tozer2Articles tirés du livre: "Le coût de la négligence" ? Pourquoi sommes-nous tièdes quand au retour de Christ ? (chapitre 33), L'omission du troisième couplet (chapitre 34), Regardons les choses en face (chapitre 35), Que faut-il pour ravir un homme (chapitre 36). Peu de temps après la fin de la première guerre mondiale, j'ai entendu un grand prédicateur dire qu'il craignait que l'intense intérêt qui existait à l'époque pour la prophétie ne finisse par détériorer la bienheureuse espérance quand les évènements auraient démontré que ces interprètes zélés étaient dans l'erreur.Cet homme était un prophète, ou il possédait au moins une connaissance extrêmement fine de la nature humaine, car ce qu'il avait prédit s'est effectivement accompli. L'espérance du retour de Christ est quasiment éteinte parmi les évangéliques aujourd'hui.

 

Pourquoi sommes-nous tièdes quand au retour de Christ ? (chapitre 33)

Je ne dis pas que les Chrétiens évangéliques aient abandonné la doctrine de la seconde venue. En aucun cas. Il y a eu, comme chacun le sait, un certain ajustement parmi certaines doctrines mineures de notre confession sur le plan prophétique, mais la vaste majorité des évangéliques continuent à croire dans le futur retour de Jésus Christ en personne sur cette terre. L'ultime triomphe de Christ est accepté comme étant l'une des doctrines inébranlables des Saintes Écritures.

Il est vrai que dans certains milieux les prophéties de la Bible sont occasionnellement exposées. Cela est particulièrement vrai parmi les Chrétiens Hébraïques qui, pour des raisons bien connues, se sentent plus proches des prophètes de l'Ancien Testament que les croyants Gentils. Leur amour pour leur propre peuple les amène tout naturellement à essayer de saisir tout espoir concernant la conversion et l'ultime restauration d'Israël. Pour beaucoup d'entre eux, le retour de Christ signifie une réponse rapide et heureuse au « problème Juif. » Les longs siècles d'errance trouveront leur fin, et à ce moment-là Dieu « restaurera le royaume à Israël. » Nous ne pouvons pas permettre notre profond amour pour nos frères Chrétiens Hébraïques de nous aveugler quant aux évidentes implications politiques de cet aspect de leur espérance Messianique. Nous ne les blâmons pas pour cela. Nous nous contentons d'attirer l'attention sur ce fait.

Et pourtant le retour de Christ comme étant une bienheureuse espérance est pour ainsi dire mort parmi nous. La vérité concernant la seconde venue, dans les milieux où on en parle aujourd'hui revêt le plus souvent une signification soit académique, soit politique. L'élément personnel et joyeux est tout à fait absent. Où sont ceux qui se languissent en attendant le signe, Ô Christ, de Ton accomplissement, défaillissent dans l'attente de la flamme de Tes pieds revenants ?

L'aspiration de voir Christ qui brûlait dans les coeurs de ces premiers Chrétiens semblent s'être éteinte. Il ne nous reste plus que les cendres. C'est précisément le « languissement » et la « défaillance » dans l'attente du retour de Christ qui a permis de distinguer l'espérance personnelle et l'espérance théologique. La simple connaissance doctrinale est un bien pauvre substitut pour Christ, et la familiarité avec l'eschatologie du Nouveau Testament ne remplacera jamais le désir enflammé d'amour qui attend de voir Son visage.

Si le tendre languissement de la seconde venue est disparu aujourd'hui il doit y avoir une raison ; et je pense la connaître, ou plutôt les connaître, car elles sont plusieurs. L'une des raisons est simplement que la théologie fondamentaliste si répandue met l'accent sur l'utilité de la croix plutôt que sur la beauté de Celui qui y est mort. La relation du Chrétien avec Christ est présentée comme contractuelle plutôt que personnelle. « L'oeuvre » de Christ a tellement été mise en avant qu'elle arrive à éclipser Christ Lui-même. On a permis à la substitution de prendre le dessus sur l'identification. Ce qu'Il a fait pour moi semble plus important que ce qu'Il est pour moi. La rédemption est vue comme une transaction commerciale que nous « acceptons » et l'ensemble manque de contenu émotionnel. Il nous faut beaucoup d'amour pour une personne pour veiller la nuit en l'attendant, et cela explique peut-être le manque de puissance dans l'espérance de l'avent même parmi ceux qui y croient toujours.

