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Ce livre d'Oswald Chambers a été traduit en français par la Ligue pour la Lecture de la Bible France (www.llbfrance.com).
Il a été numérisé par Nicolas Ciarapica, et par David Houstin. Ces textes ont une grande valeur spirituelle et nous sommes persuadés qu'ils sauront vous bénir.

Oswald Chambers

biblefoiL’autorité que nous exerçons au sein de l’Eglise, vient- t’elle de Dieu ou des hommes ; Qui nous a établis dans notre service ? La responsabilité que nous exerçons sert-elle vraiment les intérêts de Christ ? "Moïse devenu grand, se rendit auprès de ses frères et porta les regards sur leurs pénibles travaux. Il vit un Egyptien qui frappait un Hébreu d’entre ses frères. Il se tourna de côté et d’autre et, voyant qu’il n’y avait personne, il frappa l’Egyptien à mort et le cacha dans le sable. Il sortit le jour suivant ; et voici deux Hébreux qui se querellaient. Il dit à celui qui avait tort : Pourquoi frappes- tu ton camarade ? Il répondit : Qui t’a établi chef et juge sur nous ?" Le contexte dans lequel cette question est posée est très instructif, nous allons nous permettre de le décortiquer et d’insister sur le sujet de l’autorité pour bien nous faire comprendre que cette condition de vie se calque parfaitement sur ce que beaucoup de chrétiens vivent aujourd’hui dans leur service pour Dieu. Il est surprenant de constater que cette question est renvoyée à Moïse au moment où il prend à coeur de servir son prochain dans un « ministère de réconciliation ».

Voici un homme, le cœur rempli de compassion et d’humanité, qui se lève et qui veut œuvrer pour son Dieu parmi le peuple de Dieu : « Moïse devenu grand, se rendit auprès de ses frères et porta les regards sur leurs pénibles travaux (Ex 2/11)…/… ». C’est une réaction normale pour un enfant de Dieu qui a grandi dans la foi que de se rendre disponible auprès de ses frères et sœurs dans l’Eglise et de discerner par le Saint-Esprit les pénibles difficultés auxquelles ils sont confrontés. « Pourquoi frappes-tu ton camarade ? (Ex 2/14) ». C’est aussi une réaction normale que de vouloir apporter une aide spirituelle autour de soi pour essayer de faire grandir nos frères et soeurs dans la connaissance et l’obéissance de la Bible.

Mais combien d’enfants de Dieu aujourd’hui seraient capables de reconnaître honnêtement que l’autorité spirituelle ou l'onction leur fait défaut dans leur service et que bien souvent ils sont confrontés à la même réaction du peuple de Dieu, exprimée d’une manière ou d’une autre :

"« Qui t’a établi chef et juge sur nous ? (Ex2/14) ». Autrement dit : « Nous ne reconnaissons aucune autorité spirituelle dans ton comportement d’où notre réaction ; tes paroles sont promptes à enseigner et à réprimander mais elles nous sont étrangères, ce n’est pas la voix du bon berger mais simplement celle d’un homme qui manifeste une autorité humaine ; nous sommes septiques sur le fait que tu viennes de la part du Seigneur, les paroles qui sortent de ta bouche sont peut-être vraies mais ne touchent pas nos cœurs à salut, la Vie d’en haut n’est pas au rendez-vous ! »"

Deux options s’ouvrent à nous : Ou nous nous obstinons quand même à exercer ce que nous croyons être notre service, prétextant être dans la volonté du Seigneur, ou nous rentrons en nous-mêmes pour réfléchir sérieusement à notre conduite et à ses conséquences. Il ne nous reste comme Moïse qu’à prendre la fuite, non pas de notre église, mais de notre « méprise et de notre illusion »: « Moïse prit la fuite loin du Pharaon (Ex 2/15) ».

