priereLe volume excellent que nous publions a déjà eu en français une première édition il y a 42 ans. Elle est épuisée depuis longtemps Nous croyons très utile d’en donner une seconde édition. Sans doute nous avons depuis vingt ans en français l’excellent ouvrage de S. D. Gordon: « Les simples entretiens sur la prière », dont je ne saurais; dire trop de bien et par le moyen duquel j’ai reçu d’inexprimables bénédictions, mais Andrew Murray et S. D. Gordon se complètent. Murray met en lumière certaines vérités que Gordon ne mentionne pas. De là notre vif désir de publier le présent volume tout en bénissant Dieu des cinq mille exemplaires du livre de Gordon qui circulent dans nos pays de langue française. Cela dit, essayons de définir la prière. Qu’est-ce que prier ? Prier c’est demander à Dieu une grâce précise, la demander avec foi, avec persévérance, avec insistance, peut-être pendant des jours et des nuits, à certaines époques.

Prier, c’est tout d’abord reconnaître notre dépendance de Dieu. « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel » (Jn 3:27). Nous n’avons rien qui ne nous vienne de Dieu. « C’est Lui qui fait mourir et qui fait vivre, qui fait descendre au sépulcre et qui en fait remonter, il appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève » (1Sa 2:6,7).

Et comme ce monde ne peut nous satisfaire et qu’il nous faut plus que tout ce que le soleil peut nous donner, notre âme a faim et soif de Dieu. Sans Lui je meurs de faim. La possession du monde entier et même de toutes les splendeurs matérielles de l’univers n’est rien pour nous sans Dieu. C’est Lui qu’il nous faut. Ce qui nous viendrait sans Lui, en dehors de Lui, nous éloignerait de Lui.

« Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien », c’est ma richesse, c’est ma vie. Force et vie, secours et consolation, paix et pardon, espérance et victoire, tout me vient de toi, mon Dieu. Tel est l’acte grandiose de la prière. « Le passereau a bien trouvé une maison et l’hirondelle un nid où elle abrite ses petits... Tes autels, ô Eternel, mon Roi et mon Dieu ! » À tes pieds je dépose toute indépendance, toute prétention, toute crainte, tout fardeau, tout péché, et je répète le cri de Jacob : « Je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ».

Prier, c’est plus encore: c’est reconnaître que, par un mystère insondable, Dieu veut dépendre de nous. La prière, en effet, est un moyen d’agir sur Dieu. Elle ne suppose pas seulement notre faiblesse, notre pauvreté, mais aussi notre dignité royale, notre puissance, notre parenté avec Dieu. Ce n’est pas seulement l’amour, la sainteté, la patience de Dieu qui doivent se retrouver dans notre vie pour que nous ressemblions à notre Père céleste, mais aussi sa puissance.

C’est une part de sa royauté qu’Il nous confère quand Il nous invite à prier. Il veut que par la prière, nous travaillions à notre création morale et spirituelle afin que les perfections du Créateur se retrouvent dans ses créatures et que le caractère du Père se retrouve dans ses enfants. Rien ne nous est donné sans que nous le demandions. « Vous qui rappelez le souvenir de l’Eternel, point de repos pour vous, et ne lui donnez aucun relâche » (Esa 62:7). Il faut demander, frapper, persévérer, importuner en s’appuyant sur les promesses de Dieu et l’œuvre expiatoire accomplie par Jésus-Christ.

Ainsi, au nom du Christ, en réclamant de Dieu ce que notre Sauveur nous a obtenu de grâces, en les réclamant, non pour notre propre satisfaction, mais pour la gloire de Dieu, pour que Sa volonté se lasse, pour que Jésus soit glorifié, nous entrons, comme notre Rédempteur, en possession de la toute puissance au ciel et sur la terre. (Ac 1:8) Si Dieu a donné à l’homme le sceptre de l’intelligence pour régner sur la terre, Il lui donne aussi le sceptre de la prière pour régner sur les puissances morales de l’univers.

Il n’y a rien de plus grand et de plus sacré que la prière. Pour contempler Dieu dans la gloire de ses perfections, s’entretenir avec Lui, lui exposer tous nos besoins, nous remettre entre ses mains, il faut le recueillement de tout notre être. On ne peut agir puissamment sur Dieu, saisir ses grâces, s’emparer de la plénitude de sa bénédiction sans l’effort de toutes nos énergies pour n’être plus rien et nous abandonner entre ses mains.

« Je ne puis rien faire de moi-même » a dit le Fils unique, et il se prosternait devant le Père pour tout recevoir. L’influence de la prière vraie, sérieuse, sur notre vie est immense, car prier c’est cesser de nous nourrir de nous-mêmes, pour puiser notre vie en Dieu, la source unique de tout bien.

La prière purifie l’âme, elle l’élève et lui communique des forces divines. Elle est la grande source de découvertes spirituelles, elle nous ouvre les yeux sur nous-mêmes et sur Dieu. Elle rend vivantes dans nos âmes les vérités qui y étaient mortes. À genoux, Dieu devient la grande, la seule réalité, la Bible un livre vivant et vivifiant. J’entends Dieu dans les pages sacrées.

La prière m’arrache à toutes les ténèbres, à tous les esclavages, à toutes les erreurs, elle m’enrichit de convictions inébranlables, d’espérances surhumaines, d’expériences sublimes, elle m’arrache à la terre et me porte au ciel, elle me livre tout entier à Dieu, elle le fait descendre en moi, vivre en moi et elle lui donne la possibilité de travailler par moi en mettant ma volonté en pleine conformité avec la sienne. La prière fortifie la foi.

