qui nous fait comprendre que le vrai but de notre vie ne doit pas être seulement de travailler beaucoup et de prier assez pour que notre œuvre n’en souffre pas, mais de prier beaucoup et de travailler assez pour que la force et la bénédiction obtenues par la prière retombent sur nos compagnons de route par notre moyen.

Non seulement Christ, qui sauve et qui règne, nous inspire notre vie de prière, mais Il nous la conserve toujours, si nous nous confions en lui. Il se fait le garant de notre prière incessante. Christ est tout: c’est lui qui nous donne la vie et la force, afin que nous priions constamment et sans nous lasser. C’est l’intercession continuelle de Christ, présente à notre cœur, qui nous rendra capables de prier sans cesse.

C’est parce que la sacrificature de Jésus est l’emblème de la puissance que doit avoir la vie nouvelle, que prier sans cesse peut devenir pour nous la joie vivante et réelle du ciel dès ici-bas. « Soyez toujours joyeux ». « Priez sans cesse ». « Rendez grâces en toutes choses » (1Th 5:16-18).

 

La joie éternelle, la louange éternelle, la prière éternelle, n’est-ce pas là la manifestation de la vie éternelle, du ciel enfin, où Jésus prie éternellement ? L’union entre le cep et le sarment n’est en réalité que l’union par la prière. La conformité entière avec Christ, la participation bénie à la gloire de sa vie divine est réalisée par la part que nous prenons à son œuvre d’intercession. Lui et nous, nous vivrons pour prier toujours.

 

À mesure que nous ferons l’expérience de notre union avec lui, prier sans cesse deviendra une possibilité, une réalité, le but essentiel et le résultat béni de notre communion avec Dieu. Notre demeure permanente est en dedans du voile, en la présence même du Père; ce que le Père dit, nous le faisons; ce que le Fils dit, le Père le fait.

Prier sans cesse, c’est le ciel descendant jusqu’à nous. C’est l’avant-goût de cette vie céleste où nul ne s’arrête, ni jour ni nuit, dans le chant de la louange et dans l’adoration.

 

 

SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER.

 

 

Andrew Murray

 

 

Sources / Infos

   list arrow   Livre: « Avec Christ à l'école de la prière » Edition S. DELATTRE Privas. Ardèche 1933

 murreyLe volume excellent que nous publions a déjà eu en français une première édition il y a 42 ans. Elle est épuisée depuis longtemps Nous croyons très utile d’en donner une seconde édition. Sans doute nous avons depuis vingt ans en français l’excellent ouvrage de S. D. Gordon: « Les simples entretiens sur la prière », dont je ne saurais; dire trop de bien et par le moyen duquel j’ai reçu d’inexprimables bénédictions, mais Andrew Murray et S. D. Gordon se complètent. Murray met en lumière certaines vérités que Gordon ne mentionne pas. De là notre vif désir de publier le présent volume tout en bénissant Dieu des cinq mille exemplaires du livre de Gordon qui circulent dans nos pays de langue française.

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la mêmeMurray03 façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l’Église sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes.

Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés...

 

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Portrait d'Andrew Murray par David Smithers

 

quote    Il faillit arrêter un véritable réveil !

Par David Smithers

Peu après ma conversion à Christ, on me donna deux brochures écrites par Andrew Murray, « La Vie de Prière » (The Prayer Life) et « S'attendre à Dieu » (Waiting on God). A chaque nouveau chapitre, il me semblait vivre une fraîche révélation pénétrante et de nouvelles expériences dans la prière. Pour le jeune croyant que j'étais, ces écrits m'aidèrent grandement à déterminer et établir ma vie de prière personnelle. Les principes contenus dans ces livres aux pages écornées continuent toujours d'exercer une influence significative sur ma vie de prière et mon ministère. Presque vingt ans après, je commence seulement maintenant à sentir que je comprends véritablement la profondeur des écrits d'Andrew Murray ! La plupart des ouvrages sur la prière vous mènent dans un processus de prière, mais les écrits d'Andrew Murray vous conduisent à la personne de prière : JESUS-CHRIST.

