murray03Demeurez en Christ vous aimant les uns les autres (vingt-sixième jour), Demeurez en Christ, afin que vous ne péchiez pas (vingt-septième jour), Demeurez en Christ votre force (vingt-huitième jour).

Demeurez en Christ vous aimant les uns les autres (vingt-sixième jour).

« C'est ici mon commandement : Aimez-vous tes uns les autres, comme je vous ai aimés. » Jean XV : 12). « Comme le Père m'a aimé, je vous ai aimés; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Dieu s'étant fait homme, l'amour divin a habité dans un cœur humain; dès lors, les hommes ont pu s'aimer d'un amour divin, et goûter sur la terre l'amour du ciel. « C'est ici mon commandement, dit le Sauveur aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Voilà le commandement par excellence, le résumé de tous les autres; aussi Jésus appelle-t-il  « son commandement, le commandement nouveau, »  destiné à mettre en évidence la réalité de la nouvelle alliance et la puissance de la vie nouvelle révélée en Jésus-Christ, destiné à devenir le signe caractéristique et irrécusable du disciple de Christ.

« A ceci, tous les hommes connaîtront que vous êtes mes disciples. » — « Qu'eux aussi soient un en nous pour que le monde croie. « Qu'ils soient parfai­tement un et que le monde connaisse que tu les a aimés, comme tu m'as aimé. » Et si l'obéissance à ce commandement est pour le chrétien la preuve qu'il est uni à Christ, elle est aussi pour lui le moyen d'arriver à rendre cette union toujours plus parfaite.

Dieu est amour, et Christ est venu pour nous le révéler, non sous la forme d'une doctrine abstraite, mais par sa vie. En ai­mant des êtres indignes et ingrats, en s'abaissant jusqu'à marcher parmi les hom­mes comme un serviteur, en se livrant lui-même à la mort, Jésus a été la démonstra­tion vivante de l'amour de Dieu.

Et mainte­nant ses disciples sont appelés, à leur tour, à manifester au monde son amour en vivant, et en aimant comme lui. Par leur ressemblance avec le Sauveur, il faut qu'ils prou­vent qu'ils sont animés de l'Esprit qui animait Christ, qu'ils sont les membres d'un même corps et unis entre eux malgré les diversités de caractères ou de croyances, de  langage ou de situations. Leur vie d'amour est le témoignage essentiel du christianisme, la preuve donnée au monde que Dieu a  envoyé son Fils et qu'il a répandu dans ses disciples le même amour dont il l'a aimé.

Cet amour des disciples de Christ les uns pour les autres, occupe la place intermé­diaire entre leur amour pour Dieu et leur amour pour les hommes. L'amour pour un Être invisible, qui pourrait aisément rester une affaire de sentiment ou même d'imagina­tion, a l'occasion de s'exercer dans les rap­ports des disciples entre eux, et de prouver sa réalité par des actes que le Père accepte comme étant faits à lui-même.

Puis de cet amour fraternel naît celui pour tous les hom­mes; car, en s'aimant les uns les autres, les enfants de Dieu se forment à aimer leurs semblables encore éloignés de Christ, non plus par sympathie naturelle, mais de cet amour sanctifié qui s'attache aux plus indignes, au nom de Jésus, et supporte ceux qui ont le moins d'attraits.

Jésus nous présente, dans ses rapports avec ses disciples, le modèle de cet amour fraternel. Si nous étudions son esprit de sup­port et de pardon, sa patience, son humilité, la douceur et la charité avec lesquelles il se fait serviteur pour gagner à lui les pécheurs, nous l'écouterons Volontiers  quand il nous dit : « je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. » (Jean XIII : 15).

En suivant ses traces, le disciple ne vit plus pour lui-même, mais pour les autres; son langage respire la bonté; car l'amour lui interdit toute parole contraire à la charité. Non seulement il ne sait pas médire, mais, plus jaloux de la réputation de son frère que de la sienne, il refuse même de supposer le mal ou d'y prêter l'oreille ; car, pour ce qui le concerne, il peut s'en remettre au Père, tandis qu'il est responsable de son frère devant le Père. L'amour divin, répandu dans son cœur, éclate dans sa vie en douceur, en bonté, en affection, en générosité, en dévouement, en bienfaisance, comme dans la vie de Jésus.

Aimer comme Christ a aimé! Notre cœur ne s'émeut-il pas à la pensée du privilège immense auquel nous sommes appelés, de refléter l'amour éternel ? Ou bien serions-nous peut-être tentés de soupirer de ce que Dieu nous propose un degré si élevé de perfection ? Gardons-nous-en ; car nous avons précisément, là un gage précieux de l'amour du Père, qu'il veuille nous rendre semblables à Christ, comme Christ lui est, semblable.

Et si Jésus a rattaché si intimement le commandement de nous aimer les uns les autres, à sa parabole du cep et des sarments, c'est pour nous donner à entendre qu'en demeurant en lui, nous serons capables d'aimer comme lui. Ce commandement est donc un nouveau motif pour nous de vivre en Christ et dans son amour infini, afin de recevoir de sa plénitude la faculté d'aimer. Dans ces conditions, le commandement qui nous était à charge devient une source de joie.

L'amour pour nos frères n'est-il pas un de ces nombreux fruits que Jésus nous a promis, une grappe d'Escol par laquelle nous pouvons prouver aux autres que le pays de la promesse est bien un bon pays ? Faisons passer dans la pratique de tous les jours, en toute honnêteté et simplicité, les choses que nous professons par le langage de la foi et de l'enthousiasme chrétien, afin que les hommes voient et croient.