En face des dangers, des devoirs surhumains, des situations exceptionnelles, je me réfugie en Dieu. Lorsque Guillaume le Taciturne soulevait les Pays-Bas contre l’Espagne et qu’on cherchait à le décourager, il répondit: « J’ai fait alliance avec le plus puissant des Potentats ».

L’influence sanctifiante de la prière est une première grâce infiniment précieuse, mais elle est suivie d’une grâce encore plus excellente: c’est l’exaucement. Nous demandons dans le but de recevoir ce que nous demandons. Or la volonté de Dieu est de donner, de donner tout ce que Jésus-Christ nous a acquis par son sacrifice expiatoire.

Mais cette volonté de Dieu peut être arrêtée, empêchée par notre attitude morale. Dieu me voit égoïste, orgueilleux, confiant en moi-même. Il voudrait m’accorder certaines bénédictions, mais elles nourriraient mon orgueil, mon égoïsme. Il ne peut. Sa volonté absolue cède à sa volonté temporaire : « l’Eternel attend pour faire grâce », il attend que je sois prêt. (Esaïe 30)

Il y a plus encore. Derrière le mystère des exaucements, il y a un mystère insondable: le Dieu infini a donné l’existence à des êtres distincts de lui, différents de lui, de peu inférieurs à lui-même. (Ps 8:6) En nous créant à, son image, à sa ressemblance, il a limité provisoirement au moins sa liberté et sa puissance pour nous en donner une partie. C’est le sceau de notre grandeur. Il y a eh nous une puissance qui peut s’opposer à Dieu et borner sa puissance, il y a en nous une volonté qui peut s’opposer à la volonté de Dieu. Nous sommes les frères du Seigneur Jésus, les enfants du même Père. Quand il est venu sur la terre, il n’est pas venu chez des étrangers, mais chez les siens. (Jean 1)

Aussi l’auteur de l’épître aux Hébreux (Heb 2:11) nous dit-il que « celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous sortis d’un seul. C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères ». En nous créant si grands et en se limitant en notre faveur, Dieu s’est montré infini en amour.

 

Sans doute notre action a ses limites, mais par la prière elle est pourtant extraordinairement puissante. Nous sommes les collaborateurs de Dieu pour le salut du monde. Quel honneur ! « On me donnerait un trône pour que je ne prie pas, a dit un chrétien, que je refuserais le trône; on me conduirait à l’échafaud si je prie encore que je préférerais l’échafaud ».

 

Ici de nombreuses questions se posent:

Comment Dieu a-t-il pu accorder un tel pouvoir aux hommes ? Comment la prière peut-elle s’harmoniser avec la volonté et les décrets arrêtés de Dieu ? Comment concilier la souveraineté de Dieu et la prière ? La liberté de Dieu et la nôtre ? Comment concilier les perfections de Dieu, son indépendance absolue, avec la prière ? A. Murray répond clairement à ces questions.

 

N’oublions pas, d’ailleurs, que la prière ne change pas et n’a pas pour but de changer la volonté de Dieu, mais de purifier notre volonté et de l’amener à vouloir uniquement ce que Dieu veut. Dieu ne change pas, il est toujours le même. C’est nous qui changeons. L’Eternel fait annoncer à Ninive qu’elle sera détruite dans quarante jours. La ville se repent et Dieu lui fait grâce parce que Ninive a changé. La prière a pour but de mettre notre volonté en harmonie avec la volonté de Dieu, nos pensées avec ses pensées, nos vues avec ses vues, notre cœur avec son cœur.

 

« Esclaves par nature de nos passions, nous en sommes affranchis par la prière » a dit J.-J. Rousseau. La prière vraie fait tomber tous les murs qui nous séparent de Dieu. Dans chaque soupir que nous faisons monter vers le ciel, il y a une force pour rejeter tout ce qui n’est pas de Dieu. Dieu est lumière et la lumière chasse les ténèbres.

La créature humaine qui veut Dieu tout entier et à tout prix, est transportée des ténèbres dans la lumière, du royaume du monde et de Satan dans le royaume de Dieu. La prière nous transporte dans l’atmosphère spirituelle dont les semences divines, déposées en nous, ont besoin pour germer. Les semences matérielles ne germent pas dans tous les terrains, à toutes les températures ni à toutes les altitudes.

Des millions de graines périssent chaque année parce que les conditions nécessaires de température ne leur ont pas été fournies. On ne sème pas en hiver. Si ce point est délicat pour une plante, il est encore plus délicat pour la semence spirituelle. Celle-ci peut aussi se flétrir et périr complètement.

Pour que les semences de vérité déposées en nous ne se flétrissent pas, il faut leur créer par la prière une atmosphère convenable, car la prière ouvre notre âme à l’action de Dieu, à l’esprit de la vérité, elle nous communique une répulsion instinctive pour tout ce qui est erreur.

Au sein d’un monde agité et troublé, sans sécurité et sans espérance, la prière de la foi, appuyée sur la Parole de Dieu, nous fait vivre dans le calme et le repos, elle nous met en communion avec le Maître du monde, elle nous fait prendre part au plan de Dieu et à ses moyens d’action. En face des problèmes les plus obscurs, les plus troublants, les plus angoissants, elle nous garde dans le repos, car nous avons la conviction que tout va bien, puisque Dieu veille.

La prophétie antique se réalisera, la tête du serpent sera écrasée ! Nous travaillons tous les jours à la formation et à la déformation de notre caractère, nous y avons déjà fait allusion. Si nous voulons reproduire le caractère de Jésus-Christ, prions beaucoup en veillant sans cesse sur nos pensées, nos paroles et notre humeur.

« Je ne veux mépriser aucun genre de travail, a dit Adolphe Monod mourant, mais si je devais revivre, j’emploierais moins de temps au travail et plus de temps à la prière ». Soyons convaincu que ce que nous faisons pour Dieu n’a de valeur que dans, la mesure où notre vie de prière a, elle aussi, de la valeur.