 

Naissance et environnement familial

Andrew Murray naquit le 9 mai 1828 dans un presbytère réformé hollandais à Graaff Reinet, en Afrique du Sud. Ce fut là-bas que son père, le révérend Andrew Murray, senior, exerçait un ministère en faveur des colons hollandais. La maison des Murray était un endroit vibrant et actif, rempli des bruits animés de joie, de prière et d'adoration. Chaque vendredi soir, le père d'Andrew Murray réunissait sa famille et lui lisait des récits émouvants des réveils passés. Il se consacrait alors à son étude et déversait son cœur en prière en vue d'obtenir un réveil en Afrique du Sud. Il procédait ainsi toutes les semaines selon son habitude depuis 1822. Le jeune Murray fut au bénéfice de plusieurs autres exemples merveilleux de zèle et de dévotion chrétiens. Des hommes comme David Livingstone et Robert Moffat séjournaient souvent à la maison quand ils se rendaient sur la côte.

 

William C. Burns

En 1838, à l'âge de dix ans, Andrew quitta sa maison avec son frère John pour faire des études en Ecosse. Ils demeurèrent chez leur oncle, le pasteur John Murray. Durant le printemps 1840, l'oncle présenta les garçons au ministère de réveil William C. Burns. Ce revivaliste renommé laissa une impression profonde et durable dans le cœur du jeune Andrew Murray. Le jeune garçon de 13 ans fut ému lorsque Mr Burns l'invita à prendre sa Bible et son manteau pour se rendre ensemble aux réunions de réveil à Aberdeen. Des années plus tard, Murray pouvait encore se rappeler la puissance de l'influence divine de Burns sur sa vie. Sa sincérité, sa prière fervente, sa prédication pénétrante, tout cela contribua à définir le ministère personnel et l'appel d' Andrew Murray. Souvent, l'influence d'un ministère rempli de l'Esprit appartenant à une génération donnée arrose les semences de la moisson d'une autre génération.

 

Le pasteur Blumhardt

Après avoir obtenu leur diplôme au collège Marischal en 1844, les deux frères se rendirent à Utrecht, en Hollande, en vue d'approfondir leurs études en théologie et en hollandais. A cette époque, la vie religieuse aux Pays-Bas était en déclin et le rationalisme avait miné beaucoup de pupitres et d'instituts de théologie. Un peu comme les frères Wesley avec le Club Saint (Holy Club) à Oxford, John et Andrew se joignirent à un groupe zélé de l'université, nommé « Sechor Dabar » (Souvenez-vous de la Parole).

Là ils trouvèrent des frères qui avaient les mêmes dispositions, une communion chaleureuse et un vrai zèle missionnaire. Lors d'une période de congés scolaires, les deux frères visitèrent l'Allemagne, où ils eurent l'occasion de rencontrer le pasteur Blumhardt. Cet homme remarquable avait été utilisé pour amener le réveil dans la région du Rhein en Allemagne. Le réveil avait été marqué par d'extraordinaires manifestations de délivrance et de guérison des malades par la prière. « Andrew vit de ses propres yeux et dans sa propre époque la progression de l'œuvre de la puissance de Dieu. »

 

Le garçon prédicateur

Les deux frères furent ordonnés à La Haye, au 20e anniversaire d'Andrew, et ils quittèrent peu après le pays pour commencer leur travail en Afrique du Sud. Andrew paraissait à peine plus âgé qu'un enfant quand il retourna la première fois en Afrique. A l'âge de 20 ans, il avait l'air beaucoup plus jeune que son âge. Une fois, il fut rapporté qu'un vieux fermier hollandais avait dit : « Pourquoi nous ont-ils prêté une fille pour nous faire des prêches ? »

Cependant, en dépit de l'apparence de fragilité chez Murray, son endurance et son zèle n'avaient pas de fin. Souvent il partait à cheval pendant des semaines entières pour tenir des réunions avec les Boers (fermiers sud-africains parlant hollandais). Ces fermiers spirituellement affamés venaient de centaines de kilomètres à la ronde, littéralement, pour écouter ce « garçon prédicateur. » Une église temporaire faite de roseaux était érigée, et alors assiégée par des centaines de gros wagons transportant des fermiers hollandais. Ce fut lors de telles aventures dans le ministère que le jeune Murray commença à exprimer le feu et la ferveur si souvent associés à ses écrits classiques sur la prière et la Vie Intérieure.