Apportons à Jésus tout ce qui, dans nos caractères et dans nos vies, fait obstacle à cet amour fraternel. Il peut nous rendre doux et patients, diriger nos paroles, retenir nos lèvres, nous donner cette charité qui refuse de s'offenser, qui est toujours prête à excuser, à supporter et à espérer le bien cet amour qui ne se cherche pas lui-même, mais qui est toujours disposé à laver les pieds des autres et à se donner pour eux. Plaçons-nous comme des écoliers dociles sous la direction du Saint-Esprit : la vie la plus ordinaire peut être transfigurée par l'éclat d'une beauté céleste, quand l'amour divin brille à travers notre frêle humanité.

Loin de nous plaindre, rendons grâce à Dieu de ce que nous sommes appelés à aimer comme Jésus aime, comme Dieu aime! Louons-le de ce que nous le pouvons. Oui, la nouvelle nature, la nature sainte dont nous sommes revêtus par notre union au divin Cep, peut aimer comme il a aimé. Fortifions cette nouvelle nature en demeurant en Christ et dans son amour.

 

Demeurez en Christ, afin que vous ne péchiez pas (vingt-septième jour).

« Il n'y a point en lui de péché. Quiconque demeure en lui ne pèche point » (1 Jean III : 5, 6)

Lorsque l'apôtre prononça les paroles de notre texte, il venait de dire : « Vous savez que Jésus a paru pour ôter les péchés. Ce rapprochement montre que le but de l'incarnation du Fils était de délivrer, non seulement du péché, mais aussi de la puissance du péché, en sorte que le croyant ne pèche plus. C’est la sainteté personnelle de Christ qui lui permet d'accomplir cette œuvre; admettant les pécheurs dans une communion de vie avec lui-même il rend, par cette union, leur vie semblable à la sienne. « Si la racine est sainte, les branches le sont aussi. »

« En lui, il n'y a point de péché. Quicon­que demeure en lui ne pèche point. » Tant que le croyant demeure en Christ, et dans la mesure où il y demeure, il ne pèche pas.

Mais aussitôt se pose la question : com­ment ceci peut-il s'accorder avec l'enseigne­ment de la Bible sur la corruption inhérente à notre nature humaine, ou avec ce que Jean lui-même affirme, quand il dit : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes; et si nous disons que nous n'avons pas péché, sa parole n'est point en nous? » (1 Jean I : 8, 10) C'est pré­cisément ce passage, étudié avec soin, qui fera comprendre le vrai sens du texte qui nous occupe.

Ces deux expressions : « Si nous disons que nous n'avons pas le péché, » (vers. 8), et : « Si nous disons que nous n'avons pas péché » (vers. 10), ne sont pas équivalentes. Avoir du péché signifie : avoir une nature pécheresse. Le croyant le plus fidèle doit confesser à chaque instant que le péché est en lui, dans sa chair, en laquelle n'habite aucun bien. Pécher, ou commettre le péché, est tout autre chose; c'est céder à la nature de péché et tomber dans la transgression positive.

Ainsi, tout vrai croyant doit admettre deux choses : la première, que le péché est encore en lui (vers. 8), la secon­de, que le péché s'est pendant un temps ma­nifesté par des actes de péché (vers. 10). Aucun croyant ne peut dire : je n'ai point de péché, et encore moins : je n'ai jamais péché. Mais nous ne devons pas nécessaire­ment avoir à confesser que nous péchons actuellement, Dieu ne l'attend pas de nous, quoique nous ayons le péché actuellement en nous; la confession d'avoir péché se rap­porte au passé.

D'après le chapitre II, ver­set 1, il se peut que nous ayons aussi à con­fesser des péchés actuels, mais, encore une fois, ce n'est pas une nécessité. Et nous voyons ainsi comment la confession la plus sincère de péchés passés (comme celle de Paul reconnaissant qu'il a été un persécu­teur), et le sentiment profond d'avoir encore une nature corrompue, peuvent s'accorder avec d'humbles, mais joyeuses actions de grâce à Celui qui préserve de chutes.

 

Mais, dit-on, comment un croyant, ayant le péché habitant en lui, peut-il ne pas pé­cher ? La réponse à cette objection se trouve dans ces paroles : « En lui, il n'y a point de péché. Quiconque demeure en lui ne pèche pas. » Quand le croyant demeure en Christ dans une union constante, il est gardé par le Seigneur, qui tient en échec la vieille nature, si bien qu'elle ne peut reprendre sa domina­tion sur l'âme. Malheureusement, la plupart des chrétiens demeurent en lui d’une manière si incomplète et si intermittente, que le péché reprend constamment son ascendant et assujettit l'âme tout à nouveau.

La promesse faite à la foi est bien : « Le péché n'aura point de pouvoir sur vous; » mais elle est accompagnée du commandement « Que le péché ne règne point dans votre corps. » Le croyant qui réclame la promesse avec une foi pleine et entière, est rendu capable d'obéir au commandement, et le péché ne peut exercer son pouvoir sur lui. L'ignorance de la promesse, l'incrédulité, ou encore l'absence de vigilance, ouvrent la porte au péché; mais que le croyant recherche une communion permanente avec Celui qui est saint, il le sauvera effectivement de toute transgression, non pas assurément en le délivrant de sa nature pécheresse, mais en l'empêchant de lui céder. « Quiconque demeure en lui ne pèche pas. »

 

On parle de jeunes lions que rien ne peut dompter, si ce n'est l’œil de leur gardien. En sa présence, malgré leur naturel féroce et leur soif de sang, ils sont soumis et tremblants, au point qu'on peut s'approcher d'eux sans crainte; mais loin de leur gardien, on n'ose les aborder. Il en est de même du croyant ; il peut avoir le péché en lui, et pourtant ne pas pécher. Sa nature corrompue, sa chair n'est pas changée dans son inimitié contre Dieu; mais elle est domptée par la présence de Jésus, auquel il se confie avec foi. L'union avec Christ est donc le secret de la vie sans péché « En lui, il n'y a point de péché ».

Mais encore, en admettant en principe qu'on soit gardé de péché par la communion constante et complète avec Jésus, cette communion peut-elle se réaliser, pouvons-nous prétendre à la possibilité de demeurer en Christ, même un seul jour, de telle sorte que nous puissions être préservés de toute chute ?

