bramwell

A la Conférence de 1808, Bramwell fut nommé, pour la seconde fois, prédicateur du Circuit de Liverpool. Six mois après il écrivait à un ami : « J'ai trouvé la société de ce circuit dans un misérable état; et, pendant le premier Semestre, à Liverpool, j'ai dû exclure une centaine de membres. Pendant le second semestre, j'en ai regagné cent trente et j'ai vu revenir à Dieu un bon nombre de ceux qui avaient perdu la foi; j'ai vu aussi l’Esprit agir puissamment dans les auditoires, de sorte que l’œuvre a été renouvelée. Quand j'arrivai je ne trouvai que bien peu de personnes qui eussent gardé la bénédiction de la sanctification entière; mais un bon nombre l'ont retrouvée dernièrement. Il se fait une œuvre bénie dans toute la Société. Dans une réunion six ou huit personnes ont été sauvées en même temps. Il n'arrive guère qu'une classe se réunisse sans que les membres soient bénis. Samedi, à la réunion pour les âmes repentantes, douze personnes ont été sauvées. Des pauvres et des riches sont réveillés; plusieurs dames de la plus haute condition, et dont les noms vous sont familiers, ont été véritablement sauvées. »

 

Bramwell jouissait constamment de cette pleine bénédiction dont il parle si souvent et qu'il désigne d'une manière diverse; tantôt c'est l'amour parfait qui bannit toute crainte, tantôt la glorieuse liberté, tantôt l'entière sanctification, tantôt le plein salut; et son grand souci est toujours d'y faire arriver les autres.

 

Le 5 juillet 1809, il écrit à une Miss Brew :

« Vous avez reçu le pardon de vos péchés, c'est une bénédiction d'une grandeur inexprimable. Mais vous n'en resterez pas là; car en lisant la Bible, vous trouverez de « grandes et précieuses promesses » qui sont toutes pour vous; vous êtes à Christ : « toutes choses sont à vous. » Qui pourra l'empêcher? n'est-ce pas Dieu qui a parlé, et ne vous donnera-t-il pas toutes choses?
« A vous d'avoir faim et soif, de prier, de plaider, par la puissance de l'Esprit qui est mise à votre disposition. Et si vous le faites, Dieu ne prendra-t-il pas votre cause en main? Ne craignez rien, vous trouverez « le sang qui purifie de tout péché, » vous recevrez l'Esprit de Christ; et souvenez-vous que ce ne sera jamais que par la foi.
« Oh ! quelle foi bénie que cette foi puissante qui amène la bénédiction! Quand vous l'aurez, vous ne serez plus rien à vos propres yeux, vous sentirez que tout en vous ne sera que par Dieu.
« Le sacrifice de vous-même étant complet, votre âme sera complètement changée à la ressemblance de Dieu. Alors vous « supporterez tout, vous croirez tout, vous espérerez tout.» Vous ne pouvez pas encore savoir en vue de quelle gloire Dieu vous a rendu heureuse comme vous l’êtes...»

 

A un M. Preston, Bramwell écrit :

« Je crie à Dieu, chaque jour à chaque heure, constamment, pour recevoir mille fois plus de son amour. Le sacrifice a été consommé; tout ce qui est de moi doit disparaître. Me perdre en Dieu, c'est ma gloire. Je ne veux rien en moi que Christ, dans mes pensées, dans mes paroles, dans ma prédication, dans mes prières, etc... Je pénètre de plus en plus en Lui. Là, le bruit du moi, du monde et du péché, n'existe plus; tout est amour, calme et repos; les yeux fixés sur Lui, le cœur est ferme, la langue déliée; l'Esprit dirige tout... C'est là le salut acquis à tous les croyants; c'est la glorieuse liberté des enfants de Dieu. C'est un bien qui est pour vous et je demande à Dieu que vous ne puissiez jamais être satisfait tant que vous ne le possédez pas.

« Si les Méthodistes en général en sont dépourvus, c'est qu'il y a parmi eux trop de sommeil, pas assez de jeûne et de renoncement, de travail pour le salut des âmes; trop de conversation mondaine, trop de prédications; c'est trop entendre, entendre, entendre, et pas assez s'examiner, sonder son cœur et ses voies dans la prière. Beaucoup passent tout le dimanche en public, et quand ils n'entendraient que des anges, ils n'en seraient pas moins rétrogrades. C'est étonnant de voir avec quelle facilité Satan dupe les chrétiens; en un instant il remplit les cerveaux et vide les cœurs...
« Dans toute les églises, Satan s'est servi de la beauté extérieure, celle de la forme, pour faire oublier la beauté intérieure, celle de la pureté du cœur. Est-ce trop tard pour comprendre? ...