 

Préparation au réveil

En 1860, Andrew Murray accepta un appel à prendre la charge de pasteur dans une église de Worcester. Son engagement dans l'église coïncida avec un réveil et une conférence missionnaire rassemblant jusqu'à 374 ministères sud-africains. La conférence avait été organisée dans l'objectif spécifique d'encourager à un réveil spirituel et de recruter de nouveaux ouvriers et missionnaires pour les églises réformées hollandaises d'Afrique du Sud. Au début de la conférence, un prospectus fut remis aux participants, qui retraçait les nouvelles du récent réveil en Amérique et en Grande-Bretagne.

Les ministères présents furent fortement encouragés à s'attendre à une action similaire de Dieu en Afrique du Sud et à prier pour cela. Un certain Dr. Robertson parla de leur grand besoin d'avoir un réveil, suivi par le Dr. Adamson qui donna alors un compte-rendu détaillé du récent réveil survenu en Amérique. Andrew Murray Senior tenta de s'adresser aux gens rassemblés, mais en fut incapable, vaincu par le brisement et les larmes. Dans l'ensemble, la conférence fut un grand succès ; elle stimula une nouvelle espérance et la prière parmi les ministères participants. Peu de temps après, de jeunes gens se réunirent à l'église un dimanche soir. Ce fut lors de cette rencontre que l'Esprit du réveil éclata d'une façon inattendue.

La réunion se poursuivait normalement suivant le programme lorsqu'une modeste fille noire de 15 ans se leva pour prier. L'associé de Mr Murray, J. C. deVries, surveillait la réunion de prière et nous donne ci-après un témoignage oculaire de ces événements extraordinaires : « Un certain dimanche soir, il s'était rassemblé dans une petite salle, quelques soixante jeunes gens. J'étais le responsable de la réunion qui commença avec un hymne et un enseignement tiré de la Parole de Dieu, à la suite de quoi je priai.

Trois ou quatre autres annoncèrent une strophe d'un hymne et prièrent, comme d'habitude. C'est alors qu'une fille de couleur d'à peu près 15 ans, au service d'un fermier habitant à proximité, se leva au fond de la salle pour demander si elle aussi pouvait proposer un hymne. Au début j'hésitai, ne sachant pas ce que les gens penseraient, mais de meilleures pensées prirent le dessus, et je répondis :

 

« Oui ». Elle annonça son hymne et pria sur un ton émouvant. Alors qu'elle priait, nous entendîmes, pour ainsi dire, un bruit éloigné, qui se rapprocha de plus en plus, jusqu'à ce que la salle semblât être ébranlée. A l'exception d'une ou deux personnes, toute l'assemblée commença à prier, la plupart à voix audible, mais certains en murmures. Cependant, le bruit que fit le rassemblement devint un bruit assourdissant. Une sensation que je ne peux pas décrire prit possession de moi. »

 

Offensé par le réveil

Pendant que se poursuivait la réunion, Andrew Murray prêchait dans une autre partie de l'église. Il n'était pas présent au début de ces événements. A la fin de la réunion conduite par Andrew Murray, un ancien franchit la porte de la salle où se tenait la réunion de prière, entendit le bruit, y jeta un coup d'œil, et retourna chercher en courant Mr Murray. J. C. deVries retrace avec éclat la réaction de surprise de Mr Murray vis-à-vis des jeunes gens réunis.

