finney

« Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, la chose sera faite par mon Père qui est dans les cieux (18:19). »
En traitant du sujet de la prière, je me suis borné jusqu’à ce jour à parler de la prière secrète. Je viens maintenant parler de la prière en commun, de la prière sociale, où deux personnes ou plus s’unissent à cet effet. Des assemblées de ce genre avaient lieu fréquemment dès le temps de Christ, et même des siècles avant lui; et il est probable que le peuple de Dieu fut toujours habitué de prier en commun dès qu’il en a eu la facilité et le privilège. Je ne mettrai pas ici en question la convenance de cette pratique, ni je n’insisterai pour le moment sur le devoir de la prière sociale ; je ne discuterai pas non plus la question si deux chrétiens quelconques qui s’unissent pour demander une bénédiction seront sûrs de l’obtenir.

Mon objet est de faire quelques observations sur les assemblées de prière, et je vais examiner:

 

I Le but de ces assemblées.
II La manière de les diriger.
III Puis je mentionnerai différentes choses qui peuvent entraver une œuvre de ce genre.

 

I But des assemblées de prière.

1° L’un des objets que peut se proposer une assemblée de ce genre, c’est de favoriser l’union des chrétiens entre eux.

Rien ne cimente plus les cœurs que de prier ensemble. Jamais les chrétiens ne s’aiment autant les uns les autres (pourvu qu’ils aient confiance en leur sincérité réciproque) que lorsqu’ils s’entendent les uns les autres répandre leurs cœurs en prières. A proportion que ces prières sont spirituelles, elles engendrent un sentiment d’union et de confiance qui est de la plus haute importance pour la prospérité de l’Eglise.

Il est douteux que des chrétiens puissent manquer d’être unis quand ils sont dans l’habitude de prier ensemble réellement ; et quand ils ont pu éprouver des sentiments sévères les uns pour les autres ou remarquer entre eux des différences de vues, ces choses disparaissent toutes par la prière faite en commun; le grand objet est obtenu dès que vous pouvez les amener à s’unir réellement en prières. Si ce point peut s’obtenir, toutes les autres difficultés disparaissent.

 

2° Un autre but de ces assemblées, c’est de propager l’Esprit de prière.

Dieu nous a constitués, dans l’économie de sa grâce, comme dans celle de sa nature, de manière que nous sommes des êtres sympathiques, et que nos sentiments se communiquent. Un ministre, par exemple, fera passer dans certains cas les battements de son cœur dans le cœur de son auditoire ; l’Esprit de Dieu qui anime son âme se sert de ses sentiments pour influencer ses auditeurs par chaque mot qu’il prononce.

Rien n’est donc mieux calculé pour engendrer l’Esprit de prière que de s’unir pour des prières communes avec un homme qui a lui-même l’Esprit ; à moins que cet homme ne soit tellement en avant des autres qu’ils ne puissent le suivre. Sauf ce dernier cas, où il arrive alors qu’une prière révolte et qu’on lui résiste, la prière d’un homme avancé dans la piété réveille les autres.

Pour peu que ceux-ci ne soient pas trop en arrière des sentiments qu’il exprime, l’Esprit dont il est animé s’allumera et brûlera et se répandra tout autour de lui. Souvent il suffira d’un individu qui obtient l’Esprit de prière pour réveiller une église entière et pour répandre autour de lui un réveil général.

 

3° Un autre grand objet de la prière en commun est d’émouvoir Dieu.

Non que la prière change le caractère ou les dispositions de Dieu, comme je l’ai dit dans un précédent discours ; mais, quand les chrétiens font monter à Dieu les prières convenables, ils revêtent, eux, une disposition d’Esprit qui permet à Dieu de leur accorder des bénédictions correspondantes (Mal 3:16,17).

Ils sont alors en état de recevoir ses grâces, et il les accorde alors, précisément parce qu’il est toujours le même, toujours prêt à faire miséricorde, toujours heureux de le pouvoir. Lors donc que les chrétiens s’unissent pour prier comme ils le doivent, Dieu ouvre les fenêtres des cieux, et répand ses bénédictions jusqu’à ce qu’il n’y ait pas assez de place pour les recevoir.

 

4° Un autre objet important des assemblées de prière, c’est de convaincre et de convertir les pécheurs.

Dirigées d’une manière convenable, elles sont éminemment calculées pour produire cet effet. Les pécheurs éprouvent facilement un sentiment très solennel lorsqu’ils entendent des chrétiens en prière ; ils s’en aperçoivent toujours. Un impie, moins que socinien, disait un jour, en parlant d’un certain ministre : « Je supporte très bien sa prédication ; mais quand il prie je deviens tout tremblant; il me semble que Dieu descend sur moi ! »

Souvent des pécheurs sont convaincus à la seule ouïe d’une prière. Un jeune homme de talents distingués disait en parlant d’un pasteur auquel il s’était beaucoup opposé avant d’être converti : « Aussitôt qu’il commença à prier, je commençai à être convaincu; et s’il eût continué beaucoup plus longtemps, j’eusse été incapable de me contenir. » Il en est toujours ainsi, dès que les chrétiens prient, par l’Esprit, les pécheurs comprennent ce que c’est que la prière et sont saisis.

N’ayant pas par eux-mêmes l’expérience de la chose, ils ne peuvent se faire une idée de ce que c’est que la spiritualité ; mais, à l’ouïe d’une véritable prière, ils s’aperçoivent qu’il y a là quelque chose et que Dieu est présent. Cela les pousse vers Dieu; ils éprouvent une émotion solennelle; et, s’ils ne se retirent pas, ils se rendent. Quand des chrétiens prient dans la foi, l’Esprit de Dieu se répand; et souvent les pécheurs sont convertis à l’instant.

 

 

II Manière de diriger des assemblées de prière.

1° Souvent il sera bon d’ouvrir une assemblée de ce genre par la lecture d’une courte portion de la Parole de Dieu.

Surtout si la personne qui dirige l’assemblée peut rappeler aux assistants quelque endroit qui soit applicable à l’objet ou à l’occasion qui réunit les frères, et qui soit impressif et aille au sujet. S’il n’a point de passage applicable, il vaudrait mieux ne pas lire du tout. Ne traînez pas la Parole de Dieu dans vos réunions dans le seul but d’employer une partie de l’heure, et par simple manière d’acquit.

C’est insulter Dieu. Il n’est pas bien de lire autre chose que ce qui s’applique au sujet dont on veut s’occuper. Il y a des gens qui croient toujours nécessaire de lire un chapitre entier, tant long qu’il soit, et lors même qu’il présenterait une variété de sujets. C’est aussi peu judicieux, dans des cas semblables, qu’il le serait de la part d’un ministre de prendre pour texte un chapitre entier, tandis qu’il se proposerait de faire pénétrer, dans l’esprit de ses auditeurs, une vérité particulière. Le but d’une assemblée de prière devrait toujours être d’amener les chrétiens à un objet positif et défini. En divaguant à travers un vaste champ d’idées, on ne fait que nuire à cet objet primitif.

 

2° Il est convenable que le directeur débute par quelques remarques courtes et appropriées au sujet.

Pour expliquer la nature de la prière et les encouragements que nous avons à cet effet, et pour présenter directement à l’esprit de l’assemblée l’objet spécial qu’on se propose. Un homme ne peut pas plus prier sans avoir concentré ses pensées sur un objet qu’il ne peut faire autre chose.

 

Le directeur doit donc y veiller attentivement ; il insistera pour savoir si les assistants sont venus avec un but précis, sinon il vaudrait mieux qu’ils s’en retournassent chez eux, c’est inutile de se tenir là pour se moquer de Dieu en prétendant qu’on vient prier, lorsqu’on ne sait trouver dans ce bas-monde aucun sujet positif de prières.

