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Ce livre d'Oswald Chambers a été traduit en français par la Ligue pour la Lecture de la Bible France (www.llbfrance.com).
Il a été numérisé par Nicolas Ciarapica, et par David Houstin. Ces textes ont une grande valeur spirituelle et nous sommes persuadés qu'ils sauront vous bénir.

Oswald Chambers

tozer2Articles tirés du livre: "Ce monde : aire de jeux ou champ de bataille" ? Chrétiens honorifiques (chapitre 28), Donnons généreusement, mais sagement (chapitre 29), Des mots symptomatiques : « Juste » et « Injuste » (chapitre 30), D'autres mots symptomatiques : « rancoeur » et « ressentiment » (chapitre 31), Le prophète est un homme mis à part (chapitre 32), Ce n'est pas une rue à sens unique (chapitre 33).

 

 

 

Chrétiens honorifiques (chapitre 28)

Nous entendons parfois parler d'un homme politique ou d'une autre personne célèbre qui est nommée "chef" d'une tribu d'Indiens d'Amerique. Il est salué solennellement, on l'accueille avec des chants tribaux, et il est investi d'une parure flamboyante de plumes d'aigles. On le prend en photo avec les grands hommes de la tribu et à partir de ce moment-là il est considéré comme étant "chef" parmi eux.

Son sourire esquissé montre clairement qu'il considère tout ça comme un grand jeu, mais les Indiens pour leur part ne sourient pas, et ils prennent apparemment cela très au sérieux. Il n'y a pas besoin de beaucoup de clairvoyance pour voir que toutes les cérémonies, les bijoux, les plumes et les chants ne peuvent faire un indien d'un occidental. Au mieux celui-ci reste un chef honorifique, mais pas un vrai.

Comparez cela à tant d'églises évangéliques, où l'on trouve bien trop de membres qui sont chrétiens que par initiation, et non pas par naissance spirituelle. Ils ont été par les initiés par les sachems locaux pour leur donner l'impression que ce sont des chrétiens mais en réalité ils n'ont de chrétien que le nom.

Toutes les cérémonies religieuses qui ont été inventées par les esprits prolifiques des dirigeants du monde chrétien ne peuvent faire d'un pécheur un chrétien. Aucun homme, aussi riche et mystérieuse que soit sa parure vestimentaire, ne peut transformer un autre homme en chrétien. Les appointements impressionnants de la magnifique église et les rites solennels sont l'équivalent du tipi du Grand Sachem, simplement sur une plus grand échelle. Tout ce que l'on peut attendre de meilleur c'est une religion par initiation. Les chercheurs ressortent uniquement comme chrétiens honorifiques. La racine de la vie n'est pas en eux -- et ils méritent notre pitié.

Notre Seigneur nous indique clairement que nous devons être né de nouveau avant de pouvoir entrer dans le royaume de Dieu. Ne nous contentons pas d'être membres honorifiques dans le royaume. Et ne considérons rien comme acquis. Il y a trop de choses en jeu dans ce domaine vital de notre existence.


Donnons généreusement, mais sagement (chapitre 29)

La somme d'argent gaspillée tous les ans dans le travail religieux ne peut jamais être calculé de manière exacte, mais elle doit certainement se compter dans les millions de dollars, ne serait-ce qu'aux Etats-Unis. L'une des contreparties de notre système Protestant libre c'est l'absence des garde-fou nécessaires pour éviter que des personnes irresponsables se lancent dans une mission religieuse quelconque comme bon leur semble et fassent appel au public chrétien pour payer leurs factures. Le résultat de cette liberté c'est que l'escroquerie a depuis longtemps envahi la scène religieuse et que d'innombrables prophètes auto-proclamés vivent luxurieusement aux frais des saints.

Je ne parle pas des grandes sommes d'argent qui sont dépensées pour propager les nombreuses fausses sectes qui fleurissent comme une mauvaise herbe verdoyante sur notre riche sol américain. Je limite mes considérations au domaine des activités religieuses qui passent pour du Christianisme néo-testamentaire. Les faits indiquent que même là, tout ne va pas bien.

"Plusieurs facteurs se sont combinés ces dernières années pour encourager la magouille dans le domaine de l'oeuvre religieuse et pour rendre possible à des personnages peu recommandables de s'engraisser aux frais du généreux public chrétien".

