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« Soyez remplis de l’Esprit (Eph 5:18). »
Quelques-uns de mes derniers discours ont roulé sur le sujet de la prière et sur la nécessité de l’esprit de prière, ou sur l’intercession du Saint-Esprit. Il n’y a aucun doute que toutes les fois qu’on insiste, sur la nécessité et l’importance des influences de l’Esprit, les hommes ne soient exposés aux dangers d’abuser de cette doctrine, et de la pervertir à leur propre dommage. Lorsque vous dites par exemple aux pécheurs que jamais ils ne se repentiront que par le Saint-Esprit, ils sont très sujets à entendre par là qu’ils ne peuvent se repentir jusqu’à ce qu’ils sentent opérer le Saint-Esprit, et que, par conséquent, il n’y a jusque-là pour eux aucune obligation de le faire.

Il est souvent difficile de leur faire comprendre que leur «je ne peux pas» consiste dans un défaut de volonté et non dans quelque autre incapacité. De même, lorsque nous disons à des chrétiens qu’ils ont besoin, pour la prière, du secours de l’Esprit, ils sont très enclins à penser qu’ils ne sont point tenus à la prière de la foi jusqu’à ce qu’ils aient senti cette influence de l’Esprit.

Ils ne peuvent comprendre que, dans tous les cas où ils ont un moyen quelconque de s’assurer des intentions de Dieu, ils ne dépendent des secours de l’Esprit pour la prière que par la même raison qui fait que les pécheurs en dépendent pour se repentir. Ils font souvent de leur faiblesse ou de leur espèce d’incapacité une excuse, tandis que toute leur impuissance provient d’un défaut de volonté.

Avant d’en venir à envisager une autre classe de moyens à mettre en œuvre pour un réveil, c’est-à-dire, ceux dont il faut user avec des pécheurs inconvertis, je désire vous montrer que, si vous vivez sans l’Esprit, vous êtes sans excuse. L’obligation de s’acquitter d’un devoir ne repose jamais sur la condition que nous devons, pour nous en acquitter, recevoir l’influence du Saint-Esprit, elle repose simplement sur les pouvoirs moraux que possèdent tous les êtres moraux.

En cette dernière qualité, nous avons le pouvoir d’obéir à Dieu, dès que nous le voulons. Les influences de l’Esprit sont une grâce. Si elles étaient indispensables pour nous rendre capables de remplir nos devoirs, la jouissance de leur secours ne serait plus une grâce, mais un droit. L’Esprit est donné aux chrétiens, non parce qu’ils sont incapables de voir les promesses de Dieu et les raisons qu’ils ont de croire, mais parce que, sans ce secours, ils ne veulent ni voir, ni sentir, ni agir comme ils le devraient. Je me propose donc de vous montrer ce soir d’après notre texte:

 

I. Que des individus peuvent avoir l’Esprit de Dieu, ou être remplis de l’Esprit.

II. Que c’est leur devoir d’être remplis de cet Esprit.

III. Pourquoi ils n’ont pas l’Esprit.

IV. Le péché de ceux qui n’ont pas l’Esprit de Dieu pour les porter à leur devoir et à la prière.

V. Les conséquences de la réception de l’Esprit.

VI. Les conséquences de la privation de l’Esprit.

 

 

I. Des individus peuvent avoir l’Esprit de Dieu, ou être remplis de l’Esprit.

Je vais d’abord montrer que vous pouvez avoir le Saint-Esprit ; non que ce soit un acte de justice de la part de Dieu de vous donner son Esprit, mais parce qu’il l’a promis à ceux qui le lui demandent. « Si donc vous qui êtes mauvais savez bien donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ? » Ainsi donc, si vous demandez le Saint-Esprit, Dieu a promis de vous le donner.

Mais, d’un autre côté, Dieu vous commande de l’avoir. Il dit dans notre texte : « Soyez remplis de l’Esprit. » Quand Dieu nous commande de faire une chose, c’est la preuve la plus puissante que nous pouvons faire cette chose. Commander, de la part de Dieu, équivaut à un serment qu’il ferait que nous sommes capables de faire ce qu’il ordonne. Il n’a pas le droit de commander, à moins que nous n’ayons le pouvoir d’obéir. Supposer le contraire, c’est supposer une tyrannie parfaite.

 

 

II. Je dois montrer secondement que c’est notre devoir d’être remplis de l’Esprit:

1° Parce que vous avez une promesse à cet égard.

2° Parce que Dieu le commande.

3° Parce que c’est essentiel à votre accroissement dans la grâce.

4° Parce que c’est aussi important qu’il l’est pour vous d’être sanctifiés.

5° Et aussi nécessaire qu’il l’est pour vous d’être utiles et de faire du bien dans ce monde.

6° Si vous n’avez pas l’Esprit de Dieu en vous, vous serez un déshonneur pour Dieu ; vous ferez le malheur de l’Eglise ; et à la mort vous irez en enfer.

 

 

III. Pourquoi plusieurs n’ont pas l’Esprit.

Il y a des gens, même parmi ceux qui prétendent avoir quelque piété, qui vous diront : « Je ne sais rien absolument de ce que vous me dites là ; je n’ai jamais fait d’expériences pareilles ; ou la chose n’est pas vraie, ou je suis complètement dans l’erreur. » Il n’y a aucun doute que vous ne soyez complètement dans l’erreur, si vous ne connaissez rien absolument de ce que c’est que l’influence de l’Esprit. Je désire vous présenter un petit nombre de raisons, qui peuvent empêcher, que vous ne soyez remplis de l’Esprit.

 

1° Il se peut que vous meniez une vie hypocrite.

Vos prières ne sont pas sérieuses et sincères ; non-seulement votre religion est une pure affaire d’ostentation, sans que le cœur soit aucunement de la partie, mais vous manquez peut-être aussi de sincérité dans les rapports ordinaires de cette vie avec vos semblables ; et alors vous contristez le Saint-Esprit et vous l’empêchez de demeurer en vous.

Un ministre vivait un jour en pension dans une famille, dont la dame se plaignait continuellement de tristesse et d’abattement. Un jour quelques dames vinrent lui faire visite, elle se mit à leur dire qu’elle était très offensée de ne les avoir pas vues venir plus tôt ; elle les presse de rester, et de passer chez elle tout le reste du jour, en ajoutant qu’elle ne pouvait absolument consentir à les laisser aller.

Cependant ces dames s’excusèrent et se retirèrent. Pas plutôt elles étaient parties, que la maîtresse dit à sa domestique qu’elle s’étonnait que ces gens eussent assez peu de bon sens pour venir continuellement la déranger et lui prendre son temps. Le ministre qui l’entendit, la reprit aussitôt et lui dit qu’elle pouvait voir maintenant pourquoi elle n’éprouvait nullement des consolations religieuses : C’est qu’elle était dans l’habitude journalière d’un défaut de sincérité qui équivalait au mensonge le plus positif. Comment l’Esprit de vérité aurait-il pu demeurer dans un cœur pareil ?

 

2° D’autres ont un tel esprit de légèreté, que l’Esprit ne veut pas demeurer en eux.

L’Esprit de Dieu est solennel et sérieux, et ne peut demeurer à côté de l’étourderie.

 

3° D’autres sont orgueilleux ou vains.

Ils tiennent à leur propre sens ou à des vêtements, au luxe, à des équipages, à la mode ; il n’est point étonnant qu’ils ne soient pas remplis de l’Esprit de Dieu. Et cependant l’on voit des personnes de ce genre ne pouvoir pas concevoir pourquoi elles sont privées des joies religieuses !

 

4° D’autres aiment le monde ou sont rongés par l’amour des richesses.

Or, comment l’Esprit de Dieu pourrait-il demeurer chez des hommes dont toutes les pensées portent sur les objets de cette vie, et dont toutes les puissances s’emploient à se procurer des richesses ? Ces hommes se cramponnent à ce qu’ils ont acquis, et se refusent d’obéir à leur conscience quand elle les presse de faire quelque sacrifice pour la conversion du monde.

Ils marchanderont et lésineront jusqu’au dernier sou avec un pauvre malheureux qui leur aura fait quelque ouvrage ; et s’ils sont plus libéraux dans de grandes affaires, ce ne sera encore que par calcul. Le pauvre méprisé et sans puissance, un cultivateur, un artisan, un petit marchand, un domestique, sera l’objet de leur avarice, jusqu’à la dernière pite, quelle que soit la valeur du travail dont il s’agit, et ils prétendront qu’il leur est impossible de le payer davantage.