 

Après avoir établi nettement l’objet des prières, le directeur devrait rappeler quelque promesse ou quelque principe sur lequel les chrétiens peuvent s’appuyer pour attendre une réponse à leurs prières ; et s’il connaît dans ce genre quelque indice de la Providence, quelque promesse, ou quelque principe général du gouvernement de Dieu, qu’il le rappelle aux auditeurs, et qu’il ne les laisse pas bavarder au hasard, sans savoir s’ils ont une raison quelconque de s’attendre à être exaucés.

Une des raisons pour lesquelles les assemblées de prière produisent si peu, c’est qu’on y apporte si peu de bon sens. Au lieu de chercher autour de soi quelque base solide sur laquelle on puisse appuyer sa foi, on se rassemble pour faire un déluge de paroles sans savoir ni s’inquiéter de savoir si l’on a quelque raison de s’attendre à une réponse. Sans explication positive à ce sujet, les trois quarts des assistants n’auront aucune idée de ce qu’ils font.

 

3° En invitant certaines personnes à prier, il est à désirer qu’on laisse toujours, autant que possible, prendre aux choses leur cours naturel, et qu’ainsi, par exemple, on laisse en général prier ceux qui s’y sentent portés.

Quelquefois il arrive que ceux mêmes qui sont habituellement le plus spirituels, et auxquels on pourrait le mieux s’adresser, se trouvent dans le moment peu disposés. Si c’est le cas, ils refroidiraient l’assemblée. En laissant prier ceux qui s’y sentent portés, vous éviteriez ce grave inconvénient.

Mais cela même ne peut se faire toujours sans quelque danger, surtout dans de grandes villes où une assemblée de prière peut être interrompue par des gens qui n’ont aucun appel véritable à se mettre en avant, par quelque fanatique ou quelque esprit faible, par un hypocrite ou un ennemi dont tout le but serait de faire du bruit. Cependant il reste vrai, en général, que la marche libre peut être suivie avec sécurité.

Abandonnez l’assemblée à la direction de l’Esprit de Dieu; laissez prier ceux qui désirent; si le directeur s’aperçoit de quelque chose qui a besoin d’être redressé, qu’il le dise librement et avec charité; qu’il redresse la chose et que l’on continue. Il faut seulement qu’il sache faire ses observations au moment convenable, de manière à ne pas interrompre le cours des sentiments ou à refroidir l’assemblée, ou à détourner les esprits du véritable objet qu’ils doivent avoir en vue.

 

4° Lorsqu’il est nécessaire de désigner individuellement ceux qui doivent prier.

Il vaut mieux commencer par les plus spirituels ; et si vous ne les connaissez pas, cherchez ceux qui vous paraîtront le plus naturellement devoir être dans ce cas. En priant dès le début, ils pourront répandre l’Esprit de prière sur l’assemblée et en élever le ton général. Si au contraire vous faites commencer ceux qui sont froids ou sans vie, ils pourront glacer la réunion dès l’ouverture.

Le seul espoir d’avoir une assemblée de prière efficace et vivante, c’est qu’une partie au moins de la réunion soit animée de l’Esprit de Dieu, et qu’elle répande cet Esprit sur les autres. C’est là aussi la principale raison pour laquelle il vaut mieux, en général, laisser les choses suivre leur cours naturel; car alors ce sont les mieux disposés qui prieront les premiers et qui imprimeront à l’assemblée le caractère convenable.

 

5° Les prières devraient toujours être très courtes, surtout quand on est nombreux.

Lorsque des individus se permettent de prier longuement, ils oublient où ils sont ; qu’ils ne sont que la bouche de l’assemblée, et qu’ils ne peuvent s’attendre à ce que cette assemblée sympathise avec eux au point de les suivre dans leurs prières, s’ils deviennent longs et ennuyeux, et s’ils font le tour du monde pour mentionner tous les objets qui peuvent se présenter à leur imagination.

 

Ordinairement ceux qui prient longtemps dans une assemblée de ce genre font cela non parce qu’ils ont l’Esprit de prière, mais, au contraire, parce qu’ils ne l’ont pas, et ils tournent et retournent pour filer des prières sans fin, pour dire à Dieu ce qu’il est ou qui Il est, ou pour l’exhorter à faire ceci ou cela ; d’autres vous exposeront tout un système de théologie, d’autres prêcheront ou exhorteront les gens, jusqu’à ce que chacun désire qu’ils en finissent, et que Dieu aussi le désire, je n’en doute pas. Ces gens devraient s’en tenir au point et à l’objet pour lequel ils sont venus, et ne pas courir après les folles pensées de leur cœur, à travers le monde entier.

 

6° Chacun devrait prier, généralement parlant, pour un objet unique.

Deux, trois ou plus peuvent prier pour le même objet ou chacun dans quelque point de vue spécial. Les divers individus s’attacheront d’eux-mêmes aux diverses branches d’un sujet qui en embrasse plusieurs. L’un priera particulièrement pour l’Eglise ; qu’un autre en fasse autant s’il s’y sent disposé.

Peut-être que le suivant intercédera pour les pécheurs inconvertis ; un autre demandera, que les jeunes gens apprennent à confesser leurs péchés. Que chacun suive son cœur ; mais dès qu’il a fini, qu’il s’arrête. Toutes les fois qu’un homme est pénétré de quelque sentiment profond, c’est sur quelque point spécial. Aussi longtemps qu’il en sera occupé, il priera de l’abondance du cœur et il s’arrêtera quand il aura fini.

 

7° Si, pendant le cours de l’assemblée, il devient nécessaire de changer l’objet de la prière, que le directeur constate le fait et l’explique en peu de mots.

Soit qu’il s’agisse de prier pour l’Eglise ou pour des hommes tombés dans le relâchement, ou pour des pécheurs inconvertis, ou pour les païens, qu’il le dise clairement. Qu’il présente cet objet à l’assemblée en face et jusqu’à ce qu’on sache nettement pour quel nouvel objet on va prier. Rappelez-leur, si c’est nécessaire, les fondements sur lesquels ils peuvent appuyer leur foi relativement au nouveau point, et conduisez-les ainsi directement au trône de la grâce pour qu’ils sachent y saisir la main de Dieu. Telle est la marche à suivre, qu’indique la vraie philosophie de l’esprit humain. On fait toujours cela lorsqu’on prie pour soi dans le particulier et qu’on prie sérieusement.

 

8° Il importe que le temps soit pleinement employé et qu’il n’y ait jamais de longs silences.

Je parle de silences qui proviennent d’incertitude, de langueur ou d’hésitation. Ils produisent toujours une misérable impression et glacent l’assemblée. Je sais que certaines églises ont des moments de prière en silence ; mais dans ce cas il faut en avertir, de manière que tous sachent pourquoi il y a du silence.

Alors l’effet est puissant: on sait qu’une congrégation entière élève ses pensées vers Dieu par des soupirs qui n’ont pas d’expression: mais c’est bien différent de ces insoutenables silences qui proviennent de ce que personne n’est disposé à prier. Dans ce cas l’assemblée se trouve comme plongée dans le froid d’un tombeau.

 

9° Il importe excessivement que celui qui dirige l’assemblée presse les pécheurs qui pourraient se trouver présents de se repentir immédiatement.