Bramwell faisait profession d'avoir reçu l'entière sanctification par la plénitude de l'Esprit obtenu dès le commencement de son ministère. Des faits sans nombre ont montré la valeur de son témoignage, et ceux que nous allons citer ont frappé même les moins clairvoyants. Ils y ont vu la preuve d'une communion avec Dieu toute particulière, une approbation toute spéciale par conséquent, donnée de Dieu à son serviteur.
A Liverpool, en 1809, une pieuse jeune femme, membre de la société, voulut aller faire un séjour chez des amis qu'elle avait à la Jamaïque. Elle prit son billet de passage à bord d'un navire qui devait partir le lendemain, et elle y fit transporter ses effets.

Mais comme elle avait une profonde vénération pour M. Bramwell, elle alla le voir avant de partir et lui demanda de prier pour elle. Le pasteur s'agenouilla et la recommanda à Dieu. Mais soudain il s'arrête et dit à la jeune femme : « Ma chère sœur, vous ne devez pas partir demain; Dieu vient de me dire qu'il ne le veut pas. » La jeune dame fut surprise; mais Bramwell fut très catégorique; il la décida à renvoyer son voyage et se rendit avec elle sur le vaisseau pour lui aider à retirer son bagage. Le vaisseau partit le lendemain et peu après on recevait la nouvelle qu'il était perdu, corps et biens, sans qu'on eût pu sauver un seul de ceux qui le montaient.

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TOUTES CHOSES NE SONT RIEN COMPARÉES A DIEU

A la Conférence de 1810, sur les instantes requêtes des frères de Sheffield, Bramwell fut nommé une seconde fois au poste de cette ville. Et, dès la première assemblée, il déclara publiquement à ses auditeurs qu'il était résolu à ne savoir autre chose parmi eux que Jésus crucifié ; « Je ne permettrai à personne, dit-il, de me parler en particulier de dissensions entre des frères; mais je verrai toujours l'accusateur et l’accusé face à face; et je ne formerai de jugement, ni me ferai d'opinion sur aucun homme, avant de l'avoir entendu parler pour sa défense. »
Cette décision, cette vigueur, cette parfaite justice en même temps que cet amour pour le prochain, ce sont bien là des signes auxquels on reconnaît l'âme remplie du Saint-Esprit. Bramwell retrouvait sa chère et belle Église de Sheffield passablement changée; beaucoup de ceux qui en avaient été les colonnes avaient passé dans un monde meilleur. Son intime ami, M. Longden, bien vieilli et très faible l'accueillit en lui disant qu'il venait remplir le dernier devoir de l’amitié. « Vous remettrez mes restes à la terre, lui dit-il, et vous tacherez de faire profiter les survivants des expériences bénies que Dieu m'a donné de faire » ce qui arriva en effet, mais deux ans plus tard.

Bien que ses forces physiques eussent décliné, l'infatigable pasteur institua de nouveau, à cinq heures du matin, des réunions de prières où beaucoup d'âmes furent vivifiées et un bon nombre sauvées. Et sous son influence les dissensions qui existaient à son arrivée disparurent promptement.

Bramwell prêchait très souvent sur la nature et la nécessité de la sainteté; il témoignait du don que Dieu lui en avait fait et chacun pouvait se convaincre de la réalité de ce don. Il insistait beaucoup sur le fait que cette sainteté est à la portée de tous ceux qui sont justifiés, et il pressait ses auditeurs de la rechercher de tout leur cœur. II savait que s'ils ne le faisaient pas et n'avançaient pas vers cette perfection, ils étaient en danger de se perdre irrémédiablement, aussi insistait-il avec une grande force. « La raison pour laquelle tant de chrétiens cherchent à être délivrés de tout reste de leur vieille nature et n'y parviennent pas, dit-il, c'est qu'ils sont secrètement retombés et ont perdu la justification. S'ils voyaient clair sur l'état de leur âme, ils verraient qu'ils ont tout de nouveau besoin d'être justifiés par la repentance et la foi en jésus. »