Et s’ils en usent autrement avec des personnes de leur rang, c’est qu’ils savent que la chose nuirait à leur réputation. Mais Dieu voit toutes ces œuvres, et il inscrit dans ses livres que ces gens sont des avares, malhonnêtes dans leur conduite avec le pauvre, et qu’ils ne font le bien que lorsqu’ils y trouvent leur intérêt. Comment de tels hommes recevraient-ils l’Esprit de Dieu ?

Il y a une multitude de choses pareilles par lesquelles on contriste l’Esprit. Les gens les appellent de petits péchés, mais non pas Dieu. J’ai été frappé de cette pensée en lisant un avis dans un journal religieux. Le rédacteur disait qu’il avait dans les mains des souscripteurs quelques milliers de dollars qui lui étaient justement dûs, mais qu’il lui coûterait la même somme pour envoyer recueillir toutes ces petites dettes par un agent.

Je pense qu’il en est de même de beaucoup d’autres journaux religieux ; c’est-à-dire que les souscripteurs donnent au rédacteur la peine et la dépense d’envoyer recueillir ce qu’ils lui doivent ; ou qu’ils le trompent d’autant. Je ne doute pas qu’il n’y ait des milliers de dollars retenus de cette manière par des gens qui se prétendent religieux.

Chacun d’eux pense que c’est une trop petite somme pour s’en occuper beaucoup ; ou bien encore ils jugent qu’ils sont trop loin pour qu’on puisse les poursuivre en justice... Et de pareilles gens prieront, prendront des airs de piété, et s’étonneront de n’avoir pas l’Esprit de Dieu, et de ne pas éprouver de jouissances religieuses ! Un relâchement pareil dans les principes moraux, ce défaut de scrupule dans les petites choses sont extrêmement répandus dans l’Eglise et repoussent l’Esprit saint en le contristant. Dieu ne voudra jamais demeurer dans des cœurs et avoir communion avec des personnes qui trompent leurs semblables quand elles le peuvent sans danger.

 

5° D’autres ne confessent pas pleinement et n’abandonnent pas leurs péchés.

Ceux-là non plus ne peuvent jouir de la présence de l’Esprit. Ils conviendront de leurs péchés en général peut-être ; ou bien ils en avoueront quelques-uns plus particulièrement ; mais seulement quelques-uns ; et encore avec réserve, avec orgueil, avec précaution, comme s’ils avaient peur d’en dire plus qu’il ne faut.

Je parle en particulier des cas où l’on confesse des torts qu’on a faits à autrui. Les hommes que j’ai en vue, au lieu de confesser leurs péchés avec franchise et plénitude, le font comme si on leur arrachait les paroles et en marchandant avec leur conscience. S’ils ont fait tort à quelqu’un, ils lui feront une réparation partielle, dure, hypocrite, puis ils diront : « Maintenant, mon frère, êtes-vous satisfait ? » Or, vous savez qu’on n’aime pas être exigeant dans des cas pareils, même quand la réparation n’est point partie du cœur ; et, je vous le dis, Dieu n’est pas satisfait.

Il sait si vous avez rempli la mesure d’une honnête confession et pris sur vous tout le blâme que vous méritez ; ou si vos aveux ont été forcés et comme arrachés. Croyez-vous que vous pourrez tromper Dieu ? « Celui qui couvre ses péchés ne prospérera point, mais quiconque les confesse et les abandonne trouvera miséricorde. Celui qui s’abaisse sera élevé. » A moins de vous humilier à fond et de confesser vos péchés de bonne foi, et de réparer pleinement le tort que vous avez pu faire, vous n’avez aucun droit à vous attendre à recevoir l’Esprit de prière.

 

6° D’autres négligent quelque devoir connu.

Et ne prie pas dans sa famille, quoiqu’il sache bien qu’il devrait le faire. C’est en vain qu’il s’efforcera d’obtenir l’Esprit de prière. Il y a plus d’un jeune homme qui sent en son cœur qu’il devrait se préparer pour le saint ministère, et qui ne reçoit pas l’Esprit de prière, parce qu’il y a quelque objet temporel qui préoccupe ses pensées et qui l’empêche de se dévouer à l’œuvre.

Il a connu son devoir ; il refuse de le faire ; puis il demande les directions de l’Esprit de Dieu, mais ne les recevra pas. Tel autre a négligé de professer publiquement sa foi ; il sait ce qu’il devrait faire mais il refuse de se joindre à un troupeau. Il avait précédemment l’Esprit de prière, mais en négligeant son devoir il a contristé et éloigné l’Esprit.

Puis, il pense maintenant, que s’il pouvait retrouver la lumière de la face de Dieu et le témoignage céleste, il ferait son devoir et se joindrait à l’Eglise. Et voilà comment il prie et prie encore, tâchant d’amener Dieu à ses conditions. Mais aussi longtemps que vous en serez là, vous ne devez pas vous y attendre. Vous vivrez et mourrez dans les ténèbres, à moins de prendre votre parti de faire d’abord votre devoir, et de le faire avant que Dieu se montre à vous comme réconcilié. Vous pourriez mourir avant de recevoir la grâce si vous refusez d’obéir.

J’ai connu des femmes qui sentaient qu’elles auraient dû parler à leurs maris inconvertis et prier avec eux; mais elles ont négligé ce devoir, et ainsi elles restent dans l’obscurité. En tournant la difficulté qu’elles auraient dû surmonter, elles ont perdu l’Esprit de prière.

Si vous avez négligé quelque devoir qui vous soit connu, et ainsi perdu l’Esprit de prière, il vous faut commencer par fléchir. Dieu a un procès avec vous ; vous avez refusé de lui obéir ; vous devez vous rétracter. Peut-être avez-vous oublié la chose, mais non pas Dieu, et vous devez travailler sur votre mémoire pour vous en souvenir et pour réparer votre faute.

Jamais Dieu ne vous accordera son Esprit jusqu’à ce que vous ayez fait ce pas. Si j’avais maintenant des yeux qui vissent toutes choses, je pourrais appeler par leur nom ceux des membres de cette congrégation qui ont négligé quelque devoir qui leur était connu,. ou commis quelque péché dont ils ne se sont pas repentis, et qui maintenant demandent l’Esprit de prière et ne peuvent réussir à l’obtenir.

Je veux vous raconter un trait pour expliquer cette pensée importante. Un brave homme de l’ouest de cet Etat avait longtemps servi dans l’œuvre de Dieu, et avait coutume de porter la parole dans son église où le sommeil spirituel s’était introduit. Peu à peu cette église s’offensa de ses avis, et quelques-uns le prièrent de les laisser tranquilles, disant qu’également il ne leur faisait aucun bien.

Il les prit au mot, et tous s’enfoncèrent dans le sommeil pour deux ou trois ans. Alors cependant il vint un ministre qui ramena dans l’église un commencement de réveil. Mais le vieux chrétien semblait avoir perdu sa spiritualité. Il avait été toujours en avant pour toutes les bonnes œuvres, et maintenant il restait immobile. Chacun en était étonné.

A la fin, comme il rentrait un soir chez lui, sa véritable position se présenta à lui dans tout son jour ; et il se trouva pour quelques minutes plongé dans un profond désespoir. Ses pensées se reportèrent sur la parti coupable qu’il avait pris de laisser l’église marcher tranquillement dans ses péchés. Il lui parut qu’aucun langage ne pouvait décrire la noirceur de son action.

Il comprit, dans ce moment, ce que c’était que d’être perdu et d’être en lutte avec Dieu, il vit que c’était un mauvais esprit qui lui avait inspiré sa résolution, le même esprit que Moïse avait en vue en s’écriant : « Rebelles ! » Il s’humilia sur le champ et Dieu versa de nouveau sur lui son Esprit.

Peut-être quelques-uns de ceux qui m’entendent sont-ils dans la même position ; ou peut-être avez-vous dit à quelqu’un quelque parole malhonnête ou offensante ; peut-être quelque dureté à une domestique chrétienne ; peut-être avez-vous médit de quelque ministre ou de quelque autre personne ; ou bien vous vous serez irrité de ce qu’on n’avait pas eu égard à vos avis ou de ce qu’on vous avait manqué de respect.

Cherchez avec soin cet interdit caché dans votre cœur, et que peut-être vous avez oublié. Je le répète, Dieu s’en souvient, et il ne vous pardonnera jamais votre conduite peu chrétienne, jusqu’à ce que vous vous soyez repentis ; Dieu ne peut l’oublier, et ce serait fâcheux s’il le faisait. A quoi servirait qu’il vous pardonnât, quand le péché continue de pousser des racines dans votre cœur et de l’empoisonner ?