Tout d'abord, il y a l'extraordinaire prospérité financière dont la nation jouit aujourd'hui. Pratiquement tout-le-monde ces jours-ci a largement de quoi donner aux oeuvres religieuses ou caritatives, et il n'est pas dans la nature humaine de laisser un si riche potentiel inexploité, alors qu'il est tellement facile d'en détourner de grandes sommes en se lançant dans une entreprise religieuse quelconque et en faisant appel au bon peuple pour couvrir les frais.

Il est à la gloire éternelle des enfants de Dieu qu'ils peuvent être poussés à donner abondamment en entendant une histoire touchante ou en voyant la souffrance humaine. Il suffit de faire le tour du monde et de revenir avec des photos de la misère humaine, et les chères brebis de Dieu s'accroupiront promptement et se laisseront tondre jusqu'à la peau par des gens moralement indignes de nettoyer l'abri des moutons. Les saints au coeur tendre réfléchissent avec les sentiments et déversent sans discrimination les richesses consacrées sur toute personne qui dit des choses positives sur le Seigneur et qui prêche avec enthousiasme. Donner de si vastes sommes d'argent sans jamais exiger ni s'attendre à un compte-rendu, cela montre la bonté de leur coeur, mais ça n'indique pas beaucoup de discernement spirituel.

Sachant combien nous, les américains, tenons à notre droit de décider quand et où nous donnons et qui nous finançons, je n'imagine pas que mes lecteurs prendront cette exhortation paisiblement. Je m'attends à entendre que je me mêle de choses qui ne me concernent pas. Ma réponse, c'est que je sais personnellement qu'il y a des dizaines de pasteurs pieux qui déplorent secrètement l'exploitation du peuple de Dieu par des gens peu honorables, mais qui sont trop timides pour le dire publiquement. Les insensés s'empressent là où les anges craignent de mettre pied, et si ces anges ne veulent pas parler ouvertement pour protéger les saints alors quelqu'un de moins craintif (même s'il est moins angélique) devra le faire.

De plus, nous devons tous rendre compte à Dieu de l'utilisation des richesses dont nous jouissons. Donner pour promouvoir des projets malhonnêtes, c'est gaspiller l'argent de Dieu, et nous devrons expliquer à Dieu, au grand jour, pourquoi nous l'avons fait. Nous aurions tout intérêt à prier attentivement avant de faire nos dons. Ne donnons pas moins, mais donnons plus sagement. Un jour, nous serons heureux de l'avoir fait.


Des mots symptomatiques : « Juste » et « Injuste » (chapitre 30)

Les mots ne signifient pas autre chose que ce qu'une personne souhaite exprimer, et je ne veux pas rendre certains mots « coupables par association. » Et pourtant chaque attitude humaine possède son expression verbale caractéristique, et donc, lorsque nous entendons certains mots nous pouvons avec une certaine précision soupçonner la présence d'une certaine attitude. C'est pour cette raison que l'on peut dire que les mots sont symptomatiques. En eux-mêmes, ils ne sont ni santé ni maladie, mais ils peuvent bien indiquer la présence de l'une ou de l'autre. Ils peuvent également indiquer de quelle maladie l'utilisateur souffre, ou le degré de santé dont celui-ci jouit.

Cette observation résulte de conversations avec les personnes religieuses. Après avoir écouté parler certains chrétiens pendant quelque temps, on commence à avoir une idée assez précise de la santé ou de la maladie qui est présente dans leur âme. Certains mots reviennent constamment et nous en disent dix fois plus sur le locuteur qu'il n'aurait jamais imaginé que nous savions, et également bien plus qu'il n'aurait souhaité nous dire. Les mots sont symptomatiques.

L'un des mots que l'on rencontre parfois parmi les chrétiens est le mot « juste, » ou sa soeur jumelle désagréable « injuste. » Les gens utilisent ces mots pour décrire la façon dont les autres les traitent, et superficiellement ceux-ci peuvent paraître des mots tout à faire innocents, voire indispensables. Toutefois, ils indiquent une attitude intérieure qui n'a aucune place parmi les croyants. L'homme qui parle d'un acte qui a été commis envers lui comme étant « injuste » n'est pas un homme victorieux. Il est intérieurement vaincu, et pour se protéger il fait appel à un arbitre pour qu'il remarque la faute qui a été commise. Cela lui donne un alibi au moment où on l'emmène dans le brancard et lui sauve la face pendant qu'il bat la retraite. Il pourra toujours expliquer sa défaite en disant qu'il a été traité injustement par les autres.