Nous avons déjà répondu à cette objection; et, du reste, la question, pour quiconque la pose et la considère avec droiture, renferme elle-même la réponse. Quand Christ nous commande de demeurer en lui, nous promettant des fruits abondants à la gloire du Père et l'exaucement de nos prières, peut-il avoir autre chose en vue que l'union parfaite du sarment au cep ? Quand il promet de demeurer en nous, qu'entend-il, sinon que sa présence en nous sera la présence même de la puissance et de l'amour divin.

Et cette manière de délivrer du péché, n'est-elle pas tout à sa gloire, nous maintenant toujours humbles et dépendants dans le sentiment de notre nature corrompue, vigilants et actifs dans la crainte du pouvoir redoutable qu'elle exerce, et en même temps confiants dans la pensée que la seule présence de Jésus peut la tenir en échec ?

Oui, n'en doutons plus : si nous ne pouvons être affranchis du monde et de ses tribulations, de notre nature corrompue et de ses tentations, Jésus nous assure du moins la grâce de pouvoir demeurer pleinement en lui, pour être préservés de tout mal.

Nourrissez-vous de cette promesse, et croyez, sans vous inquiéter de savoir s'il vous sera possible d'être à l'abri du péché votre vie entière. La foi doit vivre au jour le jour et ne se préoccuper que du moment présent. Si vous croyez que Jésus peut vous garder présentement de toute transgression, cela suffit ; allez de l'avant avec une confiance toujours renouvelée. Et qu'au lieu de vous décourager, les chutes et les péchés servent à vous faire rechercher, avec plus d'ardeur, votre force et votre salut dans la communion de l'Homme-Dieu. Vous pouvez faire des progrès étonnants dans cette voie-là, pourvu que vous vous remettiez entièrement aux mains de Dieu pour être gardés par lui de pécher, et que vous persévériez dans la foi.

Considérez la, nature sainte de Jésus homme, comme la nature même dont il veut nous rendre participants avec lui, et vous découvrirez qu'il y a quelque chose de mieux encore que d'être préservé de pécher, de plus élevé que l’abstention du mal : c'est la bénédiction bien plus grande d'être, dès maintenant, un vase purifié, sanctifié rempli de la plénitude de Jésus, l'instrument par lequel il manifeste sa puissance et sa gloire.

 

LE PÉCHÉ JOURNALIER EST-IL INÉVITABLE ?

(Fragment tiré de Christ and the Church. Sermons de A. Saphir.)

Comment se fait-il que, possédant un Sauveur dont l'amour et la puissance sont infinis, nous soyons si souvent remplis de crainte et de désespoir, las et languissants dans nos esprits? Parce que nous ne regardons pas fermement à Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, assis à la droite de Dieu, dont la toute-puissance embrasse le ciel aussi bien que la terre, et qui la déploie dans ses faibles enfants.

Nous nous rappelons notre faiblesse, et nous oublions sa toute-puissance ; nous reconnaissons que sans Christ nous ne pouvons rien, et nous ne sayons pas nous élever ou nous abaisser jusqu'à dire dans l'humilité chrétienne : « Je puis tout par Christ qui me fortifie. » Nous nous confions dans ni vertu de la mort de Jésus pour effacer notre culpabilité et nous n'entretenons pas en nous une foi confiante, digne de la toute-puissance du Sauveur vivant pour nous délivrer de l'esclavage et de la puissance du péché dans notre vie journalière.

Nous oublions que Christ travaille puissamment en nous et que, étant un avec lui, nous possédons une force suffisante pour surmonter toute tentation. Ou bien, perdant de vue notre néant, nous avons la présomption de croire que, par nos propres forces, nous pouvons vivre sans pé­ché, accomplir nos devoirs, supporter nos épreuves; ou bien, nous ne réclamons pas la toute-puissance de Jésus, qui seul peut s'assujettir toutes choses, et nous garder des infirmités et des chutes journalières que nous croyons être une nécessité.

Si réellement nous nous appuyions en toutes choses et en tout temps sur Christ, nous gagnerions aussi la victoire en toutes choses et en tout temps, par Celui dont la puissance est infinie et qui est établi par le Père pour être le Chef de notre salut. Alors, toutes nos actions se feraient noie seulement devant Dieu, mais en la gloire du Père, et au nom de Jésus, notre sanctification. Rappelons-nous que toute puissance lui est donnée dans le ciel et sur la terre, et vivons dans un continuel exercice de foi en sa vertu infinie. Travaillons à nous convaincre que nous n'avons rien et ne sommes rien; qu'en lui-même l'homme n'a pas la vie pour porter du fruit, mais que Christ est tout ; qu'en demeurant en lui et en gar­dant sa Parole, nous pouvons porter beau­coup de fruits.

 

Demeurez en Christ votre force (vingt-huitième jour).

« Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Math. XXVIII : 18)

« Fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. » (Eph. VI : 10)

« Ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » (2Cor XII : 9)

Nous reconnaissons aisément notre complète faiblesse, mais nous ne comprenons pas toujours le rôle qu'elle doit jouer dans notre vie. Ici, comme ailleurs, les pensées de Dieu sont élevées au-dessus des pensées de l'homme, autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre.