Nous croyons que Dieu avait déjà placé dans le cœur de son serviteur Moïse le désir de s’investir pour le peuple, mais était-ce l’heure de se mettre en marche, était-il envoyé ? Sans en faire une doctrine, il y a certainement une énorme différence aux yeux du Seigneur entre « recevoir un appel sur son coeur » et « entrer dans une carrière spirituelle ». Le Seigneur Jésus-Christ voudrait que l’on réponde honnêtement à cette question :

« L’autorité que nous exerçons au sein de l’Eglise, vient- t’elle de Dieu ou des hommes ; Qui nous a établi dans notre service ? La responsabilité que nous exerçons sert-elle vraiment les intérêts de Christ d’une manière incontestable ou est-elle seulement un moyen de satisfaire nos ambitions personnelles, même spirituelles ? Notre pratique de l’autorité élève t’elle les âmes vers le ciel de victoire en victoire en les mariant à Christ ? Ou provoque t-elle agacement, mécontentement et lassitude autour de nous à cause de nos élans ecclésiastiques qui les conduisent plutôt vers nous-mêmes et nos systèmes terrestres? »

"Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité?" (Matt. 21:23).

Cette pensée ne remet bien entendu pas en cause les véritables services et ministères qui sont manifestés dans l’œuvre de Dieu, même si ceux-ci rencontrent opposition et rejet. Elle se propose de mettre en lumière ceux et celles qui s’établissent eux mêmes au nom de Dieu, sincèrement ou non, et qui font subir à l’Eglise de graves préjudices en exerçant une autorité qui n’est pas, (et nous insistons solennellement sur ce point) Divine. Ce n’est ni plus ni moins qu’une autorité terrestre mise au service de Dieu, on comprend facilement que la finalité d’une telle chose engendrera toujours le manque puissance, de la stérilité dans l’œuvre du Seigneur.

« Quand Jésus eut achevé ces discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait comme quelqu’un qui a de l’autorité et non pas comme leurs scribes (Mt 7/28) ».

Les scribes incarnaient une autorité terrestre, une religion de préceptes et de détails d'observances avec comme conséquences d'imposer de lourds fardeaux aux membres du peuple. Ils rendaient la Parole de Dieu impraticable. Nous sommes là au coeur du reproche de Jésus à ces hommes dont la pratique de l’autorité provoquait le découragement et souvent l'éloignement des enfants de Dieu. Ils ne manifestaient aucune autorité spirituelle, pourtant cela ne veut pas dire que leur enseignement était incorrect, mais leur prédication était-elle comme un feu, comme un marteau qui fait éclater le roc en libérant les membres du peuple de leurs chaînes (Jr 23/29) ? Peut-être que le peuple se mordait les lèvres de leur poser cette même question : « Qui vous a établi chef et juge ? ».

L’état d’esprit qui animait les scribes dans leur pédagogie de conduite du culte maintenait le peuple dans une alliance qui rendait la vie avec Dieu pénible. La Vie ne peut pas s’écouler abondamment dans ces conditions, rien ne pousse, rien ne se produit, c’est la sécheresse spirituelle, c’est l’asservissement assuré à une morale d’homme, c’est la lettre qui tue et qui retient la vie de résurrection de se manifester, c’est prendre le peuple en otage et le faire adhérer de force à des systèmes dont la sagesse est : « Terrestre, charnelle, démoniaque. Car là où il y a jalousie et rivalité (surtout dans l’exercice de l’autorité dans l’Eglise), il y a du désordre et toute espèce de pratiques mauvaises (Jc 3/16) ».

Les scribes représentaient précisément cette autorité « papale » infaillible représentée par un groupe « d’élites ». Cette structure hiérarchique est fondée sur l'idée que chaque niveau social doit obéir aux ordres des niveaux supérieurs.

Si un homme ou un système est réellement spirituel, sa spiritualité se manifestera par son service, par son écoute du Seigneur et par la manifestation d’une puissante Vie d’en haut. A ces critères seulement on pourra discerner la vraie autorité spirituelle, jamais on ne peut se baser sur les affirmations d’une personne ou du système concerné. Ainsi, si on maintient l'accent sur le service et la fonction, on pourra éviter à une église qui se rassemble dans la simplicité du Nouveau Testament d'être emportée par un homme, et de dégénérer en un culte de sa personnalité. Pour le Seigneur Jésus-Christ tous les hommes et systèmes qui seront animés d’une telle mentalité seront trouvés légers dans la Divine balance : « Ils ne sont d'aucune utilité à ce peuple, dit l'Éternel (Jr 23: 30-32) ».