"Les chrétiens qui comprennent la vraie signification de la croix ne se permettront jamais de pleurnicher sur leur sort, et ne se plaindront jamais d'avoir été traité « injustement » par les autres. Qu'ils aient reçu un traitement « juste » ou non ne leur viendra jamais à l'esprit. Ils savent qu'ils ont été appelés à suivre Christ, et que sans aucun doute Christ n'a jamais reçu ce qui pourrait dans la moindre mesure s'approcher d'un traitement juste de la part de l'humanité".

C'est là que réside la gloire de la croix — qu'un Homme a souffert injustement, a été maltraité, décrié, et crucifié par des gens qui étaient indignes de respirer le même air que Lui. Et pourtant Il n'a pas ouvert Sa bouche. Bien que mal traité, Il n'a pas rendu la haine, et quand Il a souffert, Il n'a menacé personne. La pensée qu'Il aurait pu réclamer la justice à Son égard ne peut pas même être entretenue par un coeur pieux. Sa vie toute entière a été donnée pour rendre ce qu'Il n'avait pas dérobé. S'Il s'était assis et avait soigneusement compté combien il devait et n'avait pas payé un centime de plus, l'univers moral tout entier se serait effondré.

Le chrétien victorieux ne s'intéresse pas à ce que les choses soient justes à son égard. L'amour ne cherche pas son propre intérêt, et ce qui est bizarre c'est que le saint joyeux qui ouvre sa main pour être volé librement par les autres se trouve toujours être plus riche que ceux qui le volent.

Parfois, il est vrai, Dieu permet à Son peuple de subir des traitements injustes et Il attend le jour de la vérité pour rétablir la balance. Mais la plupart du temps Ses jugements ne se font pas attendre si longtemps. Et quand bien même les chrétiens devraient souffrir injustement ici-bas, s'ils acceptent le mal dans un bon esprit et sans plainte, alors ils ont vaincu leur ennemi et gagné la bataille. C'est après tout leur plus grand désir d'être intérieurement victorieux, et s'ils peuvent en plus rire et aimer et louer pendant qu'on les maltraite, alors ils ont atteint le désir de leur coeur. Qui peut en demander davantage ?

D'autres mots symptomatiques : « rancoeur » et « ressentiment » (chapitre 31).

Dans le chapitre précédent nous avons fait référence à certains termes révélateurs qui portent en eux des connotations sans relation avec leur étymologie. Le mot « injuste » faisait partie de ces termes. Le mot « rancoeur » dans ses différentes incarnations en est un autre.

Cela fait un certain temps que j'évolue dans les milieux chrétiens, et je n'ai jamais entendu le mot « rancoeur » être utilisé par un chrétien victorieux. Ou en tout cas s'il utilisait ce terme, ce n'était pas pour décrire un sentiment présent dans son propre coeur. Au cours des dizaines de conférences et des centaines de conversations, j'ai souvent entendu les gens dire : « J'ai une rancune contre un tel » mais encore une fois, je n'ai jamais entendu ces mots utilisés par des chrétiens victorieux. La rancoeur ne peut tout simplement jamais demeurer dans un coeur aimant. Avant que la rancoeur ne puisse entrer, l'amour doit s'envoler et l'amertume doit s'installer. L'âme amère s'érigera des listes de doléances qui justifient la rancoeur et les protégera jalousement comme une ourse garde ses petits. Et l'image est juste parce qu'un coeur amer est toujours méfiant et suspicieux.

Il y a peu de choses plus déprimantes que d'entendre un soi-disant chrétien défendre son bout de gras, et de résister amèrement à toute atteinte à ses supposés droits. Un tel chrétien n'a jamais accepté le chemin de la croix. Les douces grâces que sont la soumission et l'humilité lui sont totalement inconnues. Tous les jours il devient de plus en plus dur et acrimonieux en essayant de défendre sa réputation, ses droits, son ministère contre ses supposés ennemis.

Le seul remède à cette sorte de chose est de mourir à soi-même pour ressusciter avec Christ en nouveauté de vie. L'homme ou la femme qui se donne pour objectif la volonté de Dieu atteindra ce but non pas par l'autodéfense, mais par l'abnégation. Alors, quelle que soit le traitement reçu par cette personne aux mains des autres, celle-ci demeurera parfaitement en paix. La volonté de Dieu a été accomplie – peu importe si elle est accompagnée de bénédictions ou de fléaux, car le chrétien ne cherche ni l'une ni l'autre mais il souhaite à tout prix faire la volonté de Dieu. Alors, qu'il soit au sommet de la faveur publique ou qu'il sombre dans l'obscurité et le mépris, il sera satisfait. S'il y en a qui prennent plaisir à faire du mal à ce chrétien, pour autant il ne leur en voudra pas, car il ne cherche pas son propre avancement, mais la volonté de Dieu.