Souvent le chrétien cherche à oublier sa faiblesse, il veut la vaincre, en être délivré. Dieu veut, au contraire, que nous nous la rappelions, que nous la sentions profondément ; il veut que nous y demeurions et même que nous nous réjouissions en elle. Le chrétien gémit de sa faiblesse, mais Christ enseigne à ses disciples à dire : « Je me plais dans les faiblesses; je me glorifierai bien plus volontiers de mes faiblesses. » Le chrétien la considère comme le plus grand obstacle qui l'empêche de vivre pour son Dieu ; et Dieu nous dit qu'elle est le secret de la force et du succès. C'est notre faiblesse, franchement reconnue, qui nous donne droit et accès à la force de celui qui a dit : « Ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. »

Une des dernières paroles de notre Seigneur, alors qu'il allait prendre place sur le trône de Dieu, fut celle-ci : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » La toute-puissance allait être conférée au Fils de l'homme, afin que, désormais, elle pût se manifester par l'intermédiaire de la nature humaine ; c'est pourquoi Jésus rapproche ce fait de la promesse qu'il fait à ses disciples de participer à cette toute-puissance « Quand je serai monté au ciel, vous serez revêtus de la puissance d'En Haut. » (Luc XXIV : 49; Actes I : 8.) C'est dans le Sauveur siégeant, à la droite du Père que le croyant doit chercher sa force.

C'est là que les disciples la trouvèrent après dix jours de prières et de consécration, pendant lesquels leurs âmes s'affermirent dans une communion toujours plus intense avec Jésus assis sur le trône de Dieu, ils furent revêtus de force, au dedans pour vaincre le péché, au dehors pour annoncer Jésus-Christ.

La puissance d’en Haut vint les qualifier en vue de la mission qu'ils avaient acceptée, de rendre témoignage à leur Maître ressuscité. Pour les uns, le témoignage consistait surtout en une vie sainte révélant le ciel et le Christ d'où cette vie procédait, manifestant la puissance de Jésus glorifié pour donner la victoire sur le péché et faire vivre les hommes dans la sainteté au milieu du monde; d'autres devaient ajouter à ce témoignage celui de la parole et consacrer leur vie à parler au nom de Jésus.

Mais aux uns et aux autres, cette vertu d’en Haut était indispensable pour prouver au monde que Jésus avait bien reçu du Père tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, pour démontrer que le royaume de Dieu auquel ils professaient d'appartenir, ne consiste pas en paroles seulement, mais en force. Et cette force fut sentie même par ceux qui refusaient de s’y soumettre. (Actes II : 43; IV : 13; V, 13)

Ce que Jésus fut pour ses premiers disciples, il l'est pour nous aussi. Notre vie entière aussi bien que notre vocation comme disciples, ont leur origine et leur garantie dans cette parole : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » Ce qu'il accomplit en nous et par nous, doit porter le sceau de sa toute-puissance. Aussi, le croyant le plus faible qui demande d'être gardé du péché, de croître dans la sainteté, de porter beaucoup de fruits, peut avoir la confiance, comme membre du corps de Christ, que ses requêtes seront exaucées avec une puissance toute divine.

Et si nous demandons comment la puis­sance nous est donnée, la réponse est simple : Christ nous la donne, ainsi qu'aux premiers disciples en établissant en nous sa propre vie par son Saint-Esprit, et non pas, comme beaucoup le croient, en venant seulement en aide à nos faibles efforts. Il ne supprime pas le sentiment de notre faiblesse ; au contraire, chose merveilleuse, en laissant et même en développant en nous le sentiment d'une to­tale impuissance, il nous donne, en même temps, conscience d'une grande force en lui.

« Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non pas à nous. » La faiblesse et, la force marchent de front ; si le sentiment de l'une augmente, le sentiment de l'autre augmente aussi, jusqu'à ce qu'en­fin nous puissions dire avec saint Paul : « Lorsque je suis faible, c'est alors que Je suis fort ; je me glorifierai bien plus volon­tiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. »

 

Le chrétien vivant apprend à considérer en Christ assis sur le trône de Dieu, la posi­tion qui lui est acquise à lui-même; il con­temple cette vie pure et sans tache dans sa puissance et dans sa gloire ; il y voit la vie éternelle dans l'homme glorifié. Et si, fai­sant un retour sur lui-même, il soupire après la sainteté, après la force d'être agréable à Dieu et de faire sa volonté, il sait qu'il n'a qu'à lever les yeux sur Christ, sa vie, qui accomplira en lui tout ce qui lui manque.

 

C'est à Christ revêtu de force qu'il s'attend en toute occasion, dans les petites choses comme dans les grandes, pour être gardé du mal d'instant en instant, ou pour lutter con­tre une difficulté contre une tentation par­ticulière. Sa vie devient ainsi de plus en plus paisible et joyeuse, non qu'il sente plus de force, mais parce qu'il a en lui-même toujours la victoire en son Sauveur.

Oui, notre force est en Christ, prête à nous être communiquée dans la mesure où nous la réclamerons, et où elle trouvera notre foi disposée à la recevoir. Elle est là, que nous en usions ou non. Le Père a donné à Jésus tout pouvoir dans le ciel et sur la ter­re, par conséquent sur nos coeurs et sur nos vies, ainsi que sur les puissances qui les assujettissent, afin qu'il soit pour nous un Sauveur parfait.

Et cette puissance pénètre en nous par notre communion avec lui. Si la communion est faible et peu goûtée, sa force ne sera communiquée que dans une faible mesure ; mais si nous cultivons cette union avec joie, comme notre plus grand bien, étant prêts à tout sacrifier pour la conserver, « sa puissance s'accomplit dans notre faiblesse. » Notre unique soin doit donc être de demeurer en Christ, notre force, de « nous fortifier dans le Seigneur et par sa force toute-puissante. »

Cherchons, par la foi, à acquérir une connaissance toujours plus claire et plus profonde, une expérience toujours plus parfaite de l'infinie grandeur de la puissance de Dieu dans ceux qui croient, de cette puissance du Christ ressuscité et glorifié, par laquelle il triomphe de tous les ennemis. (Eph. I : 19-24). Acceptons, par la foi, ce plan admirable de Dieu : en nous, rien que faiblesse, en Christ, la toute-puissance. Ne regardons plus à nous-mêmes, mais seulement à Christ, et nous arriverons à dire : « Je puis tout par Christ qui me fortifie. »

 

Andrew Murray

 

Sources / Infos

 

   list arrow   Livre: « Demeurez en Christ » Edition S. DELATTRE Privas. Ardèche 1935

DemeurezenChristL’image du cep et des sarments est l’une des plus parlantes et des plus riches des évangiles. Elle est aussi l’illustration la plus parfaite d’une des clefs de voûte de la vie chrétienne : Demeurer en Christ.
Pendant sa vie terrestre, quand Jésus parlait avec ses disciples des relations qu’ils devaient avoir avec lui, il employait souvent l’expression Suivez-moi. Mais au moment de les quitter pour retourner au ciel, il préféra exprimer l’union plus intime et plus spirituelle qu’ils auraient alors avec lui en disant : Demeurez en moi.

