tozer2Articles tirés du livre: "Ce monde : aire de jeux ou champ de bataille" ? Devenir petit en essayant de grandir (chapitre 13), Imiter, conserver ou créer ? (chapitre 14), La motivation est tout (chapitre 15), Au delà du chant (chapitre 16), L'abus des Écritures (chapitre 17). Il y a quelque temps, nous avons entendu un court message d'un jeune prédicateur au cours duquel il a cité la chose suivante, "Si vous êtes trop grand pour une petite position, vous êtes trop petit pour une grande position". C'est une règle étonnante du royaume de Dieu que lorsque nous nous efforçons de grandir, nous devenons de plus en plus petits. Dieu est jaloux de Sa gloire et Il ne permettra à personne de la partager avec Lui. L'effort que nous livrons pour paraître grands amènera sur nous le mécontentement de Dieu et aura pour effet de nous éloigner de la grandeur après laquelle nous soupirons.

Devenir petit en essayant de grandir (chapitre 13)

L'humilité plaît toujours à Dieu, partout où Il la trouve, et une personne humble trouvera que Dieu est toujours son ami et son protecteur. Seuls les humbles sont parfaitement sains d'esprit, car ce sont les seuls qui voient clairement leur propre taille et leurs propres limites. Les égocentriques ne voient pas les choses clairement. Pour eux, ils sont grands et Dieu est forcément petit, et cela est une forme de maladie morale. L'humilité, c'est retrouver la santé mentale, comme c'était le cas pour Nébuchadnestar. L'homme humble évalue tout de façon correcte, et cela en fait une personne sage et philosophe.

Les jeunes chrétiens entravent souvent leur propre utilité par leur attitude envers eux-mêmes. Ils commencent par l'idée innocente qu'ils sont tout au moins un petit peu au-dessus de la moyenne en termes d'intelligence et de compétence, et par conséquent ils se sentent mal à l'aise en prenant une position humble. Ils veulent commencer en haut et progresser vers le haut! Ce qui se passe, c'est qu'ils manquent d'atteindre la position élevée qu'ils se trouvaient aptes à remplir, et petit à petit ils développent un sentiment de rancoeur envers tous ceux qui se trouvent sur leur chemin et qui les empêchent d'atteindre leur objectif, ou qui ne les apprécient pas à leur juste valeur. Et au cours des années, cela à tendance à inclure presque tout le monde. Enfin, il s'installe une profonde et permanente rancune contre le monde entier. Ils finissent par se contenter d'un état d'amère sainteté, et mettent au point un air de sainte blessure qu'ils s'imaginent devait figurer sur les visages des martyrs dans les arènes.

Mais cela est trop sérieux pour être amusant, et trop tragiquement nuisible pour prendre à la légère. Le simple fait est que personne ne peut se tenir dans le chemin d'une personne complètement humiliée. Il n'y a pas suffisamment de montagnes en enfer pour barrer la route d'un véritable homme de Dieu même si elles lui tombaient toutes dessus en même temps. Dieu choisit les faibles pour confondre les puissants. "Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle Tu as fondé ta gloire, pour confondre tes adversaires, Pour imposer silence à l'ennemi et au vindicatif". Les bébés sont ce qu'ils sont -- ils n'ont aucune fierté en eux-mêmes et ils ne chérissent aucune rancune. Chrétiens, voici quelque chose à se rappeler.


Imiter, conserver ou créer ? (chapitre 14)

Dieu est le Créateur. Il n'a pas abandonné aujourd'hui sa position comme Créateur, même si l'oeuvre spécifique de la création des premiers cieux et de la première terre est terminée depuis longtemps.

Le Saint-Esprit, en tant que membre de la Divinité est aussi créatif. Il est toujours à l'oeuvre, créant de nouvelles choses, donnant, distribuant et initiant, Il "fait toutes choses nouvelles". Partout où il est à l'oeuvre, les effets sont créatifs plutôt que conservateurs, mais bien entendu, il conserve également les choses qu'Il crée. Créer sans conserver serait un gaspillage de l'acte créateur. Mais toute la psychologie de l'Esprit est plutôt orientée vers la création de nouvelles choses, que la prudente conservation de l'existant.

On doit reconnaître aussi que le Saint-Esprit crée toujours en accord avec Son caractère, étant véritablement le Dieu Très-Saint. Toutes Ses oeuvres portent la marque de l'éternité, elles possèdent cette qualité supérieure -- cette dignité et cette sainteté qui n'appartiennent qu'à la Divinité.