Il devrait même exhorter les chrétiens à prier de manière que les pécheurs sentissent qu’on s’attend à ce qu’ils se repentent ainsi. Cela inspire aux chrétiens des sentiments de compassion et d’amour pour les âmes. Les observations qu’on présente aux hommes inconvertis sont comme un feu qu’on jette sur le cœur des chrétiens pour les inciter à la prière et à faire des efforts pour la conversion de leurs semblables. Qu’ils sachent voir et sentir la culpabilité et le danger des pécheurs qui les entourent ; alors ils prieront.

 

 

III Circonstances qui peuvent entraver des assemblées de prière.

1° Il n’y a aucune espérance d’un bon résultat dès que les membres de la réunion manqueraient, à droit ou à tort, de confiance dans le directeur.

J’en ai été témoin dans certaines églises où il régnait une répugnance contre quelque ancien ou diacre. Sans connaître si cette répugnance était fondée ou non, je sais que tout mourait sous l’influence d’un pareil directeur. Tout ce qu’il pouvait dire ou faire tombait à terre. La même chose est vraie d’un ministre.

 

2° Lorsque le directeur manque de spiritualité, ses remarques et ses prières seront sèches et froides.

Tout indiquera son défaut d’onction ; et toute son influence s’exercera au rebours de ce qui devrait être. J’ai connu des églises où il ne pouvait se maintenir aucune assemblée de prière ; la cause n’en était pas évidente ; mais ceux qui comprenaient l’état des choses savaient que le directeur manquait de spiritualité au point de glacer toute l’assemblée.

J’ai vu ce cas en particulier, dans certaines églises presbytériennes, où le ministre était jaloux de sa dignité et ne pouvait souffrir qu’aucun autre que lui dirigeât l’assemblée. Si quelque membre plus spirituel du troupeau essayait d’imprimer à l’assemblée une direction, il était aussitôt arrêté : « Comment ! Vous n’êtes pas un ancien ! Il ne vous appartient pas de diriger une assemblée de prière en présence d’un ancien. » Et ainsi on mettait une barrière devant toute l’œuvre, et l’église entière souffrait sous l’influence qui la frappait de stérilité.

 

Un homme qui sait qu’il n’a pas des dispositions spirituelles n’a donc rien à faire dans la direction d’une assemblée de prière ; il la tuera, et cela par deux raisons : D’abord il n’aura pas le discernement spirituel, et il ne saura que faire, ni il ne trouvera le moment de rien faire. Un homme spirituel s’aperçoit des mouvements de la Providence ; il sent l’Esprit de Dieu et il comprend sur quels objets il doit diriger les prières de ses frères, de manière à donner à chaque chose son temps et sa place, et à profiter des dispositions des chrétiens.

Et il ne renversera pas tous les sentiments d’une assemblée en introduisant des incongruités ; car il sentira les directions et l’action de l’Esprit sur ceux qui prient, de manière à suivre lui-même ces directions. Supposons qu’une assemblée soit dirigée par un homme sans spiritualité ; qu’on vienne de faire deux ou trois prières et que l’esprit de supplication se fasse sentir.

Que deviendra l’assemblée si le directeur se met à faire des remarques sur quelque autre point ou se met à lire quelque chose dans un livre ? Il sera aussi loin des impressions de son auditoire que le pôle nord l’est de celui du midi. Des membres spirituels de l’assemblée, au contraire, sauront aussi distinctement quel doit être l’objet de leurs prières que si le Fils de Dieu lui-même était venu dans l’assemblée et eût nommé l’objet; mais le conducteur bouleversa tout, parce qu’il n’entend pas le langage de son assemblée.

Un second défaut du conducteur s’il n’est pas spirituel, c’est qu’il sera sec et obtus dans ses remarques et dans tout ce qu’il fera ; il vous lira un long cantique du ton de quelqu’un qui s’endort, ou un long passage de l’Ecriture d’un ton glacé, comme s’il jetait un drap mortuaire sur toute l’assemblée ; et tout y sera mort, aussi longtemps que ce cœur appesanti sera à la tête de toute l’entreprise.

 

3° Un autre obstacle serait le défaut des talents convenables chez le directeur.

S’il ne sait pas parler, ou s’il faisait des remarques déplacées, de manière à produire la légèreté ou le mépris, s’il manque de bon sens, de vigueur ou d’onction, il nuira à l’assemblée. Un homme peut être pieux et pourtant d’une faiblesse telle que, loin d’édifier par ses prières, il dégoûte ; alors il vaut mieux qu’il se taise.

 

4° Quelquefois les bienfaits d’une assemblée de prière sont détruits par un mauvais esprit qui se mêlerait aux dispositions du directeur.

Si, par exemple, dans le moment d’un réveil il se manifestait une grande opposition, et qu’un directeur vînt rappeler ces objections où même les injures, et s’étendre là-dessus en commentaires, il détournerait l’attention de l’assemblée de dessus son objet et saurait à peine de quel esprit il est animé lui-même. De pareilles choses sont toujours ruineuses pour une assemblée de prière.

Que ceux qui dirigent l’Eglise prennent donc garde à leur propre esprit, de peur de la conduire à faux et de répandre de fâcheuses influences. La même chose est vraie pour quiconque est appelé à parler ou à prier. Si celui qui le fait introduit dans ses observations quelque chose de polémique, d’impertinent, de déraisonnable, de contraire aux Ecritures, de ridicule ou seulement d’insignifiant, il éteindra presque aussitôt le feu doux et édifiant de l’Esprit de prière et ruinera l’œuvre.

 

5° Des personnes qui arrivent tard à l’assemblée la dérangent sensiblement.

Lorsqu’on a commencé à prier, que l’attention de tous est fixée, qu’on a fermé les yeux, et que les oreilles ne sont ouvertes que pour des accents de piété, c’est une chose très indécente que d’entrer et de marcher à travers la chambre au milieu d’une assemblée recueillie. Tout se dérange ; on est interrompu ; et si l’on recommence à se recueillir un moment, en voilà un autre qui arrive, et ainsi de suite.

Je crois réellement que le diable n’a pas bien peur ‘d’une assemblée de chrétiens, quelque nombreuse qu’elle soit, qui se rassemble pour la prière, si ces chrétiens ne veulent arriver qu’après que l’assemblée est commencée ; et il doit se réjouir dans tous les cas lorsqu’il en voit plusieurs arriver pieusement les uns à la suite des autres, comme des flâneurs, pendant que les autres sont déjà en prières.

 

6° Des personnes qui font des prières froides et des confessions de péchés sans vie sont sûres encore d’éteindre l’Esprit de prière.

Qu’un individu survienne au moment où l’assemblée jouit des influences de l’Esprit et au milieu de l’expression ardente des sentiments qui en animent plusieurs; qu’il vienne y faire sentir un souffle glacé, et tout chrétien animé d’une meilleure vie voudrait aussitôt pouvoir sortir du cercle où il se trouvait si heureux.

 

7° En quelques endroits on a coutume de commencer une assemblée de prière par la lecture d’une longue portion des Ecritures.

Ensuite un diacre ou un ancien indique un long cantique; puis on le chante ; puis le diacre fait une longue prière, priant pour les Juifs et pour la plénitude des Gentils, et pour une foule d’autres objets qui n’ont rien à faire avec le but particulier de l’assemblée. Après cela il lira peut-être un long extrait de quelque livre ou de quelque magasin ; puis vient encore un autre long cantique et une autre longue prière, et l’on s’en va !

J’ai entendu une fois un ancien dire qu’ils avaient une assemblée de prières depuis plusieurs années, et que cependant il n’y avait aucun réveil dans l’endroit. La vérité était que les conducteurs de l’église avaient accoutumé de conduire les réunions avec la majesté et la dignité que je viens de décrire, et que leur dignité ne voulait pas permettre qu’on y changeât rien. Ce n’est pas étonnant qu’ils n’eussent point de réveil.

