murray03Demeurez en Christ, comme Christ demeure dans le Père (vingt-troisième jour), Demeurez en Christ, en obéissant à ses commandements (vingt-quatrième jour), Demeurez en Christ afin que votre joie soit parfaite (vingt-cinquième jour).

Demeurez en Christ, comme Christ demeure dans le Père (vingt-troisième jour).

« Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour... de même que je demeure dans son amour ! » (Jean XV : 9,10). Tandis qu'il était sur la terre, Jésus avait enseigné à ses disciples que demeurer en lui, c'est demeurer dans son amour ; sur le point de les quitter il leur donne pour commentaire de son commandement sa propre vie. Qu'ils le contemplent, lui, demeurant dans l'amour du Père, et ils sauront comment demeurer dans son amour. Sa vie dans le Père sera le modèle de leur vie en lui.

Cette pensée est si profonde, que nous pouvons à peine la concevoir; elle est cependant exprimée d'une manière assez positive pour que nous n'osions pas la négliger. Ne lisons-nous pas dans Jean VI :57 : « Comme je vis par le Père, ainsi celui qui me mange, vivra par moi, » et n'entendons-nous pas le Fils demander à son Père : « Qu'ils soient un comme nous sommes un? » — « Je suis en eux et tu es en moi. » Examinons donc sa vie dans le Père et nous comprendrons ce que doit être la nôtre en lui.

Considérons d'abord l'origine de cette vie de Christ dans le Père. Elle avait ses racines dans une double union de vie et d'amour. Quoique demeurant sur terre, Jésus savait qu'il était un avec le Père, que la vie du Père était en lui, et que son amour reposait sur lui. Sans cette certitude, il lui eût été impossible de demeurer dans le Père et dans son amour.

De même, nous ne pouvons de­meurer en Christ et dans son amour, qu'en croyant que nous sommes un avec lui. Un par nature ; car il a revêtu notre humanité ; et, par notre nouvelle naissance, nous som­mes faits participants de sa nature divine. Un dans l'amour ; car le lien de la vie divine, est celui d'un amour infini. Dans la vie d'hu­miliation sur la terre, Jésus a goûté le bien­fait de cet amour divin, la force que donne la conviction d'en être l'objet et de pouvoir y demeurer constamment. Par son exemple, il nous invite à faire la même expérience. Puisque nous sommes un avec lui, confions-nous en son amour qui nous presse; laissons-le pénétrer dans nos cœurs.

Et quel est le moyen par lequel le Fils demeure dans le Père et dans son amour ? « J'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » Sa vie a été une vie de soumission et de dépen­dance. Pour notre nature orgueilleuse, dé­pendance et soumission signifient humilia­tion et servitude; mais dans la vie d'amour dont le Fils de Dieu vécut et à laquelle il nous invite, ces deux conditions sont le se­cret du bonheur. Que pouvait perdre le Fils en se soumettant ?

Le Père l'aime et n'a au­cun intérêt qui ne soit le sien; si le Fils donne quelque chose au Père, le Père met à sa disposition tout ce qu'il a. Aussi, quand Jésus dit : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père, » il ajoute aussitôt : « Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre ce qu'il fait. » Quand nous étudions la vie de Christ comme le modèle et le gage de ce que peut être la nôtre, nous comprenons que si Jésus nous dit : « Hors de moi vous ne pouvez rien faire. » c'est qu'il nous permet d'ajouter : « Je puis tout par Christ qui me fortifie »

Nous apprenons à nous plaire dans les faiblesses, dans les calamités, dans les détresses à cause de Christ ; car nous pouvons dire : « Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » Dépendance, soumission, sacrifice personnel, sont, pour le chrétien comme pour Christ, le chemin de la vie et du bonheur.

Contemplons aussi la gloire de cette vie de Christ dans l'amour du Père. Parce qu'il s'est consacré à la volonté et à la gloire du Père, le Père l'a couronné de gloire et d'honneur. Il l'a établi comme son seul représentant, l'a fait participant de sa puissance, et l'a élevé jusqu'à lui faire partager son trône divin. Il en est de même pour nous.

Si Christ nous trouve disposés à remettre notre personne et nos intérêts à son amour, à renoncer à toute satisfaction de notre propre volonté pour ne trouver notre gloire que dans une absolue dépendance de lui en toutes choses, à accepter de n'avoir de vie qu'en lui, il fait pour nous ce que le Père a fait pour lui. Il fait reposer sa gloire sur nous  « Comme le nom de notre Seigneur Jésus-Christ est glorifié en nous, nous sommes glorifiés en lui. » (Voyez 2Th. 1 : 12.) Il nous reconnaît comme ses représentants ; nous pouvons disposer de sa puissance ; il permet que notre intercession ait une part dans le gouvernement de son Eglise et du monde ; il se sert de notre intermédiaire pour exercer son autorité et son influence sur les hommes, pour accomplir son œuvre divine. Quelle vie bénie que celle de l'âme qui demeure dans l'amour de Christ comme Christ demeure dans celui du Père!

Faisons des relations du Fils avec le Père, un objet constant d'étude pour connaître ce que doivent être les nôtres avec Christ. Notre vie en lui peut être aussi féconde, puissante, glorieuse qu'était la sienne dans le Père. Acceptons cette vérité dans la foi, et, loin de nous paraître encore un joug et un travail, la vie dans l'amour de Christ deviendra pour nous, au contraire, une source de repos, de force et de joie.