 

Jean Baptiste, dit Jésus, était une lampe qui brûlait et qui éclairait Jean. (Jn 5:35) D’abord brûler, puis éclairer. Pour éclairer il faut avoir du feu en nous. Le feu est en Dieu, il est Dieu. « L’Eternel est un soleil ». Nous en prenons possession par la prière. Disons enfin que la prière engendre la pensée, l’éclaire et la rend vivante. Un chrétien ne sait que ce qu’il a appris à genoux.

C’est là seulement que nous recevons des révélations divines et que les forces divines prennent possession de nous. Il y a des voiles qui nous cachent la bonté de Jésus-Christ, il y a en lui des richesses que nous ignorons et qui nous appartiennent. C’est en priant que nous en prenons possession et que le Saint-Esprit prend possession de nous. Alors nous allons de découverte en découverte, de visions sublimes en visions plus sublimes encore. Alors nos bras, nos pieds, notre intelligence, nos lèvres, notre cœur, notre volonté servent d’instruments à Dieu pour se révéler et travailler ici-bas.

Parce que Georges Muller a prié, sans parler de ses besoins aux hommes, Dieu lui a envoyé par des milliers de canaux, trente-sept millions de francs ; il a pu recueillir des milliers d’orphelins et être l’instrument béni de nombreux milliers de conversions. Parce que Hudson Taylor a prié avec foi, des centaines de milliers de Chinois sont déjà entrés glorieusement dans l’Eternité et des millions sont évangélisés.

À cause des prières de foi de ces chrétiens qui s’appellent Georges Fox, Zinzendorf, Bengel, Richard Baxter, Irving, Dorothée Trudel, Joséphine Butler, des pécheurs sont venus à la repentance et à la foi, des femmes perdues ont été sauvées, des malades ont été guéris, des aveugles ont recouvré la vue, des sourds-muets ont recouvré l’ouïe, des montagnes ont été jetées dans la mer. La prière de la foi met la puissance de Dieu dans les mains de l’homme; c’est pourquoi rien ne lui est impossible.

Pour éprouver le besoin d’avoir une vie de foi et de prière, songeons que nous vivons à une époque tragique. Le bolchévisme avec sa haine de toute morale et de toute religion, et sa passion de supprimer Dieu pour diviniser le prolétariat, nos sociétés de libres-penseurs athées, le chômage qui s’accentue dans tous les pays du monde, les peuples armés jusqu’aux dents les uns contre les autres, au sein de chaque peuple les partis qui se font une guerre acharnée, tout nous parle d’une humanité que Dieu semble avoir abandonnée à l’aveuglement et à la folie, après dix-neuf siècles de christianisme.

À ces maux universels et profonds, un seul peuple, le plus grand des peuples, le peuple chrétien, peut apporter un remède efficace par la prière de la foi accompagnée de l’action de la foi, car la prière de la foi est l’unique source de la lumière, de la vie spirituelle, de la puissance qui transporte les montagnes. Celui qui nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces a vécu cette vie de prière victorieuse pour nous rendre capables de la vivre.

La vie du Seigneur Jésus, en effet, a été une vie de foi absolue et de prière continuelle. C’est là le secret de sa puissance. Suivez-le pendant son ministère dans sa vie de prière et vous serez frappé de sa vie de dépendance de Dieu, si profondément humaine. « Pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit et le Saint-Esprit descendit sur lui » (Lu 3:21). « Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva et sortit pour aller dans un lieu désert où il pria » (Mr 1:35). « Jésus se retirait dans les déserts et priait » nous dit (Lu 5:15) Il avait l’habitude d’agir ainsi. Avant de choisir ses 12 apôtres, il se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier (Lu 6:12).

Après le miracle de la multiplication des pains, « il monta sur la montagne à l’écart afin de prier; et comme le soir était venu, il était là seul » (Mt 14:23). Le résultat de ces heures-peut-être de cette nuit de prière-se manifestait par une puissance illimitée. « Les gens le prièrent de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchèrent furent guéris ».

La prière de la foi est la plus grande puissance que Dieu ait confiée à l’homme. Elle est une lutte contre notre moi, un dépouillement de toute confiance en nous, de toute vie propre, une immolation de notre volonté propre. Prier avec sérieux, avec vérité, c’est se quitter pour prendre possession de Dieu. Je ne me veux plus, je veux Dieu.

Rendons-nous bien compte que la toute puissance de Jésus reposait sur son impuissance volontaire à ne rien faire de lui-même, en un mot sur sa dépendance absolue de Dieu. « Son pouvoir miraculeux, qui est une réponse à ses prières, est dans chaque circonstance un emprunt fait par l’indigence et par la fidélité humaines à la richesse divine ».

La puissance de Jésus a été absolument humaine ; elle était le résultat de ses prières pleines de foi et de sa parfaite obéissance. Que dans notre humanité, Dieu rencontre des créatures dont la volonté soit tout entière prosternée devant Sa volonté, des êtres qui ne vivent et ne prient que par le Saint-Esprit, et Dieu se réjouira de les associer aussi complètement que possible à sa puissance. Et ainsi sera réalisée la pensée éternelle de Dieu.

La puissance dont Jésus prenait possession par la prière et qui se manifestait par de nombreux miracles se transformait peu à peu en la toute puissance réellement possédée. Aussi a-t-il pu dire à ses disciples avant de monter au ciel : « tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez. Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du temps ».

C’est une parole de triomphe. Jésus se proclame le roi de l’univers. Tout genou fléchira devant lui. C’est la récompense de sa vie sainte et de sa mort expiatoire. Dans sa personne l’abîme qui séparait le fini de l’infini est comblé par un membre de notre race. En Jésus nous voyons l’homme vrai tel que Dieu l’a toujours voulu.

