tozer2Articles tirés du livre: "Le coût de la négligence" ? Aucun chrétien ne devrait ressentir du mépris (chapitre 16), Nous devons avoir l'esprit d'Église (chapitre 17), Être délivré de la peur charnelle (chapitre 18), Nous ne devons pas avoir peur de regarder (chapitre 19). L'une des paroles les plus dure du Nouveau Testament, c'est : "Je vous dis que [...] celui qui dira à son frère 'Raca' mérite d'être puni par le Sanhédrin; et que celui qui lui dira: 'Insensé' mérite d'être puni par le feu de la géhenne." (Matt. 5:22).Ce que dit ici le Seigneur, ce n'est pas qu'un homme sera puni par le feu de l'enfer pour avoir appelé son frère un insensé, mais qu'un homme capable d'insulter ainsi son frère révèle un état de coeur digne de l'enfer. Ce n'est pas tant le fait, relativement insignifiant, d'appeler son frère un insensé, qui mettra en péril l'avenir d'un homme, mais plutôt le péché du mépris. Ce qui est grave dans cette situation n'est pas que l'homme est capable de dire "Insensé!", mais qu'il ressente le mépris que ce mot exprime.

Aucun chrétien ne devrait ressentir du mépris (chapitre 16)

Le mépris d'un être humain est un péché presque aussi grave que l'idolâtrie, car tandis que l'idolâtrie est un manque de respect envers Dieu, le mépris, est un manque de respect envers l'être qu'Il a créé en Son image. Le mépris dit d'un homme : "Raca ! Cet homme ne vaut rien. Je n'attache aucune importance à sa personne." L'homme qui dévalue ainsi un autre être humain est entièrement en tort, pour de multiples raisons.

Le mépris est un sentiment qui ne peut exister que là où il y a beaucoup d'orgueil. L'erreur qui consiste à sous-évaluer un autre vient toujours de ce qu'on se sur-évalue soi-même. L'homme méprisant se sur-estime pour des raisons qui ne sont pas valides. S'il a une haute considération de lui-même, ce n'est pas par sa position d'être humain, créé à l'image de Dieu; c'est à cause de vertus imaginaires qu'il croit posséder. Son attitude envers lui-même est fausse, et son estimation de son prochain l'est doublement. L'erreur n'est pas intellectuelle mais morale.

C'est dans le sol fertile de la religion que le mépris pousse le mieux et fleurit le plus abondamment. On le voit dans le dédain de la femme d'église envers sa soeur mondaine, ou le dans mépris de la femme mariée pour sa voisine adultère. Le diacre sobre aura sans doute du mal à ne pas mépriser son voisin ivrogne, et le protestant évangélique peut être amené à attaquer le libéral avec une telle véhémence, qu'il est clair qu'il se sent supérieur en tous points. Toute religion qui n'est pas purifiée par la pénitence, l'humilité et l'amour, conduira inévitablement à un sentiment de supériorité et de mépris envers les irréligieux et ceux qui sont moralement pervertis. Et comme le mépris implique que l'on réduise à rien un frère humain, l'homme méprisant provoque la colère de Dieu, et se met en danger du feu de l'enfer.

Un chrétien ne peut fermer les yeux au bien ou au mal chez autrui. Il ne peut s'empêcher de rendre un jugement moral sur les actions des hommes; et, c'est en effet sa responsabilité. "C'est à leur fruits que vous les reconnaîtrez." "Éloignez-vous de ces hommes-là." Mais sa désapprobation de leurs voies corrompues ne doit pas l'amener jusqu'au mépris de leur humanité. Il doit honorer l'humanité de chaque homme, si dégradée soit elle, par l'appréciation de son origine divine. Aucun homme pour qui Christ est mort ne peut être banal ni sans valeur. L'humanité elle-même mérite un certain respect dans la mesure où c'est le vêtement qu'a revêtu le Fils Eternel lors de son incarnation. Réduire à rien quelqu'un qui porte la forme d'un homme, c'est un manque de respect pour le Fils de l'Homme. Nous devons détester le péché en nous-mêmes et dans les autres, mais nous ne devrions jamais sous-évaluer l'homme en qui se trouve le péché.