 

7° Peut-être avez-vous résisté à l’Esprit de Dieu.

Peut-être même êtes-vous dans l’habitude de lui résister. Vous aurez entendu quelque prédication qui voua atteignait, et vous vous serez raidis contre l’avis. Il y a bien des gens qui aiment une prédication claire et sévère, aussi longtemps qu’elle ne les touche pas. Un caractère misanthrope peut trouver quelque plaisir à entendre faire des reproches à d’autres ; mais les mêmes gens s’irritent lorsque la prédication les atteint eux-mêmes, et ils crient à la personnalité. Est-ce votre cas ?

 

8° Le fait est probablement qu’à tout prendre, vous ne désirez pas recevoir le Saint-Esprit.

Car c’est vrai, dans tout les cas où cet Esprit semble refusé à nos prières. Ce que je vous dis là vous étonne peut-être ; mais comprenez-moi bien. Rien n’est plus commun que de voir les hommes désirer, sous quelque rapport, une chose, qu’à tout prendre, ils ne désirent pas. Une personne voit dans un magasin un objet qu’elle aimerait acheter ; elle y entre ; elle demande le prix ; elle réfléchit un peu ; puis elle ne l’achète pas.

Elle aimerait avoir cet objet ; mais elle n’en aime pas le prix, ou elle ne veut pas faire de dépense ; et en résultat elle renonce à l’emplette. C’est ainsi que bien des gens peuvent désirer, sous quelque rapport, recevoir l’Esprit de Dieu ; car on sait qu’il apporte au cœur de la joie et de la consolation. Si vous avez éprouvé précédemment ce que c’est que d’être en communion avec Dieu, quelles profondes douceurs sont cachées dans une vive repentance, la joie que l’âme éprouve à être remplie de l’Esprit, vous ne pouvez vous empêcher de désirer le retour de ce bonheur.

Vous vous mettrez donc peut-être à le rechercher de nouveau par la prière et à demander un réveil. Mais ce même réveil aura aussi ses inconvénients ; vous avez trop d’occupations pour pouvoir y prendre part ; ou bien il demandera trop de sacrifices ; il y a des choses que vous ne voudriez pas abandonner.

Si vous persévériez à demander que l’Esprit vînt habiter en vous, il vous faudrait mener une autre vie, abandonner le monde, quitter de mauvaises connaissances et confesser vos péchés; et ainsi, à tout prendre, vous ne désirez pas de recevoir le Saint-Esprit, à moins qu’il ne vous laisse persévérer dans votre genre de vie, ce qu’il ne fera jamais.

 

9° Peut-être ne demandez-vous pas ce Saint-Esprit.

Ou bien que vous priez et n’usez pas des autres moyens qui doivent lui ouvrir l’entrée de vos cœurs, peut-être faites-vous à côté de vos prières des choses qui vont en sens contraire: ou qu’après avoir déjà obtenu quelques-unes de ses influences, vous le contristez en ne marchant pas avec lui.

 

 

IV. Je veux montrer maintenant le péché de ceux qui n’ont pas l’Esprit de Dieu.

1° Votre péché est précisément aussi grand que l’autorité de Dieu.

 

Puisque Dieu vous commande d’être remplis de cet Esprit. Lui désobéir sous ce rapport est une chose aussi coupable que de jurer d’une manière profane, ou de voler, ou de commettre adultère, ou de violer le sabbat. Pensez à ce que je vous dis là ; et voyez combien de personnes cependant ne se font aucun reproche de n’avoir pas l’Esprit de Dieu. On se croit bon chrétien parce qu’on va à des assemblées de prière, parce qu’on prend la cène, et qu’on fait d’autres choses semblables, quoiqu’on vive une année après l’autre sans l’Esprit de Dieu.

 

Vous convenez tous qu’un meurtrier ou un voleur n’est pas un chrétien, parce qu’il vit dans une désobéissance habituelle envers Dieu. Vous n’avez aucune communion avec un jureur ; vous ne conviendrez point avec lui que son cœur soit droit et que les mots ne soient que des mots ; vous seriez scandalisés de voir traiter un pareil homme comme un membre effectif de l’Eglise ; et cependant des hommes de ce genre ne sont pas d’un cheveu plus coupables de désobéissance envers Dieu, que vous qui vivez sans l’esprit de prière et hors de la présence de Dieu.

 

2° Pour avoir la mesure de votre péché, vous devez calculer tout le bien que vous pourriez faire si vous aviez l’Esprit de Dieu en aussi grande mesure qu’il est de votre devoir de l’avoir et que vous pourriez l’avoir.

Anciens de cette Eglise et autres personnes employées à son service, que de bien vous feriez si vous aviez l’Esprit ! Et vous, directeurs des écoles du Dimanche, et vous tous membres du troupeau, quelle immensité de bien ne feriez-vous pas si vous étiez remplis de l’Esprit ? Si vous ne l’êtes pas, votre péché est donc aussi grand que tout ce bien que vous auriez pu faire. Voici une bénédiction qui vous est promise, et vous pourriez l’obtenir en faisant votre devoir, ainsi vous êtes entièrement responsables de tout ce bien envers l’Eglise et envers Dieu.

 

3° Votre tort peut encore se mesurer par tout le mal que vous faites pour n’avoir pas reçu l’Esprit de Dieu.

Vous êtes un déshonneur pour la religion, et un scandale pour l’Eglise et le monde. Votre tort est encore augmenté par toute l’influence que vous exercez sous divers rapports, et cela se verra au jour du jugement.

 

 

V. Conséquences de la possession du Saint-Esprit.

1° On vous appellera excentriques, exagérés.

Et probablement vous mériterez ces épithètes ; probablement vous serez excentriques en effet. Je n’ai jamais connu une personne remplie de l’Esprit qui ne fût accusée d’être excentrique, enthousiaste, désordonnée ; et la raison en est que ceux qui ont l’Esprit de Dieu diffèrent effectivement de tous les autres hommes.

C’est là le véritable terme de comparaison. Il n’est donc pas étonnant qu’un homme rempli de l’Esprit apparaisse extraordinaire. Il agit sous d’autres influences, il a d’autres vues, il se conduit par d’autres motifs, il est dirigé par un autre esprit que le reste des hommes. Vous devez donc vous attendre à des observations de ce genre.

Que de fois j’ai entendu dire de telles et telles personnes : « C’est un brave homme, mais il est un peu exalté. » Quelquefois j’ai demandé des détails sur cette exaltation, pour savoir en quoi elle consistait ; et en faisant le catalogue des accusations, j’ai vu que le tout revenait à être un homme spirituel. Préparez-vous donc à des accusations de ce genre ; il y a une exaltation (un méthodisme) affectée, Dieu nous en garde ; mais il y a aussi un état de l’âme où le fidèle est rempli de l’Esprit de Dieu au point de paraître étrange, extraordinaire aux yeux de tous ceux qui ne comprennent pas sa conduite, (On appartient au peuple particulier. Tit 2:14)

 

2° Si vous avez l’Esprit de Dieu en abondance, il est assez probable que plusieurs vous jugeront fous.

Nous jugeons les hommes tels quand ils agissent d’une manière différente de ce qui nous paraît être prudent et conforme au bon sens, ou quand ils arrivent à des conclusions pour lesquelles nous ne voyons pas de raisons suffisantes. Paul fut accusé d’être fou par ceux qui ne comprenaient pas les vues en vertu desquelles il agissait.

Aucun doute que Festus ne jugeât que cet homme ait perdu la tête à force d’études ou de savoir. Mais Paul lui dit: «Je ne suis pas fou, très excellent Festus.» Il passait donc pour extravagant. Mais le fait est qu’il voyait son grand sujet avec une telle clarté, qu’il y mettait toute son âme. Une foule de gens ont paru désordonnés à. ceux qui n’avaient point de spiritualité, parce que Dieu dirigeait l’esprit des premiers d’une manière que les autres ne pouvaient comprendre. Préparez-vous donc à tout ceci; et d’autant plus que vous vivez plus au-dessus du monde et que vous marcherez plus avec Dieu.

 

3° Si vous avez l’Esprit de Dieu, il faut vous attendre à éprouver les grandes angoisses pour l’amour de l’Eglise et pour l’amour du monde.