"Aujourd’hui, il serait vraiment de mauvais goût que le Seigneur Jésus-Christ trouve dans son corps des serviteurs et des servantes exerçant cette même autorité charnelle. Ils seraient pris en flagrant délit de vol du droit de chaque « pierre vivante » de fonctionner comme membre du corps du Christ. C’est un esprit qui nous lie à nos bancs d’église, nous rend muet et irresponsable. Chaque frère et sœur sont appelés à vivre en commun un service de prêtrise royale. Attention cette mentalité qui est tout sauf de la vraie spiritualité ne sert qu’à enterrer le talent des autres ; l'abus spirituel, même par ignorance, est une peau de banane sur laquelle peut glisser tout responsable spirituel !"

Nous qui parlons et agissons en son nom, puissions-nous, tous, avoir appris cette leçon, que nous ne sommes que des ambassadeurs ; et nous effacer tellement que ceux qui entendent le message, sachent qu’ils ont affaire à Dieu, et non aux messagers. Hélas, il me semble que nous sommes beaucoup à ignorer que la bénédiction dépend du fait d’être mandaté ou pas. Nous sommes si préoccupés de notre petit rôle que nous mettons entre Dieu et les âmes, que nous en oublions d’apprendre à discerner la pesée du Seigneur afin de pouvoir affirmer avec conviction : « Ainsi parle l’Eternel ».

« Le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés (Ac 13/2) ». Sans le : « Je t’envoie » ou le « Je t’établis » de Dieu pour la construction de toute structure hiérarchique de l'Eglise, nos efforts seront voués à l’échec. En matière d'autorité, on a tendance à penser en terme de positions, de postes à remplir, de titres à porter, de grades à atteindre. On cherche à mettre en place des structures d’autorité, les termes "pasteur", "ancien", "prophète", "évêque", etc. ne doivent pas devenir de simples titres désignant des postes religieux bien définis. Il ne faudrait pas que ceux qui exercent un rôle de leader soient déformés par ce professionnalisme. Aucun homme ou petit groupe d’hommes n’est appelé à subvenir à lui seul aux besoins de l'église. C'est un fardeau trop lourd, et Dieu ne nous a pas demandé de le porter. De plus, un ministère exercé sans véritable autorité maintient l'assemblée dans un état permanent d'infantilité spirituelle, dans la mesure où il empêche les croyants de remplir le ministère spirituel qu'ils sont appelés à exercer les uns envers les autres, ce qui du coup les rend faibles et dépendants du pasteur, incapables de chercher par eux-mêmes la nourriture spirituelle.

Nos structures d'églises, nos familles chrétiennes, nos entreprises chrétiennes, nos organismes sociaux chrétiens peuvent facilement être infestés par cette doctrine qui consiste à se servir des Saintes Ecritures pour justifier une autorité hiérarchique positionnelle voire despotique qui contrôle tout, une autorité de petits groupes d’hommes qui œuvrent pour Dieu mais qui ne sont pas mandatés en tout par Dieu. Il y a aujourd’hui une foule de personnes qui s’agitent dans l’œuvre du Seigneur, réalisant œuvre sur œuvre. Le regard du Seigneur qui sonde et évalue avec justesse toute chose nous dévoile sa pensée et son ordre : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité?" (Matt. 21:23)…/… Vous n’agirez donc pas conformément à tout ce que nous faisons maintenant ici (c'est-à-dire dans son œuvre), où chacun fait ce qu’il lui semble bon (Dt 12/8) ».

« Voici l’onction que l’Eternel te confère pour que tu sois le chef de son héritage (1 Sam 10/1) ». Nous désirons être « chef » dans notre assemblée et exercer une tâche ? C’est sûrement une bonne ambition. Mais prenons garde que notre onction provienne vraiment de l’huile du Seigneur et non pas seulement d’une délégation d’homme, la différence est énorme en terme de conséquences.

L’autorité de Jésus était déléguée par Dieu qui Lui-même la déléguait à ses enfants et n’était certainement pas et ne sera jamais de l’autoritarisme. Ils étaient frappés de son enseignement car il les enseignait comme quelqu’un qui a une vraie autorité spirituelle. Le Seigneur aurait-il eu cette même autorité s’il avait commencé son ministère avant le temps fixé par son Père ? Avant d’être envoyé ?