« Mr Murray s'avança vers la table près de laquelle je m'étais agenouillé pour prier, me toucha, et me fit comprendre qu'il voulait que je me lève. Il me demanda alors ce qui s'était passé. Je lui racontai tout. C'est alors qu'il s'éloigna d'une petite distance vers le fond de la salle et s'écria aussi fort qu'il le put :  « Peuple, silence ! « Mais les prières continuaient. Au même moment, je m'agenouillai de nouveau. Il m'apparut que si le Seigneur venait nous bénir, il n'était pas convenable que je me tienne debout mais que je devais être à genoux. Mr. Murray s'écria alors une nouvelle fois d'une voix forte. « Peuple, je suis votre ministère, envoyé de Dieu ! Silence ! « Mais il n'y avait aucun moyen d'arrêter le bruit. Personne ne l'entendit, mais tous continuèrent à prier et à supplier Dieu d'avoir miséricorde et de pardonner. Mr. Murray retourna ainsi vers moi et me dit de commencer l'hymne qui commençait par la strophe « Viens en aide à l'âme impuissante qui pleure. » Je le fis. Mais les émotions ne se calmèrent point et la réunion continua derechef dans la prière. Mr. Murray se prépara alors à sortir, en disant :  « Dieu est un Dieu d'ordre, et ici c'est la confusion totale ! « Sur ce, il quitta la salle. »

 

La prière et la puissance du réveil

Les réunions de prière s'organisèrent spontanément chaque soir après cela. L'ordre de ces réunions était habituellement identique chaque fois, bien que personne ne le fixât. Au début, il y avait généralement un grand silence ; aucun effort n'était fait pour provoquer les émotions, mais après la deuxième ou troisième prière, l'assemblée commençait soudainement à crier de concert dans la prière.

Ce n'était pas le moins du monde l'habitude des églises réformées hollandaises à cette époque, et personne ne leur avait jamais enseigné à procéder ainsi. Quelquefois, la réunion continuait jusqu'à trois heures du matin. Et même arrivés à cette heure, certains désiraient rester plus longtemps. Les gens retournaient chez eux au milieu de la nuit, en chantant joyeusement dans les rues. La réunion de prière prit de l'ampleur rapidement et dut être transférée dans un bâtiment scolaire situé dans les environs.

Ce bâtiment finit par s'avérer également trop petit pour contenir toute la foule de chercheurs affamés de Dieu. « Dans des endroits où les gens ne savaient pas ce que c'était que les réunions de prière juste un an plus tôt, ils se plaignaient maintenant de ce que les réunions finissaient une heure en avance ! « Non seulement des réunions de prière hebdomadaires mais également des réunions de prière journalières étaient réclamées par les gens - même au rythme de trois fois par jour - et même parmi les enfants. « Le réveil ébranla toute la campagne. Jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, tous furent affectés de la même façon par le réveil.

« C'était très étonnant de voir que le réveil n'était pas confiné aux villes et villages, mais qu'il était tombé dans des endroits totalement isolés sans contact avec l'extérieur, jusque dans des fermes éloignées, là même où hommes et femmes furent saisis par des émotions qui leur avaient été totalement étrangères quelques semaines voire quelques jours plus tôt. « Les gens furent fréquemment empoignés par une intense conviction. Des hommes forts crièrent d'angoisse tandis que d'autres tombèrent à terre inconscients et durent être transportés hors des réunions. »

 

Tirer enseignement du réveil

J.C. deVries nous expose plus en détail la difficulté qu'eut Mr Murray à accepter ces manifestations comme venant de Dieu. J. C. deVries écrit : « Le premier samedi soir, dans la maison où était aménagée une plus grande salle, Mr. Murray conduisait la réunion. Il lut un passage de l'Ecriture, fit quelques remarques à son sujet, ouvrit le moment de prière, et donna ensuite l'opportunité à d'autres de prier. Pendant la prière qui suivit la sienne, nous entendîmes de nouveau le même bruit venant de loin.

Il s'approchait de plus en plus quand, soudainement, toute l'assemblée fut en prière. Ce soir-là, un étranger s'était tenu debout à la porte du début jusqu'à la fin de la réunion, observant son déroulement. Mr. Murray descendit de la plate-forme et de nouveau, alla d'une personne à une autre dans l'assemblée, tentant de les calmer. L'étranger s'avança alors sur la pointe des pieds depuis la porte, toucha Mr Murray doucement, et dit en anglais : « Je crois que vous êtes le ministre de cette assemblée. Faîtes attention à ce que vous faîtes, car c'est l'Esprit de Dieu qui est à l'œuvre ici. J'arrive tout juste d'Amérique, et c'est exactement ce dont j'ai été témoin là-bas. »