Pour nous l’affirmation royale du Seigneur Jésus est une parole lumineuse qui nous ouvre des horizons infinis, car cette toute puissance que Jésus possède, il l’a acquise pour nous, croyants; il ne peut l’exercer que par nous, comme le cep ne peut porter de fruits que par les sarments. Et c’est parce qu’il ne peut porter de fruits ici-bas que par nous, qu’il ne peut exercer son pouvoir que par nous, qu’il nous initie au secret de sa toute puissance en nous disant : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même », c’est-à-dire avant de parler j’écoute dans le recueillement et la prière, ensuite je répète ce que le Père m’a dit.

Et ce qui est vrai de mes paroles est vrai de mes œuvres, elles sont les œuvres-clé Dieu : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même. Le Père qui demeure en moi, c’est Lui qui fait les œuvres ». Et celui qui voudra vivre la même vie de foi, d’obéissance, d’immolation de toute vie propre, verra ma toute puissance s’exercer par lui.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez, quelque chose en mon nom, je le ferai ».

Mais cette promesse si extraordinaire, qui met entre nos mains, si nous sommes des hommes de foi absolue, la toute puissance du Sauveur au ciel et sur la terre, ne l’a-t-on jamais réellement vue se manifester par le moyen de créatures humaines? Certainement. « L’Ecriture ne peut être anéantie » (Jn 10:35), a dit le Sauveur du monde.

Les promesses faites par Jésus et conservées pour nous dans les Evangiles, nous les voyons expérimentées par les apôtres dans les Actes. « Vous ferez des œuvres plus grandes » a dit le Sauveur. Et le jour de la Pentecôte un seul discours de Pierre produit plus de résultats que tous les discours de Jésus pendant son ministère terrestre. Avec la même puissance, Paul fonde des loyers de lumière au sein des plus épaisses ténèbres du paganisme.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais ». Et Pierre adresse une parole royale à un impotent de naissance : « Je n’ai ni argent, ni or; mais ce que j’ai, je te le donne: au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et à l’instant l’impotent se leva, marcha, sauta et loua Dieu ». Un peu plus tard, le même apôtre dira à un homme nommé Enée, couché sur un lit depuis huit ans, et paralytique : « Enée, Jésus-Christ te guérit; lève-toi et arrange ton lit. Et aussitôt Enée se leva ». À la même époque, Pierre ressuscite Dorcas.

« Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s’augmentait de plus en plus; en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrit quelqu’un d’eux. La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris » (Ac 5:12-16).

Paul affirme que «les preuves de son apostolat ont éclaté au milieu des Corinthiens par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles » (2Co 12 12). Il écrit à l’Eglise de Rome : « Je n’oserais mentionner aucune chose que Christ n’ait pas faite par moi pour amener les païens à l’obéissance par la parole et par les actes, par la puissance des miracles et des prodiges, par la puissance de l’Esprit de Dieu » (Ro 15:18).

Le livre des Actes nous affirme que « Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu’on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps et les maladies les quittaient » (Ac 19:11). Dans ce temps-là on priait et Dieu agissait; on priait avec foi et on transportait des montagnes d’impossibilités. Dieu était rendu visible.

 

Le temps des miracles n’a pas pris fin avec le siècle apostolique. Depuis 19 siècles l’histoire de l’Eglise nous montre que ceux qui ont cru d’une foi vivante et agissante ont fait les mêmes œuvres que le Seigneur Jésus et de plus grandes encore. L’histoire de la véritable Eglise de Dieu, est d’une monotonie sublime. L’époux divin a vécu sur la terre une vie parfaite, ne se nourrissant que de la volonté de son Père. « Il a été la vérité et la vie, l’amour et la sainteté, l’humilité et la compassion ». Son épouse a marché sur ses traces malgré les plus dures épreuves, elle a enduré courageusement son sanglant calvaire.

 

Je ne puis retracer, même à vol d’oiseau, cette histoire surnaturelle. La vie de prière, de foi et de puissance s’est répétée des milliers de fois dans les grands évangélistes de l’âge apostolique et dans les siècles suivants jusqu’à nos jours. Jésus-Christ s’est incarné dans les Patrick et les Valdo, dans les Jean Huss et les Luther, dans les Farel et les Calvin, dans les Zinzendorf et les Wesley, dans nos grands missionnaires du XVIIIe et du XIXe siècles, dans ces femmes sublimes qui s’appellent Elisabeth Fry, Joséphine Butler, Catherine Booth, et le monde a vécu de leur vie depuis 19 siècles.

Ah ! Si tous les chrétiens de nom avaient vécu de cette vie-là, que de détresses matérielles et morales qui n’existeraient pas ! Le monde, qui vivrait du Christ incarné dans tous les professants, meurt de son absence. Les hommes et les femmes pleins de foi ont seuls été sur la terre des puissances de régénération et de vie.

Mais ils ne se sont pas contentés de prier et de croire. Derrière la prière de la foi une autre force s’est manifestée: l’action de la foi chez tous les vrais hommes de Dieu, l’action de la foi, c’est-à-dire le sacrifice personnel poussé jusqu’à l’héroïsme, a accompagné la prière de la foi. Tout le secret de la puissance est là.

Cette action de la foi, réalisée d’une façon parfaite dans l’abaissement du Fils de Dieu et ses souffrances rédemptrices, est le ressort intime de tous les efforts faits sur la terre pour glorifier Dieu et sauver les âmes. Prier et agir, prier et travailler à l’exaucement de nos prières, prier et s’immoler pour ne vivre que la vie du Saint-Esprit, c’est le secret de la toute puissance.