"Lorsqu'il ignore ou qu'il rejette le Saint-Esprit, le monde religieux est obligé de faire un choix : avancer par lui-même ou alors stagner complètement. Certaines églises acceptent la stagnation comme étant la volonté de Dieu, et s'installent gentillement au travail de préserver le passé -- comme s'il avait besoin d'être préservé. D'autres veulent paraître modernes, et tentent d'imiter les modes actuelles du monde avec la fausse idée qu'ils font preuve par cela de créativité. Et d'une certaine façon, ils le sont, mais les fruits de leur prouesse créative sont invariablement des jouets ou des broutilles, de pauvres imitations du monde, et complètement exempts des qualités éternelles -- sainteté et dignité spirituelle. Le sceau de l'Esprit Saint est absent."

Tous les dirigeants religieux doivent se rappeler que s'ils ne permettent pas au Saint-Esprit d'oeuvrer à travers eux, leur oeuvre sera vaine. Tout édifice religieux érigé fièrement dans le zèle et le labeur de la chair périra dans les feux ardents du jugement. Aux yeux de l'humanité, de tels labeurs sont peut-être louables, mais devant Dieu ils seront bois, foin et chaume.

Il est difficile d'imaginer un désillusionnement plus douloureux que d'arriver au trône du jugement de Christ et de nous apercevoir que toute notre vie terrestre n'avait été que poursuite de la chair, et que nous n'avions jamais permis au Saint-Esprit d'oeuvrer en nous ce qui Lui était agréable.

Tous les chrétiens et toutes les églises sont occupés à l'une des trois activités suivantes : conserver le passé mort, créer des broutilles charnelles qui périront avec la chair, ou oeuvrer en coopération avec le Saint-Esprit dans la constante création des trésors éternels qui verront vieillir les étoiles.


La motivation est tout (chapitre 15)

La grande question qui demeurera n'est pas tellement "Qu'as-tu fait?", mais plutôt "Pourquoi l'as-tu fait?". Dans les actes moraux, la motivation est tout. Il est bien évidemment important de faire les bonnes choses, mais il est bien plus important de faire la bonne chose pour la bonne raison.

L'intention constitue une grande partie de l'acte, qu'il soit effectué par des personnes bonnes ou mauvaises. L'homme qui souhaite la mort de son ennemi l'a déjà tué aux yeux de Dieu. "Quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son coeur". Ce n'est pas l'acte, mais la volonté et l'intention qui constituent la culpabilité.

Tout acte effectué par motif impur ou égoïste est un acte mauvais, aussi bon qu'il puisse paraître en lui-même. Tout acte effectué par amour est un acte bon, même si par ignorance ou faiblesse le résultat ne se trouve pas bénéfique pour la personne concernée. Une mère chrétienne par exemple qui se lèverait en pleine nuit pour s'occuper d'un enfant malade seulement parce qu'elle l'aimait et qu'elle lui voulait du bien, effectue un acte bon même si, par son ignorance, il se trouvait qu'elle lui fasse du mal. Et la mère qui se lèverait dans une colère froide pour s'occuper d'un enfant qu'elle méprisait, effectue un acte mauvais, même si son expertise lui permettait de soigner convenablement l'enfant.

Nous devons considérer avec attention nos motivations. Un jour viendra bientôt où ces motivations seront là pour nous bénir ou pour nous maudire. A ce jugement, il n'y aura pas d'appel, car le Juge connaît les pensées et les intentions de notre coeur.

Au delà du chant (chapitre 16)

Il y a une idée généralement acceptée parmi les chrétiens, que le chant serait la plus grande expression possible de la joie du Seigneur dans le coeur d'un homme. Cette idée est tellement proche de la vérité, qu'il pourrait sembler impertinent de la contester. Nous ne voulons pas couper les cheveux en quatre pour le simple plaisir de rentrer en opposition avec les autres. Après tout, nous avons sans doute beaucoup de fausses notions et de faux concepts, mais ces notions, quoi qu'elles soient fausses, sont trop insignifiantes pour mériter notre attention. Ce sont comme les petits défauts corporels que nous avons tous, ils sont sans importance réelle, et ils sont trop annodins pour qu'on en parle sérieusement.