Quelques épicuriens spirituels demandent l’Esprit, parce qu’ils se figurent que cette grâce leur procurera un bonheur sans nuage et une vie sans chagrin. Mais il n’y a jamais eu de plus grave erreur. Lisez vos Bibles, et voyez comment les prophètes et les apôtres ont continuellement soupiré et souffert en vue de l’Eglise et du monde.

L’apôtre Paul dit qu’il portait toujours en son corps la mort du Seigneur Jésus. « Je proteste, dit-il, que je meurs de jour en jour. » On sait alors ce que c’est que de sympathiser (souffrir) avec le Seigneur Jésus, et d’être baptisé du baptême dont il fut baptisé ; quelle était son agonie pour les pêcheurs !

Dans quel travail d’enfantement était son âme pour le salut, plus vous aurez de son Esprit, plus vous verrez clairement la triste condition des pécheurs, et plus vous éprouverez la détresse à leur égard. Il pourra vous sembler quelquefois que la vie n’est plus supportable devant leur infortune.

 

4° Souvent vous serez affligés de l’état des ministres de la Parole.

Il y a quelques années que je vis une femme qui appartenait à l’une des Eglises de cette ville. Je lui demandai quel était ici l’état de la religion. Elle paraissait répugner à en parler beaucoup ; elle fit quelques remarques générales ; puis, comme suffoquée, et les yeux pleins de larmes, elle ajouta : « Oh ! L’esprit de nos ministres semble enveloppé de profondes ténèbres ! »

Souvent des chrétiens vraiment spirituels éprouvent un sentiment tout semblable, et répandent à cette pensée des larmes amères. Oui, j’ai vu souvent des chrétiens pleurer et soupirer ainsi en secret au sujet des ténèbres qui couvrent l’esprit des ministres, à la vue de leur amour du inonde et de la crainte qu’ils ont des hommes.

Mais ils n’osaient en parler, de peur d’être dénoncés, menacés, et peut-être exclus du troupeau. Je ne dis point ces choses pour faire des reproches à mes collègues, mais parce qu’elles sont vraies ; et il importe que les ministres sachent qu’il n’y a rien de plus commun parmi les vrais chrétiens qu’un sentiment de douleur et de détresse à la vue de la décadence où se trouve le ministère.

 

Je ne voudrais éveiller aucun sentiment pénible contre les ministres ; mais il est temps qu’on sache que des âmes amenées à la vraie connaissance de l’Evangile, et qui commencent à sentir la flamme de la joie et de l’amour de Jésus, trouvent souvent que leurs pasteurs n’entrent pas dans leurs sentiments et sont bien inférieurs, quant à la spiritualité, à plusieurs des membres de leur église. C’est un des maux les plus marquants et les plus lamentables de nos jours. La piété des pasteurs, même dans les cas où elle est réelle, est en général tellement superficielle, qu’ils ne peuvent sympathiser avec la portion plus spirituelle de leur troupeau. Leur prédication ne répond pas aux besoins des âmes avancées ; elle ne les nourrit pas ; elle n’est pas d’accord avec leurs expériences.

 

Ces ministres n’ont pas assez de profondeur pour savoir sonder et réveiller l’Eglise, pour soulager ceux qui sont dans la tentation, pour soutenir les faibles, pour diriger les forts et pour les conduire à travers tous les labyrinthes et les pièges par lesquels leurs pas peuvent être entravés. Quant un ministre en est venu à conduire une église aussi loin que le comporte sa propre expérience dans les choses spirituelles, il est forcé de s’arrêter ; et jusqu’à ce qu’il ait fait de nouvelles expériences, qu’il se soit reconverti, que son cœur soit de nouveau brisé, et qu’il ait fait de nouveaux pas dans la vie divine, il ne sera plus d’aucun secours à ses auditeurs.

Il peut prêcher la saine doctrine, car un homme inconverti peut en faire autant. Mais, après tout, sa prédication manquera de ce perçant qui s’attaque aux consciences, de cette portée pratique et de cette onction qui seules peuvent atteindre un chrétien spirituel.

C’est un fait sur lequel gémit l’Eglise, c’est que la piété des étudiants souffre tellement dans le cours de leur éducation, que lorsqu’ils entrent dans le saint ministère, quelles que puissent être d’ailleurs leurs connaissances intellectuelles, ils ne sont, quant à la spiritualité, que de pauvres et faibles enfants. Bien loin de pouvoir entreprendre de nourrir l’Eglise de Christ, ils ont encore besoin d’être nourris et allaités.

 

5° Si vous avez une grande mesure de l’Esprit de Dieu, il faut vous attendre à beaucoup d’opposition.

Soit de la part de l’Eglise, soit de la part du monde ; et il est très probable que vous trouverez en tête des opposants les hommes les plus influents du troupeau. Il y a toujours eu de l’opposition dans l’Eglise ; il en était ainsi du temps de Christ ; si vous êtes beaucoup au-dessus de l’état spirituel du reste du troupeau, le troupeau même s’opposera à vous. « Si quelqu’un peut vivre selon la piété qui est en Christ, il doit s’attendre à la persécution, » et ainsi, si vous êtes rempli de l’Esprit de Christ, votre église même, ses anciens et son pasteur, pourront s’opposer à vous.

 

6° Dans le même cas vous devez vous attendre à des luttes fréquentes et acharnées contre Satan.

Satan a très peu de peine avec les chrétiens qui manquent de spiritualité et qui sont tièdes, lâches, paresseux et mondains. Ceux-là ne savent ce que c’est que des combats spirituels. Peut-être qu’ils souriront si vous leur en parlez ; et de cette manière le diable les laisse tranquilles. Ils ne le troublent pas, lui le leur rend. Le diable sait, au contraire, que les chrétiens spirituels lui causent un grand dommage, et c’est pour cela qu’il s’élève contre eux ; il leur suscite des tentations dont ils n’avaient jamais eu la pensée auparavant, des pensées blasphématoires, des idées d’athéisme, d’infidélité, de dépravation et autres semblables.

 

7° Avec vous-mêmes aussi vous aurez des luttes plus violentes qu’auparavant.

Vous trouverez quelquefois que votre corruption élève des oppositions étranges contre le Saint Esprit. « La chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair. » Souvent cette corruption se montre avec une puissance qui jette le chrétien dans la consternation. Un pasteur me racontait que l’un des commodores des Etats-Unis, membre de son troupeau, homme spirituel, avait eu à soutenir contre des tentations intérieures des luttes telles, qu’il passait une grande partie de la nuit couché sur le plancher, dans les gémissements et dans la prière.

Il semblait que le diable fût résolu de le perdre, et que pour le moment le propre cœur de cet homme fût ligué avec son ennemi.

 

8° Mais, au milieu de tout cela, vous aurez aussi la paix avec Dieu.

Si l’Eglise même, les pécheurs et le diable s’opposent à vous, il y en aura un avec lequel vous serez en paix. Souvenez-vous-en, vous qui êtes appelés à des épreuves, à des conflits et à des tentations ; vous qui gémissez et priez, et pleurez et rompez vos cœurs. Votre paix, pour autant qu’il s’agisse de vos dispositions envers Dieu, votre paix sera semblable à un fleuve.

 

9° Vous aurez pareillement la paix de la conscience.

Si vous êtes conduits par l’Esprit vous ne serez pas continuellement aiguillonnés et torturés par des reproches intérieurs ; votre conscience sera calme comme un lac dont la surface n’est ridée par aucun souffle.

 

10° Si vous êtes remplis de l’Esprit, votre vie sera utile ; elle le sera nécessairement.

Lors même que vous seriez malade et incapable de sortir de votre chambre, ou de converser, ou de voir qui que ce soit, vous seriez incomparablement plus utile qu’une centaine de ces chrétiens vulgaires destitués de toute spiritualité. Un pauvre homme de notre contrée était malade de consomption depuis plusieurs années ; mais il était chrétien.

Un négociant inconverti de son endroit, mais compatissant, avait coutume de lui envoyer de temps en temps quelque chose pour le soulager, lui ou sa famille. Le malade reconnaissant, mais incapable de le lui témoigner à la manière des hommes, finit par comprendre que ce qu’il pouvait faire de mieux était de prier pour le salut de son bienfaiteur. Il se mit donc à prier ; sa prière devint toujours plus ardente et il s’empara pour ainsi dire de la main de Dieu.

Il n’y avait pas de réveil en cet endroit ; mais, à l’étonnement de tout le monde, le marchand inclina peu à peu vers l’Evangile ; le feu se répandit dans tout l’endroit ; il y eut bientôt un réveil puissant; et une multitude de personnes furent sauvées. Le pauvre homme languit de cette manière pendant quelques années et mourut.