De pareilles assemblées suffisent, au contraire, parfaitement pour empêcher tout réveil quelconque ; et, si jamais il en commençait un, elles le détruiraient aussitôt. Il y avait autrefois, à ce qu’on m’a dit, dans cette ville une assemblée de prière où il semblait qu’on voyait naître un peu de vie. Quelqu’un proposa qu’il se fît successivement deux ou trois prières pendant que l’assemblée restait à genoux.

Un homme à dignité s’y opposa et dit qu’on n’avait jamais fait cela et qu’il espérait qu’on n’introduirait point d’innovations. Il n’aimait pas les innovations. Ce fut le dernier coup porté au réveil. Pour de pareilles personnes les assemblées de prière sont stéréotypées ; et ces gens ne sortent jamais de leur ornière, soit qu’ils obtiennent ou non une bénédiction. Une action trop vive serait une nouveauté, ils n’en veulent point.

 

8° Trop de chant est nuisible à une assemblée de ce genre.

L’agonie de la prière ne conduit pas naturellement au chant. Il y a temps pour toute chose, temps pour chanter et temps pour prier. Mais, si je sais ce que c’est que d’éprouver pour des âmes le travail de l’enfantement, les chrétiens ne sentent jamais moins le besoin de chanter que quand ils répandent leur cœur en prières pour les pécheurs. Le chant est l’expression naturelle des sentiments joyeux (Jacques) ; mais l’Esprit de prière n’est pas un esprit de joie, c’est un esprit de travail et de supplication, qui plaide souvent avec Dieu par de grands cris et par des soupirs qui peuvent s’exprimer.

Il n’y a rien qui ressemble moins à du chant. J’ai connu des états d’âme où vous ne pouviez causer une plus grande détresse aux chrétiens qui l’éprouvaient, qu’en vous mettant à chanter. Il est vrai que parfois le chant d’un cantique a produit de puissants effets sur des pécheurs inconvertis ; mais la cause de cet effet était le contraste frappant qu’ils trouvaient entre leurs sentiments et ceux des âmes heureuses qu’ils entendaient chanter.

Si donc on introduit le chant dans une assemblée de prière, les cantiques devraient être courts, et choisis de manière à exciter des sentiments solennels. En général ils devraient être calculés de manière à continuer les prières et à entrer dans leur sens (Nous avons un peu abrégé et modifié notre auteur dans ce paragraphe, parce qu’il semble ne pas sentir suffisamment l’heureuse impression que produisent sur la généralité des cœurs quelques chants véritablement onctueux.)

 

9° Nous avons déjà insinué que les sujets de controverse ne valent rien pour une assemblée de prière.

On ne doit en faire mention que dans le but de terminer les controverses. Elles doivent se traiter ailleurs, et les chrétiens ne doivent s’unir en prières que pour des sujets qui n’admettent aucune discussion.

 

10° Le directeur et les autres membres de l’assemblée devraient s’appliquer avec le plus grand soin à veiller sur les mouvements de l’Esprit de Dieu.

Il ne faut pas prier sans lui, mais suivre ses directions. Assurez-vous de ne pas éteindre l’Esprit sous prétexte de prier selon l’usage régulier ; évitez toute chose qui serait capable de détourner votre attention de votre objet. Toute affectation d’un sentiment qu’on n’éprouverait pas en réalité doit surtout être évitée avec le plus grand soin.

Presque toujours les assistants s’aperçoivent de l’affectation ; et dans tous les cas l’Esprit de Dieu s’en aperçoit. Il s’en affligerait et abandonnerait l’assemblée. Il faut aussi, d’un autre côté, éviter toute résistance au Saint-Esprit. Ce péché ruinerait également la réunion ; or, il arrive plus d’une fois qu’il se trouve dans une assemblée des gens froids, capables de mépriser l’élan des âmes plus ardentes, de le traiter de fanatisme et même de le combattre séance tenante.

 

11° Une autre chose qui nuit aux assemblées de prière, c’est lorsque des personnes qu’on invite à prier refusent de le faire.

Il y a des gens qui prétendent toujours qu’ils n’ont point de dons. Quelquefois (dans des assemblées peu nombreuses, et auxquelles on ne peut pas appliquer le mot d’un apôtre qui défend aux femmes d’y parler) des femmes refusent d’y prier à leur tour, sous prétexte qu’elles n’en ont pas le don ; mais elles seraient bien fâchées si quelqu’un d’autre alléguait contre elles la même accusation.

Je suppose que de pareilles personnes, hommes ou femmes, en entendissent une autre parler d’elles de cette manière et dire « qu’il ne faut pas leur demander de prier, qu’elles n’ont aucun don pour cela, » n’en seraient-elles pas fâchées ? La raison qu’on allègue n’est donc qu’un vain prétexte, qu’une défaite coupable. D’autres disent qu’ils ne peuvent pas prier, même en famille, prétendant aussi n’en avoir pas le don.

Je répète là-dessus la même observation. Ces gens seraient très fâchés que d’autres parlassent ainsi sur leur compte. Les hommes n’ont pas l’habitude d’avoir d’eux-mêmes une si petite opinion ; et j’ai vu souvent la malédiction de Dieu tomber sur des gens religieux de cette sorte ; ils n’ont aucune excuse, et Dieu n’en acceptera aucune. L’homme a reçu une langue pour parler avec ses voisins et ses semblables ; et il peut parler avec Dieu aussitôt que le cœur le lui dit.

Vous verrez les enfants de pareilles gens inconvertis, leurs fils et leurs filles tourner mal. Dieu dit qu’il répandra sa fureur sur les familles qui n’invoquent pas son nom. Si j’en avais le temps, je pourrais ranger devant vous toute une armée de faits pour montrer que Dieu marque et stigmatise de sa désapprobation et de sa malédiction ceux qui refusent de prier quand ils le devraient. Jusqu’à ce que ces gens se repentent de ce péché, qu’ils se chargent de cette croix (s’ils veulent appeler la prière une croix) et qu’ils fassent leur devoir, ils ne peuvent s’attendre à aucune bénédiction.

 

12° Souvent les assemblées de prière sont trop longues.

On devrait toujours les terminer avant que le sentiment se fût refroidi, et non pas les prolonger indéfiniment jusqu’à ce que tout le monde soit fatigué et que l’Esprit se soit retiré.

 

13° Les confessions languissantes sont un autre obstacle.

Il y en a qui confessent leurs péchés sans les abandonner ; ils reviennent faire chaque semaine la même confession, longue, froide, pesante, stupide; et la semaine suivante ils reviendront dire juste les mêmes choses sans avoir rompu avec aucun de leurs péchés. Et ils n'en ont aucune intention. Toute leur religion consiste à confesser des péchés qu’ils continuent. Mais, au lieu d’obtenir par là une bénédiction de Dieu, ils n’y gagneront que sa malédiction.

 

14° Un autre mal, c’est lorsque les chrétiens passent tout leur temps à prier pour eux-mêmes.

 

Ils auraient dû faire cela dans leur cabinet ; et lorsqu’ils viennent à une assemblée de prière, ils devraient être tout prêts à faire des prières ferventes pour autrui. Déjà dans leur cabinet ils auraient dû revêtir cette disposition. J’ai connu des hommes qui s’enfermaient des jours entiers pour prier pour eux-mêmes et qui jamais ne faisaient de progrès, parce que leur prière était toute égoïste. Il faut apprendre à s’oublier soi même, à répandre son cœur autour de soi, sur ses semblables : C’est alors qu’on peut travailler pour eux.