"Une autre raison pour l'absence de réel languissement pour le retour de Christ est que les Chrétiens sont tellement confortables dans ce monde qu'ils ont peu de désir de le quitter. Pour les dirigeants qui mènent la machine religieuse aujourd'hui et qui en déterminent le contenu et la qualité, le Christianisme est devenue dernièrement remarquablement lucratif. Les rues pavées d'or ont bien peu d'attrait pour ceux qui trouvent relativement facile d'accumuler des montagnes d'argent et d'or dans le service du Seigneur ici-bas. On a tous envie de se réserver l'espoir de l'au-delà comme une sorte d'assurance en vue du jour de notre mort, mais tant que nous sommes confortables et en bonne santé, pourquoi vouloir échanger un bien-être que nous connaissons, contre quelque chose dont nous connaissons tout compte fait pas grand chose ? Ainsi raisonne l'esprit charnel, et si subtilement que nous ne nous en rendons presque pas compte."

De plus, la religion de nos jours est devenue carrément amusante, alors que peut vraiment nous proposer de plus le paradis ? Le Christianisme, contrairement à ce que certains ont pu penser, s'est avérée être une autre forme, bien plus élevée, de divertissement. Christ a subi toutes les souffrances. Il a verser toutes les larmes et porté toutes les croix ; il ne nous reste qu'à profiter des bénéfices de Son chagrin sous la forme des plaisirs religieux calqués sur le monde mais accomplis au nom de Jésus. Ainsi parlent les mêmes personnes qui prétendent croire au retour de Christ.

L'histoire nous montre que les périodes de persécution dans l'église ont toujours été des périodes d'intense spiritualité. La tribulation a toujours rendu sobre et sérieuse le peuple de Dieu et les a toujours encouragé à chercher et languir après le retour de leur Seigneur. Notre présente préoccupation avec ce monde laisse peut-être présager des jours d'amère persécution à venir. Dieu fera tout pour nous sevrer de ce monde — par la voie facile si possible, par la voie dure si nécessaire. Il n'en tient qu'à nous.


L'omission du troisième couplet (chapitre 34)

Une des expressions les plus communément entendue pendant les louanges en assemblée est une directive de l'animateur des chants: « Chantons le 1er, le 2eme et le dernier verset; » ou « Laissez de côté le 3ème verset, s'il vous plaît.»

Maintenant, nous ne prêterons pas attention au fait que l'animateur des chants sous entend assurément couplet et non verset. Nous avons tous tellement tendance à manquer de précision dans nos discours que nous ne pouvons nous permettre d'être exigent entre nous. Pourtant, il semblerait que tout homme qui accepte une position qui le place devant un public devrait connaître la matière avec laquelle sa position requière qu'il soit familier. Je suppose que ce n'est pas d'une grande importance que le 3ème couplet soit si souvent omis lorsqu'on chante des cantiques mais juste pour la remarque disons que les personnes qui louent sont privées de la bénédiction du cantique par cette omission si, comme c'est souvent le cas, le cantique traite d'une grande vérité chrétienne suivant un plan de sermon. Omettre le couplet, c'est perdre un lien dans un raisonnement en or et réduire énormément la valeur de tout le chant.

La chose significative, dans tous les cas, n'est pas ce que l'omission implique vraiment, mais ce que cela suggère, c'est à dire une impatience nerveuse et un désir d'en finir la réunion. Nous sommes, par exemple, en train de chanter « Quand j'examine la merveilleuse croix .» Nous avons très envie d'oublier le vaste monde bruyant et laisser aller nos coeurs dans une révérencieuse louange à ce Prince de Gloire qui est mort pour nous, mais notre triste douce attente est tuée par l'émergence de la vive et impassible voix du meneur de chant nous commandant d' « omettre le 3ème verset. » Nous nous demandons vaguement si notre frère a faim ou s'il doit prendre le train ou juste pourquoi il est si anxieux de finir le chant. Depuis que tous les chants standards ont été édité pour supprimer les couplets moins bons et depuis que tous les couplets d'un cantique moyen peuvent être chantés en moins d'une minute (« Quand j'examinerai la merveilleuse croix » est chronométré à 30 secondes le couplet, temporisation normale!) et depuis que plusieurs de nos meilleurs cantiques ont déjà été raccourcis autant que le bon goût le permettait, nous sommes obligés de conclure que l'habitude d'omettre le 3ème couplet relève de l'ennui religieux, purement et simplement, et cela ferait du bien à nos âmes si on l'admettait.