« Jésus reprit donc la parole et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de Lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils le fait aussi pareillement (Jn 5/19) ». Voilà la seule explication de sa « victoire ». C’est la raison pour laquelle la Vie d’en haut fut toujours présente dans son service : « On était frappé de son enseignement, car il parlait avec autorité (Lc 4/32) ». Il avait un enseignement clair et autoritaire, qui permet encore aujourd’hui par la puissance du Saint-Esprit de casser les conceptions qui s’opposent à l’œuvre de Dieu en nous. Il disait ce qu’Il entendait dire du Père, c’était cela le secret de sa réussite, c’était cela qui rendait sa prédication puissante et efficace pour Dieu et pour les hommes. « Nous savons que tu es un docteur venu de la part de Dieu (Jn 3/2) ». Puissent tous les prédicateurs, docteurs, pasteurs et témoins de Jésus-Christ s’entendent dire cela pour la gloire du Seigneur. « Nous savons que tu viens de la part de Dieu », quelle différence d’avec le : « Qui t’a établi chef et juge ? ».

L'autorité spirituelle est en dehors de l'individu, car elle appartient à Christ. Une personne ne peut exercer l'autorité que dans la mesure où elle se laisse diriger par Christ dans ses paroles et dans ses actions. Autrement dit, on ne doit écouter et obéir à une personne que lorsque ses paroles reflètent la pensée du Seigneur. L'autorité spirituelle est donc obtenue de Christ, et communiquée par Lui aux hommes.

Il nous devient alors évident que pour tout service réellement efficace, tant pour le ciel que pour les hommes, c’est directement de Dieu que nous devons recevoir l’appel de se mettre en marche. En laissant le soin à d’autres personnes (même bien intentionnées) ou à notre ambition de courir avant d’avoir été envoyé, nous risquons de mériter les mêmes reproches :

« Je n’ai pas envoyé ces prophètes, et ils ont couru. Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé (Jr 23/21) ». C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé, il n’est pas bon d’inverser la tendance en essayant de pousser le Saint-Esprit à s’exprimer et partir par monts et par vaux pour parler au nom de Dieu. Ce n’est pas cela l’ordre des choses, ce n’est pas à nous d’établir le Seigneur pour qu’Il œuvre dans son Eglise. Il suffit d’être doué d’une bonne capacité de discernement pour annoncer d’avance, en des termes souvent assez flous, des événements baptisés “prophéties.”Ce sont des hommes auxquels Dieu n’a jamais parlé. Car s’Il leur avait parlés, leurs paroles seraient parfaitement claires, et les événements prédits se seraient tous fidèlement accomplis à la lettre et on aurait touché du doigt l’autorité Divine ! Le vrai prophète doit veiller à ne rien ajouter, et à ne rien retrancher aux Paroles que le Seigneur lui a demandé de transmettre. Il doit fidèlement exprimer le message divin et « courir pour annoncer » uniquement à l’ordre de Dieu.

« C'est pourquoi voici, dit l'Éternel, j'en veux aux prophètes qui se dérobent mes paroles l'un à l'autre. Voici, dit l'Éternel, j'en veux aux prophètes qui prennent leur propre parole et la donnent pour ma parole. Voici, dit l'Éternel, j'en veux à ceux qui prophétisent des songes faux, qui les racontent, et qui égarent mon peuple par leurs mensonges et par leur témérité; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre, et ils ne sont d'aucune utilité à ce peuple, dit l'Éternel (Jr 23: 30-32) ».

« Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre ». Aucune autorité spirituelle ne peut être attachée à ce genre de comportement et l’on peut mieux comprendre pourquoi tant de « pseudo prophéties », de « révélations nouvelles », « d’inspirations chrétiennes » restent sans effet aujourd’hui dans l’Eglise du Seigneur et ne portent pas de fruits libérateurs dans le cœur des enfants de Dieu : « Ils ne sont d'aucune utilité à ce peuple, dit l'Éternel ». « Car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu (2 Pierre 1 : 21) ».