À quiconque se plaint de manquer de puissance et de ne pas voir ses prières exaucées, Dieu répond en l’invitant à payer le prix : « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes pour qu’il y ait de la nourriture dans ma maison. Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel, et vous verrez si je ne répands pas sur vous la bénédiction en telle abondance que vous n’y pourrez suffire ».

 

S.Delattre

 

 

Sources / Infos

   list arrow   Livre: « Avec Christ à l'école de la prière » Edition S. DELATTRE Privas. Ardèche 1933

 murreyLe volume excellent que nous publions a déjà eu en français une première édition il y a 42 ans. Elle est épuisée depuis longtemps Nous croyons très utile d’en donner une seconde édition. Sans doute nous avons depuis vingt ans en français l’excellent ouvrage de S. D. Gordon: « Les simples entretiens sur la prière », dont je ne saurais; dire trop de bien et par le moyen duquel j’ai reçu d’inexprimables bénédictions, mais Andrew Murray et S. D. Gordon se complètent. Murray met en lumière certaines vérités que Gordon ne mentionne pas. De là notre vif désir de publier le présent volume tout en bénissant Dieu des cinq mille exemplaires du livre de Gordon qui circulent dans nos pays de langue française.

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la mêmeMurray03 façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l’Église sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes.

Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés...

 

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Portrait d'Andrew Murray par David Smithers

 

quote    Il faillit arrêter un véritable réveil !

Par David Smithers

Peu après ma conversion à Christ, on me donna deux brochures écrites par Andrew Murray, « La Vie de Prière » (The Prayer Life) et « S'attendre à Dieu » (Waiting on God). A chaque nouveau chapitre, il me semblait vivre une fraîche révélation pénétrante et de nouvelles expériences dans la prière. Pour le jeune croyant que j'étais, ces écrits m'aidèrent grandement à déterminer et établir ma vie de prière personnelle. Les principes contenus dans ces livres aux pages écornées continuent toujours d'exercer une influence significative sur ma vie de prière et mon ministère. Presque vingt ans après, je commence seulement maintenant à sentir que je comprends véritablement la profondeur des écrits d'Andrew Murray ! La plupart des ouvrages sur la prière vous mènent dans un processus de prière, mais les écrits d'Andrew Murray vous conduisent à la personne de prière : JESUS-CHRIST.

 

Naissance et environnement familial

Andrew Murray naquit le 9 mai 1828 dans un presbytère réformé hollandais à Graaff Reinet, en Afrique du Sud. Ce fut là-bas que son père, le révérend Andrew Murray, senior, exerçait un ministère en faveur des colons hollandais. La maison des Murray était un endroit vibrant et actif, rempli des bruits animés de joie, de prière et d'adoration. Chaque vendredi soir, le père d'Andrew Murray réunissait sa famille et lui lisait des récits émouvants des réveils passés. Il se consacrait alors à son étude et déversait son cœur en prière en vue d'obtenir un réveil en Afrique du Sud. Il procédait ainsi toutes les semaines selon son habitude depuis 1822. Le jeune Murray fut au bénéfice de plusieurs autres exemples merveilleux de zèle et de dévotion chrétiens. Des hommes comme David Livingstone et Robert Moffat séjournaient souvent à la maison quand ils se rendaient sur la côte.

 

William C. Burns

En 1838, à l'âge de dix ans, Andrew quitta sa maison avec son frère John pour faire des études en Ecosse. Ils demeurèrent chez leur oncle, le pasteur John Murray. Durant le printemps 1840, l'oncle présenta les garçons au ministère de réveil William C. Burns. Ce revivaliste renommé laissa une impression profonde et durable dans le cœur du jeune Andrew Murray. Le jeune garçon de 13 ans fut ému lorsque Mr Burns l'invita à prendre sa Bible et son manteau pour se rendre ensemble aux réunions de réveil à Aberdeen. Des années plus tard, Murray pouvait encore se rappeler la puissance de l'influence divine de Burns sur sa vie. Sa sincérité, sa prière fervente, sa prédication pénétrante, tout cela contribua à définir le ministère personnel et l'appel d' Andrew Murray. Souvent, l'influence d'un ministère rempli de l'Esprit appartenant à une génération donnée arrose les semences de la moisson d'une autre génération.

 

Le pasteur Blumhardt

Après avoir obtenu leur diplôme au collège Marischal en 1844, les deux frères se rendirent à Utrecht, en Hollande, en vue d'approfondir leurs études en théologie et en hollandais. A cette époque, la vie religieuse aux Pays-Bas était en déclin et le rationalisme avait miné beaucoup de pupitres et d'instituts de théologie. Un peu comme les frères Wesley avec le Club Saint (Holy Club) à Oxford, John et Andrew se joignirent à un groupe zélé de l'université, nommé « Sechor Dabar » (Souvenez-vous de la Parole).