Nous reproduirons quelques fragments d'une lettre de Bramwell écrite peu après son installation à Sheffield, et adressée à sa fille :

Sheffield, j novembre 1810

« Ma chère Anne.
« J'ai reçu ta bonne lettre. Combien je me réjouis d'apprendre que tu es rentrée ;dans l'amour de Celui qui a répandu pour toi son gang sur la croix! je vois que maintenant tu vas croître dans cet amour...
« Être délivrée de tout, reste de mauvais caractère, être changée dans l'Esprit du Christ à l’image de Dieu, et vivre pour le louez et se réjouir en Lui éternellement, c'est ta gloire, ta vie éternelle...

« Un peu de religion ne peut jamais rendre heureux, mais la plénitude te rendra heureuse dans toutes les circonstances, quelles qu'elles soient. Je prie pour toi: il me tarde de te voir: tu es continuellement sur mon cœur. Le Seigneur te rendra ; il le doit, puis-je dire ; il te rendra sainte comme Lui. »

 

A peu près à la même date il écrit à M. Burrows :

« Je n'ai jamais autant vécu dans le ciel que maintenant. Prier continuellement, racheter le temps, ne passer que peu d'heures au lit, travailler beaucoup ce sont les moyens d'obtenir le repos continuel. Être purifié du péché intérieur, c'est beaucoup, et Dieu me le donne; mais, dans sa grande miséricorde, il me donne beaucoup plus encore : il remplit mon âme de son amour.
« Le Seigneur a répandu son Esprit sur nous pendant ce dernier trimestre; cent trente personnes ont été sauvées. Nous avons un réveil à Great Gomersal, à Little Gomersal, à Littletown, à Birkenshaw et à Drighlington. Beaucoup de personnes sont véritablement vivantes pour Dieu; un bon nombre sont entrées dans la liberté parfaite.

Le 24 février 1812, M. Longden mourut dans le complet triomphe de la foi. Bramwell fit la prédication funèbre. A ce sujet, il écrit :

« ...Un chrétien, un ami, un homme de Dieu, nous a quittés. Des milliers assistaient à ses funérailles, je n'ai jamais vu une pareille foule en telle occasion .... Toutes choses ne sont rien comparées à Dieu; une vue de sa gloire éclipse tout... »

Peu avant sa mort, Longden avait écrit un rapport sur l'activité de Bramwell pendant son second séjour à Sheffield. Nous y lisons, entre autres, que ce fidèle ministre avait été, dans la main de Dieu, un moyen de salut pour des milliers d'âmes et qu'il en était devenu extrêmement vénérable aux yeux des chrétiens.

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LA GRÂCE SUFFIT DANS LA MALADIE

La Conférence de 1812 plaçait Bramwell à Birstal. Il y avait dix-neuf ans qu'il avait quitté ce circuit, depuis lors ses forces physiques avaient beaucoup baissé; les effets de l'âge et d'un travail excessif se faisaient sentir. Le serviteur de Dieu venait, en outre, de ressentir les premières attaques d'un mal qui devait l'emporter; il n'en continua pas moins ses travaux avec un redoublement de zèle.

Dès le premier dimanche à Birstal, il réunit la société et fait remarquer à ses frères que « chanter bas et lentement, faire de longues prières, de longues réunions et arriver tard aux services, était indubitablement la marque d'un état spirituel peu prospère. » Puis il leur recommande de mettre la plus grande diligence à user des moyens de grâce, particulièrement des réunions de classes et des réunions de prières. Il leur annonce qu'il passera toutes ses soirées dans les différentes localités du circuit afin de pouvoir visiter tous les membres de la société; puis il leur dit que tous les efforts humains étant stériles sans l'opération du Saint-Esprit, il les prie tous instamment de s'unir à lui dans la prière pour obtenir cette divine efficace. Il termine enfin en disant, avec une énergie qui lui était particulière : « Je connais un homme qui prie pour Birstal treize fois par jour sur ses genoux; et qui de temps en temps reste quatre heures de suite en prières. »

 

Ses efforts joints à ceux de ses fidèles collègues furent bientôt couronnés de succès. Avant la fin de 1812 il put écrire :