 

J’ai connu dans un réveil un homme qui s’enferma pour dix-sept jours, et qui priait comme s’il eût voulu forcer Dieu d’en venir à ses fins ; mais cela n’allait pas. Il sortit alors pour travailler au règne de Dieu, et immédiatement il sentit l’Esprit de Dieu dans son âme.

 

15° Quelquefois les assemblées de prière souffrent d’un défaut de propriété dans les observations qui précèdent ou accompagnent les prières.

Peut-être le directeur ne s’est pas préparé, ou qu’il n’a pas les dons requis pour diriger une église dans la prière et pour proposer les sujets convenables, ou autre chose du même genre. Il faut y veiller.

 

16° Il y a souvent des gens trop enclins à se mettre en avant et à se croire nécessaires.

lls disent que c’est leur devoir de rendre témoignage à Dieu en toute occasion ; que sans doute ils sont peu capable d’édifier l’Eglise de Dieu, mais que personne ne peu s’acquitter de leur devoir, etc.; mais peut-être que le seul endroit où ils aient jamais rendu témoignage pour Dieu est l’assemblée de prières, tandis que tout le reste de leur vie, en dehors de l’assemblée, témoigne contre Dieu. Ceux-là aussi feraient mieux de se taire.

 

17° Il y a des personnes, je ne dis pas sans éducation, mais encore sans aucun don naturel.

Qui prient d’une telle manière que la généralité des assistants en éprouve du repoussement. Je ne prétends nullement qu’il faille avoir de l’éducation pour être capable de prier avec fruit et convenance : Toute personne pieuse dès qu’elle a tant soit peu le don de s’exprimer et qu’elle a l’Esprit de prière, peut prier avec fruit au nom de ses frères. Mais je parle de gens, comme il y en a quelquefois, qui se servent d’expressions absurdes ou d’un langage par trop commun.

Ces choses repoussent toute personne qui a un tant soit peu de goût ou d’instruction. Or, le repoussement ou le dégoût sont des impressions involontaires et presque insurmontables. La piété même ne nous empêchera pas toujours de les éprouver dans le cas dont je parle. Le seul moyen de prévenir l’impression, c’est de retrancher la cause.

On devrait avoir le courage d’en parler franchement et charitablement avec ceux qui produisent ce pénible, effet. Des chrétiens doivent se soumettre humblement a. des avis de ce genre ; et on ne peut sacrifier une assemblée de prière aux faiblesses d’une ou deux personnes. (On peut faire les mêmes remarques au sujet de certaines habitudes ou de certains tics déplaisants qui se retrouvent quelquefois dans des personnes d’ailleurs pieuses. Ces choses sont malheureusement d’une grande influence. Il faut y avoir égard.)

 

18° Le défaut d’union dans la prière est aussi fort nuisible à ces réunions.

Si l’un parle et que les autres ne le suivent pas et pensent à autre chose, les cœurs ne s’unissent pas pour dire amen, et la bénédiction devient presque nulle.

 

19° Un dernier obstacle à l’effet des assemblées de prière.

C’est lorsque ceux qui les composent négligent la prière secrète ou particulière. Des chrétiens qui ne prient pas en secret, et lorsqu’ils sont seuls, ne peuvent se joindre avec puissance à des assemblées de prière, car ils n’ont pas l’Esprit de prière.

 

 

REMARQUES ADDITIONNELLES.

1. Une assemblée de prière mal conduite fait souvent plus de mal que de bien.

Dans plusieurs églises, la manière générale de diriger ces assemblées est telle, que les chrétiens n’ont pas la moindre idée du but ou du pouvoir de pareilles réunions. Alors le sentiment religieux et l’Esprit de prière en souffrent du dommage plutôt qu’ils n’y profitent.

 

2. Une assemblée de prière est un indice et une mesure exacte de l’état de la religion dans une église.

Si elle néglige ces assemblées-là ou qu’elle y vienne sans l’Esprit de Dieu, soyez sûr que son état religieux est très bas. Laissez-moi assister à une assemblée de prière, et je vous dirai bientôt où en est la religion dans l’endroit.

 

3. Il importe que tout ministre sache que, si les assemblées de prière sont négligées, tout son travail sera en vain.

 

4. Il repose une grande responsabilité sur celui qui dirige une assemblée de ce genre.

Si la réunion n’est pas ce qu’elle doit être, si elle ne fait pas faire de progrès à la religion, il faut que le directeur se mette sérieusement à examiner la chose ; qu’il demande l’Esprit de prière et qu’il cherche les mesures à prendre pour remédier au mal. Un directeur ne doit pas se mêler de sa vocation si sa tête et son cœur ne sont pas disposés à se conduire ainsi. Je désire que vous, en particulier, qui conduisez les assemblées de prière de ce district, vous preniez note de ces observations.

 

5. Les assemblées de prière sont celles qu’il est le plus difficile de bien conduire.

Elles sont tellement spirituelles que, si le directeur n’est pas doué tout particulièrement pour le cœur et pour l’esprit, elles se fondront entre ses mains. C’est en vain qu’il se plaindrait que les membres de l’Eglise ne viennent pas aux réunions ; dans neuf cas sur dix c’est sa faute. S’il était animé et zélé comme il faut l’être, on trouverait l’assemblée si intéressante qu’on s’y jetterait avec empressement. C’est habituellement, si ce n’est même toujours, la froideur, la pesanteur et le manque de spiritualité des conducteurs qui glace et détruit ces réunions.

 

6. Les assemblées de prière sont de la plus haute importance pour l’Eglise, et les chrétiens ont toutes sortes de raisons de chercher à les maintenir et à les favoriser:

1° Elles favorisent l’union des chrétiens.

2° Elles accroissent l’amour fraternel.

3° Elles cultivent la confiance des chrétiens.

4° Elles favorisent leur accroissement dans la grâce et leur spiritualité.

 

7. Ces assemblées devraient être assez nombreuses dans l’Eglise et assez bien constituées pour que les dons de chaque membre de l’Eglise, homme ou femme, pussent s’y développer. Chacun devrait avoir l’occasion d’y prier et d’exprimer les sentiments de son cœur, s’il en a.

Les assemblées de prière des différentes sections de cette église sont établies dans ce but; et si elles sont trop nombreuses à cet effet, qu’on les divise de manière à mettre en mouvement toute la masse, à exercer tous les dons, et à répandre partout l’union, la confiance et l’amour fraternel.

 

8. Il importe que les pécheurs inconvertis se rendent à ces réunions.

S’ils n’y viennent pas d’eux-mêmes, allez les chercher. Il faut que les chrétiens sachent se donner de la peine, et une grande peine, pour amener aux assemblées de prière leurs amis et leurs voisins encore impénitents. Ils prieront mieux pour eux quand ils les auront sous les yeux.

J’ai connu des assemblées de ce genre toutes composées de femmes, d’où l’on excluait des femmes inconverties, et cela parce que l’on avait honte de prier devant ces personnes. Quel esprit ! De pareilles prières ne peuvent faire aucun bien; elles sont une insulte pour Dieu. Il ne suffit nullement de vous rendre seuls à ces assemblées. Quand toute l’Eglise néglige à ce point son devoir, et qu’elle se rend à la prière sans amener avec elle des pécheurs, les objets mêmes de la prière, qu’est-ce qu’elle prétend faire ?

 

9. Le grand objet de fous les moyens de grâce est de viser directement à la conversion des pécheurs.

Vous devriez prier pour qu’ils fussent convertis sur place, je ne dis pas réveillés et convaincus, mais convertis et convertis à l’instant. Pas un seul chrétien ne devrait faire une prière ou aucune observation qui supposât qu’un seul pécheur pût se retirer avant d’avoir donné son cœur à Dieu. Vous devriez tous lui laisser l’impression que c’est sur le champ qu’il doit se soumettre.