Andrew Murray avait été offensé par l'explosion intense de prière émotionnelle, et cherché sans succès à contrôler et calmer les réunions. Toutefois, après cet incident, il arrêta apparemment d'essayer de malmener le Saint-Esprit. Il apprit à accepter ces soudaines explosions de prière et ces fortes émotions comme une œuvre de Dieu. Son père, Andrew Murray Senior confirma aussi que ces accès d'émotions étaient véritables, et déclara : « Je bénis Dieu d'être en vie pour pouvoir voir de mes propres yeux un tel travail de l'Esprit. « La forte réaction de Mr Murray semble provenir du fait que ces manifestations de réveil particulières dépassaient sa propre expérience personnelle et sa compréhension de la bienséance. Bien qu'il ait prié avec ferveur pour un réveil, étudié des comptes-rendus de réveil et même observé de ses propres yeux une certaine mesure de réveil, il ne réussit pas à anticiper sa propre réaction à la nature surnaturelle d'un réveil dans sa propre église. »

 

Réveil et attentes brisées

Les conceptions de Mr Murray sur le bon ordre dans l'église et celles du Saint-Esprit étaient de toute évidence très différentes. Les attentes brisées, si elles restent non réprimées, peuvent conduire à la confusion, la frustration, et même à la critique sévère. Quand la foule à Jérusalem s'est précipitée pour observer le miracle de la Pentecôte, Actes 2 :6 note que beaucoup parmi les spectateurs étaient « CONFUS ». Ces sentiments de confusion offusquèrent de toute évidence beaucoup, ce qui les emmena plus tard à ridiculiser ouvertement l'œuvre du Saint-Esprit (Actes 2:6-13).

Les nouvelles expériences de réveil de Mr Murray lui enseignèrent en définitive à ne pas juger tout ce qui peut s'apparenter à une situation de confusion en l'attribuant à un manque de bienséance. Il arrive souvent que nous expérimentions de forts sentiments de confusion ou même de frustration quand nous sommes soudainement placés dans un contexte inattendu ou qui ne nous est pas habituel. Chacun de nous a certainement eu l'occasion de lutter contre ces sentiments de confusion ou d'anxiété tout en essayant de trouver ses repères dans une ville ou un pays inconnu.

La source de notre confusion n'était pas un manque de bienséance, mais notre propre manque de familiarité avec les nouveaux environnements et les nouvelles circonstances. Actes 2:6 ne suggère pas que Dieu est l'auteur du désordre et de la confusion ! Au contraire, ce verset sert à nous rappeler que notre sens naturel du protocole et de l'ordre est souvent très différent de l'ordre divin du Ciel qui descend sur terre.

Quand nous nous trouvons soudainement dans un état de surprise ou de confusion devant des événements peu familiers, nous devons nous garder de les rejeter sans réflexion simplement parce qu'elles sont nouvelles à notre expérience personnelle. Seul un cœur ORGUEILLEUX se précipite pour condamner ce qu'il ne comprend pas ! Nous devons examiner attentivement toutes choses selon les Ecritures, plutôt qu'au travers de nos préférences personnelles ou nos traditions. Alors et alors seulement serons-nous capables de retenir ce qui est bon dans les jours qui viennent (1 Thessaloniciens 5:21).

 

Le réveil et la Convention Keswick

Les leçons apprises lors de ce réveil contribuèrent à préparer Andrew Murray à son futur rôle dans l'influent mouvement Keswick. Mr. Murray assista à la Convention Keswick pour la première fois en 1882. En 1885, on lui demanda d'intervenir comme orateur à la fois à la Convention Keswick et à la convention de Northfield. Murray fut chaleureusement reçu à ces conférences et fut plus tard chargé de ramener le mouvement Keswick en Afrique du Sud. La Convention Keswick fut elle-même le fruit indirect de cette merveilleuse période de réveil. Le réveil toucha au moins quatre continents, apportant avec lui une foi et une vision renouvelées pour la sainteté personnelle et la vie de l'Esprit. Ce fut ce message libérateur qui bientôt allait devenir synonyme du ministère personnel d'Andrew Murray.