« En plusieurs localités du circuit il y a, dans les âmes une détresse telle que je n'en ai jamais vue. Un grand nombre se tournent vers Dieu...
« Pendant ce dernier trimestre, le Seigneur a abondamment répandu son Esprit, environ cent trente personnes ont été sauvées. Il y a un, réveil en plusieurs localités du circuit.
« A Birstal plusieurs familles se sont jointes à nous; et beaucoup de chrétiens dans cette ville sont vraiment vivants.
« Une réunion des conducteurs de classes et des prédicateurs a lieu chaque jeudi après la prédication et le Seigneur est avec nous...
« La pauvreté est très grande et ne fait que s'accroître en plusieurs localités. Quand donc la guerre cessera-t-elle? Dieu châtie cette nation. Oh ! si elle pouvait se repentir et être sauvée ! »

Précédemment les conducteurs de classes de Birstal ne s'assemblaient que tous les quinze jours; Bramwell les réunit chaque semaine. Dans chaque localité du circuit, il réunit ceux de la localité après la prédication qu'il y fait le soir pendant la semaine. Chaque année, il faisait un examen des conducteurs et leur posait entre autres, les questions suivantes
I° Avez-vous des dettes?
2° Avez-vous la pleine assurance de votre réconciliation avec Dieu?
3° Êtes-vous entièrement sanctifié?
4° Commencez-vous vos réunions à l'heure convenue, que les membres de la classe soient présents ou non?
5° Priez-vous avec votre famille matin et soir? etc.

 

Quelques mois plus tard, toujours avant la fin de 1812, il peut écrire ces paroles qui ne doivent pas rester inaperçues :

« Une œuvre glorieuse s'est faite dans notre circuit; de trois à quatre cents âmes ont été amenées au Sauveur. Nos assemblées ! de culte, agapes, réunions d'associations particulières, etc., ont été renouvelées par la présence de Dieu. Non seulement des pauvres; mais un bon nombre de gens de haute condition, et même par familles entières, se sont donnés à Dieu ! Oh. que cette œuvre puisse continuer Priez, priez, priez i Je prie continuellement. »

 

Il écrit aussi à son fils aîné

« Mon cher John,

« Je suis plus que jamais persuadé de la nécessité d'être constamment prêt à entrer dans la gloire éternelle. J'ai eu dernièrement une vue du monde à venir hautement bénie. Toutes choses ne sont que de la boue comparées à Jésus-Christ et à la gloire de son royaume. J'ai faim et soif, je prie et me voue au service de Dieu de toute mon âme. »

 

 

Le 5 mai 1813, Bramwell écrit de Birstal « Vivez pour Dieu, mon frère Cranswick. Faites toujours marcher de front l'accomplissement de ces trois devoirs : actif au travail, fervent d'esprit, servant le Seigneur. Et c'est par beaucoup de prière, le matin, avant de vous mêler au monde, et beaucoup de vigilance, que vous y parviendrez. Dites à vos chers amis, vos voisins, d'être persévérants, fermes dans le Seigneur. Nous en aurons bientôt fini avec toutes les choses de la terre et dès que nous quitterons ce monde, notre place sera fixée pour toute l'éternité. J'y pense souvent. L'entière sanctification, le plein salut, c'est la gloire de notre dispensation. Parlez-en dans votre classe et en chaire; insistez sur ce sujet et pressez vos auditeurs de vivre tous dans cette sanctification. Dieu sera avec vous; et, malgré la rage de l'enfer et l'opposition des hommes, un bon nombre croiront et seront sauves:..»

 

 

Dans une lettre du mois d'août 1813, nous lisons :

« Ce matin, je me suis appliqué à résoudre ces questions :
« Suis-je prêt à entrer dans la gloire du ciel?
« Suis-je prêt à quitter cette terre en ce moment même?
« Suis-je prêt quant à mes devoirs envers Dieu et envers moi-même?
« Suis-je prêt comme prédicateur? comme époux? comme père?
« Est-ce que je fais tout ce que je puis chaque jour, dans chacune des fonctions que Dieu m'a assignées?
O mon âme, ne peux-tu vivre beaucoup plus près de Dieu, jouir beaucoup plus de Lui, être remplie de toute sa plénitude? » Et immédiatement je plaidai avec Dieu pour obtenir toute sa plénitude, et je n'aurai aucun repos que je ne l'aie obtenue. »
« Je suis certain que la plénitude de la gloire a été acquise à chacun de ceux qui croient; et j'espère que nous croirons pleinement de manière à recevoir pleinement.

