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Ce livre d'Oswald Chambers a été traduit en français par la Ligue pour la Lecture de la Bible France (www.llbfrance.com).
Il a été numérisé par Nicolas Ciarapica, et par David Houstin. Ces textes ont une grande valeur spirituelle et nous sommes persuadés qu'ils sauront vous bénir.

Oswald Chambers

tozer2Articles tirés du livre: "Ce monde : aire de jeux ou champ de bataille" ? Veillons à nos paroles (chapitre 23), Nous devons rétablir des dirigeants spirituels (chapitre 24), Le chrétien est le véritable réaliste (chapitre 25), Prier jusqu'à prier (chapitre 26), L'obéissance : une doctrine négligée (chapitre 27). Je trouve que la plupart des chrétiens ne s'entraident pas énormément dans le domaine de la conversation, et souvent ils se font beaucoup de mal. Il y en a peu qui peuvent parler longtemps sans tomber dans des discours qui manquent non seulement d'édifier l'autre, mais qui s'avèrent en plus être véritablement nocifs. C'est là un défaut dans notre vie que nous devons analyser sérieusement. Il arrive souvent que tout le bénéfice d'un sermon soit perdu par les discours légers et frivoles qui suivent la réunion dominicale.

 

Veillons à nos paroles (chapitre 23)

C'est une triste erreur, car le ministère de toute église doit être ni plus ni moins l'expression publique de la pure spiritualité qui constitue le quotidien de ses membres.

Le pasteur lui-même devrait simplement porter le dimanche matin le même esprit qui l'a caractérisé durant la semaine entière. Il ne devrait pas être obligé de prendre une autre voix ou un ton différent. Ses paroles doivent forcément être différentes, mais son attitude et sa disposition doivent être identiques à sa vie quotidienne.

Les paroles vaines ou nocives bloquent le réveil spirituel et peinent le Saint Esprit. Cela détruit l'effet cumulé des impressions spirituelles, et cela nécessite de retrouver tous les dimanches la disposition de dévotion qui a été perdue pendant la semaine. Ainsi, nous sommes constamment obligés de refaire le travail de la semaine passée et de regagner le terrain perdu à cause des conversations inutiles.

Ce n'est pas la peine de s'efforcer d'entretenir une causerie religieuse à chaque fois que nous rencontrons nos amis. Il n'y a pas de meilleure preuve de notre légèreté d'esprit, que d'observer la façon négligée et désinvolte que nous avons de parler de religion. Je ne demande pas davantage de jacasserie religieuse -- la jacasserie religieuse peut s'avérer tout aussi fade et ennuyeuse que toute autre jacasserie, et, ce qui est bien pire, elle peut devenir hypocrite et creuse. L'idéal est une conversation chaste, naturelle, et remplie d'amour, que nous discutions de choses terrestres ou célestes.

Nous devons rétablir des dirigeants spirituels (chapitre 24)

Quelqu'un a écrit au pieux Macarius d'Optino que ses conseils spirituels lui avaient rendu service. « C'est impossible, » repondit Macarius. « Seules les erreurs sont à moi. Tout bon conseil, c'est le conseil de l'Esprit de Dieu. Il se trouve que j'ai correctement entendu ce conseil, et que je l'ai transmis sans le corrompre. »

Il y a là une excellente leçon que nous ne devons pas négliger. C'est la douce humilité de l'homme de Dieu. « Seules les erreurs sont à moi. » Il était fermement convaincu que ses propres efforts ne pouvaient donner lieu qu'à des erreurs, et que tout bon fruit de ses conseils ne pouvait être que l'oeuvre de l'Esprit Saint qui opérait en lui. Apparamment, c'était là plus qu'une impulsion ponctuelle de dépréciation de soi -- laquelle le plus orgeuilleux des hommes est à même de ressentir à l'occasion -- mais plutôt une conviction profondément ancrée en lui, une conviction qui donne une direction à sa vie tout-entière. Son long et humble ministère, qui apporta de l'aide spirituelle à des multitudes, le montre assez clairement.

En ce jour où des « personalités » éclatantes conduisent l'oeuvre du Seigneur selon les méthodes de l'industrie du spectacle, il est raffraîchissant de s'associer ne serait-ce que pour un instant, dans les pages d'un livre, avec un homme sincère et humble qui écarte de vue sa propre personnalité et place l'emphase sur l'oeuvre intérieure de Dieu. Il est notre conviction que le mouvement évangélique continuera à partir de plus en plus à la dérive, jusqu'au jour où sa direction, au lieu d'être entre les mains de la célébrité religieuse moderne, sera transmise à l'humble saint, qui ne demande pas qu'on l'acclame et ne recherche pas de position, qui n'est satisfait que quand la gloire et attribuée à Dieu, et lui-même est oublié.