Si c'était seulement en chantant nos cantiques que cet esprit se retrouvait, je n'aurais probablement pas abordé le sujet du tout, mais je l'ai retrouvé dans à peu près tous les domaines de la vie religieuse. Pas seulement la réalisation de mauvaises actions mais l'omission de bonnes actions fragilisent l'âme et amène le jugement de Dieu. Le même impatient esprit du monde qui écourte nos chants écourtent aussi nos temps de prière et réduit le montant que l'on donne pour le travail du Seigneur, aussi bien que le nombre de réunions auxquelles nous assistons chaque semaine.

Il y a toujours le danger que Dieu puisse essayer de nous parler à un rassemblement des saints, et nous contrarierions le projet d'amour que Dieu a pour nous en n'étant pas présent au moment de son appel. Un sage vieux serviteur a dit au jeune Evan Roberts, 'Maintenant, mon garçon, prend soin de participer à chaque réunion de prière. Dieu pourrait vouloir te bénir un jour et tu le manquerais si tu n'étais pas présent. » Evan n'a jamais oublié cette recommandation. Il n'a jamais manqué une réunion de prière depuis ce jour. Et il est révélateur que c'est à une réunion de prière que Dieu a touché Evan Roberts et le grand renouveau gallois commença.

Il y a de pieux écrivains (par exemple, quelques uns des non moins connus théologiens « mystiques ») qui ont cru que le péché est à l'origine une négation, un rien, et que son pouvoir destructeur se tient là. Dieu, disaient-ils, est quelque chose, l'entité positive et le mal est la répudiation de Dieu, le reniement en pensée et en action de la chose Eternelle que nous savons être le Seigneur Dieu tout puissant, créateur du ciel et de la terre. Cela apparaîtrait trop raréfié, trop unilatéral qu'un concept rendrait compte des péchés comme la Bible et le monde sait. Déjà, il y a plus qu'un minimum de vérité là dedans. « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché » (Jacques 4:17)

Il pourrait être que le péché par omission est le pire de tous les péchés. Dr R. A. Torrey a dit que si le premier et le plus grand fondement est d'aimer Dieu de tout son coeur, le plus grand péché est d'échouer à l'aimer. Si Torrey était correct, alors le plus sombre péché dans le monde est une négation, un rien, quelque chose que les hommes ne font pas. Finney prêchait de fameux sermons sur le péché par omission. Tout chrétien a senti l'aiguillon pointu de sa conscience à cause d'actions non réalisées, et parfois, le sentiment de culpabilité est plus agréable que les choses mauvaises que nous commettons.

L'homme plein de moralité qui se vante qu'il n'a jamais menti ou trompé ou fait du mal à son prochain pourrait avoir un choc au jour du jugement. Ne pas avoir fait de bonnes choses est mal faire. Ne pas être là où nous devrions être est aussi mauvais que d'être là où nous ne devrions pas être. Être absent quand Dieu distribue ses bénédictions pourrait être facilement prouvé comme étant une réelle tragédie. Ne pas prier quand nous devrions prier est comme manqué d'ouvrir une lettre pleine de bonnes nouvelles. La perte est trop grande à estimer.

Chantons le 3ème couplet.

Regardons les choses en face (chapitre 35)

Il y a quelques jours, j'ai entendu parler un homme sur 1 Corinthiens 13, ce fameux chapitre sur l'amour. De son message ressortait une hérésie moderne contre laquelle je me suis déjà prononcé plusieurs fois. Je considère qu'il est mon devoir à présent d'écrire quelques mots à ce propos.

Le prédicateur ne faisait partie d'aucune secte; c'était un évangélique fondamentaliste. Il aurait sans doute donné son oeil droit plutôt que de prêcher une fausse doctrine ou de quelque autre manière faire injure aux âmes de ses auditeurs. Et pourtant, il est de mon avis qu'il leur faisait injure, et qu'il enseignait de plus une fausse doctrine.

Le coeur de son message semblait être le suivant : la description de l'amour faite dans 1 Corinthiens 13 s'applique au Seigneur Jésus Christ. Et bien-sûr, c'est facile à prouver. "Christ est patient, Il est plein de bonté; Christ n'est point envieux; Christ ne se vante point, Il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal" Et ainsi de suite jusqu'à la fin du chapitre.