Pendant la seconde année de ce second ministère à Birstal, Bramwell eut une grave attaque de fièvre rhumatismale qui commença un samedi. Il n'en prêcha pas moins le lendemain deux fois à Cleckheaton; mais incapable de remonter à cheval pour rentrer chez lui, il fut porté dans la maison d'un ami où il passa huit ou neuf jours. Ses douleurs étaient grande, mais il ne laissa jamais entendre aucune plainte; par contre, on l'entendit souvent s'écrier : « Gloire à Dieu! ceci vaut mieux que les douleurs de l'enfer. »

L'hiver suivant la maladie revint avec violence; et la santé de Bramwell en resta gravement atteinte; mais la souffrance avait rendu le serviteur de Dieu encore plus tendre dans sa sympathie pour tous ceux qui souffrent.

 

Nous donnerons ici quelques lignes d'une lettre, adressée au père d'un pasteur :

« Cher frère,
« Je tenais beaucoup à voir toute votre famille et je suis bien triste de n'avoir pu me rendre auprès de vous. J'espère que vous agissez en vue du monde à venir. Votre salut est de la plus haute importance; si vous vivez dans la liberté que donne Jésus-Christ, votre chemin sera paisible et agréable.
Vous savez que seule l'image du Seigneur, reproduite en vous, causera l'union avec Lui et la qualification nécessaire pour entrer dans la gloire éternelle. La prière continuelle est absolument nécessaire. Il vous faut prier non seulement avec votre famille, mais le matin et le soir dans le secret de votre cabinet. Et vous devez de même vous retirer quelques minutes dans la solitude pendant la journée...
« Soyez un homme de Dieu, entièrement consacré à son service; soyez saint, vivez une vie d'amour, de patience, d'espérance et de joie. Ces grâces sont vôtres, en Jésus-Christ... »

Pendant les deux années du second ministère de Bramwell à Birstal, cinq cents nouveaux membres furent ajoutés à la société, dans le circuit de cette ville; et les anciens membres furent extraordinairement bénis, fortifiés et encouragés.

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PRÊT POUR LA GLOIRE ÉTERNELLE

A la Conférence de 1814 Bramwell fut nommé prédicateur du Circuit Ouest de Londres. La société qu'il allait rencontrer là, différait tellement du peuple simple et rustique du West Riding dans le Yorkshire, que cette nomination lui causa une grande anxiété et qu'il ne cessa de prier à ce sujet. Mais s'il partit en tremblant, il fut reçu avec des démonstrations de joie; sa réputation l'avait précédé.

Il ne lui fallut pas longtemps pour constater qu'il pouvait être plus utile dans la capitale que partout ailleurs. Il y rencontrait, entre autres, un grand nombre de gens haut placés et d'une grande influence, qui avaient la plus haute estime pour son ministère. Il oublia donc bientôt ses craintes et se sentit tout à fait à sa place. Il fit alors plus que jamais l’expérience de cette promesse de Dieu « J'honorerai ceux qui m'honorent. »

Il eut à Londres les collègues les plus aimables et les plus affectionnés, tous jeunes gens qu'il avait visités autrefois chez leurs parents. Le savant et vénérable Joseph Sutcliffe écrivait plus tard, alors qu'il était le dernier survivant de la seconde génération des ministres wesleyens :

« L'année que j'ai passée avec M. Bramwell dans le Circuit Ouest de Londres l'a été dans une véritable communion avec lui; nous pensions et parlions de même.
« Cet homme de Dieu se plaignit parfois que dans cette grande cité, il ressentait quelque peu de la crainte des hommes, mais je crois qu'il en fut délivré dès ses premières prédications.
« Je l'entendis à Lambeth Chapel; il avait pris pour texte cette parole : « Si tu peux croire, toutes choses sont possibles à celui qui croit; » et assurément son Maître était avec lui. Chaque phrase prononcée par lui était un trait de lumière accompagné de la puissance de Dieu; et je ne crois pas qu'il soit possible d'être plus à son aise qu'il le fut.
« C'est dans ce Circuit que Dieu le fit passer par la fournaise de l'épreuve. Il fut pris de goutte rhumatismale pendant trois mois d'hiver, et pendant deux mois ses souffrances furent telles, jour et nuit, qu'il lui fut impossible de dormir. A la grande édification de tous ceux qui l'entouraient, il fit preuve de toute la foi et de toute la patience qu'il avait si longtemps prêchées aux autres.