Là ils trouvèrent des frères qui avaient les mêmes dispositions, une communion chaleureuse et un vrai zèle missionnaire. Lors d'une période de congés scolaires, les deux frères visitèrent l'Allemagne, où ils eurent l'occasion de rencontrer le pasteur Blumhardt. Cet homme remarquable avait été utilisé pour amener le réveil dans la région du Rhein en Allemagne. Le réveil avait été marqué par d'extraordinaires manifestations de délivrance et de guérison des malades par la prière. « Andrew vit de ses propres yeux et dans sa propre époque la progression de l'œuvre de la puissance de Dieu. »

 

Le garçon prédicateur

Les deux frères furent ordonnés à La Haye, au 20e anniversaire d'Andrew, et ils quittèrent peu après le pays pour commencer leur travail en Afrique du Sud. Andrew paraissait à peine plus âgé qu'un enfant quand il retourna la première fois en Afrique. A l'âge de 20 ans, il avait l'air beaucoup plus jeune que son âge. Une fois, il fut rapporté qu'un vieux fermier hollandais avait dit : « Pourquoi nous ont-ils prêté une fille pour nous faire des prêches ? »

Cependant, en dépit de l'apparence de fragilité chez Murray, son endurance et son zèle n'avaient pas de fin. Souvent il partait à cheval pendant des semaines entières pour tenir des réunions avec les Boers (fermiers sud-africains parlant hollandais). Ces fermiers spirituellement affamés venaient de centaines de kilomètres à la ronde, littéralement, pour écouter ce « garçon prédicateur. » Une église temporaire faite de roseaux était érigée, et alors assiégée par des centaines de gros wagons transportant des fermiers hollandais. Ce fut lors de telles aventures dans le ministère que le jeune Murray commença à exprimer le feu et la ferveur si souvent associés à ses écrits classiques sur la prière et la Vie Intérieure.

 

Préparation au réveil

En 1860, Andrew Murray accepta un appel à prendre la charge de pasteur dans une église de Worcester. Son engagement dans l'église coïncida avec un réveil et une conférence missionnaire rassemblant jusqu'à 374 ministères sud-africains. La conférence avait été organisée dans l'objectif spécifique d'encourager à un réveil spirituel et de recruter de nouveaux ouvriers et missionnaires pour les églises réformées hollandaises d'Afrique du Sud. Au début de la conférence, un prospectus fut remis aux participants, qui retraçait les nouvelles du récent réveil en Amérique et en Grande-Bretagne.

Les ministères présents furent fortement encouragés à s'attendre à une action similaire de Dieu en Afrique du Sud et à prier pour cela. Un certain Dr. Robertson parla de leur grand besoin d'avoir un réveil, suivi par le Dr. Adamson qui donna alors un compte-rendu détaillé du récent réveil survenu en Amérique. Andrew Murray Senior tenta de s'adresser aux gens rassemblés, mais en fut incapable, vaincu par le brisement et les larmes. Dans l'ensemble, la conférence fut un grand succès ; elle stimula une nouvelle espérance et la prière parmi les ministères participants. Peu de temps après, de jeunes gens se réunirent à l'église un dimanche soir. Ce fut lors de cette rencontre que l'Esprit du réveil éclata d'une façon inattendue.

La réunion se poursuivait normalement suivant le programme lorsqu'une modeste fille noire de 15 ans se leva pour prier. L'associé de Mr Murray, J. C. deVries, surveillait la réunion de prière et nous donne ci-après un témoignage oculaire de ces événements extraordinaires : « Un certain dimanche soir, il s'était rassemblé dans une petite salle, quelques soixante jeunes gens. J'étais le responsable de la réunion qui commença avec un hymne et un enseignement tiré de la Parole de Dieu, à la suite de quoi je priai.

Trois ou quatre autres annoncèrent une strophe d'un hymne et prièrent, comme d'habitude. C'est alors qu'une fille de couleur d'à peu près 15 ans, au service d'un fermier habitant à proximité, se leva au fond de la salle pour demander si elle aussi pouvait proposer un hymne. Au début j'hésitai, ne sachant pas ce que les gens penseraient, mais de meilleures pensées prirent le dessus, et je répondis :

 

« Oui ». Elle annonça son hymne et pria sur un ton émouvant. Alors qu'elle priait, nous entendîmes, pour ainsi dire, un bruit éloigné, qui se rapprocha de plus en plus, jusqu'à ce que la salle semblât être ébranlée. A l'exception d'une ou deux personnes, toute l'assemblée commença à prier, la plupart à voix audible, mais certains en murmures. Cependant, le bruit que fit le rassemblement devint un bruit assourdissant. Une sensation que je ne peux pas décrire prit possession de moi. »

 

Offensé par le réveil

Pendant que se poursuivait la réunion, Andrew Murray prêchait dans une autre partie de l'église. Il n'était pas présent au début de ces événements. A la fin de la réunion conduite par Andrew Murray, un ancien franchit la porte de la salle où se tenait la réunion de prière, entendit le bruit, y jeta un coup d'œil, et retourna chercher en courant Mr Murray. J. C. deVries retrace avec éclat la réaction de surprise de Mr Murray vis-à-vis des jeunes gens réunis.

« Mr Murray s'avança vers la table près de laquelle je m'étais agenouillé pour prier, me toucha, et me fit comprendre qu'il voulait que je me lève. Il me demanda alors ce qui s'était passé. Je lui racontai tout. C'est alors qu'il s'éloigna d'une petite distance vers le fond de la salle et s'écria aussi fort qu'il le put :  « Peuple, silence ! « Mais les prières continuaient. Au même moment, je m'agenouillai de nouveau. Il m'apparut que si le Seigneur venait nous bénir, il n'était pas convenable que je me tienne debout mais que je devais être à genoux. Mr. Murray s'écria alors une nouvelle fois d'une voix forte. « Peuple, je suis votre ministère, envoyé de Dieu ! Silence ! « Mais il n'y avait aucun moyen d'arrêter le bruit. Personne ne l'entendit, mais tous continuèrent à prier et à supplier Dieu d'avoir miséricorde et de pardonner. Mr. Murray retourna ainsi vers moi et me dit de commencer l'hymne qui commençait par la strophe « Viens en aide à l'âme impuissante qui pleure. » Je le fis. Mais les émotions ne se calmèrent point et la réunion continua derechef dans la prière. Mr. Murray se prépara alors à sortir, en disant :  « Dieu est un Dieu d'ordre, et ici c'est la confusion totale ! « Sur ce, il quitta la salle. »

 

La prière et la puissance du réveil

Les réunions de prière s'organisèrent spontanément chaque soir après cela. L'ordre de ces réunions était habituellement identique chaque fois, bien que personne ne le fixât. Au début, il y avait généralement un grand silence ; aucun effort n'était fait pour provoquer les émotions, mais après la deuxième ou troisième prière, l'assemblée commençait soudainement à crier de concert dans la prière.