Nous devons avoir l'esprit d'Église (chapitre 17)

L'Église est tellement précieuse aux yeux de Dieu qu'il n'est pas possible qu'elle soit sur-appréciée par les hommes. « J'aime ton Église, Ô Dieu, » devrait être notre seconde réaction après « Je t'aime, Ô Dieu. »

L'Église est le temple dans lequel l'Esprit de Christ habite, le corps dont Christ est la Tête, le moyen qu'Il utilise pour racheter l'humanité. Les membres individuels de l'Église qui oeuvrent en harmonie les uns avec les autres sont les lèvres et les mains et les pieds du Christ qui vit en eux. L'Église est la véritable Shekinah, l'habitation visible du Dieu invisible, l'Épouse de Christ, destinée à partager pour toujours l'amour de Son coeur et les privilèges de Son trône.

Ce n'est bien entendu plus possible aujourd'hui d'avoir l'Église entière « d'un commun accord et dans un même lieu. » Certains de ses membres nous ont précédé pour se joindre à l'Église du Premier-né au ciel et communient dès maintenant avec les esprits des hommes justes arrivés à la perfection. Et ceux qui demeurent toujours sur la terre forment une compagnie trop importante pour se rassembler dans un même bâtiment. Le rassemblement de l'Église toute entière en un même lieu devra attendre la consommation du siècle présent. Seule la ville équilatérale permettra un espace suffisant pour une telle assemblée joyeuse.

Même si l'Église toute entière ne peut se réunir sur la terre, Dieu a arrangé les choses pour qu'elle puisse effectuer la même chose à une échelle réduite, des petits groupes de chrétiens se réunissant dans la communion de la louange et de la prière. Toute assemblée de véritables chrétiens constitue une Église. « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux. » ( Matthieu 18:20 ). Le nom et la Présence sont indispensables à toute Église locale. Un groupe de personnes sauvées, aussi petit soit-il, qui se rassemble au nom de Christ et qui reconnaît Sa présence, forme une authentique cellule de Son corps et jouit de la pleine puissance et de l'autorité de Christ Lui-même.

À cause de cela, toute la psychologie chrétienne devrait être tournée exclusivement vers Christ et Son Église. Tout adorateur devrait garder continuellement à l'esprit la pensée de Christ et de Son Église. Aussi humbles que puissent être les circonstances extérieures, si Christ est présent, le lieu devient un saint temple et chaque croyant se retrouve prêtre devant l'autel. Chaque cellule est une partie organique du corps et est unie aux autres et au Seigneur qui donne la vie au corps par Son Esprit.

Un sentiment profond de l'unité de l'Église devrait orienter notre attitude envers celle-ci, et façonner la politique de l'assemblée locale. On devrait constamment accentuer le fait que l'Église locale constitue une organisation indivisible et qu'il ne peut y avoir aucune « fraternité » ou « Église des jeunes » ou « groupe des enfants » qui soit indépendant et qui fonctionne séparément de la vie et de l'ordre de l'ensemble. Des segmentations organisationnelles à l'intérieur de l'Église peuvent s'avérer nécessaires et peuvent améliorer le fonctionnement, surtout lorsqu'il s'agit d'une grande assemblée ; mais dès lors qu'une partie de l'Église commence à se considérer comme indépendante et sans rapport avec le corps local, celle-ci devient un cancer dans la vie de l'Église et elle mène à sa destruction.

Une multitude d'organisations religieuses sont apparues dernièrement, la plupart étant focalisées sur un besoin spirituel bien spécifique. Parmi ceux-ci nous pouvons citer les sociétés Bibliques, les écoles Bibliques et les diverses entreprises et groupes professionnels qui portent le nom de chrétien. Sans aucun doute, beaucoup de ces groupes sont des agents utiles et bénéfiques à travers lesquels l'Église peut oeuvrer, mais on ne doit jamais leur permettre de prendre la place de l'Église. Ce ne sont que des servantes ; elles ne peuvent jamais prendre la place de l'Épouse.