Je visitai alors son endroit, et sa veuve me montra son journal. Ce chrétien y disait entre autres : « Je suis en relation avec environ trente ministres et autant d’églises. » Il avait ensuite mis à part certaines heures du jour et de la semaine pour prier pour chacun de ces ministres et pour leurs églises. Il avait aussi marqué certains moments pour prier en faveur de différentes stations missionnaires. Puis suivaient, sous différentes dates, des phrases comme celle-ci :

« Aujourd’hui j’ai pu faire la prière de la foi, pour que Dieu répande l’Esprit sur l’église ; et j’espère en Dieu qu’elle aura « bientôt un réveil. » Sous une autre date : « J’ai pu offrir aujourd’hui la prière de la foi pour (telle et telle) église, et j’espère qu’il y aura bientôt un réveil. » Quant aux postes missionnaires, si je m’en souviens bien, il mentionnait en particulier la mission de Ceylan, et je crois que le dernier endroit dont il se souvint dans son journal, selon la prière de la foi, fut l’endroit dans lequel il vivait.

Peu de temps après qu’il eût noté ces choses dans son journal, le réveil commença et se répandit dans le pays, si je ne me trompe, approchant ou même absolument dans l’ordre des lieux qu’il avait mentionnés dans son journal ; et au bout du temps nécessaire, pour le trajet des nouvelles, on apprit qu’il y avait un réveil à Ceylan.

Quant au réveil dans sa propre ville, il ne commença qu’après sa mort. Sa femme me dit qu’il priait pendant sa maladie avec une telle ferveur, qu’elle craignait souvent qu’il ne hâtât ainsi sa mort. Le réveil fut extrêmement grand et puissant dans toute la contrée, et le fait de sa proximité n’avait pas été caché à ce serviteur de Dieu, car, selon l’Ecriture, « le secret de l’Eternel est avec ceux qui le craignent ».

Voilà comment cet homme, trop faible pour sortir de sa maison, fut cependant plus utile au monde et à l’Eglise de Dieu, que tous les chrétiens sans cœur qui couvraient le pays. Se tenant entre Dieu et les désolations de Sion, et répandant son cœur dans la prière de la foi, il fut maître ou prince, comme dit l’Ecriture, et il eut pouvoir sur Dieu.

 

11° Si vous êtes remplis du Saint-Esprit, vous ne vous trouverez pas angoissés, irrités ou vexés, lorsqu’on parlera contre vous.

 

Quand je vois des personnes s’agiter ou s’impatienter pour quelque bagatelle qui les concerne, je suis sûr qu’elles n’ont pas l’Esprit de Dieu. On pouvait dire contre Jésus-Christ tout ce que la malice peut inventer sans qu’il en fût troublé le moins du monde. Si vous voulez être doux sous la persécution et présenter une copie du caractère de Jésus et honorer ainsi la religion, il vous faut être rempli de l’Esprit.

 

12° Si l’Esprit de Dieu est en vous, vous serez sages dans l’emploi des moyens que vous emploierez pour la conversion des pécheurs.

Sans cet Esprit, personne n’aura la sagesse convenable pour préparer et seconder un réveil ; sans cet Esprit on fera des folies et on ne réussira à rien. Mais un homme conduit par l’Esprit de Dieu saura faire toute chose en son temps et de manière à obtenir le plus grand résultat possible.

 

13° Vous serez calmes dans l’affliction.

Et quand vous verrez la tempête arriver sur vous, vous n’en serez point troublés ni consternés ; les gens qui vous entourent seront étonnés de votre paix et de votre sérénité au milieu des épreuves, parce qu’ils ne connaîtront pas les consolations intérieures dont jouissent ceux qui sont remplis de l’Esprit.

 

14° Vous serez résignés et même joyeux dans la mort.

Vous serez toujours prêts pour sa rencontre ; et après la mort vous serez proportionnellement heureux pour toujours dans le ciel.

 

 

VI. Conséquences résultant du fait qu’une âme n’est pas remplie de l’Esprit.

1° Vous douterez souvent, et avec raison, de votre qualité de chrétiens.

Les enfants de Dieu sont conduits par l’Esprit de Dieu ; or, si vous n’êtes pas conduits par cet Esprit, quelle raison avez-vous de croire que vous êtes ses enfants ? Sans doute vous tâcherez d’amasser quelques petites preuves à cet égard, et donner quelques coussins à vos espérances. Mais vous ne le pourrez, à moins que votre conscience ne soit cautérisée comme avec un fer rouge. Vous ne pourrez vous empêcher de retomber souvent dans le doute et dans l’incertitude la plus pénible concernant votre état.

 

2° Vous serez toujours chancelants dans vos vues au sujet de la prière de la foi.

Cette prière est quelque chose de si spirituel, c’est tellement une chose d’expérience et non de spéculation, qu’à moins d’être spirituels vous-mêmes, vous n’en aurez que des idées confuses. Vous pourrez dire beaucoup de choses à ce sujet, et pour un temps vous croire convaincus ; mais jamais vous ne serez affermis de manière à retenir toujours sur ce point la même attitude ; puis, au bout de quelque temps, vous vous verrez replongés dans le doute.

J’ai connu dans ce genre un fait frappant. Un vrai chrétien, ministre de l’Evangile, me disait : « Quand j’ai l’Esprit de Dieu et que je jouis de sa présence, je crois fermement à la prière de la foi ; mais, quand je ne l’ai pas, je me trouve rempli de doutes sur cette question, et mon esprit est plein d’objections. »

Je sais, par ma propre expérience, ce qu’il en est; et, lorsque j’entends des personnes élever des difficultés sur les vues que je vous ai présentées à ce sujet dans mes derniers discours, je comprends parfaitement qu’elles puissent être embarrassées ; et j’ai souvent trouvé qu’aussi longtemps qu’elles étaient loin de Dieu, il était impossible de satisfaire leur intelligence, tandis qu’elles auraient tout compris sans aucun raisonnement si elles avaient fait l’expérience de la chose.

 

3° Si vous n’avez pas l’Esprit, vous serez disposé à vous scandaliser de ceux qui l’ont, ou vous douterez de la convenance de leur conduite.

S’ils paraissent sentir beaucoup plus vivement que vous, vous appellerez tout cela peut-être des émotions animales ; et peut-être douterez-vous de la sincérité de leurs démonstrations. « Je ne sais, » direz-vous peut-être, « que faire de tel ou tel. Il semble être très pieux ; mais je ne le comprends pas ; et il me semble qu’il s’appuie trop sur des sensations ; » et ainsi vous chercherez à censurer des hommes pieux pour vous justifier vous-mêmes.

 

4° Vous jouirez d’une bonne réputation auprès des pécheurs impénitents et des chrétiens charnels.

Ils vous loueront comme étant des chrétiens raisonnables, sobres et d’une sage orthodoxie. Vous serez bons pour marcher avec ces gens, car vous serez d’accord avec eux.

 

5° Vous craindrez vivement le fanatisme; et, dès qu’il y aura quelque tendance à un réveil, vous serez dans l’inquiétude et dans la peur des excès.

 

6° Vous serez troublés à la vue de tous les moyens particuliers et directs qu’on emploiera pour favoriser un réveil.

Vous crierez aux innovations ; et, pendant que le ciel entier se réjouira de voir prendre des mesures salutaires pour le salut des âmes, vous serez décontenancés et effrayés de ce qui se passera, parce que votre aveuglement vous en cachera la convenance.

 

7° Vous serez un opprobre pour la religion.

Les impénitents vous loueront quelquefois, parce que vous leur ressemblerez ; et, d’autres fois ils se moqueront de vous comme d’un hypocrite.

 

8° Vous n’aurez que peu de connaissance de l’Ecriture.

 

9° Si vous mourez sans avoir l’Esprit, vous prouverez que vous vous étiez séduit vous-même ou que vous avez vécu dans l’hypocrisie, et vous tomberez en enfer; il n’y a aucun doute là-dessus.

 

 

REMARQUES ADDITIONNELLES.

1° Les chrétiens sont aussi coupables de n’avoir pas l’Esprit, que les pécheurs de n’avoir pas la repentance.

 

2° Ils le sont même davantage, à raison des lumières plus grandes dont ils jouissent.

 

3° Tous les êtres ont droit de se plaindre des chrétiens qui n’ont pas l’Esprit.