La naissance de la Convention Keswick unit le Mouvement de Sainteté Européen émergent et, de ce fait, contribua à canaliser le feu et l'énergie de ce qui allait être connu sous le nom du « Troisième Grand Réveil ». Cependant, la Convention Keswick fit plus qu'unir simplement et préserver le fruit qui restait de ce grand réveil. Avec un clair appel à la sainteté personnelle par la foi en Christ, le mouvement Keswick contribua à préparer une nouvelle génération au mouvement suivant de Dieu. Ceux qui assistaient aux conventions étaient toujours encouragés à adopter un mode de vie construit sur la sainteté, l'unité et la prière. A la Convention de Keswick de 1902, 500 chrétiens s'accordèrent pour former des cercles de prière dans les maisons en vue d'obtenir une effusion mondiale du Saint-Esprit.

Le fruit de ces groupes de prière de Keswick fut atteint sans aucun doute au travers du Réveil au Pays de Galles en 1904. R. B. Jones, Jessie Penn-Lewis, et F. B. Myer considérèrent tous que la Convention de Keswick était une des sources cachées du réveil gallois. Par l'intermédiaire de l'enseignement biblique d'hommes comme Andrew Murray, J. Elder Cumming, Evan Hopkins, F. B. Myer et beaucoup d'autres, des milliers d'ouvriers et de missionnaires chrétiens furent remplis de puissance et purifiés pour entrer dans un nouveau millénaire de moisson globale. James Hudson Taylor, A. T. Pierson, Samuel Zwemer et beaucoup d'autres pionniers missionnaires considérèrent la Convention de Keswick comme l'une des meilleures « terres de chasse » pour les meilleures recrues missionnaires. Nous retrouvons ici une fois de plus cette vérité qu'une génération de ministère rempli de l'Esprit arrose souvent la moisson d'une autre génération.

 

Les derniers jours d'Andrew Murray

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la même façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l'Eglise sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes. Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés.

 

Tirer leçon de nos pères !

Andrew Murray fut incontestablement un homme doté de rares dons et d'une perception spirituelle profonde. Néanmoins, il faillit éteindre un véritable réveil. Il avait grandi dans un foyer où son père avait prié fidèlement pour un réveil pendant 30 ans. Pourtant, pendant un temps il s'opposa avec entêtement à la réponse si longtemps attendue aux prières de son père. Jeune garçon, il avait été enchanté du ministère de réveil de William C. Burns, et en Allemagne, il avait été le témoin de ses propres yeux du ministère miraculeux du pasteur Blumhardt.

Malgré cela, quand il fut lui-même confronté aux manifestations du réveil dans sa propre église, il s'y opposa. Je n'écris pas ces choses pour déshonorer la mémoire de l'un de nos pères respectés de la foi, mais plutôt dans le but de poser une question importante et fort à propos aujourd'hui. Si un homme doué comme Andrew Murray a pu se tromper en ne reconnaissant pas l'Esprit du réveil, alors qu'il était en plein milieu d'une préparation au réveil, combien à plus forte raison sommes-nous capables de reproduire la même erreur ? Cette génération de chrétiens doit être disposée à apprendre des expériences, du discernement et des erreurs de nos pères spirituels si nous voulons nous préparer au prochain mouvement de Dieu. Êtes-vous disposé à APPRENDRE ?

Source: The Watchword

 

Livres en français

 

livre1

   livre2   livre3   livre4   livre5   livre6   livre7   livre8

 

Quelques titres traduits en français :

- La Bénédiction de la Pentecôte dans sa plénitude et l'Esprit de Dieu
- Comme Christ : du bonheur de réaliser une vie conforme à celle du Fils de Dieu
- Demeurez en Christ : quelques pensées sur les bienfaits de la communion permanente avec le fils de Dieu
- L'humilité : la beauté de la sainteté
- Le voile déchiré ou La vie chrétienne normale d'après l'épître aux Hébreux
- Jésus guérit les malades ou Guérison selon la Parole de Dieu
- Le secret de la puissance d'en-haut
- La vie intérieure : apprendre à renouveler son âme

 

 

 

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