En résumé, il demeure que l'expression la plus parfaite de la volonté de Dieu sur la terre se trouve dans l'Église locale, dont les membres se rencontrent régulièrement pour louer le Seigneur et pour communier les uns avec les autres, et qui sortent ensuite pour servir leur génération selon la manière décrite dans les Saintes Écritures.

Être délivré de la peur charnelle (chapitre 18)

La peur charnelle peut prendre deux formes opposées. Nous pouvons avoir peur de faire ce que nous savons devoir faire, ou avoir peur de ne pas faire ce que nous pensons que les autres attendent de nous. Agir avec courage, c'est savoir se situer entre ces deux extrêmes.

Il existe un odieux réflexe qui rend esclave de ce que pensent les autres. Le fait d'être chrétien suscite chez nos amis une certaine attente vis à vis de nos actes et de nos comportements, et plutôt que de remettre en cause la relation qui s'est crée entre nous, nous agissons par devoir suivant ce qu'ils attendent de nous, même si nous ne possédons aucune conviction personnelle sur ce que cela nous amène à faire. Nous avons seulement peur de ne pas faire ce que les autres attendent de nous. Nous ne pouvons que difficilement faire face à ces personnes quand nous n'avons pas pu réalisé ce que nous savons qu'ils attendent de nous. La moralité pratiquée sous la pression des préjugés n'a rien d'une moralité pure. Au mieux, c'est une pratique timide du bien.; au pire, c'est une réaction infantile de faiblesse et de peur. Un chrétien libre devrait savoir agir indépendamment des opinions extérieurs. Si un chemin est juste, il devrait le suivre parce qu'il est juste et non parce qu'il a peur de ne pas le prendre. Et si ce chemin est mauvais, il devrait l'éviter, même si cela a pour conséquence qu'il perde un ami, des biens, la liberté et même sa propre vie.

"Avoir peur de l'opinion du groupe impose une certaine conduite aux membres des dénominations et des églises, et cela les force à entrer dans un moule. Le désir de rester en bons termes avec notre cercle d'amis religieux détruit l'originalité et fait de nous des imitateurs. Chaque église se retrouve autour des expériences qu'ils reconnaissent, ils ont leur signe distinctif comme « shibboleth » et ils se donnent même un certain ton religieux; l'ensemble des aspects deviennent un standard pour le groupe et ils sont pour les assemblées ce qu'était la circoncision pour Israël, un laissé -passé pour être accepté dans le club."

Le grand problème est que cela déplace la motivation de l'intérieur vers l'extérieur, de Dieu vers l'homme naturel. On peut mettre sur un pied d'égalité les actes que l'on a réalisé parce que nous avions peur de ne pas les faire et ceux que nous n'avons pas réalisés parce que nous avons peur de les faire. C'est la peur qui dirige la conduite, et non pas l'amour et la foi. Et ce qui ne vient pas de la foi est péché.

La solution pour échapper à ce double piège est simple. Se rendre complètement à Dieu; L'aimer de tout votre coeur et aimer tout homme au nom de cet amour. Choisissez d'obéir à vos propres convictions au fur et à mesure qu'elles se précisent dans votre esprit, en réponse à vos prières et aux temps passé dans l'étude des Écritures. Après cela, vous pouvez facilement ignorer les attentes de vos amis et même faire face aux critiques de vos ennemis. Vous rencontrerez tout d'abord l'étonnement de l'armée de croyants qui marchent au pas, puis vous recevrez leur admiration forcée. Puis, si vous persévérez sur le chemin de l'amour et du courage, ils finiront par suivre votre exemple et ils se dégageront de cette influence par la peur. Ils vivront comme des hommes et des femmes rachetés à grand prix et ils marcheront dans la douce liberté que Christ leur a réservé.