Dieu en a le droit, parce que, vous ne travaillez pas pour lui. Il a placé son Esprit à votre disposition ; et si vous ne l’avez pas, Il a le droit de vous regarder comme responsables de tout le bien que vous auriez pu faire quand vous auriez reçu cette grâce. Vous péchez contre le ciel, car vous auriez dû ajouter quelques bienheureux de plus à la multitude de ceux qui le peuplent. Les pécheurs, l’Eglise, les ministres ont également le droit de se plaindre de vous.

 

4° Vous embarrassez même l’œuvre du Seigneur.

C’est en vain qu’un ministre essaiera de travailler par-dessus de vos têtes. Souvent les ministres gémissent, se fatiguent et s’exténuent en vain, en tâchant de faire le bien là où se trouve une église qui a le bruit de vivre et qui n’a pas l’Esprit de Dieu. Si jamais l’Esprit est répandu, une église de ce genre l’étouffera aussitôt et le contristera au point de le repousser absolument. Vous pouvez, de cette manière, lier les mains et briser le cœur d’un ministre, le faire mourir peut-être par le seul fait de votre résistance aux influences du Saint-Esprit.

 

5° Vous voyez les raisons pour lesquelles les chrétiens ont besoin de l’Esprit; et le devoir de lui ouvrir vos cœurs est pressant à proportion.

 

6° Ne tentez pas Dieu en attendant son Esprit et en négligeant en même temps d’employer les moyens qui doivent vous le procurer.

 

7° Si vous voulez avoir l’Esprit, vous devez être comme des enfants.

Céder à ses influences avec la souplesse d’une sensitive. Dieu vous appelle à la prière, vous devez quitter tout autre chose pour céder à son doux attrait. Il n’y a aucun doute que vous n’ayez quelquefois senti le désir de prier pour quelque objet; vous aurez résisté ou différé d’obéir, et Dieu vous a délaissés. Si vous voulez qu’il reste avec vous, il faut céder à ses mouvements les plus doux et les plus délicats, être vigilant à apercevoir les moindres indices de sa présence et à leur obéir pleinement.

 

8° Les chrétiens doivent être prêts à tout sacrifice quelconque pour obtenir la présence du Saint-Esprit.

Une femme déjà âgée, et qui faisait profession de piété, disait un jour : « Ou il faut que je cesse d’entendre tel ministre (qu’elle nommait), ou il faut que j’abandonne ma joyeuse compagnie. » Elle abandonna les prédications et elle se tint à l’écart. Quelle différence avec un autre cas ! Une femme du même âge entendit le même prédicateur ; et de retour chez elle, elle résolut de quitter son train de vie mondain et dissipé. Elle renvoya la plupart de ses domestiques, changea toute sa manière de vivre et de converser, de sorte que ses joyeux amis la laissèrent volontiers jouir de sa communion avec Dieu, et passer son temps à faire le bien.

 

9° Vous voyez partout ceci, qu’il est bien difficile à ceux qui vivent dans le grand monde d’aller au ciel.

Quelle calamité que de vivre dans un pareil élément ! Et qui peut y jouir de la présence de Dieu ?

 

10° Un grand nombre de gens qui professent être pieux sont aussi ignorants pour ce qui concerne la spiritualité, que l’était Nicodème au sujet de la nouvelle naissance.

Je crains que de tels gens n’aient jamais été convertis. Si quelqu’un leur parle de l’Esprit de prière, c’est pour eux de l’algèbre. Le cas de ces personnes est effrayant. Combien différent était le caractère des apôtres ! Lisez l’histoire de leurs vies ; lisez leurs lettres, et vous verrez qu’ils étaient toujours spirituels et qu’ils marchaient journellement avec Dieu.

Combien peu il y a maintenant de cette religion ! « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ? » Mettez quelques-uns de ces faux chrétiens à l’œuvre pour un réveil ; et ils ne sauront que faire ; ils n’auront aucune énergie, aucune adresse ; ils ne produiront aucune impression.

Quand est-ce que ceux qui se disent chrétiens se, mettront à l’œuvre, pleins de l’Esprit ? Si je pouvais voir cette église remplie de l’Esprit, je n’en demanderais pas davantage, pour ébranler toute la masse qui nous entoure, et il ne se passerait pas quinze jours avant que le réveil se fût étendu sur toute la ville.

 

 Charles Grandison Finney

 

 

Sources / Infos

list arrow  LIVRE: « Discours sur les réveils religieux »  (Finney Ch.) - Edition 1886

GENÈVE E. BEROUD & Cie, libraires, 2, Grand’rue. PARIS GRASSART, 2, rue de la Paix. FISCHBACHER & Cie, 33 r. de Seine. MONNERAT, 48, rue de Lille. CHASTEL, rue Roquépine. MARSEILLE Mme TOURN, 38, r. de la République. LYON VAUTRIN, 10, rue Lanterne. VEVEY B. CAILLE, libraire. Genève.—Imprimerie Maurice Richter, rue des Voirons, 10.

Numérisation M-C P. Ocr Yves PETRAKIAN Juin 2005 - http://456-bible.123-bible.com

 

discours de Finney

« L’Eglise est dans une crise solennelle.... Il faut qu’il s’élève vers les cieux un cri général des chrétiens, comme le bêlement du troupeau, pour que le Berger s’approche de plus près de ses brebis. J’ai voulu rappeler ces pensées à mes frères protestants, en publiant les Discours de Finney sur les Réveils. Ces Discours n’ont pas, semble-t-il, la vogue chez les grands de l’Eglise ; mais ce n’est nullement une preuve, bien s’en faut, qu’ils ne méritent le respect et l’attention des vrais chrétiens.

L’homme regarde à l’apparence, mais l’Eternel regarde au cœur; l’homme est chatouilleux pour la forme et peu difficile pour le fonds ; le chrétien fait l’opposé ! »

Celui qui écrivit ces lignes plaçait le Réveil de l’Eglise au-dessus de toute autre préoccupation.

C’est dans le même esprit, et pour répondre à de nombreuses demandes, que nous nous sommes décidés à réimprimer le présent volume publié par lui il y a plus de quarante ans. Il n’a rien perdu de son actualité, loin de là! S’il y a jamais eu un moment où ces Discours ont été chez nous à l’ordre du jour, ce moment-là est arrivé.

Genève, décembre 1885. LES EDITEURS.

 

 

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Coup d'oeil sur sa vie

 

Charles Finney

 

Charles Finney naquit en 1792 dans le Connecticut. (1)

Son éducation religieuse fut négligée à tel point qu’il n’eut connaissance des vérités évangéliques qu’à l’âge de 26 ans, quand il commença l’étude du droit. Encore, ces vérités lui furent-elles présentées par une église qui n’avait plus la vie. Finney, ardent à s’éclairer, suivait les réunions de prières:

 

Mais il ne tarda pas à constater avec surprise que les prières n’étaient point exaucées et que même on ne s’attendait guère à ce qu’elles le fussent. Les membres de l’église demandaient un réveil et affirmaient qu’en le demandant sincèrement, Dieu l’accorde; d’autre part, ils ne cessaient de gémir sur leur état lamentable. Finney ne savait que penser de leur sincérité ; et quand on lui demanda s’il désirait que l’on priât pour lui : « Non, répondit-il, car je ne vois pas que vos prières soient exaucées. » Dès lors, il ne voulut plus d’autre guide que la Parole de Dieu qu’il étudiait avec ardeur.

 

L’intelligence du jeune avocat avait saisi la vérité, mais son cœur n’était point encore gagné, lorsqu’un dimanche, dans l’automne de 1821, il prend la ferme résolution de donner son cœur à Dieu. La fausse honte s’empare alors de lui et son trouble augmente. Le mardi soir, il tremble à la pensée que s’il venait à mourir, l’enfer le recevrait. Le lendemain, sa conscience lui rappelle avec force sa promesse de donner son cœur à Dieu. « Pourquoi attendre ? Essaierais-tu de faire toi-même ton salut ? »

Il comprend alors que le salut est complet, achevé, qu’il ne s’agit plus que de l’accepter en renonçant à tout péché. « Je l’accepterai aujourd’hui même, ou je mourrai à la peine ! » répond-il à la voix intérieure. Et après une lutte intense, dans un bois où il s’était caché avec soin, son orgueil lui est révélé ; il le repousse alors avec une décision absolue. « Je ne quitterai pas ce lieu, se dit-il, quand même tous les hommes du monde et tous les diables de l’enfer s’assembleraient pour me regarder. Eh quoi ? un pécheur dégradé comme je le suis aurait-il honte d’être surpris par un autre pécheur, implorant à genoux la miséricorde de son Dieu ? Non, non! ce serait un trop grand péché ! »

Son cœur se brise ; toutes ses résistances sont vaincues, et cette parole de l’Ecriture lui revient à l’esprit : « Vous me chercherez et vous me trouverez, après que vous m’aurez recherché de tout votre cœur » (Jer 29:13). Il s’en empare aussitôt. « Auparavant j’avais cru d’une foi d’intelligence, dit-il ; il ne m’était jamais venu à l’esprit que la foi est un acte délibéré de confiance, non un état intellectuel. J’avais conscience en ce moment de me fier à la véracité de Dieu. » De retour au village, une paix inconnue remplit son âme.