Et si vous le faites, Dieu vous entendra pendant que vous parlerez encore. Si les chrétiens donnaient la preuve qu’ils en veulent réellement à la conversion des pécheurs, et s’ils priaient à cet effet avec l’instance convenable, il se passerait rarement une assemblée sans qu’il n’y eût quelque conversion, quelquefois c’est chacun des assistants qui seraient entraîné.

C’est là l’occasion, si jamais il y en a, où tous les pécheurs doivent se convertir nécessairement. Je n’ai aucun doute que si vous faites votre devoir, vous n’obteniez des conversions dans chacune de vos sections. Amenez-y vos familles, vos amis, ou vos voisins ; donnez-leur les instructions convenables s’ils en ont besoin; priez pour eux comme vous le devez; et vous sauverez leurs âmes. Comptez dessus: si vous faites votre devoir, Dieu ne retiendra pas ses bénédictions et la chose aura lieu.

 

 Charles Grandison Finney

 

 

Sources / Infos

list arrow  LIVRE: « Discours sur les réveils religieux »  (Finney Ch.) - Edition 1886

GENÈVE E. BEROUD & Cie, libraires, 2, Grand’rue. PARIS GRASSART, 2, rue de la Paix. FISCHBACHER & Cie, 33 r. de Seine. MONNERAT, 48, rue de Lille. CHASTEL, rue Roquépine. MARSEILLE Mme TOURN, 38, r. de la République. LYON VAUTRIN, 10, rue Lanterne. VEVEY B. CAILLE, libraire. Genève.—Imprimerie Maurice Richter, rue des Voirons, 10.

Numérisation M-C P. Ocr Yves PETRAKIAN Juin 2005 - http://456-bible.123-bible.com

 

discours de Finney

« L’Eglise est dans une crise solennelle.... Il faut qu’il s’élève vers les cieux un cri général des chrétiens, comme le bêlement du troupeau, pour que le Berger s’approche de plus près de ses brebis. J’ai voulu rappeler ces pensées à mes frères protestants, en publiant les Discours de Finney sur les Réveils. Ces Discours n’ont pas, semble-t-il, la vogue chez les grands de l’Eglise ; mais ce n’est nullement une preuve, bien s’en faut, qu’ils ne méritent le respect et l’attention des vrais chrétiens.

L’homme regarde à l’apparence, mais l’Eternel regarde au cœur; l’homme est chatouilleux pour la forme et peu difficile pour le fonds ; le chrétien fait l’opposé ! »

Celui qui écrivit ces lignes plaçait le Réveil de l’Eglise au-dessus de toute autre préoccupation.

C’est dans le même esprit, et pour répondre à de nombreuses demandes, que nous nous sommes décidés à réimprimer le présent volume publié par lui il y a plus de quarante ans. Il n’a rien perdu de son actualité, loin de là! S’il y a jamais eu un moment où ces Discours ont été chez nous à l’ordre du jour, ce moment-là est arrivé.

Genève, décembre 1885. LES EDITEURS.

 

 

folder download   Livres de Charles G.Finney en format PDF et EPUB !

 

Coup d'oeil sur sa vie

 

Charles Finney

 

Charles Finney naquit en 1792 dans le Connecticut. (1)

Son éducation religieuse fut négligée à tel point qu’il n’eut connaissance des vérités évangéliques qu’à l’âge de 26 ans, quand il commença l’étude du droit. Encore, ces vérités lui furent-elles présentées par une église qui n’avait plus la vie. Finney, ardent à s’éclairer, suivait les réunions de prières:

 

Mais il ne tarda pas à constater avec surprise que les prières n’étaient point exaucées et que même on ne s’attendait guère à ce qu’elles le fussent. Les membres de l’église demandaient un réveil et affirmaient qu’en le demandant sincèrement, Dieu l’accorde; d’autre part, ils ne cessaient de gémir sur leur état lamentable. Finney ne savait que penser de leur sincérité ; et quand on lui demanda s’il désirait que l’on priât pour lui : « Non, répondit-il, car je ne vois pas que vos prières soient exaucées. » Dès lors, il ne voulut plus d’autre guide que la Parole de Dieu qu’il étudiait avec ardeur.

 

L’intelligence du jeune avocat avait saisi la vérité, mais son cœur n’était point encore gagné, lorsqu’un dimanche, dans l’automne de 1821, il prend la ferme résolution de donner son cœur à Dieu. La fausse honte s’empare alors de lui et son trouble augmente. Le mardi soir, il tremble à la pensée que s’il venait à mourir, l’enfer le recevrait. Le lendemain, sa conscience lui rappelle avec force sa promesse de donner son cœur à Dieu. « Pourquoi attendre ? Essaierais-tu de faire toi-même ton salut ? »

Il comprend alors que le salut est complet, achevé, qu’il ne s’agit plus que de l’accepter en renonçant à tout péché. « Je l’accepterai aujourd’hui même, ou je mourrai à la peine ! » répond-il à la voix intérieure. Et après une lutte intense, dans un bois où il s’était caché avec soin, son orgueil lui est révélé ; il le repousse alors avec une décision absolue. « Je ne quitterai pas ce lieu, se dit-il, quand même tous les hommes du monde et tous les diables de l’enfer s’assembleraient pour me regarder. Eh quoi ? un pécheur dégradé comme je le suis aurait-il honte d’être surpris par un autre pécheur, implorant à genoux la miséricorde de son Dieu ? Non, non! ce serait un trop grand péché ! »

Son cœur se brise ; toutes ses résistances sont vaincues, et cette parole de l’Ecriture lui revient à l’esprit : « Vous me chercherez et vous me trouverez, après que vous m’aurez recherché de tout votre cœur » (Jer 29:13). Il s’en empare aussitôt. « Auparavant j’avais cru d’une foi d’intelligence, dit-il ; il ne m’était jamais venu à l’esprit que la foi est un acte délibéré de confiance, non un état intellectuel. J’avais conscience en ce moment de me fier à la véracité de Dieu. » De retour au village, une paix inconnue remplit son âme.

Mais il s’alarme bientôt de ne plus retrouver en lui le sentiment du péché. « J’aurai contristé le Saint-Esprit par mon importunité, » se dit-il. Cependant ses pensées se détournent toujours de lui-même pour se fixer sur Dieu avec une douceur, une paix, une joie inexprimables. Il ne peut manger; il veut chanter des cantiques, mais il lui semble que « son cœur est devenu liquide, » et sa voix se noie dans les larmes.

La journée terminée, son cœur se fond de nouveau. « L’élan de mon âme était si puissant, dit-il dans ses Mémoires, que je me précipitai pour prier dans la chambre contiguë au bureau Il n’y avait ni feu ni lumière dans cette chambre ; néanmoins elle me parut tout éclairée. Comme j’entrais, fermant la porte après moi, il me sembla que je rencontrais le Seigneur Jésus-Christ face à face.

L’idée ne me vint pas, ni de longtemps, que c’était un état moral. Au contraire, il me semblait le voir comme j’aurais vu un autre homme. Il ne disait rien, mais il me regarda de manière à me faire tomber à ses pieds. J’ai toujours dès lors considéré ce phénomène comme un très remarquable état de mon esprit ; car j’avais le sentiment de la réalité de sa présence et je tombai à ses pieds, sanglotant comme un enfant, et confessant mes péchés aussi bien que me le permettait mon émotion. Il me sembla que je baignais ses pieds de mes larmes ; toutefois je ne me rappelle pas avoir eu distinctement l’impression de l’avoir touché.