Demeurer dans cet amour tout-puissant, qui sauve, qui garde, qui rassasie, comme Jésus a demeuré dans l'amour du Père, ne peut être notre œuvre, la grandeur même de la vocation nous le fait sentir ; il faut pour nous, comme pour lui, que ce soit le fruit d'une vie intérieure sanctifiée et le résultat du travail profond de l'amour divin. Ce que nous avons à faire, nous, c'est d'étudier avec soin et de contempler en Christ le modèle de cette vie d'amour, jusqu'à ce que nous entendions Jésus dire à chacun de nous par son Esprit : « Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour, de même que je demeure dans l’amour du Père. »

Si cette grâce nous paraît trop élevée, trop sublime, rappelons-nous que la grandeur du privilège est justifiée par le but que Dieu a en vue. Comme le Fils était la révélation du Père, le croyant est appelé à être la révélation de Christ; il ne peut l'être que s'il est uni d'une union parfaite avec Christ, comme Christ l'est avec le Père, afin de posséder en lui la plénitude de sa grâce ; il ne peut l'être que s'il croit à son amour comme Christ croyait à l'amour du Père.

 

Demeurez en Christ, en obéissant à ses commandements (vingt-quatrième jour).

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; de même que j'ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. » (Jean XV : 10)

Ces paroles nous montrent la place que doivent occuper les œuvres dans la vie du croyant. Christ, comme Fils bien-aimé, était dans l'amour du Père; il y demeura en gardant ses commandements. De même, le croyant admis par grâce, sans œuvres, dans l'amour de Christ, y demeurera s'il garde ses commandements.

Quand nous cherchons à venir à Jésus par nos œuvres, l'Esprit nous répète sans cesse : Ce n'est point par les œuvres; mais une fois à lui, de peur que la  chair n'abuse de cette parole, il nous dit aussi clairement : « Vous êtes créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres. » (Eph. II : 9, 10). Les œuvres peuvent être le plus grand obstacle qui retienne le pécheur loin de son Sauveur, tandis qu'elles sont une source de forces et de bénédictions pour le croyant, car par elles « la foi est rendue parfaite » (Jacq. II : 22) ; l'union avec Christ est cimen­tée, l'âme est enracinée dans son amour. « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera. » — « Si vous gardez mes commandements, vous demeurez dans mon amour. »

La relation entre l'observation des com­mandements de Christ et la communion dans son amour, est facile à saisir. Notre union avec Jésus-Christ n'est pas une affaire d'intel­ligence ou de sentiment, mais une union vi­tale avec sa personne sainte. La vocation du chrétien est de penser, de sentir, de vouloir exactement ce que Jésus a pensé, senti et voulu.

 

Il désire participer non seulement à la grâce, mais aussi à la sainteté de son Sau­veur ; ou plutôt, il voit que la, sainteté est ce qu'il y a de plus beau dans la grâce ; vivre de la vie de Christ, vouloir ce qu'il veut, c'est l'affranchissement de l'esclavage de no­tre volonté corrompue, c'est le chemin de la vraie liberté.

 

Le tiède ou l'ignorant font une grande dis­tinction entre les promesses et les commandements de l'Ecriture. Ils ne trouvent de consolation et de nourriture que dans les premières; mais celui qui cherche demeurer dans l'amour de Christ, discerne l'amour di­vin dans les commandements aussi bien que dans les promesses ; car ils conduisent à une participation toujours plus grande de la vie divine, à une union toujours plus intime avec le Seigneur.

L'harmonie entre notre volonté et la sienne est un des principaux éléments de notre communion avec lui. Comment pourrait-il y avoir communion sans un accord parfait avec sa volonté ? Car la volonté est la faculté centrale chez l’Être divin comme chez l'être humain.

Tant que le salut n'est pour le pécheur qu'une sécurité personnelle, il reste indifférent ou hostile à la volonté de Dieu ; mais aussitôt qu'il comprend, par les Ecritures et par l'enseignement de l'Esprit, ce qu'est le salut, c'est-à-dire le retour à la communion et à la conformité, avec Jésus, il trouve naturelle, belle même, cette loi qui fait de l'observation des commandements le moyen de demeurer dans son amour (Jean XIV : 15, 16, 21, 23) : son être intérieur se réjouit de ce que Jésus en a fait la condition d'une plus abondante communication de l'Esprit.

Du reste, Christ lui-même n'est demeuré dans l'amour du Père que par cette loi. L'obéissance a été une solennelle réalité pour lui durant sa vie terrestre. La puissance redoutable qui a poussé l'homme à la révolte contre son Dieu, s'est aussi attaquée à lui et l'a tenté. Pour Jésus homme, les séductions dont le tentateur usa, ne pouvaient le laisser indifférent. Il ne put résister que par le jeûne et la prière. « Il a souffert, étant tenté. » Le sacrifice de sa volonté a été pour lui aussi un renoncement continuel.

S'il est demeuré dans l'amour du Père, c'est qu'il a fait de l'obéissance à son commandement le but de sa vie. « Je ne fais rien de moi-même, dit-il, mais je parle selon ce que le Père m'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi, il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jean 8 : 28) Il nous a ainsi ouvert la voie d'une vie sur la terre passée dans l'amour du ciel ; et quand son Esprit pénètre en nous comme la sève du cep dans le sarment, cette obéissance aux commandements devient un des éléments les plus sûrs et les plus élevés de la vie qu'il nous communique.