Il est triste de constater que certains philosophes païens aient dû nous apprendre, à nous chrétiens, une leçon aussi simple que celle-ci. « Je dois mourir, » dit Epictète, « et dois-je en plus le faire en grognant ? Je dois être exilé ; et qu'est-ce qui m'empêcherait d'y aller en souriant, paisible et serein ? 'Trahir un secret.' Je ne le ferai pas. 'Alors nous t'enchaînerons.' Vous enchaînerez ma jambe, mais personne ne peut s'imposer à mon libre arbitre. 'Nous décapiterons ton vil corps.' Ne vous ai-je jamais dit, » répondit Epictète, « que je suis seul à posséder une tête qui ne peut être retranchée ? »

« C'est là d'avoir étudié ce qui se doit d'être étudié ; d'avoir placé nos désirs et nos aversions au-delà de la tyrannie et au-delà de la bonne fortune. Je dois mourir – si instantanément, alors je mourrai instantanément ; si bientôt, alors je dînerai d'abord, puis, quand l'heure sera venue, alors je mourrai. Comment ? Comme il convient à celui qui rend quelque chose qui ne lui appartient pas. » Que personne ne rejette le raisonnement robuste de cet antique philosophe. Même sans la lumière de la grâce salvatrice, il savait comment une créature devait se comporter quand elle se tenait sous la main puissante de son Créateur, et beaucoup de chrétiens semblent ne pas en savoir autant. Mais nous avons une meilleure autorité que la sienne pour diriger notre comportement. Christ nous a laissé un exemple et devant celui-ci il ne peut y avoir d'appel. Comme Il était, ainsi sommes-nous dans ce monde, et Il n'a jamais ressenti la moindre rancune envers aucun homme. Même ceux qui l'ont crucifié ont été pardonnés alors qu'ils accomplissaient l'acte même. Il n'a pas prononcé un seul mot contre eux ni contre les menteurs et hypocrites qui les ont incités à Le détruire. Il était pourtant seul à connaître la pleine mesure de leur coeur inique, mais Il a maintenu envers eux une attitude de charitable compassion. Ils ne faisaient qu'accomplir leur devoir, et même ceux qui leur avait commandé cette tâche sinistre étaient inconscients de sa pleine signification. A Pilate Il a dit, « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en haut. » Ainsi Il référa tout à la volonté de Dieu et s'éleva au-dessus du marécage des personnalités. Il n'a porté aucune rancune envers aucun homme. Il n'avait aucun ressentiment.

Le pire dans cette affaire c'est que ce n'est pas le tout d'attirer l'attention dessus. Le coeur amer est souvent incapable de reconnaître sa propre condition, et s'il arrive que l'homme rancunier lise un jour ce texte, il sourira d'un air satisfait et pensera que je parle de quelqu'un d'autre. Pendant ce temps là il deviendra de plus en plus petit en essayant de grandir, et il deviendra de plus en plus obscur essayant de se faire connaître. Pendant qu'il s'empresse d'accomplir son objectif égoïste, ses prières seront des accusations contre le Très-Haut et toutes ses relations avec les autres chrétiens auront pour caractéristique la suspicion et la méfiance.

Comme disait Spurgeon par rapport à quelqu'un : « Que l'herbe pousse vigoureusement sur sa tombe quand il mourra, car rien n'a pu pousser autour de lui pendant qu'il était en vie. »


Le prophète est un homme mis à part (chapitre 32)

L'église est le témoignage de Dieu envers chaque génération, et ses ministres en sont la voix. C'est par eux que l'église prend parole. C'est toujours par eux qu'elle a parlé au monde, et c'est par eux que Dieu a parlé à l'église elle-même. Le témoignage des pieux laïcs de l'église a toujours été une aide puissante dans l'oeuvre qu'elle cherche à accomplir, mais les laïcs ne peuvent jamais faire, et ne sont en aucun cas appelés à faire, l'oeuvre des ministres. Par ses dons et par sa vocation, le ministre est un homme mis à part.