Nous ne devons pas avoir peur de regarder (chapitre 19)

En lisant l'histoire d'hommes comme Wesley et Finney, nous sommes frappés par le courage dont ils ont fait preuve face aux tribulations qu'engendrait leur travail pour Dieu. En tous lieux et à toutes heures, ils ont osé proclamer haut et fort le fond de leur pensée sur les religions et les prophètes, en leur accordant la valeur qu'ils méritent. Ainsi, ils étaient capables d'identifier les faux éléments qui menaçaient de nuire à la Parole de Dieu.

Voici un art à développer, surtout à l'époque dans laquelle nous vivons. Nous avons tendance à être effrayé à l'idée d'annoncer aux autres ce qui pourrait venir de Dieu, de peur que nous violions l'esprit de l'amour ou que nous imposions des mains indignes sur l'arche.

Avons-nous donc oublié que notre travail est d'éprouver les esprits et de dévoiler toutes choses ? Par notre négligence à obéir à ce commandement, de nombreux abus ont été et sont permis au sein des églises. Cette négligence affaiblit notre travail et pourrait nous être reprochée !

"La mode d'aujourdhui est d'être tolérant en toutes choses sous peine d'être accusé d'intolérance."

Les saints aux esprits faibles ne pouvaient admettre que le roi Agag passe par l'épée ( 1 Samuel 15 ) alors ils choisirent plutôt de sacrifier la santé de léglise, et cela durant des années, en ignorant les fautes et le mal commis. Et le pire, c'est qu'ils l'ont fait au nom de l'amour chrétien !

Nous sommes dans l'obligation de dénoncer toutes formes de méchanceté et de malice. Lorsque cette mission est acquittée avec amour pour Dieu et pour les hommes, le résultat est bénéfique pour tout le monde. Tout travail, quand il est conforme à la volonté de Dieu, ne sera jamais mal pris par un homme pieux.

Cette timidité qui ressemble à de l'amour a laissé mettre en place au sein des églises des pratiques inutiles et parfois même sans signification spirituelle. Dailleurs, la conséquence est que l'Esprit a quitté nos églises, les laissant dans un état de désolation. Cest ainsi que tout ce qui avait été construit pour honorer Dieu fut anéanti par le manque de courage à se lever et à prendre position contre les abus. Ces abus avaient justement pour but de ruiner ce travail et de nous éloigner de la volonté de Dieu.

Nous ne devons pas avoir peur de faire des inquisitions. Toute la difficulté, bien entendu, est de le faire dans l'esprit chrétien. Il sera difficile de découvrir des fautes quand nous avons choisi de tout accepter. Il sera difficile de critiquer en cherchant à ne pas censurer.

Mais voilà ce que Dieu attend de nous si nous désirons garder Son travail pur en ces jours d'iniquité.

Pour parvenir à servir Dieu et à garder Son travail, nous ne devons pas avoir peur de regarder.

Aiden Wilson Tozer

 

Source

livre05

 

 ***  "Le coût de la négligence"
Transcrit, traduit et mis en ligne par : http:www.eglisedemaison.com

 

 

 

Aiden Wilson Tozer

012Mais Aiden Wilson Tozer n'était pas un prophète de désespoir. Ses écrits sont des messages dignes011l d'intérêt. Ils exposent la faiblesse de l'Eglise et dénoncent les compromis. Ils avertissent et exhortent. Mais ce sont aussi des messages d'espérance, car Dieu est toujours présent, toujours fidèle pour restaurer et accomplir Sa Parole envers ceux qui entendent et obéissent. Tozer laissa un vaste trésor de richesses spirituelles à lire, digérer et mettre en pratique. "SES ECRITS SONT AUSSI FRAIS AUJOURD'HUI que lorsqu'il les rédigea la première fois. Dans ses écrits, il laissait aux autres le soin de discutailler des choses superficielles, évidentes et triviales, pour se consacrer à la discipline de l'étude et de la prière qui donna lieu à des articles et des livres qui atteignaient en profondeur les cœurs des hommes." (Dr. Nathan Bailey, Président de l'Alliance Chrétienne Missionnaire).

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