 

Si vous désirez demeurer en Jésus, observez ses commandements. Ne vous contentez pas de les posséder dans la Bible qu'ils soient gravée par la méditation et la prière, par l'enseignement de l'Esprit et une obéissance pleine d'amour, sur les tables de vos cœurs. N'en négligez aucun. Nous qui jouissons des privilèges de la nouvelle alliance, voudrions-nous rester en arrière des saints de l'ancienne alliance qui disaient avec tant de ferveur « Les ordonnances de l'Eternel réjouissent le cœur; ses jugements sont tous justes. »

 

Nous sommes encore loin de comprendre toute la volonté du Seigneur. Nous avons besoin de demander constamment pour nous et pour tous les croyants, ce que Paul demandait pour les Colossiens : « Qu'ils soient remplis de la connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle, » et ce qu'Epaphras désirait pour ces mêmes chrétiens « Qu'étant parfaits et pleinement persuadés, ils persistent dans une entière soumission à la volonté de Dieu. »

Il n'y a pas de progrès spirituel possible sans progrès constant dans la connaissance de la volonté de Dieu à notre égard. L'entière consécration, loin d'être le couronnement d'une vie sainte, n'en est que le point de départ. Paul, après avoir convié les chrétiens à s'offrir eux-mêmes en en sacrifice vivant et saint à Dieu » (Rom. XII. 1) ajoute aussitôt, indiquant ce qu'est une vie vraiment consacrée à Dieu : « Soyez transformé par le renouvellement de l'intelligence, afin d'éprouver que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite. »

Le renouvellement graduel qu'opère le Saint-Esprit, développe une perception spirituelle, un saint instinct par lequel l'âme, « prompte à comprendre dans la crainte du Seigneur, » sait découvrir la valeur des commandements de Dieu et leur application dans la vie journalière, d'une manière qui reste cachée au chrétien ordinaire.

Gardons ces commandements dans l'obéissance. N'avons-nous pas fait vœu de rejeter tout péché ? « Je jure et je le tiendrai, d'observer les lois de ta justice. » (Ps. 119 : 106). Luttons donc dans la prière pour devenir parfaits dans toute la volonté de Dieu, demandant ardemment que tout péché secret, tout ce qui en nous n'est pas en harmonie avec sa volonté, nous soit révélé.

Marchons fidèlement, humblement, selon la lumière que nous avons, résolus à obéir à toutes les ordonnances du Seigneur. Quand Israël fit un vœu d'obéissance au désert (Ex. XIX : 8; XXIV : 7), ce ne fut que pour le violer aussitôt ; mais la nouvelle alliance donne le vouloir et le faire, le vœu et la force de l'accomplir (Jér. XXXI). Tenons-nous en garde contre toute désobéissance, même dans les petites choses. La désobéissance énerve la conscience, obscurcit, l'âme, tue les forces spirituelles.

Si parfois ces commandements nous semblent pénibles, rappelons-nous qu'ils procèdent de Celui qui nous aime. Ils sont amour et nous parlent de son amour. Chaque acte nouveau d'obéissance, chaque sacrifice accompli pour garder ses commandements, resserre notre union avec la personne du Sauveur, nous fait pénétrer plus avant dans son amour, et nous rend plus conformes à sa vie sainte, en sorte que cette parole nous devient toujours plus précieuse : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. » (Jean 15 : 19).

 

Demeurez en Christ afin que votre joie soit parfaite (vingt-cinquième jour).

« Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » (Jean XV : 11)

La vie en Christ est une source inépuisable de bonheur. A mesure que Christ prend plus pleinement possession de l'âme, elle entre dans la joie de son Sauveur qui devient la sienne à toujours. La joie est un trait carac­téristique de celui qui vit en Christ, et nous savons tous en apprécier la valeur ; elle est la meilleure preuve que le cœur est réellement satisfait.

Aussi n'y a-t-il pas, chez le chré­tien, d'attrait plus irrésistible, de prédication plus persuasive et qui manifeste mieux au monde la réalité de l'amour divin, que le rayonnement de cette joie, triomphant des épreuves de la vie. Pour le bien même du croyant, elle est un élément indispensable ; car la joie du Seigneur est sa force. En elle se retrempent sa confiance, son courage et sa patience. Avec un cœur joyeux, aucun travail ne lasse, aucun fardeau n'accable ; et Dieu lui-même est notre force et notre chant de victoire.

Jésus promet sa joie à celui qui demeure en lui : « ma joie, » dit-il. La parabole du cep et des sarments se rapportant toute à la vie que ses disciples auraient en lui, quand il serait remonté au ciel; c'est de la joie cé­leste et éternelle dont il s'agit, ce que montre également cette autre promesse : « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. » (Jean XVI : 22). Ce fut seulement à la résurrection que com­mença cette vie de joie, et c'est en la résur­rection qu'elle a sa source, alors que s'accom­plit cette parole : « C'est pourquoi ton Dieu t'a oint d'une huile de joie par-dessus tes semblables. » (Ps. 45 : 8.)

Le jour de son couronnement fut pour Jésus celui de la pleine satisfaction de son cœur. Sa joie était celle d'une œuvre parfaitement accomplie et pour toujours, la joie de rentrer dans le sein du Père et, d'avoir racheté beaucoup d'âmes. Celui qui est réellement uni à lui, participe à cette joie; il partage si complètement la victoire et la parfaite rédemption de son Sau­veur, qu'il peut dire sans cesse, par la foi : « Grâce a Dieu qui me donne toujours la victoire. »

En Christ, il jouit de l'amour inaltérable du Père ; et, apprenant, avec lui, à aimer les âmes, il se réjouit aussi de ce qu'elles sont rachetées. Soit qu'il contemple l’œuvre parfaite de Jésus ou la récompense que trouve le Fils dans l'amour du Père, soit qu'il considère sa gloire croissant avec le nombre des pécheurs qui se convertissent, toujours la joie du Seigneur est la sienne.