La vie chrétienne ne peut s’établir et s’approfondir qu’au travers de la relation suivie avec Christ. Andrew Murray nous propose de le faire au travers de 31 méditations. Ainsi, chaque jour, vous pourrez faire un pas de plus vers une meilleure compréhension et mise en pratique de ce qui est au cœur de la vie chrétienne épanouie : notre habitation en Christ.

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la mêmeMurray03 façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l’Église sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes.

Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés...

 

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Portrait d'Andrew Murray par David Smithers

 

quote    Il faillit arrêter un véritable réveil !

Par David Smithers

Peu après ma conversion à Christ, on me donna deux brochures écrites par Andrew Murray, « La Vie de Prière » (The Prayer Life) et « S'attendre à Dieu » (Waiting on God). A chaque nouveau chapitre, il me semblait vivre une fraîche révélation pénétrante et de nouvelles expériences dans la prière. Pour le jeune croyant que j'étais, ces écrits m'aidèrent grandement à déterminer et établir ma vie de prière personnelle. Les principes contenus dans ces livres aux pages écornées continuent toujours d'exercer une influence significative sur ma vie de prière et mon ministère. Presque vingt ans après, je commence seulement maintenant à sentir que je comprends véritablement la profondeur des écrits d'Andrew Murray ! La plupart des ouvrages sur la prière vous mènent dans un processus de prière, mais les écrits d'Andrew Murray vous conduisent à la personne de prière : JESUS-CHRIST.

 

Naissance et environnement familial

Andrew Murray naquit le 9 mai 1828 dans un presbytère réformé hollandais à Graaff Reinet, en Afrique du Sud. Ce fut là-bas que son père, le révérend Andrew Murray, senior, exerçait un ministère en faveur des colons hollandais. La maison des Murray était un endroit vibrant et actif, rempli des bruits animés de joie, de prière et d'adoration. Chaque vendredi soir, le père d'Andrew Murray réunissait sa famille et lui lisait des récits émouvants des réveils passés. Il se consacrait alors à son étude et déversait son cœur en prière en vue d'obtenir un réveil en Afrique du Sud. Il procédait ainsi toutes les semaines selon son habitude depuis 1822. Le jeune Murray fut au bénéfice de plusieurs autres exemples merveilleux de zèle et de dévotion chrétiens. Des hommes comme David Livingstone et Robert Moffat séjournaient souvent à la maison quand ils se rendaient sur la côte.

 

William C. Burns

En 1838, à l'âge de dix ans, Andrew quitta sa maison avec son frère John pour faire des études en Ecosse. Ils demeurèrent chez leur oncle, le pasteur John Murray. Durant le printemps 1840, l'oncle présenta les garçons au ministère de réveil William C. Burns. Ce revivaliste renommé laissa une impression profonde et durable dans le cœur du jeune Andrew Murray. Le jeune garçon de 13 ans fut ému lorsque Mr Burns l'invita à prendre sa Bible et son manteau pour se rendre ensemble aux réunions de réveil à Aberdeen. Des années plus tard, Murray pouvait encore se rappeler la puissance de l'influence divine de Burns sur sa vie. Sa sincérité, sa prière fervente, sa prédication pénétrante, tout cela contribua à définir le ministère personnel et l'appel d' Andrew Murray. Souvent, l'influence d'un ministère rempli de l'Esprit appartenant à une génération donnée arrose les semences de la moisson d'une autre génération.

 

Le pasteur Blumhardt

Après avoir obtenu leur diplôme au collège Marischal en 1844, les deux frères se rendirent à Utrecht, en Hollande, en vue d'approfondir leurs études en théologie et en hollandais. A cette époque, la vie religieuse aux Pays-Bas était en déclin et le rationalisme avait miné beaucoup de pupitres et d'instituts de théologie. Un peu comme les frères Wesley avec le Club Saint (Holy Club) à Oxford, John et Andrew se joignirent à un groupe zélé de l'université, nommé « Sechor Dabar » (Souvenez-vous de la Parole).

Là ils trouvèrent des frères qui avaient les mêmes dispositions, une communion chaleureuse et un vrai zèle missionnaire. Lors d'une période de congés scolaires, les deux frères visitèrent l'Allemagne, où ils eurent l'occasion de rencontrer le pasteur Blumhardt. Cet homme remarquable avait été utilisé pour amener le réveil dans la région du Rhein en Allemagne. Le réveil avait été marqué par d'extraordinaires manifestations de délivrance et de guérison des malades par la prière. « Andrew vit de ses propres yeux et dans sa propre époque la progression de l'œuvre de la puissance de Dieu. »

 

Le garçon prédicateur

Les deux frères furent ordonnés à La Haye, au 20e anniversaire d'Andrew, et ils quittèrent peu après le pays pour commencer leur travail en Afrique du Sud. Andrew paraissait à peine plus âgé qu'un enfant quand il retourna la première fois en Afrique. A l'âge de 20 ans, il avait l'air beaucoup plus jeune que son âge. Une fois, il fut rapporté qu'un vieux fermier hollandais avait dit : « Pourquoi nous ont-ils prêté une fille pour nous faire des prêches ? »

Cependant, en dépit de l'apparence de fragilité chez Murray, son endurance et son zèle n'avaient pas de fin. Souvent il partait à cheval pendant des semaines entières pour tenir des réunions avec les Boers (fermiers sud-africains parlant hollandais). Ces fermiers spirituellement affamés venaient de centaines de kilomètres à la ronde, littéralement, pour écouter ce « garçon prédicateur. » Une église temporaire faite de roseaux était érigée, et alors assiégée par des centaines de gros wagons transportant des fermiers hollandais. Ce fut lors de telles aventures dans le ministère que le jeune Murray commença à exprimer le feu et la ferveur si souvent associés à ses écrits classiques sur la prière et la Vie Intérieure.