Tant que nos églises ne seront pas dirigées par de tels hommes, nous pouvons nous attendre à une détérioration progressive de la qualité du Christianisme populaire, jusqu'à ce que nous arrivions au point où l'Esprit Saint, blessé, nous quitte comme le Shechinah avait quitté le temple, et nous soyons délaissés comme Jérusalem après la crucifixion -- désertés de Dieu, et seuls. Malgré tous les efforts pour torturer la doctrine dans le but de prouver que l'Esprit ne quitte pas les hommes religieux, l'histoire montre clairement que parfois, cela arrive. Il a déjà dans le passé délaissé bon nombre de groupes qui s'étaient égarés trop loin pour que le rétablissement soit possible.

La question est ouverte, si le mouvement évangélique a péché trop longtemps et s'est trop éloignée de Dieu pour pouvoir revenir à la santé spirituelle. Personnellement, je ne crois pas qu'il soit trop tard pour se repentir, si les soi-disant chrétiens de notre temps repudiaient les conducteurs iniques et cherchaient Dieu à nouveau dans la vrai pénitence et dans les larmes. Le grand problème, c'est le si -- le feront-ils? Ou sont-ils trop satisfaits des gamineries et de l'écume religieuses pour pouvoir reconnaître leur triste éloignement de la foi du Nouveau Testament ? Si tel est le cas, il ne reste que le jugement.

Une stratégie que le diable maitrise c'est de mener les chrétiens sur de fausses pistes. Il sait très bien divertir l'attention du chrétien qui prie pour qu'il néglige ses attaques subtiles mais mortelles, en se concentrant à la place sur des choses plus évidentes et moins dangereuses. Ensuite, pendant que les soldats du Seigneur s'assemblent avec empressement à l'une des portes, il entre discrètement par une autre porte. Et quand les « saints » ne s'interessent plus au sujet de divertissement, ils reviennent et trouvent le pieux ennemi nouvellement baptisé et à la direction des opérations. Ils sont tellement loins de le reconnaître qu'ils adoptent vite ses façons de faire, et ils appellent cela le progrès.

Dans le dernier quart de siècle, nous avons vu dans les croyances et les pratiques du segment évangélique de l'église un bouleversement majeur au point de constituer un abandon total de ses principes -- le tout sous le manteau de l'orthodoxie la plus fervente. Avec une Bible sous le bras et une pile de tracts dans la poche, les gens religieux se rassemblent maintenant pour conduire des « cultes » tellement charnels, tellement païens, qu'ils sont difficilement distingables des anciens spectacles vaudeville des jours passés. Et si un prédicateur ou un éditeur remet en cause cette hérésie, il invite sur lui-même le ridicule et l'abus de tous coins.

Notre seul espoir, c'est qu'un renouveau de pression spirituelle sera engendré de plus en plus par des hommes humbles et courageux qui ne désirent rien d'autre que la gloire de Dieu et la pureté de l'église. Que Dieu nous en envoie un grand nombre. Ils se font longement attendre.

Le chrétien est le véritable réaliste (chapitre 25)

Certains penseurs superficiels rejetent les chrétiens comme étant des personnes irréalistes qui vivent dans un monde imaginaire. "La religion", disent-ils, "est une échappatoire, une négation de la réalité. Y adhérer, c'est se réfugier dans des rêves."

En argumentant de cette manière, ils ont réussi au fil des années à perturber un grand nombre de personnes et à créer dans l'esprit des gens un affreux doute concernant la sagesse de la position chrétienne. Mais il n'y a pas de quoi être perturbé -- une meilleure analyse des faits permettra de dissiper tous les doutes et de convaincre les croyants que leurs attentes sont valables et que leur foi est basée sur un fondement sûr.