Jésus parle encore de cette joie comme devant être permanente chez le croyant. « Afin que ma joie soit (ou demeure) en vous. »« Nul ne vous ravira votre joie. » Tant de chrétiens ne le peuvent comprendre; ils se figurent que la vie chrétienne est une vie de continuelles alternatives de joie et de tristesse, et ils vont jusqu'à en donner com­me preuve, les expériences de l'apôtre Paul.

Mais la vie de Paul est précisément, au con­traire, l'exemple le plus frappant de cette joie inaltérable. L'apôtre avait saisi le para­doxe de la vie chrétienne où se trouvent à la fois, et souvent au même moment, toutes les amertumes de la terre et toute la joie du ciel. « Comme attristés et nous sommes joyeux, » dit-il; et, par ces mots admirables, il nous enseigne comment la joie de Christ peut triompher de la tristesse du monde, comment elle peut nous faire chanter tout en pleurant, et nous conserver, même dans l'épreuve, le sentiment d'une joie inexprimable et glorieuse.

La seule présence de Jésus suffit pour rendre cette joie permanente « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. » Comment l'âme qui se sent en Christ ne serait-elle pas satisfaite et joyeuse ? Même lorsqu'elle pleure sur ses péchés et sur le péché de ses semblables, une source de bonheur jaillit de sa foi en la puissance et l'amour du Christ pour sauver.

Jésus veut enfin que cette joie soit parfaite, Il le dit à trois reprises durant la dernière nuit qu'il passe sur la terre. D'abord dans la parabole du cep et des sarments : « Je vous ai dit ces choses afin que votre joie soit parfaite; et cette parole se confirme, pour le chrétien, à chaque nouvelle expérience qu'il fait du privilège de la communion de Jésus. Puis à propos de l'exaucement de la prière (Jean XVI : 24) : « Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. »

En effet, pour celui qui juge spirituellement des choses, une prière exaucée n'est pas seulement le don d'une bénédiction particulière il y voit infiniment plus : c'est pour lui un gage de sa communion avec le Père et le Fils dans le ciel, une preuve qu'il est admis dans leur conseil; et encore là, quelle source d'ineffable joie! Jésus y revient en dernier lieu dans la prière sacerdotale (Jean XVII : 13) : « Je dis ces choses afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. » La contemplation de notre grand sacrificateur, se tenant en la présence du Père pour intercéder continuellement en notre faveur et poursuivre avec puissance son œuvre bénie, nous donne l'assurance d'un salut complet, et par conséquent une parfaite joie.

La joie de Christ lui-même, joie permanente, parfaite, telle est la part du croyant qui demeure en lui. Pourquoi y en si peu qui la désirent? C'est que peu, même parmi les enfants de Dieu, y croient. Au lieu de considérer la vie en Christ comme le sort le plus heureux qu'il soit donné à l'homme d'obtenir, ils l'envisagent comme une vie de tristesse et de renoncement; mais s'ils n'y voient que cela, c'est qu'ils ne demeurent pas en Christ. Ceux qui acceptent une fois pour toutes, sans réserve, la vie en Christ comme une source de joie et de bénédiction, voient leur foi se changer en réalité, et la joie du Seigneur devenir la leur.

C'est en terminant sa parabole du cep et du sarment, que Jésus conclut par ces paroles : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » Réclamons donc la joie comme un élément de la vie du sarment, propre à rendre évidente à nos yeux la suffisance de Christ pour répondre aux besoins de notre âme.

S'il y a des temps où cette joie du Sauveur abonde en nous, rendons-en grâce à Dieu; mais si, par moment, nous la sentons moins vivement que nous le voudrions, rendons également grâces pour la vie de bénédiction en vue de laquelle nous avons été rachetés; car, là encore, « il nous sera fait selon notre foi. » Réclamons cette joie, non pas en notre nom, mais au nom de Jésus qui l'a promise, et pour la gloire du Père ; car il n'est pas possible d'accepter Jésus dans son cœur, sans recevoir en même temps sa joie. C'est pourquoi, « réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. »

 

Andrew Murray

 

Sources / Infos

 

   list arrow   Livre: « Demeurez en Christ » Edition S. DELATTRE Privas. Ardèche 1935

DemeurezenChristL’image du cep et des sarments est l’une des plus parlantes et des plus riches des évangiles. Elle est aussi l’illustration la plus parfaite d’une des clefs de voûte de la vie chrétienne : Demeurer en Christ.
Pendant sa vie terrestre, quand Jésus parlait avec ses disciples des relations qu’ils devaient avoir avec lui, il employait souvent l’expression Suivez-moi. Mais au moment de les quitter pour retourner au ciel, il préféra exprimer l’union plus intime et plus spirituelle qu’ils auraient alors avec lui en disant : Demeurez en moi.

La vie chrétienne ne peut s’établir et s’approfondir qu’au travers de la relation suivie avec Christ. Andrew Murray nous propose de le faire au travers de 31 méditations. Ainsi, chaque jour, vous pourrez faire un pas de plus vers une meilleure compréhension et mise en pratique de ce qui est au cœur de la vie chrétienne épanouie : notre habitation en Christ.