« Il faut que je sois resté longtemps dans cet état, car lorsque je fus rendu assez calme pour que l’entrevue prît fin, étant rentré dans le bureau, je trouvai que le feu s’était entièrement consumé. Mais comme j’étais sur le point de m’asseoir près de la cheminée, je reçus un baptême d’Esprit saint. Sans que je m’y fusse attendu, mon attention n’ayant jamais été dirigée sur ce point, le Saint-Esprit descendit sur moi avec une telle puissance que je me sentis comme pénétré de part en part, corps et âme.

Je pouvais sentir l’impression comme d’une onde électrique parcourant tout mon être; onde sur onde d’amour, je ne saurais l’exprimer autrement. Il me semblait que ce fût le souffle même de Dieu. Je me souviens distinctement avoir éprouvé comme si j’étais éventé par d’immenses ailes.

« Je ne tardai pas à m’endormir, mais je fus tout aussitôt réveillé par le flux d’amour qui était dans mon cœur. J’étais si rempli d’amour que je ne pouvais dormir. Quand je m’éveillai le matin, le soleil était levé, et ses rayons pénétraient dans ma chambre. Je ne saurais exprimer en paroles l’impression que me fit cette lumière. Instantanément, le baptême que j’avais reçu la veille revint sur moi de la même manière. Je m’agenouillai sur mon lit et pleurai de joie, répandant mon âme aux pieds du Seigneur. Il me semblait entendre une douce voix de réprimande disant : « Veux-tu douter ? Veux-tu douter ? » — « Non, m’écriai-je, je ne veux pas, je ne puis pas douter. » Une telle clarté se fit alors dans mon esprit qu’il me fut désormais impossible de révoquer en doute le fait que le Saint-Esprit avait pris possession de mon âme. »

« Dans cette situation le dogme de la justification par la foi me fut enseigné comme une vérité d’expérience.... Je comprenais désormais le passage : « Etant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu.» Je vis clairement que du moment où, dans le bois, j’avais cru, la conscience de ma condamnation m’avait été ôtée, et que c’était pour cela que tous mes efforts pour rappeler dans mon âme le sentiment du péché avaient été vains. La conscience de ma condamnation était partie, mes péchés étaient partis. Je crois vraiment que j’avais aussi bonne conscience que si je n’avais jamais péché.... Au lieu d’avoir le sentiment que je ne faisais que pécher, mon cœur était si rempli d’amour qu’il en débordait. » (Glardon, pag. 18.)

Désormais, le Saint-Esprit n’est pas seulement avec lui (Jn 14:17), il n’a pas reçu seulement une effusion de cet Esprit comme celle que reçurent les apôtres avant l’Ascension (Jn 20:22) ; il a reçu le baptême de la Pentecôte, celui de la « Puissance d’En Haut » dont furent « remplis » les apôtres pour être les « témoins » de Christ, partout et toujours, « jusqu’aux bouts de la terre » (Lu 24:49 Ac 1:8).

Aussi avec quelle puissance ne fut-il pas témoin de Christ le lendemain même, dès le premier instant! Il venait de rentrer à son bureau, son patron arrive, il lui parle aussitôt de son salut; et cet homme jusque-là incrédule a le cœur transpercé des paroles que le jeune homme lui adresse; aucune paix ne put rentrer dans son âme qu’il ne fût converti.

Dès lors, la vie de Finney n’est plus qu’une suite de miracles. Il court tout d’abord à ses parents, à ses amis, à ses voisins; et tous, croyants de nom et incrédules, s’abattent aux pieds du Sauveur, le cœur brisé par la puissance du témoignage que produit l’Esprit saint. Bien qu’il n’y ait aucune réunion annoncée, la salle de culte se remplit bientôt, car tout le village est en émoi; professants et incrédules, tous arrivent; mais le pasteur est parmi les auditeurs et personne ne se lève. Finney accourt alors et raconte comment l’amour de Dieu s’est révélé à son âme: l’impression est si profonde qu’il faut dès lors se réunir tous les soirs, et les conversions se multiplient considérablement.

Mais impossible de suivre l’œuvre merveilleuse de l’évangéliste ! Nous ne pouvons que noter les points principaux. Et tout d’abord cet esprit de prière dont Finney est rempli dès le commencement de sa carrière ; il est tel que Moody n’hésite pas à déclarer le grand évangéliste plus puissant encore par sa prière, que par sa prédication. Et nous ne pouvons oublier à ce sujet que souvent, dans les longues agonies de la prière d’intercession, « le secret de l’Eternel lui était révélé, » de sorte qu’il pouvait annoncer avec pleine certitude ce que Dieu ferait pour le châtiment ou pour le salut du pécheur, objet de son intercession.

Toute la ville en émoi; ce n’est que colères, menaces et projets criminels contre l’homme de Dieu. Mais après une journée de prière et de jeûne, celui-ci est plus que vainqueur. Réveil profond, immense. Santé de Finney ruinée au début, rétablie merveilleusement, bien qu’il prêchât plusieurs heures presque chaque jour. Et, au bout de six mois, deux églises nouvelles fondées à Evans’Mill, composées presque en totalité de nouveaux convertis.

De même, réveils merveilleux à Antwerp, à Sodome et ailleurs. En plusieurs de ces localités, l’action de la « Puissance d’En Haut » agissant par le serviteur de Dieu est telle, qu’en en prenant connaissance, le mot de miracle vous vient sans cesse à l’esprit. Pendant tout ce long ministère, « l’Esprit de puissance, d’amour et de sagesse » (2Ti 1:7) a reposé sur lui d’une manière permanente; cependant il déclare que parfois, reconnaissant que la puissance de l’Esprit avait diminué en lui, il n’avait retrouvé la plénitude de la puissance que par beaucoup d’humiliation et de prières.

Une seule de ses prédications bouleversait une ville entière; la puissance de son regard n’était peut-être pas moins célèbre que celle de sa parole. A Dieu ne plaise pourtant que nous lui attribuions en propre cette puissance! ce n’était là qu’un effet de ce «baptême de Saint-Esprit et de feu» que reçoit quiconque le veut. Mais Finney l’avait voulu, c’est-à-dire qu’il avait véritablement renoncé à tout pour le recevoir et pour le conserver; et ce baptême l’avait pleinement investi de tous les dons nécessaires à sa vocation.

De grands réveils furent amenés par un regard dont il avait transpercé le cœur du pécheur. Les adversaires parlaient de nerfs, de magnétisme, d’hystérie, de fanatisme, etc. etc., mais l’œuvre de Dieu n’en était pas moins évidente. Cependant les réveils se propageant comme une traînée de feu, l’opposition devint formidable ; il n’était sorte de calomnie qu’on ne répandît contre Finney et contre son œuvre, et il n’y avait pas d’histoire, si inepte qu’elle fût, qui n’obtînt quelque créance, pourvu qu’elle fût débitée contre lui.

Mais Finney en sortit plus que vainqueur par la prière. « Dieu, dit-il, me donna l’assurance qu’il serait avec moi et me soutiendrait; que rien ne pourrait prévaloir contre moi, que je n’avais autre chose à faire que de travailler paisiblement en attendant de lui seul la délivrance. »

 

Un dernier trait que nous relevons, dans cette œuvre de réveil, c’est l’insistance avec laquelle Finney réclame, avec la repentance, « les œuvres convenables à la repentance ». Aussi, les élégantes abandonnaient leurs parures ; les hommes d’affaires restituaient les sommes qu’ils n’avaient pas gagnées honnêtement ; les criminels se dénonçaient et se déclaraient prêts à subir la peine méritée. Les réveils étaient profonds et durables, parce qu’ils étaient vrais; l’on ne se convertissait pas pour être heureux, mais pour servir Dieu.