Toutes les fois où nous trouvons le mot « envoya » de la part du Seigneur nous sommes confrontés à la vraie autorité spirituelle ; cela veut dire aussi que s’il n’y a pas le mot « envoyé » dans nos vies nous ne verrons pas d’autorité. Après tout un temps passé dans l’école du désert, Dieu va se rappeler au bon souvenir de son serviteur Moïse et de cette merveilleuse rencontre va naître ce qui sera dorénavant son seul intérêt : « Maintenant le cri des Israélites est venu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Egyptiens. Maintenant, va, je t’envoie vers le Pharaon ; fais sortir d’Egypte mon peuple, les Israélites (Ex 3/10) ». Oui, c’est à ce moment que toute l’autorité de Dieu fut accordée à un serviteur, quand Dieu est à l’origine d’un mandat Il donne également l’autorité nécessaire pour l’accomplir. C’est à partir de ce moment là que les choses vont réellement commencer à bouger d’une manière surnaturelle car la pensée de Dieu n’était pas seulement pour le délivrer de son esclavage mais aussi et surtout d’en faire un peuple témoin de Sa gloire.

Moïse va apprendre aussi que l’autorité doit s’exercer dans l’amour de Dieu, il n’est plus question là de tuer un Egyptien, croyant faire l’œuvre de Dieu mais bien d’aimer ses ennemis en laissant le soin à la Divine et Puissante Providence de refermer la mer rouge sur eux.

Aujourd’hui encore Dieu nous délivre de nos chaînes et veut faire de nous un peuple qui aura comme mission d’être témoin de Sa gloire. Ce mystère s’accomplira notamment par le Corps du Seigneur, l’Eglise. C’est à travers elle que le Seigneur veut se manifester à travers le même mandat : « Maintenant, va, je t’envoie » dans le monde pour être témoin du Sauveur à « Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1/8) ». Mais attention, ce mandat doit être confirmé par la puissance du Saint-Esprit, sinon c’est un mandat terrestre qui n’aura aucune force pour très peu de fruits. « Il leur recommanda de ne pas s’éloigner…/…mais d’attendre la promesse du Père…/…vous serez baptisés d’Esprit Saint…/…et vous serez mes témoins (Actes 1) ». Il nous faut ce revêtement pour faire plier Pharaon (le diable), sinon lui aussi nous dira : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? (Ex2/14) ». Christ nous demande d’aimer nos ennemis et non pas de les tuer par l’épée de la Parole (même les récalcitrants de notre assemblée). L’amour de nos ennemis doit donc être aussi fort et vrai que l’amour de Dieu pour ce monde enténébré ; si nous voulons représenter l’autorité de Dieu, nous nous devons de laisser le Saint-Esprit nous purifier de toute influence des principes de Satan et d’aimer par Sa grâce nos propres ennemis.

« Les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu et posèrent du parfum dessus ; ils apportèrent devant l’Eternel du feu étranger, ce qu’Il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Eternel et les consuma : ils moururent devant l’Eternel (Lv 10/1,2) ».

C’est encore un exemple fort pour nous aider à comprendre la raison de la mort et de la disparition de beaucoup d’œuvres au sein de l’Eglise. Combien peut-on voir de services de toutes sortes qui périclitent, se fanent et ne sont plus ou au contraire voir des services brillants d’artifices mondains, attirant les foules et leur argent, mais sans véritable autorité spirituelle pour délivrer les captifs ou pour les amener dans une profonde consécration et sanctification ?

Combien de « Nadab et d’Abihu » travaillent encore aujourd’hui dans l’œuvre du Seigneur (sincèrement ou non) d’une manière indépendante du Seigneur ? Ils ne sont pas sous l’autorité Divine, ils ne peuvent donc pas en réclamer la puissance. Par conséquent, en s’hasardant à offrir eux-mêmes un service à Dieu ils se rendent coupables d’offrir un feu étranger. Offrir un feu étranger veut simplement dire servir sans obéir à celui qui représente l’autorité suprême, c'est-à-dire, le Seigneur.

Les fils d’Aaron avaient regardé leur père offrir des sacrifices, alors ils ont cru qu’ils pouvaient eux aussi le faire. Beaucoup croient aujourd’hui, en observant de véritables ministères ou en lisant les textes bibliques sur ces choses ou encore en lisant des ouvrages de véritables serviteurs, pouvoir les copier et pratiquer de ce fait la même autorité. Quelle grave erreur ! C’est un problème extrêmement sérieux et beaucoup de drames se jouent actuellement dans l’Eglise du Seigneur à cause de ce manque de discernement car le feu étranger a son origine en l’homme et ne peut en aucun cas servir la cause Dieu. « Ils ne sont d'aucune utilité à ce peuple, dit l'Éternel (Jr 23: 30-32) ».