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la mêmeMurray03 façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l’Église sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes.

Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés...

 

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Portrait d'Andrew Murray par David Smithers

 

quote    Il faillit arrêter un véritable réveil !

Par David Smithers

Peu après ma conversion à Christ, on me donna deux brochures écrites par Andrew Murray, « La Vie de Prière » (The Prayer Life) et « S'attendre à Dieu » (Waiting on God). A chaque nouveau chapitre, il me semblait vivre une fraîche révélation pénétrante et de nouvelles expériences dans la prière. Pour le jeune croyant que j'étais, ces écrits m'aidèrent grandement à déterminer et établir ma vie de prière personnelle. Les principes contenus dans ces livres aux pages écornées continuent toujours d'exercer une influence significative sur ma vie de prière et mon ministère. Presque vingt ans après, je commence seulement maintenant à sentir que je comprends véritablement la profondeur des écrits d'Andrew Murray ! La plupart des ouvrages sur la prière vous mènent dans un processus de prière, mais les écrits d'Andrew Murray vous conduisent à la personne de prière : JESUS-CHRIST.

 

Naissance et environnement familial

Andrew Murray naquit le 9 mai 1828 dans un presbytère réformé hollandais à Graaff Reinet, en Afrique du Sud. Ce fut là-bas que son père, le révérend Andrew Murray, senior, exerçait un ministère en faveur des colons hollandais. La maison des Murray était un endroit vibrant et actif, rempli des bruits animés de joie, de prière et d'adoration. Chaque vendredi soir, le père d'Andrew Murray réunissait sa famille et lui lisait des récits émouvants des réveils passés. Il se consacrait alors à son étude et déversait son cœur en prière en vue d'obtenir un réveil en Afrique du Sud. Il procédait ainsi toutes les semaines selon son habitude depuis 1822. Le jeune Murray fut au bénéfice de plusieurs autres exemples merveilleux de zèle et de dévotion chrétiens. Des hommes comme David Livingstone et Robert Moffat séjournaient souvent à la maison quand ils se rendaient sur la côte.

 

William C. Burns

En 1838, à l'âge de dix ans, Andrew quitta sa maison avec son frère John pour faire des études en Ecosse. Ils demeurèrent chez leur oncle, le pasteur John Murray. Durant le printemps 1840, l'oncle présenta les garçons au ministère de réveil William C. Burns. Ce revivaliste renommé laissa une impression profonde et durable dans le cœur du jeune Andrew Murray. Le jeune garçon de 13 ans fut ému lorsque Mr Burns l'invita à prendre sa Bible et son manteau pour se rendre ensemble aux réunions de réveil à Aberdeen. Des années plus tard, Murray pouvait encore se rappeler la puissance de l'influence divine de Burns sur sa vie. Sa sincérité, sa prière fervente, sa prédication pénétrante, tout cela contribua à définir le ministère personnel et l'appel d' Andrew Murray. Souvent, l'influence d'un ministère rempli de l'Esprit appartenant à une génération donnée arrose les semences de la moisson d'une autre génération.

 

Le pasteur Blumhardt

Après avoir obtenu leur diplôme au collège Marischal en 1844, les deux frères se rendirent à Utrecht, en Hollande, en vue d'approfondir leurs études en théologie et en hollandais. A cette époque, la vie religieuse aux Pays-Bas était en déclin et le rationalisme avait miné beaucoup de pupitres et d'instituts de théologie. Un peu comme les frères Wesley avec le Club Saint (Holy Club) à Oxford, John et Andrew se joignirent à un groupe zélé de l'université, nommé « Sechor Dabar » (Souvenez-vous de la Parole).

Là ils trouvèrent des frères qui avaient les mêmes dispositions, une communion chaleureuse et un vrai zèle missionnaire. Lors d'une période de congés scolaires, les deux frères visitèrent l'Allemagne, où ils eurent l'occasion de rencontrer le pasteur Blumhardt. Cet homme remarquable avait été utilisé pour amener le réveil dans la région du Rhein en Allemagne. Le réveil avait été marqué par d'extraordinaires manifestations de délivrance et de guérison des malades par la prière. « Andrew vit de ses propres yeux et dans sa propre époque la progression de l'œuvre de la puissance de Dieu. »

 

Le garçon prédicateur

Les deux frères furent ordonnés à La Haye, au 20e anniversaire d'Andrew, et ils quittèrent peu après le pays pour commencer leur travail en Afrique du Sud. Andrew paraissait à peine plus âgé qu'un enfant quand il retourna la première fois en Afrique. A l'âge de 20 ans, il avait l'air beaucoup plus jeune que son âge. Une fois, il fut rapporté qu'un vieux fermier hollandais avait dit : « Pourquoi nous ont-ils prêté une fille pour nous faire des prêches ? »

Cependant, en dépit de l'apparence de fragilité chez Murray, son endurance et son zèle n'avaient pas de fin. Souvent il partait à cheval pendant des semaines entières pour tenir des réunions avec les Boers (fermiers sud-africains parlant hollandais). Ces fermiers spirituellement affamés venaient de centaines de kilomètres à la ronde, littéralement, pour écouter ce « garçon prédicateur. » Une église temporaire faite de roseaux était érigée, et alors assiégée par des centaines de gros wagons transportant des fermiers hollandais. Ce fut lors de telles aventures dans le ministère que le jeune Murray commença à exprimer le feu et la ferveur si souvent associés à ses écrits classiques sur la prière et la Vie Intérieure.