Si on comprend le réalisme comme étant la reconnaissance des choses telles qu'elles sont réellement, les chrétiens, d'entre tous les humains, doivent être les plus réalistes. Parmi tous les penseurs intelligents, ce sont eux qui s'intéressent plus à la réalité. Ils insistent que leurs croyances correspondent aux faits. Ils réduisent les choses à leur essence primitive et rejetent de leur esprit tout ce qui enfle leur raisonnement. Ils demandent à connaître l'entière vérité concernant Dieu, le péché, la vie, la mort, la responsabilité morale et le monde à venir. Ils veulent connaître tout ce qu'il y a de mal en eux-mêmes afin qu'ils puissent y rémédier. Il y a quelque chose en eux qui refuse d'être dupé, même si l'aveuglement leur permettrait de maintenir leur amour-propre et leur dignité personnelle. Ils tiennent compte du fait indéniable qu'ils ont péché. Ils reconnaissent la brévité de leur vie et la certitude de la mort. Ils ne tentent pas d'éviter ces choses, ni de les modifier pour qu'elles leur conviennent mieux. Ce sont des faits, et ils les regardent en face. Ce sont des réalistes !

Nous qui adhérons à la foi chrétienne n'avons pas besoin de nous justifier. La charge de la preuve se tient avec l'adversaire. L'accusation d'irréalisme peut être portée à l'incroyant avec une logique imparable.

Ce sont les hommes ou les femmes de ce monde qui sont les songeurs, pas les chrétiens. Un pécheur ne peut jamais vraiment être lui-même. Il doit faire semblant toute sa vie. Il doit vivre comme s'il n'allait jamais mourir, tout en sachant pertinemment qu'il doit mourir. Il doit agir comme s'il n'avait jamais péché, tout en sachant, au plus profond de coeur, à chaque fois qu'il commet un péché. Il doit faire semblant de ne pas s'intéresser à Dieu et au jugement et à la vie future, mais dans son coeur il est profondément perturbé par sa condition irrégulière. Il doit maintenir une façade de nonchalance tout en reculant devant les faits et en souffrant des accusations de sa conscience. Les nouvelles d'un ami proche qui est décédé le laissent perturbé, avec l'hypothèse que ce sera lui le suivant -- mais il n'ose pas montrer son angoisse, il doit masquer sa terreur de son mieux et continuer de jouer son rôle. Durant toute leur vie adulte, il doit esquiver, masquer et cacher. Lorsque enfin arrêtent de faire semblant soit ils perdent la tête, soit ils se tournent vers Christ, soit ils se suicident.

Prier jusqu'à prier (chapitre 26)

Le Dr. Moody Stuart, un grand homme de prière d'une génération passée, avait dressé une liste de règles pour le guider dans ses prières. Parmi ces règels se trouvait celle-ci : « Prie jusqu'à ce que tu pries ».

La différence entre prier jusqu'à s'arrêter et prier jusqu'à prier est illustrée par l'évangéliste américain John Wesley Lee. Il comparait souvent une session de prière à un culte, et il insistait que bon nombre d'entre nous arrêtons la réunion avant la fin du culte. Il a avoué qu'à une occasion, il s'était levé trop tôt d'une session de prière et il avait commencé à marcher dans la rue pour s'occuper d'une affaire pressante. Il n'avait parcourue qu'une courte distance quand une voix intérieure l'a repris. « Mon fils, » semblait dire la voix, « n'as-tu pas prononcé la bénédiction avant que la réunion soit terminée? » Il a compris, et il s'est empressé aussitôt de retourner à son lieu de prière, où il est resté jusqu'à ce que le fardeau se lève et la bénédiction tombe.

L'habitude de couper court nos prières avant que nous ayons réellement prié est aussi courante qu'elle est malheureuse. Bien souvent, les dix dernières minutes peuvent être plus significatives que la première demi-heure, car il nous faut assez longtemps avant de se mettre dans l'état d'esprit nécessaire pour prier efficacement. Nous devrons peut-être lutter avec nos pensées pour les empêcher de se dissiper à cause des multitudes de distractions qui résultent de notre vie dans un monde désordonné.

Ici, comme partout dans les choses spirituelles, nous devons nous efforcer de distinguer l'idéal du réel. Dans l'idéal, nous devrions vivre à chaque instant dans un tel état de parfaite union avec Dieu qu'aucune préparation particulière ne soit nécessaire. Mais en réalité, rares sont ceux qui peuvent honnêtement dire que telle soit leur expérience. La candeur nous oblige pour la plupart à admettre que nous devons souvent lutter avant de pouvoir échapper à l'aliénation et au sentiment d'irréalité qui reposent parfois sur nous comme une sorte d'humeur générale.