Cependant, cette idée que le chant serait l'expression suprême de toute expérience spirituelle possible, n'est pas une mince affaire; c'est une grande et grave erreur qui doit être menée à la lumière des Ecritures et du témoignage chrétien. Autant la Bible que le témoignage d'innombrables saints montrent qu'il est possible d'avoir une expérience qui dépasse le chant. Il y a des délices que le coeur peut savourer dans la terrible présence de Dieu, que le langage ne suffit pas à exprimer -- ils appartiennent au domaine ineffable de l'expérience chrétienne. Rares sont ceux qui les expérimentent, car rares sont ceux qui savent qu'ils le peuvent. Le concept même de louange ineffable est perdu dans cette génération de chrétiens Notre niveau de vie est tellement bas que personne ne s'attend à connaître les choses profondes de l'esprit avant le retour du Seigneur. Et donc nous nous contentons d'attendre, et pendant notre attente, nous aimons à égayer nos coeurs de temps en temps avec un chant.

Bien entendu, nous ne voudrions en aucun cas décourager la pratique du chant. La création elle-même a eu lieu dans un éclat de chanson, Christ est ressucité des morts, et Il a chanté un cantique avec Ses frères, et il nous est promis que ceux qui habitent la poussière se lèveront et chanteront lors de la résurrection. La Bible est un livre musical, et, à part la Bible, le meilleur livre à posséder, c'est un bon recueil de cantiques. Mais il y a malgré tout quelque chose qui va au-delà du chant.

La Bible et les biographies chrétiennes mettent l'accent sur le silence, mais de nos jours, nous n'utilisons jamais le silence. Le plus souvent, de nos jours, les services religieux évangéliques sont maintenus en vie par le bruit. C'est en faisant un bruit religieux que nous rassurons nos coeurs défaillants que tout va bien. Inversement, nous sommes méfiants à l'égard de tout silence, et nous le considérons comme étant la preuve que la réunion est "morte". Même les plus dévoués semblent penser qu'ils doivent troubler les cieux avec leurs grands cris et leurs mugissements, sans quoi leurs prières ne seraient pas exaucées.

Bien-sûr, tout silence n'est pas spirituel. Certains chrétiens se taisent parce qu'ils n'ont rien à dire; d'autres se taisent car ce qu'ils ont à dire ne peut pas être exprimé par des langues mortelles. Nous ne parlerons pas des premiers pour le moment, nous limiterons nos remarques aux derniers.

Là où l'on permet au Saint Esprit d'exercer Sa pleine puissance dans un coeur racheté, la progression sera vraisemblablement comme suit: Tout d'abord, une louange à haute voix, dans les paroles, dans la prière ou dans le témoignage. Ensuite, lorsque le crescendo dépasse les capacités d'expression du langage étudié, vient le chant. Enfin, lorsque le chant s'écroule sous le poids de la gloire, alors vient le silence, où l'âme, tenue en profonde fascination, se sent bénie d'une béatitude ineffable.

"Au risque d'être considéré comme un extrémiste ou un fanatique, nous proposons comme notre opinion mûrement réfléchie qu'on peut atteindre de plus grands progrès spirituels en un court moment de silence inexprimable dans la présense grandiose de Dieu que dans des années de simple étude. Tant que nos facultés mentales sont au pouvoir, il y a toujours le voile de la nature entre nous et la face de Dieu. Ce n'est qu'au moment où notre prétendue sagesse a été vaincue dans une rencontre essoufflante avec l'Omniscience qu'il nous est permis de vraiment savoir. Lorsque nous sommes prosternés et silencieux, l'âme reçoit la connaissance divine comme un rayon de lumière sur du film photo-sensible. L'exposition à la lumière peut être brève, mais les résultats sont permanents."

L'abus des Écritures (chapitre 17)

De tous les livres au monde, celui qui est le plus souvent cité, le plus souvent incompris et le plus souvent mal appliqué est la Bible. Cet abus des Ecritures trouve sa source dans la notion erronée que tout ce qui est écrit dans la Bible s'applique sans discrimination à tout le monde. C'est là une grande erreur -- aucune personne attentive ne devrait se laisser tromper. La Parole de Dieu ne s'adresse qu'à certaines personnes - c'est à dire, à ceux qui se tiennent dans une relation toute particulière avec Lui, à savoir sous les termes de la rédemption. Tout comme les nations des Gentils ne pouvaient se réclamer des promesses que Dieu a faites à Israël, de même les assurances et les promesses faites aux personnes qui croient et se repentent ne peuvent s'appliquer à ceux qui ne croient pas et ne sont pas pénitents.