 

Préparation au réveil

En 1860, Andrew Murray accepta un appel à prendre la charge de pasteur dans une église de Worcester. Son engagement dans l'église coïncida avec un réveil et une conférence missionnaire rassemblant jusqu'à 374 ministères sud-africains. La conférence avait été organisée dans l'objectif spécifique d'encourager à un réveil spirituel et de recruter de nouveaux ouvriers et missionnaires pour les églises réformées hollandaises d'Afrique du Sud. Au début de la conférence, un prospectus fut remis aux participants, qui retraçait les nouvelles du récent réveil en Amérique et en Grande-Bretagne.

Les ministères présents furent fortement encouragés à s'attendre à une action similaire de Dieu en Afrique du Sud et à prier pour cela. Un certain Dr. Robertson parla de leur grand besoin d'avoir un réveil, suivi par le Dr. Adamson qui donna alors un compte-rendu détaillé du récent réveil survenu en Amérique. Andrew Murray Senior tenta de s'adresser aux gens rassemblés, mais en fut incapable, vaincu par le brisement et les larmes. Dans l'ensemble, la conférence fut un grand succès ; elle stimula une nouvelle espérance et la prière parmi les ministères participants. Peu de temps après, de jeunes gens se réunirent à l'église un dimanche soir. Ce fut lors de cette rencontre que l'Esprit du réveil éclata d'une façon inattendue.

La réunion se poursuivait normalement suivant le programme lorsqu'une modeste fille noire de 15 ans se leva pour prier. L'associé de Mr Murray, J. C. deVries, surveillait la réunion de prière et nous donne ci-après un témoignage oculaire de ces événements extraordinaires : « Un certain dimanche soir, il s'était rassemblé dans une petite salle, quelques soixante jeunes gens. J'étais le responsable de la réunion qui commença avec un hymne et un enseignement tiré de la Parole de Dieu, à la suite de quoi je priai.

Trois ou quatre autres annoncèrent une strophe d'un hymne et prièrent, comme d'habitude. C'est alors qu'une fille de couleur d'à peu près 15 ans, au service d'un fermier habitant à proximité, se leva au fond de la salle pour demander si elle aussi pouvait proposer un hymne. Au début j'hésitai, ne sachant pas ce que les gens penseraient, mais de meilleures pensées prirent le dessus, et je répondis :

 

« Oui ». Elle annonça son hymne et pria sur un ton émouvant. Alors qu'elle priait, nous entendîmes, pour ainsi dire, un bruit éloigné, qui se rapprocha de plus en plus, jusqu'à ce que la salle semblât être ébranlée. A l'exception d'une ou deux personnes, toute l'assemblée commença à prier, la plupart à voix audible, mais certains en murmures. Cependant, le bruit que fit le rassemblement devint un bruit assourdissant. Une sensation que je ne peux pas décrire prit possession de moi. »

 

Offensé par le réveil

Pendant que se poursuivait la réunion, Andrew Murray prêchait dans une autre partie de l'église. Il n'était pas présent au début de ces événements. A la fin de la réunion conduite par Andrew Murray, un ancien franchit la porte de la salle où se tenait la réunion de prière, entendit le bruit, y jeta un coup d'œil, et retourna chercher en courant Mr Murray. J. C. deVries retrace avec éclat la réaction de surprise de Mr Murray vis-à-vis des jeunes gens réunis.

« Mr Murray s'avança vers la table près de laquelle je m'étais agenouillé pour prier, me toucha, et me fit comprendre qu'il voulait que je me lève. Il me demanda alors ce qui s'était passé. Je lui racontai tout. C'est alors qu'il s'éloigna d'une petite distance vers le fond de la salle et s'écria aussi fort qu'il le put :  « Peuple, silence ! « Mais les prières continuaient. Au même moment, je m'agenouillai de nouveau. Il m'apparut que si le Seigneur venait nous bénir, il n'était pas convenable que je me tienne debout mais que je devais être à genoux. Mr. Murray s'écria alors une nouvelle fois d'une voix forte. « Peuple, je suis votre ministère, envoyé de Dieu ! Silence ! « Mais il n'y avait aucun moyen d'arrêter le bruit. Personne ne l'entendit, mais tous continuèrent à prier et à supplier Dieu d'avoir miséricorde et de pardonner. Mr. Murray retourna ainsi vers moi et me dit de commencer l'hymne qui commençait par la strophe « Viens en aide à l'âme impuissante qui pleure. » Je le fis. Mais les émotions ne se calmèrent point et la réunion continua derechef dans la prière. Mr. Murray se prépara alors à sortir, en disant :  « Dieu est un Dieu d'ordre, et ici c'est la confusion totale ! « Sur ce, il quitta la salle. »

 

La prière et la puissance du réveil

Les réunions de prière s'organisèrent spontanément chaque soir après cela. L'ordre de ces réunions était habituellement identique chaque fois, bien que personne ne le fixât. Au début, il y avait généralement un grand silence ; aucun effort n'était fait pour provoquer les émotions, mais après la deuxième ou troisième prière, l'assemblée commençait soudainement à crier de concert dans la prière.