Il est vraiment urgent de se poser cette question dans un profond amour de la vérité :

" Seigneur, suis-je ici par ton autorité ou non ? Me suis-je emparé de cette position ? Ai-je recherché l’autorité, ou m’as-tu placé ici doté de cette autorité ? Je compte sur Toi pour me faire savoir si ma position relève de ma propre initiative ou de ta nomination."

Pour conclure il est bon de rappeler que c’est le Seigneur qui est facteur de l’autorité céleste dans et à travers son Corps, cela est dispensé par l’intermédiaire d’individus pour l’établissement de Son témoignage et pour son maintien. Il nous faut comprendre que là où le témoignage du Seigneur est présent par le Saint-Esprit, là l’autorité du Seigneur est présente, et rien d’autre ne pourra remplacer ce fondement. Essayons de trouver d’autres sources et nous récolterons que désolation autour de nous.

Nous sommes entrés dans un domaine où les choses ne doivent pas être prises comme étant simplement de la doctrine, une organisation, un système, quelque chose de l’homme à l’égard duquel nous pouvons agir comme il nous plaît ; nous devons parvenir à la place où l’autorité de Christ est une réalité agissante. Nous devons réaliser d’une manière vivante et agissante d’abord dans nos propres vies qui a autorité. Si nous avons entendu de Dieu l’appel à apporter l’Evangile aux hommes afin de les amener à se placer sous l’autorité du Seigneur Jésus-Christ, nous devons absolument comprendre d’abord pour nous-mêmes ce qu’est vraiment l’autorité. C’est à ce prix là que Satan sera renversé sinon c’est lui qui nous séduira. Tout royaume, toute autorité, toute puissance et toute gloire appartiennent à Dieu et c’est en réalisant cette vérité que nous serons libérés complètement de l’emprise de Satan et que Dieu nous donnera de manifester la vraie autorité spirituelle. Puissions-nous proclamer comme notre Maître :

L’Esprit du Seigneur est sur moi…/…il m’a oint pour guérir ceux qui ont le cœur brisé (si nous voulons nous employer à guérir le coeur des chrétiens de notre assemblée il nous faut être oint pour cette tâche).

Il m’a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres (si nous voulons nous employer à prêcher la Parole de Dieu autour de nous il nous faut être oint pour cette tâche).

Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue (si nous voulons nous employer à délivrer nos frères et sœurs captifs dans les geôles de Satan et les délivrer de leurs maladies, il nous faut être envoyés par le Seigneur pour cette tâche).Lc 4 »

C’est une des raisons pour laquelle beaucoup de nos prières ne trouvent pas d’exaucement, nous ne sommes pas mandatés et c’est par nos propres élans que nous oeuvrons dans Son Corps. L’Esprit du Seigneur est-il sur nous pour tout orchestrer et ainsi manifester l’autorité d’en haut ? Ou est ce nos efforts qui visent à nous établir en tant qu’autorité parce que nous exerçons telles ou telles responsabilités ? Il dépend du pouvoir seul de Dieu d’établir l’autorité et l’homme ne peut s’immiscer dans cette affaire sans prendre de très gros risques pour sa vie spirituelle et celle des autres. Si notre main charnelle s’empare d’une autorité charnelle nous pouvons alors nous demander quel dieu nous servons !

Frères et sœurs, la vraie autorité est fondée sur la révélation que nous recevons du Seigneur Jésus-Christ sur son œuvre. Elle existe dans le seul but d’exécuter les ordres de Dieu et non pour s’élever soi même ou une doctrine. Elle ne s’acquière et ne s’épanouira vraiment dans une personne qu’à travers la vie de résurrection. Le baptême doit être compris et accepté jour après jour, c'est-à-dire que nous devons accepter la mort afin de pouvoir apporter la vie et accepter de servir comme serviteur et l’esclave de tous.

Je nous propose de terminer par cette prière, ce qui devrait être notre cri de chaque instant pour la propre satisfaction de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ :

« Sonde-moi, ô Dieu, et connais mes préoccupations, regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! (Ps 139/23) ».

Soyez richement bénis !

Frédéric Gabelle

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