Mais il s’alarme bientôt de ne plus retrouver en lui le sentiment du péché. « J’aurai contristé le Saint-Esprit par mon importunité, » se dit-il. Cependant ses pensées se détournent toujours de lui-même pour se fixer sur Dieu avec une douceur, une paix, une joie inexprimables. Il ne peut manger; il veut chanter des cantiques, mais il lui semble que « son cœur est devenu liquide, » et sa voix se noie dans les larmes.

La journée terminée, son cœur se fond de nouveau. « L’élan de mon âme était si puissant, dit-il dans ses Mémoires, que je me précipitai pour prier dans la chambre contiguë au bureau Il n’y avait ni feu ni lumière dans cette chambre ; néanmoins elle me parut tout éclairée. Comme j’entrais, fermant la porte après moi, il me sembla que je rencontrais le Seigneur Jésus-Christ face à face.

L’idée ne me vint pas, ni de longtemps, que c’était un état moral. Au contraire, il me semblait le voir comme j’aurais vu un autre homme. Il ne disait rien, mais il me regarda de manière à me faire tomber à ses pieds. J’ai toujours dès lors considéré ce phénomène comme un très remarquable état de mon esprit ; car j’avais le sentiment de la réalité de sa présence et je tombai à ses pieds, sanglotant comme un enfant, et confessant mes péchés aussi bien que me le permettait mon émotion. Il me sembla que je baignais ses pieds de mes larmes ; toutefois je ne me rappelle pas avoir eu distinctement l’impression de l’avoir touché.

« Il faut que je sois resté longtemps dans cet état, car lorsque je fus rendu assez calme pour que l’entrevue prît fin, étant rentré dans le bureau, je trouvai que le feu s’était entièrement consumé. Mais comme j’étais sur le point de m’asseoir près de la cheminée, je reçus un baptême d’Esprit saint. Sans que je m’y fusse attendu, mon attention n’ayant jamais été dirigée sur ce point, le Saint-Esprit descendit sur moi avec une telle puissance que je me sentis comme pénétré de part en part, corps et âme.

Je pouvais sentir l’impression comme d’une onde électrique parcourant tout mon être; onde sur onde d’amour, je ne saurais l’exprimer autrement. Il me semblait que ce fût le souffle même de Dieu. Je me souviens distinctement avoir éprouvé comme si j’étais éventé par d’immenses ailes.

« Je ne tardai pas à m’endormir, mais je fus tout aussitôt réveillé par le flux d’amour qui était dans mon cœur. J’étais si rempli d’amour que je ne pouvais dormir. Quand je m’éveillai le matin, le soleil était levé, et ses rayons pénétraient dans ma chambre. Je ne saurais exprimer en paroles l’impression que me fit cette lumière. Instantanément, le baptême que j’avais reçu la veille revint sur moi de la même manière. Je m’agenouillai sur mon lit et pleurai de joie, répandant mon âme aux pieds du Seigneur. Il me semblait entendre une douce voix de réprimande disant : « Veux-tu douter ? Veux-tu douter ? » — « Non, m’écriai-je, je ne veux pas, je ne puis pas douter. » Une telle clarté se fit alors dans mon esprit qu’il me fut désormais impossible de révoquer en doute le fait que le Saint-Esprit avait pris possession de mon âme. »

« Dans cette situation le dogme de la justification par la foi me fut enseigné comme une vérité d’expérience.... Je comprenais désormais le passage : « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu.» Je vis clairement que du moment où, dans le bois, j’avais cru, la conscience de ma condamnation m’avait été ôtée, et que c’était pour cela que tous mes efforts pour rappeler dans mon âme le sentiment du péché avaient été vains. La conscience de ma condamnation était partie, mes péchés étaient partis. Je crois vraiment que j’avais aussi bonne conscience que si je n’avais jamais péché.... Au lieu d’avoir le sentiment que je ne faisais que pécher, mon cœur était si rempli d’amour qu’il en débordait. » (Glardon, pag. 18.)

Désormais, le Saint-Esprit n’est pas seulement avec lui (Jn 14:17), il n’a pas reçu seulement une effusion de cet Esprit comme celle que reçurent les apôtres avant l’Ascension (Jn 20:22) ; il a reçu le baptême de la Pentecôte, celui de la « Puissance d’En Haut » dont furent « remplis » les apôtres pour être les « témoins » de Christ, partout et toujours, « jusqu’aux bouts de la terre » (Lu 24:49 Ac 1:8).

Aussi avec quelle puissance ne fut-il pas témoin de Christ le lendemain même, dès le premier instant! Il venait de rentrer à son bureau, son patron arrive, il lui parle aussitôt de son salut; et cet homme jusque-là incrédule a le cœur transpercé des paroles que le jeune homme lui adresse; aucune paix ne put rentrer dans son âme qu’il ne fût converti.

Dès lors, la vie de Finney n’est plus qu’une suite de miracles. Il court tout d’abord à ses parents, à ses amis, à ses voisins; et tous, croyants de nom et incrédules, s’abattent aux pieds du Sauveur, le cœur brisé par la puissance du témoignage que produit l’Esprit saint. Bien qu’il n’y ait aucune réunion annoncée, la salle de culte se remplit bientôt, car tout le village est en émoi; professants et incrédules, tous arrivent; mais le pasteur est parmi les auditeurs et personne ne se lève. Finney accourt alors et raconte comment l’amour de Dieu s’est révélé à son âme: l’impression est si profonde qu’il faut dès lors se réunir tous les soirs, et les conversions se multiplient considérablement.

Mais impossible de suivre l’œuvre merveilleuse de l’évangéliste ! Nous ne pouvons que noter les points principaux. Et tout d’abord cet esprit de prière dont Finney est rempli dès le commencement de sa carrière ; il est tel que Moody n’hésite pas à déclarer le grand évangéliste plus puissant encore par sa prière, que par sa prédication. Et nous ne pouvons oublier à ce sujet que souvent, dans les longues agonies de la prière d’intercession, « le secret de l’Eternel lui était révélé, » de sorte qu’il pouvait annoncer avec pleine certitude ce que Dieu ferait pour le châtiment ou pour le salut du pécheur, objet de son intercession.

Toute la ville en émoi; ce n’est que colères, menaces et projets criminels contre l’homme de Dieu. Mais après une journée de prière et de jeûne, celui-ci est plus que vainqueur. Réveil profond, immense. Santé de Finney ruinée au début, rétablie merveilleusement, bien qu’il prêchât plusieurs heures presque chaque jour. Et, au bout de six mois, deux églises nouvelles fondées à Evans’Mill, composées presque en totalité de nouveaux convertis.

De même, réveils merveilleux à Antwerp, à Sodome et ailleurs. En plusieurs de ces localités, l’action de la « Puissance d’En Haut » agissant par le serviteur de Dieu est telle, qu’en en prenant connaissance, le mot de miracle vous vient sans cesse à l’esprit. Pendant tout ce long ministère, « l’Esprit de puissance, d’amour et de sagesse » (2Ti 1:7) a reposé sur lui d’une manière permanente; cependant il déclare que parfois, reconnaissant que la puissance de l’Esprit avait diminué en lui, il n’avait retrouvé la plénitude de la puissance que par beaucoup d’humiliation et de prières.

Une seule de ses prédications bouleversait une ville entière; la puissance de son regard n’était peut-être pas moins célèbre que celle de sa parole. A Dieu ne plaise pourtant que nous lui attribuions en propre cette puissance! ce n’était là qu’un effet de ce «baptême de Saint-Esprit et de feu» que reçoit quiconque le veut. Mais Finney l’avait voulu, c’est-à-dire qu’il avait véritablement renoncé à tout pour le recevoir et pour le conserver; et ce baptême l’avait pleinement investi de tous les dons nécessaires à sa vocation.