 

Préparation au réveil

En 1860, Andrew Murray accepta un appel à prendre la charge de pasteur dans une église de Worcester. Son engagement dans l'église coïncida avec un réveil et une conférence missionnaire rassemblant jusqu'à 374 ministères sud-africains. La conférence avait été organisée dans l'objectif spécifique d'encourager à un réveil spirituel et de recruter de nouveaux ouvriers et missionnaires pour les églises réformées hollandaises d'Afrique du Sud. Au début de la conférence, un prospectus fut remis aux participants, qui retraçait les nouvelles du récent réveil en Amérique et en Grande-Bretagne.

Les ministères présents furent fortement encouragés à s'attendre à une action similaire de Dieu en Afrique du Sud et à prier pour cela. Un certain Dr. Robertson parla de leur grand besoin d'avoir un réveil, suivi par le Dr. Adamson qui donna alors un compte-rendu détaillé du récent réveil survenu en Amérique. Andrew Murray Senior tenta de s'adresser aux gens rassemblés, mais en fut incapable, vaincu par le brisement et les larmes. Dans l'ensemble, la conférence fut un grand succès ; elle stimula une nouvelle espérance et la prière parmi les ministères participants. Peu de temps après, de jeunes gens se réunirent à l'église un dimanche soir. Ce fut lors de cette rencontre que l'Esprit du réveil éclata d'une façon inattendue.

La réunion se poursuivait normalement suivant le programme lorsqu'une modeste fille noire de 15 ans se leva pour prier. L'associé de Mr Murray, J. C. deVries, surveillait la réunion de prière et nous donne ci-après un témoignage oculaire de ces événements extraordinaires : « Un certain dimanche soir, il s'était rassemblé dans une petite salle, quelques soixante jeunes gens. J'étais le responsable de la réunion qui commença avec un hymne et un enseignement tiré de la Parole de Dieu, à la suite de quoi je priai.

Trois ou quatre autres annoncèrent une strophe d'un hymne et prièrent, comme d'habitude. C'est alors qu'une fille de couleur d'à peu près 15 ans, au service d'un fermier habitant à proximité, se leva au fond de la salle pour demander si elle aussi pouvait proposer un hymne. Au début j'hésitai, ne sachant pas ce que les gens penseraient, mais de meilleures pensées prirent le dessus, et je répondis :

 

« Oui ». Elle annonça son hymne et pria sur un ton émouvant. Alors qu'elle priait, nous entendîmes, pour ainsi dire, un bruit éloigné, qui se rapprocha de plus en plus, jusqu'à ce que la salle semblât être ébranlée. A l'exception d'une ou deux personnes, toute l'assemblée commença à prier, la plupart à voix audible, mais certains en murmures. Cependant, le bruit que fit le rassemblement devint un bruit assourdissant. Une sensation que je ne peux pas décrire prit possession de moi. »

 

Offensé par le réveil

Pendant que se poursuivait la réunion, Andrew Murray prêchait dans une autre partie de l'église. Il n'était pas présent au début de ces événements. A la fin de la réunion conduite par Andrew Murray, un ancien franchit la porte de la salle où se tenait la réunion de prière, entendit le bruit, y jeta un coup d'œil, et retourna chercher en courant Mr Murray. J. C. deVries retrace avec éclat la réaction de surprise de Mr Murray vis-à-vis des jeunes gens réunis.

« Mr Murray s'avança vers la table près de laquelle je m'étais agenouillé pour prier, me toucha, et me fit comprendre qu'il voulait que je me lève. Il me demanda alors ce qui s'était passé. Je lui racontai tout. C'est alors qu'il s'éloigna d'une petite distance vers le fond de la salle et s'écria aussi fort qu'il le put :  « Peuple, silence ! « Mais les prières continuaient. Au même moment, je m'agenouillai de nouveau. Il m'apparut que si le Seigneur venait nous bénir, il n'était pas convenable que je me tienne debout mais que je devais être à genoux. Mr. Murray s'écria alors une nouvelle fois d'une voix forte. « Peuple, je suis votre ministère, envoyé de Dieu ! Silence ! « Mais il n'y avait aucun moyen d'arrêter le bruit. Personne ne l'entendit, mais tous continuèrent à prier et à supplier Dieu d'avoir miséricorde et de pardonner. Mr. Murray retourna ainsi vers moi et me dit de commencer l'hymne qui commençait par la strophe « Viens en aide à l'âme impuissante qui pleure. » Je le fis. Mais les émotions ne se calmèrent point et la réunion continua derechef dans la prière. Mr. Murray se prépara alors à sortir, en disant :  « Dieu est un Dieu d'ordre, et ici c'est la confusion totale ! « Sur ce, il quitta la salle. »

 

La prière et la puissance du réveil

Les réunions de prière s'organisèrent spontanément chaque soir après cela. L'ordre de ces réunions était habituellement identique chaque fois, bien que personne ne le fixât. Au début, il y avait généralement un grand silence ; aucun effort n'était fait pour provoquer les émotions, mais après la deuxième ou troisième prière, l'assemblée commençait soudainement à crier de concert dans la prière.