Ce n'était pas le moins du monde l'habitude des églises réformées hollandaises à cette époque, et personne ne leur avait jamais enseigné à procéder ainsi. Quelquefois, la réunion continuait jusqu'à trois heures du matin. Et même arrivés à cette heure, certains désiraient rester plus longtemps. Les gens retournaient chez eux au milieu de la nuit, en chantant joyeusement dans les rues. La réunion de prière prit de l'ampleur rapidement et dut être transférée dans un bâtiment scolaire situé dans les environs.

Ce bâtiment finit par s'avérer également trop petit pour contenir toute la foule de chercheurs affamés de Dieu. « Dans des endroits où les gens ne savaient pas ce que c'était que les réunions de prière juste un an plus tôt, ils se plaignaient maintenant de ce que les réunions finissaient une heure en avance ! « Non seulement des réunions de prière hebdomadaires mais également des réunions de prière journalières étaient réclamées par les gens - même au rythme de trois fois par jour - et même parmi les enfants. « Le réveil ébranla toute la campagne. Jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, tous furent affectés de la même façon par le réveil.

« C'était très étonnant de voir que le réveil n'était pas confiné aux villes et villages, mais qu'il était tombé dans des endroits totalement isolés sans contact avec l'extérieur, jusque dans des fermes éloignées, là même où hommes et femmes furent saisis par des émotions qui leur avaient été totalement étrangères quelques semaines voire quelques jours plus tôt. « Les gens furent fréquemment empoignés par une intense conviction. Des hommes forts crièrent d'angoisse tandis que d'autres tombèrent à terre inconscients et durent être transportés hors des réunions. »

 

Tirer enseignement du réveil

J.C. deVries nous expose plus en détail la difficulté qu'eut Mr Murray à accepter ces manifestations comme venant de Dieu. J. C. deVries écrit : « Le premier samedi soir, dans la maison où était aménagée une plus grande salle, Mr. Murray conduisait la réunion. Il lut un passage de l'Ecriture, fit quelques remarques à son sujet, ouvrit le moment de prière, et donna ensuite l'opportunité à d'autres de prier. Pendant la prière qui suivit la sienne, nous entendîmes de nouveau le même bruit venant de loin.

Il s'approchait de plus en plus quand, soudainement, toute l'assemblée fut en prière. Ce soir-là, un étranger s'était tenu debout à la porte du début jusqu'à la fin de la réunion, observant son déroulement. Mr. Murray descendit de la plate-forme et de nouveau, alla d'une personne à une autre dans l'assemblée, tentant de les calmer. L'étranger s'avança alors sur la pointe des pieds depuis la porte, toucha Mr Murray doucement, et dit en anglais : « Je crois que vous êtes le ministre de cette assemblée. Faîtes attention à ce que vous faîtes, car c'est l'Esprit de Dieu qui est à l'œuvre ici. J'arrive tout juste d'Amérique, et c'est exactement ce dont j'ai été témoin là-bas. »

Andrew Murray avait été offensé par l'explosion intense de prière émotionnelle, et cherché sans succès à contrôler et calmer les réunions. Toutefois, après cet incident, il arrêta apparemment d'essayer de malmener le Saint-Esprit. Il apprit à accepter ces soudaines explosions de prière et ces fortes émotions comme une œuvre de Dieu. Son père, Andrew Murray Senior confirma aussi que ces accès d'émotions étaient véritables, et déclara : « Je bénis Dieu d'être en vie pour pouvoir voir de mes propres yeux un tel travail de l'Esprit. « La forte réaction de Mr Murray semble provenir du fait que ces manifestations de réveil particulières dépassaient sa propre expérience personnelle et sa compréhension de la bienséance. Bien qu'il ait prié avec ferveur pour un réveil, étudié des comptes-rendus de réveil et même observé de ses propres yeux une certaine mesure de réveil, il ne réussit pas à anticiper sa propre réaction à la nature surnaturelle d'un réveil dans sa propre église. »

 

Réveil et attentes brisées

Les conceptions de Mr Murray sur le bon ordre dans l'église et celles du Saint-Esprit étaient de toute évidence très différentes. Les attentes brisées, si elles restent non réprimées, peuvent conduire à la confusion, la frustration, et même à la critique sévère. Quand la foule à Jérusalem s'est précipitée pour observer le miracle de la Pentecôte, Actes 2 :6 note que beaucoup parmi les spectateurs étaient « CONFUS ». Ces sentiments de confusion offusquèrent de toute évidence beaucoup, ce qui les emmena plus tard à ridiculiser ouvertement l'œuvre du Saint-Esprit (Actes 2:6-13).

Les nouvelles expériences de réveil de Mr Murray lui enseignèrent en définitive à ne pas juger tout ce qui peut s'apparenter à une situation de confusion en l'attribuant à un manque de bienséance. Il arrive souvent que nous expérimentions de forts sentiments de confusion ou même de frustration quand nous sommes soudainement placés dans un contexte inattendu ou qui ne nous est pas habituel. Chacun de nous a certainement eu l'occasion de lutter contre ces sentiments de confusion ou d'anxiété tout en essayant de trouver ses repères dans une ville ou un pays inconnu.

La source de notre confusion n'était pas un manque de bienséance, mais notre propre manque de familiarité avec les nouveaux environnements et les nouvelles circonstances. Actes 2:6 ne suggère pas que Dieu est l'auteur du désordre et de la confusion ! Au contraire, ce verset sert à nous rappeler que notre sens naturel du protocole et de l'ordre est souvent très différent de l'ordre divin du Ciel qui descend sur terre.