 

Les Discours de Finney sur les réveils religieux, ainsi que leur auteur, semblent inconnus dans nos facultés de théologie. Après la Bible cependant, nous ne voyons pas quelle mine plus riche des enseignements de l’Esprit de Dieu l’on pourrait citer. Vinet écrivait déjà dans le Semeur : « Aucun traité de théologie pastorale ne renferme autant d’éléments positifs d’instruction, et nulle prédication à nous connue ne présente le christianisme sous un aspect plus vivement et plus immédiatement pratique. »

Il est évident, en effet, que Finney enseigne ce qu’il sait, ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, et en quoi il ne peut errer. Il sait, lui, ce que c’est que d’être « rempli de l’Esprit ». Il sait et il a vu, comme d’autres et mieux que d’autres, que moyennant le travail spirituel et l’exercice, le plus ignorant et le moins doué de ceux qui ont vocation au ministère, s’il est rempli de l’Esprit comme c’est son devoir, arrivera à posséder ce qu’on attribuait trop en propre à Finney, à savoir originalité, et abondance, et clarté, et puissance.

«  Vous devez recevoir Christ pour votre sanctification aussi absolument que pour votre justification.

Il est aussi absolument votre sanctification que votre justification, et si vous dépendez de lui pour votre sanctification, il ne vous laissera pas plus tomber dans le péché qu’il ne vous laissera tomber en enfer. Il est aussi déraisonnable, aussi antiscripturaire et aussi coupable de vous attendre à l’un que de vous attendre à l’autre. Et si vous péchez, ce ne sera jamais autrement que par le fait d’incrédulité. »

 

{1} Voir Memoirs of Rev. Ch. G. Finney, the American evangélist, written by himself. Hodder & Stoughton, London; et Charles Finney, histoire de sa vie et de ses ouvrages, par Auguste Glardon. Georges Bridel, Lausanne.

 

Par David Smithers

LA PRIERE FACONNE L'HISTOIRE
par David Smithers

finney0« Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son œuvre. Dieu s'est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur cœur.

Finney nous a aussi procuré, par le moyen de sa plume, les principes de base de tout réveil religieux. C'est pourquoi il parle encore et n'a jamais cessé d'être en bénédiction à de nombreuses âmes. Le message de Finney, si viril, si logique et si loin de toute ambiguïté, se présente comme une réponse à ce besoin de réveil dont beaucoup d'enfants de Dieu sont aujourd'hui comme dévorés. (M. Weber, 1951 - préface à l'édition française des Discours sur les Réveils Religieux, Finney). Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit en toute logique des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile.

Comme le prophète Jérémie, Charles G. Finney fut oint de Dieu pour « arracher » et « planter » dans la vigne du Seigneur (Jérémie 1 :10). C'était un homme d'intense prière, de pureté et de passion. Dénué de tout ego, il était rempli du Saint-Esprit. Ses sermons étaient des éclats de chaîne, déversant des sentiments de conviction dans les cœurs des sceptiques les plus endurcis. Simple comme un enfant dans sa façon de prêcher, il décontenançait parfois ses auditeurs uniquement par ses prières. Il pouvait clamer les jugements de Dieu sur le péché avec la force du tonnerre et dans une grande liberté, pour présenter ensuite la miséricorde de l'Evangile avec tendresse et larmes.

Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit régulièrement des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile. L'autobiographie de Finney est remplie de récits relatant de puissantes manifestations du Saint-Esprit. A une certaine occasion où Finney prêchait dans un bâtiment scolaire, « soudainement une atmosphère de solennité terrible tomba sur l'assemblée et les chrétiens de la congrégation tombèrent de leurs chaises, pleurant pour obtenir miséricorde. » Finney déclara : « Si j'avais eu une épée dans chaque main, je n'aurais pas pu les frapper aussi vite qu'ils ne tombèrent. Je crois que toute l'assemblée était à genoux ou dans un état de prostration au bout de deux minutes. » Les cris et les pleurs des gens étaient si forts que l'exhortation que donna Finney à se confier dans la miséricorde de Christ n'était même pas audible.

 

Finney semblait si rempli de l'Esprit Saint que les gens étaient souvent amenés à la conviction de péché rien qu'en le regardant. Lors d'une tournée d'évangélisation à Utique, New York, il visita une grande usine. En le voyant, un des employés, puis un autre et encore un autre s'arrêtèrent de travailler et pleurèrent sous la conviction de leurs péchés, et finalement le nombre de personnes qui pleuraient et gémissaient fut si important que les machines durent être arrêtées pour laisser à Finney le soin de les conduire à Christ.

 

Finney semblait détenir le pouvoir d'imprimer dans la conscience des hommes la nécessité d'une vie vécue d'une façon si sainte qu'elle devait produire des fruits durables. " Plus de 85 % des personnes converties à Christ lors des réunions de Finney restaient attachés à Dieu, alors que 70 % de ceux qui avaient professé Christ dans des réunions tenues par un évangéliste même aussi illustre que Moody devenaient par la suite des rétrogrades.

De tels résultats furent le fruit d'heures et d'heures de prière. Ce n'était pas les prières de Finney seul qui assurèrent de tels réveils envoyés du ciel. Finney était soutenu par les prières de deux dons cachés de Dieu. C'était l'intercession cachée et cependant puissante du Père Nash et d'Abel Clary qui posa les fondements et prépara le terrain à ces puissantes visitations de Dieu. " Abel Carry s'était convertit à peu près à la même période que Finney et avait reçu une formation qui lui permettait de prêcher également, mais il avait un si lourd fardeau de prière qu'il ne pouvait prêcher beaucoup. Tout son temps et toutes ses forces étaient consacrés à la prière. Il gémissait et soupirait dans l'agonie, incapable de rester debout sous le poids."

livre8Après la mort de Clary, Finney découvrit le journal de prière de Clary. Finney s'aperçut que l'ordre exact dans lequel le fardeau avait été déposé sur le cœur de Clary correspondait à l'ordre suivant lequel s'étaient manifestées les bénédictions déversées sur son ministère.

Le Père Nash vécut une vie d'intercession presque continue. "Il se joignait à Finney, entretenait une liste de prière et était sans nul doute le secret en grande partie du merveilleux succès de Finney. Il ne prêchait pas et bien souvent n'assistait pas aux réunions, mais il restait dans sa chambre, ou dans les bois, luttant avec Dieu dans une prière puissante. Souvent avant le crépuscule, on pouvait entendre à plus de 500 mètres à la ronde le Père Nash prier dans les bois, ou dans une église, et le sentiment de la présence de Dieu était incroyable.

L'Eglise doit faire plus que d'avoir de l'estime pour l'histoire d'hommes tels que Charles Finney, le Père Nash et Abel Cary.

Si nous désirons expérimenter un réveil, nous devons nous repentir et pratiquer les vérités qu'ils ont proclamées : vérités d'une vie sainte et pure ; vérités d'une intercession secrète et d'un amour inconditionnel pour Jésus !

Source: The Watchword

 

Images / Livres

 

  livre1 livres2 livre3 livre4 livre5 livre6 livre7  livre8

 

 

 

 

  • Aucun commentaire trouvé

Ajouter vos commentaires

Vous pouvez commenter cet article

0 Restriction des caractères
Votre texte doit contenir plus de 25 caractères
conditions d'utilisation.