Cependant, ce n'est pas assez que l'homme de Dieu prêche la vérité. Il n'a pas le droit de perdre le temps de quelqu'un en lui disant ce qui est seulement vrai. C'est un compliment douteux pour un prédicateur que de hocher la tête et dire, « C'est vrai. » On pourrait dire la même chose s'il récitait les tables de multiplications – cela aussi c'est vrai. Une église peut tout aussi bien dépérir sous le ministère de l'exposition biblique sans esprit que sous un ministère où l'enseignement biblique n'est pas donné du tout. Pour être efficace, le message du prédicateur doit être vivant – il doit alarmer, mettre au défi ; il doit représenter la voix de Dieu au moment présent pour un groupe de personnes en particulier. Alors, et alors seulement, c'est une parole prophétique et l'homme lui-même est un prophète.

Pour parfaitement accomplir sa vocation, le prophète doit être en tous temps sous la direction du Saint Esprit. De plus, il doit être sensible aux conditions morales et spirituelles. Tout enseignement spirituel doit avoir un rapport avec la vie, et doit s'introduire dans les affaires quotidiennes et personnelles des auditeurs. Sans être pour autant personnel, le vrai prophète percera néanmoins la conscience de chaque auditeur comme si le message avait été adressé à lui seul.

Pour prêcher la vérité, il est souvent nécessaire que l'homme de Dieu connaisse les coeurs des autres mieux qu'ils ne les connaissent eux-mêmes. Les gens sont souvent confus intérieurement – le prophète oint doit s'adresser à cette confusion avec une sagesse illuminante. Il doit surprendre ses auditeurs avec sa connaissance inattendue de leurs pensées secrètes.

L'oeuvre du ministre est bien trop difficile pour un homme. Nous sommes forcés de nous appuyer sur la sagesse de Dieu. Nous devons chercher la pensée de Christ et nous jeter sur le Saint Esprit pour fournir la perspicacité spirituelle et mentale suffisante pour la tâche.


Ce n'est pas une rue à sens unique (chapitre 33)

On entend beaucoup parler ces jours-ci du grand nombre de jeunes hommes, particulièrement les étudiants de séminaire, qui abandonnent leur foi dans les Ecritures et se convertissent théologiquement à la position dite libérale. On ne peut pas nier que des centaines de jeunes hommes qui ont commencé en tant qu'évangéliques tièdes ont fini, après une année ou deux sous le tuteurage de professeurs non-croyants, par tourner le dos sur la foi de leurs pères. Et notre intention ici n'est pas de nier ce fait. Il vaut toujours mieux regarder la vérité en face, aussi déplaisante qu'elle puisse être. Le mouvement entre la foi et l'incrédulité est tragiquement lourd, comme les Ecritures l'avaient prédit. Mais nous pouvons conforter nos coeurs par le fait que ce mouvement ne se fait pas toujours dans le sens de l'incrédulité – parfois, il se fait dans l'autre sens.

De temps en temps, il nous vient la nouvelle réconfortante d'un « libéral » qui devient dégoûté à vomir de la philosophie épicurienne et du mélange de poésie superficielle et de psychologie appliquée dont les modernistes l'ont gavé, et qui rentre comme le prodigue à la maison du Père. J'ai entendu parler d'un certain nombre de telles personnes ces dernières années, et il y en a sans doute des centaines d'autres dont je n'ai pas entendu parler. Le témoignage suivant prouve que le trafic n'est pas à sens unique. C'est un extrait d'une lettre écrite à un ami par un pasteur d'une église dénominationnelle, récemment converti. Ce témoigne parle pour lui-même :

« Jusqu'à l'été dernier, je faisait partie des faux prophète « libéraux », orgeuilleux et inconvertis, qui prêchent un évangile qui n'est pas l'évangile, mais le sentimentalisme superficiel que le monde appelle la religion.

Il y a trois mois, le Seigneur m'a sauvé et a fait de moi, même moi, une nouvelle création en Christ Jésus. L'été dernier, j'ai commencé à être dégoûté du pantéisme tout-inclusif que je préchais au nom de Christ. Je me suis rebellé contre et j'ai commencé à précher — aveuglement encore — le péché et le salut par la foi, tout en étant moi-même confus et dérangé. C'est alors que j'ai trouvé un nouvel ami qui a commencé à m'aider de manière intellectuelle à me débarrasser des concepts du libéralisme.