« Un jour ses souffrances cessèrent tout à coup, ce qui naturellement le remplit de reconnaissance. Il était si heureux qu'il lui sembla, pendant une demi-heure, que Jésus-Christ et les anges remplissaient la chambre. Il fallut cependant encore tout l'été suivant avant que sa santé fût complètement rétablie.»

 

La lettre suivante adressée à M. Thomas Crowther, montre les dispositions de Bramwell . Peu après son arrivée à Londres :

« J'ai dû soutenir une vive lutte quand j'ai été appelé ici; mais dès ma première réunion à Londres, le Seigneur a répandu son Esprit sur les auditeurs. Un homme en fut tellement rempli qu'il louait Dieu à haute voix. Je vis alors, et je l'ai toujours vu depuis, que c'était bien Dieu qui m'avait appelé ici. J'ai eu depuis lors plusieurs moments extraordinairement bénis.
« Je suis corporellement plus faible que jamais; et il ne faut rien moins que la toute-puissance de Dieu pour me maintenir dans le poste où je suis.
« Nous prêchons seulement deux fois le dimanche; puis nous avons une réunion de sociétés. Ma tournée régulière est d'environ cinquante kilomètres par semaine; mais en plusieurs localités des amis me logent pour la nuit. Je suis pleinement satisfait de ma position.
« Mais quelle douleur quand je considère l'état de Londres! Plus d'un million d'habitants, trente mille prostituées, et si peu de gens qui craignent Dieu! En voyant les magnifiques édifices de cette ville, je pense souvent à cette parole de Jésus-Christ : « Vous voyez ces belles pierres, ces magnifiques monuments : tout cela sera détruit. » La pensée que tant de milliers de gens s'en vont à la, perdition, est parfois plus que je n'en puis supporter; cependant avec l'aide de Dieu je continue mon chemin. Oh! envoie ton Esprit, Dieu tout-puissant! Que de ton trône un fleuve d'eau vive vienne à nous; et qu'il vienne bientôt! Amen et amen ! »

 

A son vieil ami, M. Wilkinson de Sheffield, Bramwell écrit le 22 septembre 1814 :

« ... Je prie sans cesse, et je suis pleinement convaincu que je suis à ma place. Dieu est véritablement avec moi. Mais je n'ai jamais été plus tenté que maintenant. Chaque fois que je vais prêcher, Satan me suggère que cela devrait être pour la dernière fois. Avec quelle violence l'enfer s'acharne contre moi ! Peut-être que le Seigneur, dans sa miséricorde, me mettra de côté. Père, que Ta volonté soit faite ! Puissé-je boire la coupe de la crainte et du tremblement jusqu'à ce que je voie Ta gloire!.. »
« Oh !quelle grâce que d'être tout à fait prêt à entrer dans la gloire éternelle, et de l'être continuellement !
«N'ayez aucun repos que vous ne puissiez dire : « Seigneur, ton sang m'a purifié de tout péché. » Oh! quelle grâce de le sentir et de le prêcher !
« De plusieurs villes de France nous sont venues des demandes de prédicateurs; nous n'avons jamais eu connaissance d'autant de portes ouvertes pour nous dans ce pays... »

 

A son vieil ami Thomas Crowther, Bramwell écrit :

« Mon cher frère, « 11 avril 1815

« ... Je n'ai jamais eu, dans la prédication, une puissance aussi grande que maintenant et je vois des fruits bénis presque à chacun de mes sermons. je n'ai jamais vécu dans une union aussi intime avec Dieu que présentement. Je travaille à être prêt à chaque instant. La vue que j'ai eue de Dieu et de la vie éternelle pendant ma maladie a été extraordinaire. Avoir continuellement le sentiment de la présence de Dieu, c'est notre gloire en ce monde : il faut vivre en lui et en avoir conscience.
« Quel grand salut! salut de tout péché ! rien moins que la gloire de l'Évangile, « être changé à l'image de Jésus-Christ! » Je me perds dans l'admiration, l'amour et la louange. Oh! buvons toujours plus profondément dans l'océan des eaux vives. Vous savez comment : prière constante, prière privée. J'ai dû quitter mon lit dernièrement, pendant la nuit, pour répandre mon cœur devant Dieu; je sentais que je ne priais jamais assez; la prière est ma vie; mon tout en Lui.