Les paroles sacrées de Jésus, "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis", se sont vues appliquées à presque toutes les personnes qui ont donné leur vie dans le cadre de leur devoir -- le policier dans une rue, le médecin qui descend dans la mine pour soigner un blessé, ou le soldat qui meurt sur le champ de bataille. Ces mots sont utilisés pour sanctifier les actions de beaucoup d'hommes qui étaient tout sauf croyants et qui en riraient franchement s'ils étaient encore vivants et qu'ils savaient ce qui se passait. Christ parlait de Lui-même et de Son prochain sacrifice sur la croix. Le contexte de ce verset rend sont interprétation très claire, et lorsque nous les appliquons en dehors de cette interprétation, nous nous appuyons sur notre propre autorité et nous le faisons à nos risques et périls.

Adlai Stevenson, ancien gouverneur de l'état d'Illinois, lorsqu'il essayait de se décider s'il donnerait sa candidature pour la présidence, est soi-disant passé par un moment de profonde indisposition. Il aurait à cette occasion répété les paroles de Christ dans le jardin de Gethsemane, "Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!"

Il est concevable qu'un véritable serviteur de Dieu, dans un moment d'émouvante et d'intense prière, puisse avec une douce révérence, citer les paroles du Sauveur et les appliquer à sa situation. Mais leur utilisation récemment au cours d'une convention politique en a choqué certains. Au milieu des cris effrénés, des revendications extravagantes et mal fondées, des dénonciations amères et abusives de ceux dont les opinions diffèrent, des actes enfantins, débiles et insensés, de la flatterie obséquieuse, et des mensonges énormes, il est difficile de voir comment l'esprit de ces paroles solennelles et tendres de notre Seigneur pourraient trouver leur place. Toutes les conventions politiques sont semblables, quelle que soit le parti, et s'il arrivait que Christ se présente à l'une d'entre elles et qu'Il demande que l'on reconnaisse Son autorité et que l'on obéisse à Ses commandements, on Le ferait taire aussitôt à raison de cris tumultueux et on le ferait sortir de la pièce accompagné de policiers armés. Et pourtant Ses Paroles sont citées comme si elles avaient une place dans un tel lieu -- c'est sans doute là une effroyable contorsion des Ecritures.

Nous connaissions une fois un jeune homme qui, malgré la débauche dans laquelle il vivait, se vantait du nombre de versets qu'il pouvait citer. Une nuit, dans un moment de repentance angoissée, il a abandonné tous ses péchés, et il a cherché le salut par Christ. Sa condition semblait désespéré, mais il a tenu bon avec le désespoir de la foi. Enfin, la lumière a jailli, et il est entré dans la vie. Lorsqu'il le racontait par la suite, il avouait que dans son heure d'angoisse, tous les versets qu'il avait appris dans les Ecritures sont partis, sauf un seul - "Avec l'homme c'est impossible, mais avec Dieu tout est possible."

Le Saint Esprit se réserve le droit d'activer la vérité dans les âmes de ceux qui viennent vers Dieu dans un esprit d'humilité, mais une utilisation négligée ou irrespectueuse des mots de la Bible ne peut faire aucun bien, et pourrait faire subir des dégâts irrémédiables.

Aiden Wilson Tozer

 

Source

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 *** Transcrit, traduit et mis en ligne par : www.eglisedemaison.com

Compilé par Harry Verploegh
Publié en 1989 par Christian Publications / ISBN: 0-87509-420-1

 

 

 

Aiden Wilson Tozer

012Mais Aiden Wilson Tozer n'était pas un prophète de désespoir. Ses écrits sont des messages dignes011l d'intérêt. Ils exposent la faiblesse de l'Eglise et dénoncent les compromis. Ils avertissent et exhortent. Mais ce sont aussi des messages d'espérance, car Dieu est toujours présent, toujours fidèle pour restaurer et accomplir Sa Parole envers ceux qui entendent et obéissent. Tozer laissa un vaste trésor de richesses spirituelles à lire, digérer et mettre en pratique. "SES ECRITS SONT AUSSI FRAIS AUJOURD'HUI que lorsqu'il les rédigea la première fois. Dans ses écrits, il laissait aux autres le soin de discutailler des choses superficielles, évidentes et triviales, pour se consacrer à la discipline de l'étude et de la prière qui donna lieu à des articles et des livres qui atteignaient en profondeur les cœurs des hommes." (Dr. Nathan Bailey, Président de l'Alliance Chrétienne Missionnaire).

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