Ce n'était pas le moins du monde l'habitude des églises réformées hollandaises à cette époque, et personne ne leur avait jamais enseigné à procéder ainsi. Quelquefois, la réunion continuait jusqu'à trois heures du matin. Et même arrivés à cette heure, certains désiraient rester plus longtemps. Les gens retournaient chez eux au milieu de la nuit, en chantant joyeusement dans les rues. La réunion de prière prit de l'ampleur rapidement et dut être transférée dans un bâtiment scolaire situé dans les environs.

Ce bâtiment finit par s'avérer également trop petit pour contenir toute la foule de chercheurs affamés de Dieu. « Dans des endroits où les gens ne savaient pas ce que c'était que les réunions de prière juste un an plus tôt, ils se plaignaient maintenant de ce que les réunions finissaient une heure en avance ! « Non seulement des réunions de prière hebdomadaires mais également des réunions de prière journalières étaient réclamées par les gens - même au rythme de trois fois par jour - et même parmi les enfants. « Le réveil ébranla toute la campagne. Jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, tous furent affectés de la même façon par le réveil.

« C'était très étonnant de voir que le réveil n'était pas confiné aux villes et villages, mais qu'il était tombé dans des endroits totalement isolés sans contact avec l'extérieur, jusque dans des fermes éloignées, là même où hommes et femmes furent saisis par des émotions qui leur avaient été totalement étrangères quelques semaines voire quelques jours plus tôt. « Les gens furent fréquemment empoignés par une intense conviction. Des hommes forts crièrent d'angoisse tandis que d'autres tombèrent à terre inconscients et durent être transportés hors des réunions. »

 

Tirer enseignement du réveil

J.C. deVries nous expose plus en détail la difficulté qu'eut Mr Murray à accepter ces manifestations comme venant de Dieu. J. C. deVries écrit : « Le premier samedi soir, dans la maison où était aménagée une plus grande salle, Mr. Murray conduisait la réunion. Il lut un passage de l'Ecriture, fit quelques remarques à son sujet, ouvrit le moment de prière, et donna ensuite l'opportunité à d'autres de prier. Pendant la prière qui suivit la sienne, nous entendîmes de nouveau le même bruit venant de loin.

Il s'approchait de plus en plus quand, soudainement, toute l'assemblée fut en prière. Ce soir-là, un étranger s'était tenu debout à la porte du début jusqu'à la fin de la réunion, observant son déroulement. Mr. Murray descendit de la plate-forme et de nouveau, alla d'une personne à une autre dans l'assemblée, tentant de les calmer. L'étranger s'avança alors sur la pointe des pieds depuis la porte, toucha Mr Murray doucement, et dit en anglais : « Je crois que vous êtes le ministre de cette assemblée. Faîtes attention à ce que vous faîtes, car c'est l'Esprit de Dieu qui est à l'œuvre ici. J'arrive tout juste d'Amérique, et c'est exactement ce dont j'ai été témoin là-bas. »

Andrew Murray avait été offensé par l'explosion intense de prière émotionnelle, et cherché sans succès à contrôler et calmer les réunions. Toutefois, après cet incident, il arrêta apparemment d'essayer de malmener le Saint-Esprit. Il apprit à accepter ces soudaines explosions de prière et ces fortes émotions comme une œuvre de Dieu. Son père, Andrew Murray Senior confirma aussi que ces accès d'émotions étaient véritables, et déclara : « Je bénis Dieu d'être en vie pour pouvoir voir de mes propres yeux un tel travail de l'Esprit. « La forte réaction de Mr Murray semble provenir du fait que ces manifestations de réveil particulières dépassaient sa propre expérience personnelle et sa compréhension de la bienséance. Bien qu'il ait prié avec ferveur pour un réveil, étudié des comptes-rendus de réveil et même observé de ses propres yeux une certaine mesure de réveil, il ne réussit pas à anticiper sa propre réaction à la nature surnaturelle d'un réveil dans sa propre église. »

 

Réveil et attentes brisées

Les conceptions de Mr Murray sur le bon ordre dans l'église et celles du Saint-Esprit étaient de toute évidence très différentes. Les attentes brisées, si elles restent non réprimées, peuvent conduire à la confusion, la frustration, et même à la critique sévère. Quand la foule à Jérusalem s'est précipitée pour observer le miracle de la Pentecôte, Actes 2 :6 note que beaucoup parmi les spectateurs étaient « CONFUS ». Ces sentiments de confusion offusquèrent de toute évidence beaucoup, ce qui les emmena plus tard à ridiculiser ouvertement l'œuvre du Saint-Esprit (Actes 2:6-13).

Les nouvelles expériences de réveil de Mr Murray lui enseignèrent en définitive à ne pas juger tout ce qui peut s'apparenter à une situation de confusion en l'attribuant à un manque de bienséance. Il arrive souvent que nous expérimentions de forts sentiments de confusion ou même de frustration quand nous sommes soudainement placés dans un contexte inattendu ou qui ne nous est pas habituel. Chacun de nous a certainement eu l'occasion de lutter contre ces sentiments de confusion ou d'anxiété tout en essayant de trouver ses repères dans une ville ou un pays inconnu.

La source de notre confusion n'était pas un manque de bienséance, mais notre propre manque de familiarité avec les nouveaux environnements et les nouvelles circonstances. Actes 2:6 ne suggère pas que Dieu est l'auteur du désordre et de la confusion ! Au contraire, ce verset sert à nous rappeler que notre sens naturel du protocole et de l'ordre est souvent très différent de l'ordre divin du Ciel qui descend sur terre.

Quand nous nous trouvons soudainement dans un état de surprise ou de confusion devant des événements peu familiers, nous devons nous garder de les rejeter sans réflexion simplement parce qu'elles sont nouvelles à notre expérience personnelle. Seul un cœur ORGUEILLEUX se précipite pour condamner ce qu'il ne comprend pas ! Nous devons examiner attentivement toutes choses selon les Ecritures, plutôt qu'au travers de nos préférences personnelles ou nos traditions. Alors et alors seulement serons-nous capables de retenir ce qui est bon dans les jours qui viennent (1 Thessaloniciens 5:21).