Puis un jour, Dieu a ôté le voile de ma compréhension, et j'ai soudain compris que Jésus Christ était mort pour moi — qu'Il était mort de la mort qui m'est due à cause de mon péché — mais que si je L'acceptait comme Seigneur et Sauveur je n'aurais pas à mourir! Je me suis rendu et j'ai renoncé à tout afin de devenir son esclave. Et Jésus Christ m'a accepté et Il est venu en mon être vide et a pris ma vie pour Lui-même. Comme Il est gracieux et merveilleux !

Je voulais simplement que tu saches ce qui m'est arrivé par la grâce de Dieu en Christ. Chaque homme doit être né de l'Esprit, et quand par la foi Dieu lui donne ce don inexprimable, il le sait, car l'Esprit Lui-même porte témoignage avec notre esprit, et nous savons en qui nous avons cru.

Mon assemblée ici a besoin d'être sauvée. Certains d'entre eux connaissent réellement le Seigneur Jésus Christ, mais il y en a tellement qui ont besoin d'entendre le message de la bouche d'un nouveau témoin. Je prie que le Saint Esprit vienne avec le feu et la puissance sur ceux qui croiront. »

Une pensée encourageante pour le vrai chrétien, c'est que le mouvement depuis l'orthodoxie vers le libéralisme est généralement lent, presque trop lent pour qu'on s'en aperçoive, tandis que le mouvement de retour à la foi est soudain. L'incrédulité entre dans l'âme par une infiltration lente; la toxine entre dans les murs du chrétien par une sorte d'osmose spirituelle, de sorte que la victime est déjà bien empoisonnée avant de s'en apercevoir, et la condition pathologique qui en résulte rend généralement impossible à la personne de savoir ce qui ne va pas. Je n'ai jamais connu un seul cas où quelqu'un a accepté le modernisme suite à une expérience spirituelle. Au contraire, c'est plutôt le manque d'une telle expérience qui expose l'âme à l'infiltration du poison de l'incrédulité.

A l'inverse, le mouvement depuis le doute vers la foi est habitement soudain, souvent explosif. Un homme se convertit à Christ par une rencontre soudaine et violente avec Dieu et les choses spirituelles. La voie de cette personne devient une illumination intérieure soudaine qui montre les certitudes de la vie spirituelle aussi clairement qu'un paysage de minuit lorsqu'il est illuminé par un éclair. Après des recherches de coeur longues et douloureuses, après ce qui peut être une agonie de lutte avec l'ange, l'aube se lève aussi soudainement qu'elle s'est levée sur Jacob. Il n'y a plus aucun doute. Le coeur peut dire « Qu'ai-je maintenant à faire des idoles ? Je l'ai entendu, et je l'ai observé » (Hos. 14:8).

Le simple fait que le croyant « expérimente toujours » quelque-chose et le non-croyant « n'expérimente rien » devrait en dire long. Le libéral ne peut jamais être tout-à-fait sûr de quoi que ce soit – être certain est contraire à sa philosophie tout-entière. Seul le vrai chrétien est certain. Il a vu le soleil se lever, et il faut plus que les contentions des pseudo-instruits pour détruire la clarté de sa foi.

Aiden Wilson Tozer

 

Source

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 *** Transcrit, traduit et mis en ligne par : www.eglisedemaison.com

Compilé par Harry Verploegh
Publié en 1989 par Christian Publications / ISBN: 0-87509-420-1

 

 

 

Aiden Wilson Tozer

012Mais Aiden Wilson Tozer n'était pas un prophète de désespoir. Ses écrits sont des messages dignes011l d'intérêt. Ils exposent la faiblesse de l'Eglise et dénoncent les compromis. Ils avertissent et exhortent. Mais ce sont aussi des messages d'espérance, car Dieu est toujours présent, toujours fidèle pour restaurer et accomplir Sa Parole envers ceux qui entendent et obéissent. Tozer laissa un vaste trésor de richesses spirituelles à lire, digérer et mettre en pratique. "SES ECRITS SONT AUSSI FRAIS AUJOURD'HUI que lorsqu'il les rédigea la première fois. Dans ses écrits, il laissait aux autres le soin de discutailler des choses superficielles, évidentes et triviales, pour se consacrer à la discipline de l'étude et de la prière qui donna lieu à des articles et des livres qui atteignaient en profondeur les cœurs des hommes." (Dr. Nathan Bailey, Président de l'Alliance Chrétienne Missionnaire).

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