Bien-entendu, aucun chrétien ne pourrait nier que Jésus Christ, puisqu'il est Dieu, possède en lui-même toutes les qualités morales, de manière parfaite. Dieu est amour, et Christ est Dieu, donc il s'en suit que tout ce qu'on pourra dire de l'amour sera vrai aussi de Christ. Mais dire que les mots de Paul étaient une description de Christ, c'est donner au texte un sens étranger à l'intention de Paul, et c'est donc une interprétation erronée. Et l'erreur n'est pas simplement une erreur d'interprétation. Elle a de graves conséquences pratiques, en ce qu'elle nous libère de l'obligation de chercher et d'obtenir l'amour de Dieu dans nos propres coeurs.

Que nous dit Paul, au juste, dans ce 13ème chapitre de son épître aux Corinthiens? Il nous dit que l'amour est absolument indispensable à la vie chrétienne. Le don des langues sans l'amour, c'est autant de bruit. Le don de prophétie, sans amour, n'a aucun intérêt. Sans l'amour, la connaissance et la foi sont inutiles. Et quand bien même un homme donnerait tous ses biens aux pauvres et finirait sa vie en martyre, s'ils n'a pas l'amour, cela ne l'avance à rien. Voilà ce qu'affirme Paul dans les trois premiers versets, après quoi il décrit l'amour et l'identifie, afin que le lecteur puisse savoir quel type de personne il doit être pour éviter de mener une existence peu profitable et vide.

L'intention de Paul en décrivant l'amour n'était pas de montrer ce qu'est Christ, mais ce que doit être un vrai chrétien. Que ces vertus sont toutes en Christ, je le répète, tout chrétien le sait, mais ce n'est pas pour nous apprendre cela qu'elles sont énumérées dans la Parole inspirée de Dieu. Penser et enseigner une telle chose, c'est jouer un mauvais tour à notre âme et celles des auditeurs.

Permettez-moi une petite illustration. Que signifie pour un homme "la santé"? Un pouls de 72, une température de 37.5 degrés, 5.000 globules blancs et 5.000.000 de globules rouges par millimètre cube, une respiration au repos de 20, une composition corporelle de 30 pour cent de solides et 70 pour cent d'eau, et ainsi de suite. Tout docteur pourrait prolonger la liste jusqu'à définir un homme en santé idéale.

Le 13ème chapitre de 1 Corinthiens nous dit comment est Christ, mais n'oublions pas qu'il nous dit aussi comment nous devons être pour éviter la tragédie spirituelle. Ne tournons pas le dos à cet enseignement fondamental. Sans amour, comme en décrit Paul, ma vie chrétienne toute entière n'est qu'un figuier stérile. C'est facile d'appliquer les mots de Paul à Christ seul. Mais ce n'est pas honnête et c'est dangereux.

C'est l'Esprit Saint qui répand l'amour de Dieu dans nos coeurs (Romains 5:5) et l'amour est cité parmi les fruits de l'Esprit (Galates 5:22). Mais si notre vie quotidienne révèle que le fruit n'est pas présent, nous ne pouvons pas supposer qu'il l'est -- "parce que la Bible le dit". L'absence de l'amour tel qu'il est décrit dans 1 Corinthiens 13 est la preuve de l'absence de l'Esprit, ou tout au moins qu'il n'agit pas en nous. Telle est la seule conclusion honnête. Nous ne pouvons pas nous permettre de n'être pas candide sur toute cette affaire.


Que faut-il pour ravir un homme (chapitre 36)

Un journal a présenté récemment une idée très sensée pour nous Chrétiens en tous les temps, mais qui paraît particulièrement pertinente en cette saison d'Action de grâces.

Amorçant le discours par la question « Que faut-il pour ravir un homme ? », l'éditeur expliquait ensuite qu'une certaine personne dont le nom est connu par toute la terre, qui a reçu des nations ici-bas à peu près tous les honneurs qu'on peut décerner à un être humain, et que sa patrie a élue à la plus haute position dans son territoire, avait dernièrement déclaré qu'elle était « ravie » d'avoir reçu la permission de s'asseoir pendant quelques instants dans un fauteuil roulant. Il s'agit, bien-sûr, de Dwight D. Eisenhower, lorsqu' il a pu se lever pour la première fois après sa crise cardiaque.

Cet incident touchant dans la vie d'un grand homme devrait nous apprendre que nous risquons fort de négliger les petites bénédictions et de manquer de reconnaissance pour elles parce qu'elles sont petites ou parce qu'elles nous semblent insignifiantes ou ordinaires. Nous pouvons apprécier les sommets de la vie et rester complètement aveugle par rapport aux dizaines de petites collines qui constituent la beauté du paysage.