Quoi qu'en puisse dire un idéalisme rêveur, nous sommes obligés de traiter les choses au niveau de la réalité concrète. Si lorsque nous venons prier nos coeurs sont apathiques et sans sens spirituel, il ne sert à rien d'essayer de se convaincre que ce n'est pas le cas. Il vaut bien mieux l'admettre franchement et le surmonter par la prière. Certains chrétiens sourissent à l'idée de « surmonter par la prière, » mais on retrouve des pensées similaires dans les écrits de pratiquement tous les grands saints prieurs depuis Daniel jusqu'à nos jours. Nous ne pouvons pas nous permettre d'arrêter nos prières avant que nous ayons réellement prié.

L'obéissance : une doctrine négligée (chapitre 27)

Il y a, comme l'a dit William James, « une sorte d'aveuglement dans les êtres humains » qui nous empêche de voir ce que nous ne voulons pas voir. C'est peut-être cela, ainsi que l'oeuvre du diable lui-même, qui fait que la doctrine de l'obéissance est tellement négligée dans les cercles religieux modernes. On reconnaît, bien-sûr, que Dieu exige que nous soyons des « enfants obéissants, » mais ce fait reçoit rarement assez d'attention pour produire un quelconque changement dans nos actes. Beaucoup de personnes semblent penser que leur devoir d'obéissance a été rempli une fois pour toutes par l'acte de croire en Jésus Christ au début de notre vie chrétienne.

Il faut se souvenir que « la volonté est le siège de la vraie religion dans l'âme. » Rien d'authentique n'a jamais été accompli dans la vie d'un homme avant qu'il ait cédé sa volonté dans un acte d'obéissance actif. C'est la désobéissance qui a engendré la chute de notre race. C'est « l'obéissance de la foi » qui nous rammène de nouveau dans la faveur divine.

Essayer de croire sans obéir donne lieu à tout un monde de confusion et de déceptions. Nous nous retrouvons dans position d'un oiseau qui essayerait de voler avec une aile repliée. Nous battons de l'aile en rond, et cherchons à nous réconforter dans l'espoir que les plumes qui voltigent dans tous les sens sont la preuve qu'un reveil ne tardera pas à venir. Une bonne partie des prières qui sont faites lors de nos réunions de camp ont exactement le même effet que pleurer un bon coup: ça permet de libérer la pression emotionnelle et soulager les nerfs tendus. Le sourire qui en résulte est accepté comme preuve qu'une oeuvre spirituelle profonde a été accomplie. Pour certains individus ce peut être une erreur tragique, donnant lieu à des blessures et des pertes permanantes dans la vie spirituelle.

Une soumission passive n'est pas nécessairement une véritable soumission. Se soumettre vraiment à la volonté de Dieu, c'est être prêt désormais à prendre des ordres de Sa part. Quand le coeur s'est engagé irrévocablement à accepter des ordres du Seigneur Lui-même et à y obéir, on peut alors dire qu'une oeuvre a été faite, mais pas avant. Nous ne verrons probablement pas parmi nous des transformations remarquables d'individus ou d'églises tant que les ministres du Seigneur ne rendent pas à l'obéissance la place de proémiance qu'elle occupe dans les Ecritures.

Aiden Wilson Tozer

 

Source

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 *** Transcrit, traduit et mis en ligne par : www.eglisedemaison.com

Compilé par Harry Verploegh
Publié en 1989 par Christian Publications / ISBN: 0-87509-420-1

 

 

 

Aiden Wilson Tozer

012Mais Aiden Wilson Tozer n'était pas un prophète de désespoir. Ses écrits sont des messages dignes011l d'intérêt. Ils exposent la faiblesse de l'Eglise et dénoncent les compromis. Ils avertissent et exhortent. Mais ce sont aussi des messages d'espérance, car Dieu est toujours présent, toujours fidèle pour restaurer et accomplir Sa Parole envers ceux qui entendent et obéissent. Tozer laissa un vaste trésor de richesses spirituelles à lire, digérer et mettre en pratique. "SES ECRITS SONT AUSSI FRAIS AUJOURD'HUI que lorsqu'il les rédigea la première fois. Dans ses écrits, il laissait aux autres le soin de discutailler des choses superficielles, évidentes et triviales, pour se consacrer à la discipline de l'étude et de la prière qui donna lieu à des articles et des livres qui atteignaient en profondeur les cœurs des hommes." (Dr. Nathan Bailey, Président de l'Alliance Chrétienne Missionnaire).

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