« J'ai été grandement troublé à Londres, navré! nos missionnaires nous rapportent qu'en France, on permet aux prêtres de prendre les bibles que les prisonniers français ont rapportées dans leur pays et de les brûler; et qu'un grand nombre de bibles envoyées en Espagne ont été saisies et renvoyées à leur lieu d'origine. Cependant il s'est produit, depuis cela, un grand changement en France. Quelle chose étonnante que Bonaparte ait pu reprendre son trône! Nous aurons de nouveau de grands événements. Je prie ardemment que Dieu empêche, s'il le trouve bon, la grande effusion de sang qui se prépare. Plusieurs des hommes les plus pieux de notre société, officiers et soldats, sont de nouveau appelés sous les armes. On se prépare en toute hâte pour la guerre; toutes les mains y travaillent. Je devais partir pour Dunkerque, aussi secrètement que possible, car nous avons une congrégation dans cette ville; mais ce projet est abandonné pour le moment.
« O Seigneur viens ! »

 

A M. Sigston, de Leeds, le 25 mai 1815, Bramwell écrit :

« Je prie continuellement pour vous, que vous puissiez faire l'expérience de la purification de tout péché, de la vie dans l'amour parfait et la pratique de toute la volonté de Dieu. »

 

Le 3 juin, il écrit à son fils John :

« Je désire qu'il ne soit pas question maintenant de notre départ de Chelsea. Je suis tellement béni au milieu de ce peuple que je ne le quitterais qu'avec la plus grande peine. Et cependant s'il est vrai, selon l'opinion de la faculté, que je ne puis rester encore un hiver ici sans être atteint de rhumatisme, je partirai par devoir. Que Dieu me montre mon chemin! »

 

Et il écrit peu après à un ami :

« Quant à mon départ de Londres, je n'ai jamais été plus béni dans la prédication que maintenant, et jamais plus heureux dans mon âme. Nous avons eu un bon nombre d'âmes sauvées dimanche dernier; l'effusion du Saint-Esprit a été véritablement une averse dans la chapelle de Queen street. »

Nous avons déjà remarqué que Bramwell rend constamment témoignage non seulement de l'entière purification du péché intérieur qu'il a obtenue par la foi au sang de Christ, et par le Saint-Esprit, mais encore des progrès continuels que l'Esprit lui fait faire dans la connaissance et dans l’amour de Dieu; et que l'entière sanctification, loin d'être la fin du progrès, en est plutôt le commencement et la condition. Or, voici ce que dit Bramwell, dans une lettre datée de Londres, le 27 juillet 1815, c'est-à-dire après avoir constamment rendu témoignage de son entière sanctification pendant trente et un ans :

« Je fais toujours effort pour obtenir davantage, sans quoi j'enfoncerais et je mourrais; la prière m'est plus nécessaire que jamais. »

 

A la même époque cependant, il ;écrit à sa fille :

« Tu ne manqueras pas de t'unir à moi pour louer Dieu quand je te dirai que j'ai reçu ce que j'appelle une extraordinaire plénitude de l’Esprit. Je ne sais pas si, après une pareille grâce je prêcherai mieux ou si je verrai mieux toutes choses ; comme voient les anges; mais il est certain que j'ai fait l'expérience d'une communion avec Dieu et avec les choses d'En Haut, telle que je n'en avais jamais connu auparavant.
« Oh! la gloire qui sera révélée! Il est impossible d'en dire la grandeur. Je suis submergé, perdu en Dieu, dans les lieux célestes »
Vu l’état misérable de la santé de Madame Bramwell et la crainte où l'on était qu'un nouvel hiver passé à Londres ne fût fatal à son mari, la Conférence de 1815 appela ce dernier au poste de Newcastle-on-Tyne. Le départ de Londres fut très pénible, mais Bramwell s'y soumit comme à un ordre de Dieu; du reste, il lui était indifférent de résider ici ou là, pourvu qu'il fît la volonté de Dieu.

 

Vie de William Bramwell

 

 

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