Ce n'était pas le moins du monde l'habitude des églises réformées hollandaises à cette époque, et personne ne leur avait jamais enseigné à procéder ainsi. Quelquefois, la réunion continuait jusqu'à trois heures du matin. Et même arrivés à cette heure, certains désiraient rester plus longtemps. Les gens retournaient chez eux au milieu de la nuit, en chantant joyeusement dans les rues. La réunion de prière prit de l'ampleur rapidement et dut être transférée dans un bâtiment scolaire situé dans les environs.

Ce bâtiment finit par s'avérer également trop petit pour contenir toute la foule de chercheurs affamés de Dieu. « Dans des endroits où les gens ne savaient pas ce que c'était que les réunions de prière juste un an plus tôt, ils se plaignaient maintenant de ce que les réunions finissaient une heure en avance ! « Non seulement des réunions de prière hebdomadaires mais également des réunions de prière journalières étaient réclamées par les gens - même au rythme de trois fois par jour - et même parmi les enfants. « Le réveil ébranla toute la campagne. Jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, tous furent affectés de la même façon par le réveil.

« C'était très étonnant de voir que le réveil n'était pas confiné aux villes et villages, mais qu'il était tombé dans des endroits totalement isolés sans contact avec l'extérieur, jusque dans des fermes éloignées, là même où hommes et femmes furent saisis par des émotions qui leur avaient été totalement étrangères quelques semaines voire quelques jours plus tôt. « Les gens furent fréquemment empoignés par une intense conviction. Des hommes forts crièrent d'angoisse tandis que d'autres tombèrent à terre inconscients et durent être transportés hors des réunions. »

 

Tirer enseignement du réveil

J.C. deVries nous expose plus en détail la difficulté qu'eut Mr Murray à accepter ces manifestations comme venant de Dieu. J. C. deVries écrit : « Le premier samedi soir, dans la maison où était aménagée une plus grande salle, Mr. Murray conduisait la réunion. Il lut un passage de l'Ecriture, fit quelques remarques à son sujet, ouvrit le moment de prière, et donna ensuite l'opportunité à d'autres de prier. Pendant la prière qui suivit la sienne, nous entendîmes de nouveau le même bruit venant de loin.

Il s'approchait de plus en plus quand, soudainement, toute l'assemblée fut en prière. Ce soir-là, un étranger s'était tenu debout à la porte du début jusqu'à la fin de la réunion, observant son déroulement. Mr. Murray descendit de la plate-forme et de nouveau, alla d'une personne à une autre dans l'assemblée, tentant de les calmer. L'étranger s'avança alors sur la pointe des pieds depuis la porte, toucha Mr Murray doucement, et dit en anglais : « Je crois que vous êtes le ministre de cette assemblée. Faîtes attention à ce que vous faîtes, car c'est l'Esprit de Dieu qui est à l'œuvre ici. J'arrive tout juste d'Amérique, et c'est exactement ce dont j'ai été témoin là-bas. »

Andrew Murray avait été offensé par l'explosion intense de prière émotionnelle, et cherché sans succès à contrôler et calmer les réunions. Toutefois, après cet incident, il arrêta apparemment d'essayer de malmener le Saint-Esprit. Il apprit à accepter ces soudaines explosions de prière et ces fortes émotions comme une œuvre de Dieu. Son père, Andrew Murray Senior confirma aussi que ces accès d'émotions étaient véritables, et déclara : « Je bénis Dieu d'être en vie pour pouvoir voir de mes propres yeux un tel travail de l'Esprit. « La forte réaction de Mr Murray semble provenir du fait que ces manifestations de réveil particulières dépassaient sa propre expérience personnelle et sa compréhension de la bienséance. Bien qu'il ait prié avec ferveur pour un réveil, étudié des comptes-rendus de réveil et même observé de ses propres yeux une certaine mesure de réveil, il ne réussit pas à anticiper sa propre réaction à la nature surnaturelle d'un réveil dans sa propre église. »

 

Réveil et attentes brisées

Les conceptions de Mr Murray sur le bon ordre dans l'église et celles du Saint-Esprit étaient de toute évidence très différentes. Les attentes brisées, si elles restent non réprimées, peuvent conduire à la confusion, la frustration, et même à la critique sévère. Quand la foule à Jérusalem s'est précipitée pour observer le miracle de la Pentecôte, Actes 2 :6 note que beaucoup parmi les spectateurs étaient « CONFUS ». Ces sentiments de confusion offusquèrent de toute évidence beaucoup, ce qui les emmena plus tard à ridiculiser ouvertement l'œuvre du Saint-Esprit (Actes 2:6-13).

Les nouvelles expériences de réveil de Mr Murray lui enseignèrent en définitive à ne pas juger tout ce qui peut s'apparenter à une situation de confusion en l'attribuant à un manque de bienséance. Il arrive souvent que nous expérimentions de forts sentiments de confusion ou même de frustration quand nous sommes soudainement placés dans un contexte inattendu ou qui ne nous est pas habituel. Chacun de nous a certainement eu l'occasion de lutter contre ces sentiments de confusion ou d'anxiété tout en essayant de trouver ses repères dans une ville ou un pays inconnu.