Quand nous nous trouvons soudainement dans un état de surprise ou de confusion devant des événements peu familiers, nous devons nous garder de les rejeter sans réflexion simplement parce qu'elles sont nouvelles à notre expérience personnelle. Seul un cœur ORGUEILLEUX se précipite pour condamner ce qu'il ne comprend pas ! Nous devons examiner attentivement toutes choses selon les Ecritures, plutôt qu'au travers de nos préférences personnelles ou nos traditions. Alors et alors seulement serons-nous capables de retenir ce qui est bon dans les jours qui viennent (1 Thessaloniciens 5:21).

 

Le réveil et la Convention Keswick

Les leçons apprises lors de ce réveil contribuèrent à préparer Andrew Murray à son futur rôle dans l'influent mouvement Keswick. Mr. Murray assista à la Convention Keswick pour la première fois en 1882. En 1885, on lui demanda d'intervenir comme orateur à la fois à la Convention Keswick et à la convention de Northfield. Murray fut chaleureusement reçu à ces conférences et fut plus tard chargé de ramener le mouvement Keswick en Afrique du Sud. La Convention Keswick fut elle-même le fruit indirect de cette merveilleuse période de réveil. Le réveil toucha au moins quatre continents, apportant avec lui une foi et une vision renouvelées pour la sainteté personnelle et la vie de l'Esprit. Ce fut ce message libérateur qui bientôt allait devenir synonyme du ministère personnel d'Andrew Murray.

La naissance de la Convention Keswick unit le Mouvement de Sainteté Européen émergent et, de ce fait, contribua à canaliser le feu et l'énergie de ce qui allait être connu sous le nom du « Troisième Grand Réveil ». Cependant, la Convention Keswick fit plus qu'unir simplement et préserver le fruit qui restait de ce grand réveil. Avec un clair appel à la sainteté personnelle par la foi en Christ, le mouvement Keswick contribua à préparer une nouvelle génération au mouvement suivant de Dieu. Ceux qui assistaient aux conventions étaient toujours encouragés à adopter un mode de vie construit sur la sainteté, l'unité et la prière. A la Convention de Keswick de 1902, 500 chrétiens s'accordèrent pour former des cercles de prière dans les maisons en vue d'obtenir une effusion mondiale du Saint-Esprit.

Le fruit de ces groupes de prière de Keswick fut atteint sans aucun doute au travers du Réveil au Pays de Galles en 1904. R. B. Jones, Jessie Penn-Lewis, et F. B. Myer considérèrent tous que la Convention de Keswick était une des sources cachées du réveil gallois. Par l'intermédiaire de l'enseignement biblique d'hommes comme Andrew Murray, J. Elder Cumming, Evan Hopkins, F. B. Myer et beaucoup d'autres, des milliers d'ouvriers et de missionnaires chrétiens furent remplis de puissance et purifiés pour entrer dans un nouveau millénaire de moisson globale. James Hudson Taylor, A. T. Pierson, Samuel Zwemer et beaucoup d'autres pionniers missionnaires considérèrent la Convention de Keswick comme l'une des meilleures « terres de chasse » pour les meilleures recrues missionnaires. Nous retrouvons ici une fois de plus cette vérité qu'une génération de ministère rempli de l'Esprit arrose souvent la moisson d'une autre génération.

 

Les derniers jours d'Andrew Murray

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la même façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l'Eglise sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes. Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés.

 

Tirer leçon de nos pères !

Andrew Murray fut incontestablement un homme doté de rares dons et d'une perception spirituelle profonde. Néanmoins, il faillit éteindre un véritable réveil. Il avait grandi dans un foyer où son père avait prié fidèlement pour un réveil pendant 30 ans. Pourtant, pendant un temps il s'opposa avec entêtement à la réponse si longtemps attendue aux prières de son père. Jeune garçon, il avait été enchanté du ministère de réveil de William C. Burns, et en Allemagne, il avait été le témoin de ses propres yeux du ministère miraculeux du pasteur Blumhardt.

Malgré cela, quand il fut lui-même confronté aux manifestations du réveil dans sa propre église, il s'y opposa. Je n'écris pas ces choses pour déshonorer la mémoire de l'un de nos pères respectés de la foi, mais plutôt dans le but de poser une question importante et fort à propos aujourd'hui. Si un homme doué comme Andrew Murray a pu se tromper en ne reconnaissant pas l'Esprit du réveil, alors qu'il était en plein milieu d'une préparation au réveil, combien à plus forte raison sommes-nous capables de reproduire la même erreur ? Cette génération de chrétiens doit être disposée à apprendre des expériences, du discernement et des erreurs de nos pères spirituels si nous voulons nous préparer au prochain mouvement de Dieu. Êtes-vous disposé à APPRENDRE ?

Source: The Watchword

 

Livres en français

 

livre1

   livre2   livre3   livre4   livre5   livre6   livre7   livre8

 

Quelques titres traduits en français :

- La Bénédiction de la Pentecôte dans sa plénitude et l'Esprit de Dieu
- Comme Christ : du bonheur de réaliser une vie conforme à celle du Fils de Dieu
- Demeurez en Christ : quelques pensées sur les bienfaits de la communion permanente avec le fils de Dieu
- L'humilité : la beauté de la sainteté
- Le voile déchiré ou La vie chrétienne normale d'après l'épître aux Hébreux
- Jésus guérit les malades ou Guérison selon la Parole de Dieu
- Le secret de la puissance d'en-haut
- La vie intérieure : apprendre à renouveler son âme

 

 

 

 

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