 

Le réveil et la Convention Keswick

Les leçons apprises lors de ce réveil contribuèrent à préparer Andrew Murray à son futur rôle dans l'influent mouvement Keswick. Mr. Murray assista à la Convention Keswick pour la première fois en 1882. En 1885, on lui demanda d'intervenir comme orateur à la fois à la Convention Keswick et à la convention de Northfield. Murray fut chaleureusement reçu à ces conférences et fut plus tard chargé de ramener le mouvement Keswick en Afrique du Sud. La Convention Keswick fut elle-même le fruit indirect de cette merveilleuse période de réveil. Le réveil toucha au moins quatre continents, apportant avec lui une foi et une vision renouvelées pour la sainteté personnelle et la vie de l'Esprit. Ce fut ce message libérateur qui bientôt allait devenir synonyme du ministère personnel d'Andrew Murray.

La naissance de la Convention Keswick unit le Mouvement de Sainteté Européen émergent et, de ce fait, contribua à canaliser le feu et l'énergie de ce qui allait être connu sous le nom du « Troisième Grand Réveil ». Cependant, la Convention Keswick fit plus qu'unir simplement et préserver le fruit qui restait de ce grand réveil. Avec un clair appel à la sainteté personnelle par la foi en Christ, le mouvement Keswick contribua à préparer une nouvelle génération au mouvement suivant de Dieu. Ceux qui assistaient aux conventions étaient toujours encouragés à adopter un mode de vie construit sur la sainteté, l'unité et la prière. A la Convention de Keswick de 1902, 500 chrétiens s'accordèrent pour former des cercles de prière dans les maisons en vue d'obtenir une effusion mondiale du Saint-Esprit.

Le fruit de ces groupes de prière de Keswick fut atteint sans aucun doute au travers du Réveil au Pays de Galles en 1904. R. B. Jones, Jessie Penn-Lewis, et F. B. Myer considérèrent tous que la Convention de Keswick était une des sources cachées du réveil gallois. Par l'intermédiaire de l'enseignement biblique d'hommes comme Andrew Murray, J. Elder Cumming, Evan Hopkins, F. B. Myer et beaucoup d'autres, des milliers d'ouvriers et de missionnaires chrétiens furent remplis de puissance et purifiés pour entrer dans un nouveau millénaire de moisson globale. James Hudson Taylor, A. T. Pierson, Samuel Zwemer et beaucoup d'autres pionniers missionnaires considérèrent la Convention de Keswick comme l'une des meilleures « terres de chasse » pour les meilleures recrues missionnaires. Nous retrouvons ici une fois de plus cette vérité qu'une génération de ministère rempli de l'Esprit arrose souvent la moisson d'une autre génération.

 

Les derniers jours d'Andrew Murray

Le 18 janvier 1917, Andrew Murray rentra dans la Gloire. Il entra dans le Ciel de la même façon qu'il vécut sur la terre, dans la prière et recommandant aux autres de prier. Peu d'hommes ont jamais eu autant d'impact sur les âmes pour la cause d'une vie remplie de l'Esprit que ne le fut Andrew Murray. Il fut indiscutablement l'auteur le plus prolifique dans l'Eglise sur le sujet de la prière et de la Vie Intérieure, ayant publié 240 livres entre 1858 et 1917. Plusieurs de ces livres furent traduits en 15 langues différentes. Peu après que la Société de Littérature Chinoise eut traduit en chinois pour la Chine le livre de Mr Murray « L'Esprit de Christ », on rapporta qu'un réveil éclata dans la Chine intérieure. Aujourd'hui encore, ses écrits continuent de façonner la conception de la prière et de la vie de l'Esprit que possède une multitude de chrétiens assoiffés.

 

Tirer leçon de nos pères !

Andrew Murray fut incontestablement un homme doté de rares dons et d'une perception spirituelle profonde. Néanmoins, il faillit éteindre un véritable réveil. Il avait grandi dans un foyer où son père avait prié fidèlement pour un réveil pendant 30 ans. Pourtant, pendant un temps il s'opposa avec entêtement à la réponse si longtemps attendue aux prières de son père. Jeune garçon, il avait été enchanté du ministère de réveil de William C. Burns, et en Allemagne, il avait été le témoin de ses propres yeux du ministère miraculeux du pasteur Blumhardt.

Malgré cela, quand il fut lui-même confronté aux manifestations du réveil dans sa propre église, il s'y opposa. Je n'écris pas ces choses pour déshonorer la mémoire de l'un de nos pères respectés de la foi, mais plutôt dans le but de poser une question importante et fort à propos aujourd'hui. Si un homme doué comme Andrew Murray a pu se tromper en ne reconnaissant pas l'Esprit du réveil, alors qu'il était en plein milieu d'une préparation au réveil, combien à plus forte raison sommes-nous capables de reproduire la même erreur ? Cette génération de chrétiens doit être disposée à apprendre des expériences, du discernement et des erreurs de nos pères spirituels si nous voulons nous préparer au prochain mouvement de Dieu. Êtes-vous disposé à APPRENDRE ?

Source: The Watchword

 

Livres en français

 

livre1

   livre2   livre3   livre4   livre5   livre6   livre7   livre8

 

Quelques titres traduits en français :

- La Bénédiction de la Pentecôte dans sa plénitude et l'Esprit de Dieu
- Comme Christ : du bonheur de réaliser une vie conforme à celle du Fils de Dieu
- Demeurez en Christ : quelques pensées sur les bienfaits de la communion permanente avec le fils de Dieu
- L'humilité : la beauté de la sainteté
- Le voile déchiré ou La vie chrétienne normale d'après l'épître aux Hébreux
- Jésus guérit les malades ou Guérison selon la Parole de Dieu
- Le secret de la puissance d'en-haut
- La vie intérieure : apprendre à renouveler son âme

 

 

 

 

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