La source de notre confusion n'était pas un manque de bienséance, mais notre propre manque de familiarité avec les nouveaux environnements et les nouvelles circonstances. Actes 2:6 ne suggère pas que Dieu est l'auteur du désordre et de la confusion ! Au contraire, ce verset sert à nous rappeler que notre sens naturel du protocole et de l'ordre est souvent très différent de l'ordre divin du Ciel qui descend sur terre.

Quand nous nous trouvons soudainement dans un état de surprise ou de confusion devant des événements peu familiers, nous devons nous garder de les rejeter sans réflexion simplement parce qu'elles sont nouvelles à notre expérience personnelle. Seul un cœur ORGUEILLEUX se précipite pour condamner ce qu'il ne comprend pas ! Nous devons examiner attentivement toutes choses selon les Ecritures, plutôt qu'au travers de nos préférences personnelles ou nos traditions. Alors et alors seulement serons-nous capables de retenir ce qui est bon dans les jours qui viennent (1 Thessaloniciens 5:21).

 

Le réveil et la Convention Keswick

Les leçons apprises lors de ce réveil contribuèrent à préparer Andrew Murray à son futur rôle dans l'influent mouvement Keswick. Mr. Murray assista à la Convention Keswick pour la première fois en 1882. En 1885, on lui demanda d'intervenir comme orateur à la fois à la Convention Keswick et à la convention de Northfield. Murray fut chaleureusement reçu à ces conférences et fut plus tard chargé de ramener le mouvement Keswick en Afrique du Sud. La Convention Keswick fut elle-même le fruit indirect de cette merveilleuse période de réveil. Le réveil toucha au moins quatre continents, apportant avec lui une foi et une vision renouvelées pour la sainteté personnelle et la vie de l'Esprit. Ce fut ce message libérateur qui bientôt allait devenir synonyme du ministère personnel d'Andrew Murray.

La naissance de la Convention Keswick unit le Mouvement de Sainteté Européen émergent et, de ce fait, contribua à canaliser le feu et l'énergie de ce qui allait être connu sous le nom du « Troisième Grand Réveil ». Cependant, la Convention Keswick fit plus qu'unir simplement et préserver le fruit qui restait de ce grand réveil. Avec un clair appel à la sainteté personnelle par la foi en Christ, le mouvement Keswick contribua à préparer une nouvelle génération au mouvement suivant de Dieu. Ceux qui assistaient aux conventions étaient toujours encouragés à adopter un mode de vie construit sur la sainteté, l'unité et la prière. A la Convention de Keswick de 1902, 500 chrétiens s'accordèrent pour former des cercles de prière dans les maisons en vue d'obtenir une effusion mondiale du Saint-Esprit.

Le fruit de ces groupes de prière de Keswick fut atteint sans aucun doute au travers du Réveil au Pays de Galles en 1904. R. B. Jones, Jessie Penn-Lewis, et F. B. Myer considérèrent tous que la Convention de Keswick était une des sources cachées du réveil gallois. Par l'intermédiaire de l'enseignement biblique d'hommes comme Andrew Murray, J. Elder Cumming, Evan Hopkins, F. B. Myer et beaucoup d'autres, des milliers d'ouvriers et de missionnaires chrétiens furent remplis de puissance et purifiés pour entrer dans un nouveau millénaire de moisson globale. James Hudson Taylor, A. T. Pierson, Samuel Zwemer et beaucoup d'autres pionniers missionnaires considérèrent la Convention de Keswick comme l'une des meilleures « terres de chasse » pour les meilleures recrues missionnaires. Nous retrouvons ici une fois de plus cette vérité qu'une génération de ministère rempli de l'Esprit arrose souvent la moisson d'une autre génération.

 

Les derniers jours d'Andrew Murray

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la même façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l'Eglise sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes. Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés.

 

Tirer leçon de nos pères !

Andrew Murray fut incontestablement un homme doté de rares dons et d'une perception spirituelle profonde. Néanmoins, il faillit éteindre un véritable réveil. Il avait grandi dans un foyer où son père avait prié fidèlement pour un réveil pendant 30 ans. Pourtant, pendant un temps il s'opposa avec entêtement à la réponse si longtemps attendue aux prières de son père. Jeune garçon, il avait été enchanté du ministère de réveil de William C. Burns, et en Allemagne, il avait été le témoin de ses propres yeux du ministère miraculeux du pasteur Blumhardt.

Malgré cela, quand il fut lui-même confronté aux manifestations du réveil dans sa propre église, il s'y opposa. Je n'écris pas ces choses pour déshonorer la mémoire de l'un de nos pères respectés de la foi, mais plutôt dans le but de poser une question importante et fort à propos aujourd'hui. Si un homme doué comme Andrew Murray a pu se tromper en ne reconnaissant pas l'Esprit du réveil, alors qu'il était en plein milieu d'une préparation au réveil, combien à plus forte raison sommes-nous capables de reproduire la même erreur ? Cette génération de chrétiens doit être disposée à apprendre des expériences, du discernement et des erreurs de nos pères spirituels si nous voulons nous préparer au prochain mouvement de Dieu. Êtes-vous disposé à APPRENDRE ?

Source: The Watchword

 

Livres en français

 

livre1

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Quelques titres traduits en français :

- La Bénédiction de la Pentecôte dans sa plénitude et l'Esprit de Dieu
- Comme Christ : du bonheur de réaliser une vie conforme à celle du Fils de Dieu
- Demeurez en Christ : quelques pensées sur les bienfaits de la communion permanente avec le fils de Dieu
- L'humilité : la beauté de la sainteté
- Le voile déchiré ou La vie chrétienne normale d'après l'épître aux Hébreux
- Jésus guérit les malades ou Guérison selon la Parole de Dieu
- Le secret de la puissance d'en-haut
- La vie intérieure : apprendre à renouveler son âme

 

 

 

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