De grands réveils furent amenés par un regard dont il avait transpercé le cœur du pécheur. Les adversaires parlaient de nerfs, de magnétisme, d’hystérie, de fanatisme, etc. etc., mais l’œuvre de Dieu n’en était pas moins évidente. Cependant les réveils se propageant comme une traînée de feu, l’opposition devint formidable ; il n’était sorte de calomnie qu’on ne répandît contre Finney et contre son œuvre, et il n’y avait pas d’histoire, si inepte qu’elle fût, qui n’obtînt quelque créance, pourvu qu’elle fût débitée contre lui.

Mais Finney en sortit plus que vainqueur par la prière. « Dieu, dit-il, me donna l’assurance qu’il serait avec moi et me soutiendrait; que rien ne pourrait prévaloir contre moi, que je n’avais autre chose à faire que de travailler paisiblement en attendant de lui seul la délivrance. »

 

Un dernier trait que nous relevons, dans cette œuvre de réveil, c’est l’insistance avec laquelle Finney réclame, avec la repentance, « les œuvres convenables à la repentance ». Aussi, les élégantes abandonnaient leurs parures ; les hommes d’affaires restituaient les sommes qu’ils n’avaient pas gagnées honnêtement ; les criminels se dénonçaient et se déclaraient prêts à subir la peine méritée. Les réveils étaient profonds et durables, parce qu’ils étaient vrais; l’on ne se convertissait pas pour être heureux, mais pour servir Dieu.

 

Les Discours de Finney sur les réveils religieux, ainsi que leur auteur, semblent inconnus dans nos facultés de théologie. Après la Bible cependant, nous ne voyons pas quelle mine plus riche des enseignements de l’Esprit de Dieu l’on pourrait citer. Vinet écrivait déjà dans le Semeur : « Aucun traité de théologie pastorale ne renferme autant d’éléments positifs d’instruction, et nulle prédication à nous connue ne présente le christianisme sous un aspect plus vivement et plus immédiatement pratique. »

Il est évident, en effet, que Finney enseigne ce qu’il sait, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, et en quoi il ne peut errer. Il sait, lui, ce que c’est que d’être « rempli de l’Esprit ». Il sait et il a vu, comme d’autres et mieux que d’autres, que moyennant le travail spirituel et l’exercice, le plus ignorant et le moins doué de ceux qui ont vocation au ministère, s’il est rempli de l’Esprit comme c’est son devoir, arrivera à posséder ce qu’on attribuait trop en propre à Finney, à savoir originalité, et abondance, et clarté, et puissance.

«  Vous devez recevoir Christ pour votre sanctification aussi absolument que pour votre justification.

Il est aussi absolument votre sanctification que votre justification, et si vous dépendez de lui pour votre sanctification, il ne vous laissera pas plus tomber dans le péché qu’il ne vous laissera tomber en enfer. Il est aussi déraisonnable, aussi antiscripturaire et aussi coupable de vous attendre à l’un que de vous attendre à l’autre. Et si vous péchez, ce ne sera jamais autrement que par le fait d’incrédulité. »

 

{1} Voir Memoirs of Rev. Ch. G. Finney, the American evangélist, written by himself. Hodder & Stoughton, London; et Charles Finney, histoire de sa vie et de ses ouvrages, par Auguste Glardon. Georges Bridel, Lausanne.

 

Par David Smithers

LA PRIERE FACONNE L'HISTOIRE
par David Smithers

finney0« Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son œuvre. Dieu s'est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur cœur.

Finney nous a aussi procuré, par le moyen de sa plume, les principes de base de tout réveil religieux. C'est pourquoi il parle encore et n'a jamais cessé d'être en bénédiction à de nombreuses âmes. Le message de Finney, si viril, si logique et si loin de toute ambiguïté, se présente comme une réponse à ce besoin de réveil dont beaucoup d'enfants de Dieu sont aujourd'hui comme dévorés. (M. Weber, 1951 - préface à l'édition française des Discours sur les Réveils Religieux, Finney). Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit en toute logique des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile.

Comme le prophète Jérémie, Charles G. Finney fut oint de Dieu pour « arracher » et « planter » dans la vigne du Seigneur (Jérémie 1 :10). C'était un homme d'intense prière, de pureté et de passion. Dénué de tout ego, il était rempli du Saint-Esprit. Ses sermons étaient des éclats de chaîne, déversant des sentiments de conviction dans les cœurs des sceptiques les plus endurcis. Simple comme un enfant dans sa façon de prêcher, il décontenançait parfois ses auditeurs uniquement par ses prières. Il pouvait clamer les jugements de Dieu sur le péché avec la force du tonnerre et dans une grande liberté, pour présenter ensuite la miséricorde de l'Evangile avec tendresse et larmes.

Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit régulièrement des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile. L'autobiographie de Finney est remplie de récits relatant de puissantes manifestations du Saint-Esprit. A une certaine occasion où Finney prêchait dans un bâtiment scolaire, « soudainement une atmosphère de solennité terrible tomba sur l'assemblée et les chrétiens de la congrégation tombèrent de leurs chaises, pleurant pour obtenir miséricorde. » Finney déclara : « Si j'avais eu une épée dans chaque main, je n'aurais pas pu les frapper aussi vite qu'ils ne tombèrent. Je crois que toute l'assemblée était à genoux ou dans un état de prostration au bout de deux minutes. » Les cris et les pleurs des gens étaient si forts que l'exhortation que donna Finney à se confier dans la miséricorde de Christ n'était même pas audible.

 

Finney semblait si rempli de l'Esprit Saint que les gens étaient souvent amenés à la conviction de péché rien qu'en le regardant. Lors d'une tournée d'évangélisation à Utique, New York, il visita une grande usine. En le voyant, un des employés, puis un autre et encore un autre s'arrêtèrent de travailler et pleurèrent sous la conviction de leurs péchés, et finalement le nombre de personnes qui pleuraient et gémissaient fut si important que les machines durent être arrêtées pour laisser à Finney le soin de les conduire à Christ.

 

Finney semblait détenir le pouvoir d'imprimer dans la conscience des hommes la nécessité d'une vie vécue d'une façon si sainte qu'elle devait produire des fruits durables. " Plus de 85 % des personnes converties à Christ lors des réunions de Finney restaient attachés à Dieu, alors que 70 % de ceux qui avaient professé Christ dans des réunions tenues par un évangéliste même aussi illustre que Moody devenaient par la suite des rétrogrades.

De tels résultats furent le fruit d'heures et d'heures de prière. Ce n'était pas les prières de Finney seul qui assurèrent de tels réveils envoyés du ciel. Finney était soutenu par les prières de deux dons cachés de Dieu. C'était l'intercession cachée et cependant puissante du Père Nash et d'Abel Clary qui posa les fondements et prépara le terrain à ces puissantes visitations de Dieu. " Abel Carry s'était convertit à peu près à la même période que Finney et avait reçu une formation qui lui permettait de prêcher également, mais il avait un si lourd fardeau de prière qu'il ne pouvait prêcher beaucoup. Tout son temps et toutes ses forces étaient consacrés à la prière. Il gémissait et soupirait dans l'agonie, incapable de rester debout sous le poids."

livre8Après la mort de Clary, Finney découvrit le journal de prière de Clary. Finney s'aperçut que l'ordre exact dans lequel le fardeau avait été déposé sur le cœur de Clary correspondait à l'ordre suivant lequel s'étaient manifestées les bénédictions déversées sur son ministère.

Le Père Nash vécut une vie d'intercession presque continue. "Il se joignait à Finney, entretenait une liste de prière et était sans nul doute le secret en grande partie du merveilleux succès de Finney. Il ne prêchait pas et bien souvent n'assistait pas aux réunions, mais il restait dans sa chambre, ou dans les bois, luttant avec Dieu dans une prière puissante. Souvent avant le crépuscule, on pouvait entendre à plus de 500 mètres à la ronde le Père Nash prier dans les bois, ou dans une église, et le sentiment de la présence de Dieu était incroyable.

L'Eglise doit faire plus que d'avoir de l'estime pour l'histoire d'hommes tels que Charles Finney, le Père Nash et Abel Cary.

Si nous désirons expérimenter un réveil, nous devons nous repentir et pratiquer les vérités qu'ils ont proclamées : vérités d'une vie sainte et pure ; vérités d'une intercession secrète et d'un amour inconditionnel pour Jésus !

Source: The Watchword

 

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