La biographie peut être soit un genre utile, soit une entrave, selon notre manière de l'interpréter et de l'appliquer. Le biographe souligne en général les moments forts et émouvants de la vie de son sujet, et occulte nécessairement les jours et les ans qui n'ont rien vu d'exceptionnel. Et pourtant, sans ces heures ordinaires, il n'y aurait eu aucune continuité entre les heures extraordinaires, aucun lien pour souder la vie entière. Quand on lit la vie de ces grands, il faut prendre garde de ne pas devenir mécontent de sa propre existence fade, ni d'oublier la valeur des multiples trésors qui nous ont été remis à tous par la grâce de Dieu. L'auteur est obligé de condenser en quelques pages une action qui s'étend en réalité sur cinquante ou soixante-dix ou quatre-vingt dix ans avec la conséquence que la matière en est bousculée et l'image déformée. De cette vision sans perspective il est très probable que nous tirions trois conclusions : d'abord, que le personnage était plus grand qu'il n'était réellement ; ensuite, que, par effet de contraste, nous sommes plus petits que nous ne le sommes vraiment ; et enfin, que Dieu fait acception de personnes » et distribue ainsi ses faveurs inégalement entre ses enfants.

Tout est relatif, y compris nos bonheurs. Quelqu'un qui a vu le monde à ses pieds peut être réduit à se réjouir du privilège de pouvoir se tenir assis pendant quinze minutes. Et celui dans cette position, qui sait avoir une gratitude égale pour un certain bienfait que pour tel autre, c'est celui-là qui connaît le vrai sens de l'Action de grâce. Un aveugle complet de longue date rira peut-être et pleurera de joie si enfin il recouvre ne serait-ce qu'une vue partielle d'un seul oeil. Tel petit, victime de la poliomyélite, criera de bonheur lorsqu'il découvre qu'il peut courir un peu, même s'il doit traîner avec lui une attelle encombrante. Et ainsi en est-il de notre vie à tous et de tous nos jours. Nous sommes toujours plus riches que nous ne pensons.

Écoutons la conclusion de tout ce discours : c'est simplement qu'il nous faut cultiver l'habitude de remercier Dieu pour les petits plaisirs. Non que nous devrions avoir moins de joie dans les grandes grâces, telles notre premier aperçu radieux du glorieux royaume de Dieu dans la conversion, ou la délivrance de quelque maladie physique par la prière. Ces glaciers étincelants forceront toujours notre attention et feront jaillir de nous la louange. Mais à nous de veiller à ce que nous restions pas indifférents vis-à-vis des dons plus humbles.

Personnellement, je n'ai pas la force de Samson, mais je n'ai cesse de remercier Dieu de ce que je peux me déplacer sur toute la surface de la terre et travailler à l'oeuvre qu'Il m'a confiée. Je n'ai pas l'intellect de Platon, mais je rends grâce au Créateur que je ne suis pas fou. Je ne suis pas riche, mais je ne suis pas non plus réduit à la mendicité. Et ainsi en est-il de tous les autres biens que le Seigneur m'a donné. J'espère être toujours reconnaissant pour ces petites choses ; alors je saurai comment user des grandes que Dieu jugera bon de m'envoyer.

Aiden Wilson Tozer

 

Source

livre05

 

 ***  "Le coût de la négligence"
Transcrit, traduit et mis en ligne par : http:www.eglisedemaison.com

 

 

 

Aiden Wilson Tozer

012Mais Aiden Wilson Tozer n'était pas un prophète de désespoir. Ses écrits sont des messages dignes011l d'intérêt. Ils exposent la faiblesse de l'Eglise et dénoncent les compromis. Ils avertissent et exhortent. Mais ce sont aussi des messages d'espérance, car Dieu est toujours présent, toujours fidèle pour restaurer et accomplir Sa Parole envers ceux qui entendent et obéissent. Tozer laissa un vaste trésor de richesses spirituelles à lire, digérer et mettre en pratique. "SES ECRITS SONT AUSSI FRAIS AUJOURD'HUI que lorsqu'il les rédigea la première fois. Dans ses écrits, il laissait aux autres le soin de discutailler des choses superficielles, évidentes et triviales, pour se consacrer à la discipline de l'étude et de la prière qui donna lieu à des articles et des livres qui atteignaient en profondeur les cœurs des hommes." (Dr. Nathan Bailey, Président de l'Alliance Chrétienne Missionnaire).

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